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08/10/2012

Pas de pitié pour les gueux de Laurent Cordonnier

pas de pitié pour les gueux.jpgSur les théories économiques du chômage

Editions Raisons d'agir - 124 pages

Présentation de l'éditeur : Pourquoi y a-t-il du chômage ? Parce que les salariés en veulent toujours trop… parce qu’ils recherchent la sécurité, la rente et se complaisent dans l’assistanat… parce qu’ils sont roublards, paresseux, primesautiers et méchants, etc. Voilà ce que racontent, en termes certes plus choisis, et avec force démonstrations mathématiques, les théories « scientifiques » élaborées par les économistes du travail. L’auteur se livre ici à un véritable travail de traduction en langage littéraire des théories savantes, au terme duquel il apparaît que leur signification, « une fois défroquées de leurs oripeaux savants, frôle souvent l’abject, à un point dont on n’a généralement pas idée ». C’est justement pour en donner idée que ce livre est écrit.

Voilà un formidable ouvrage d’économie !

Ce livre est une réflexion pertinente sur le monde du travail et l’une de ses entités, les chômeurs. Economiste maître de conférences à l’Université de Lille 1, l'auteur pourrait se contenter, comme bon nombre de ses coreligionnaires, de nous bombarder de chiffres et de théories absconses autant qu'abstruses mais non, absolument pas. Il préfère l’usage intelligent des mots et plus incroyable encore - crime de lèse-majesté ! -, il fait preuve d'une infinie honnêteté intellectuelle en critiquant les grands courants économiques actuels.

Son extraordinaire pédagogie permet à tout un chacun de comprendre les fondements de l'économie du travail et les théories du chômage. Des explications simples et claires qui permettent d'appréhender facilement ce fléau de nos temps. Son ironie désopilante rend l'ouvrage très divertissant et permet de mettre un peu de légèreté dans un sujet grave.

De chapitre en chapitre, Laurent Cordonnier va démonter l'usine à gaz qu’est le marché du travail - existe-t-il vraiment ? - rêvée par les économistes adeptes de la théorie néolibérale. En quelques pages seulement, il parvient à révéler la vaste farce capitaliste dont nous sommes les dindons, les gueux. Il démonte clairement la manipulation orchestrée par les politiciens, les patrons, les économistes et relayée par les journalistes, qui inventent les théories qui les arrangent. Des théories académiques qui ne tiennent aucun compte de la réalité, de l'humain et sont par le fait évidemment absurdes.

Une plongée brutale mais nécessaire et surtout salutaire qui met à mal bien des préjugés, notamment celui de ce travailleur / chômeur (le travailleur pouvant devenir chômeur et inversement) tour à tour « poltron, roublard, paresseux, primesautier et méchant » ! Un choc, un accident, un télescopage... Ce livre est violent mais pourrait-ce être différent quand d’un côté le travailleur / chômeur est déconsidéré, maltraité, injurié dans son état d’Homme et que de l’autre les théoriciens avancent que « le taux de chômage doit être suffisamment élevé pour qu’il soit payant pour les travailleurs de travailler plutôt que de prendre le risque d’être pris en train de tirer au flanc » ?

Paru en 2000, ce travail rigoureux et plein d'humour pourrait paraître daté. Pourtant il n'a pas pris une ride et s'inscrit plus que jamais dans l'actualité des multiples crises connues et vécues ces dernières années. Un essai essentiel pour mieux comprendre le monde qui nous entoure et déjouer, au moins intellectuellement, les mépris et méprises qui nous sont adressés, nous travailleuses, travailleurs... D'aucuns diront peut-être que ce travail est pour le moins marqué politiquement. Mais sans doute sera-ca parce que cette analyse les dérange...

En guise de conclusion, un dernier boum : disons-nous que quand un grand acteur économique avance qu’il s’agit d’un signal au marché du travail, cela n’augure rien de bon pour nous... Mais en fait, nous le savions déjà, malheureusement...

Extrait :

Milton Friedman, le chef de file du monétarisme, a peut-être raison : la meilleure chose que l’on puisse faire avec les pauvres, c’est de les laisser tranquilles. Ils n’ont que ce qu’ils méritent, et qu’ils ont bien cherché.

Rédigé par Vincent

12:58 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Essai, Les billets de Vincent, Littérature française, Livre, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

10/05/2012

KIA Dubstep Contest Euro 2012 : KDO énOOOrmes !

Fans de foot ou désireux de changer votre voiture ? Cet article vous concerne. Mais il va falloir être créatif et réactif !

Le jeu concours qui pourrait faire de vos envies une réalité, le KIA Dubstep Contest, se termine le 13 mai 2012 ! Donc très très bientôt. Pour tenter de gagner : à vos tutus, à vos ballons, à vos je-ne-sais-quoi mais imaginez une chorégraphie dubstep-football sur le morceau de DJ Pavilion I Can't Stop. Bougez, ondulez, shootez, buzzez et remportez peut-être des places pour le match d'ouverture de l'Euro 2012 ainsi que la nouvelle Kia Picanto ! Inutile d'être danceur professionnel (il y a même des tutoriaux pour ceux qui ne voient absolument pas en quoi consiste le dubstep), il faut seulement tenter et surtout, s'amuser.

Pour participer, rendez-vous immédiatement sur l'application Facebook  Kia DubStep Contest, remplissez le formulaire, uploadez votre "clip" et croisez les doigts. Vous pouvez move your body seul ou à plusieurs mais sachez que si vous réunissez une véritable compagnie pour votre choré, il n'y aura que deux gagnants par vidéo invités à l'Euro. Les mineurs n'ont pas le droit de se qualifier pour être sélectionnés mais ils peuvent participer aux films. Les 8 finalistes gagneront le voyage en Pologne incluant vol, hôtel et places pour le match d'ouverture à Varsovie le 8 juin 2012. Le grand gagnant aura en plus une nouvelle Kia Picanto. Les 16 premières équipes seront désignées en fonction de leur talent, de leur créativité et de leur divertissement par des juges et les 8 meilleures seront départagées par le vote des fans sur la fan page Facebook de Kia.

Donc hop hop hop, allez imaginer de super pas, vous n'avez que jusqu'à dimanche ! Pour vous décomplexer; j'ai osé :

 

A ma décharge, je viens de me faire opérer et je suis handicapée du dos... Donc possibilités limitées... Merci de votre compréhension bande de petits moqueurs.

Article sponsorisé

Vidéo virale par ebuzzing

17:01 Écrit par charlotte sapin dans Blog, Jeux, Travail, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

15/01/2012

Doux leurre

Souffrir. Endurer. Subir. Être perclus... Autant de mots qui sont mon quotidien depuis maintenant plus de cinq mois. Bref, j'ai le dos bousillé. Les joies de la librairie et de ma qualité de fin de race qui a écoppé de toutes les tares génétiques de ses ancêtres. Cette situation devraient être relativement enrayée si demain je survis à mon arthrodèse L3-L4-L5-S1. Rien que ça.

Le fait est que quand on a la varicelle dans une moindre mesure ou que l'on suit une chimio dans un cas de figure plus tragique, votre mal est visible. Cette flagrance entraîne une reconnaissance, une prise en compte de vos maux par votre entourage. Et c'est bien ce que l'on attend quand votre corps vous lâche : de l'attention, du chouchoutage, de la compassion.

Mais certaines douleurs, comme la mienne, sont invisibles. De fait, quand elles ont tendance à s'éterniser, comme la mienne, les gens ont tendance à les minorer voire à les oublier. De fait, à la douleur physique s'ajoute une douleur psychique. Celle d'être incompris. Difficile de le reprocher aux autres quand on considère que la médecine n'a commencé à prendre en compte la douleur que récemment. Et pourtant...

Si l'on ajoute à cela le fait que vous vous empêchez de répéter en boucle "j'ai mal", que la douleur intense joue inévitablement sur le caractère, que l'entourage s'agace de vos sautes d'humeur qui ne sont pas un travers de caractère mais la simple expression de votre souffrance et que vous finissez par ne plus rien dire, vous vous sentez encore plus isolé.

On est seul dans la douleur.

09:07 Écrit par charlotte sapin dans Beauté, santé, Travail | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | Pin it!

09/01/2012

Chronique de l'effort #32

Ou ma vie de salariée.

Ne pas être son propre patron signifie bien évidemment avoir un supérieur hiérarchique. De manière usuelle, ce rapport d'employeur à employé peut être rapprochée d'une certaine façon de la relation père à enfant dans le sens où le subalterne doit à son patron obéissance et respect - cette dernière notion étant censément réciproque, je dis bien censément.

Tout ceci engendre des impératifs de caractères à savoir que le boss doit être ferme (ce qui ne veut pas dire dictatorial) et suffisamment charismatique pour être respectable. Le subordonné quant à lui doit être, en plus d'un travailleur compétent évidemment, assez docile et pas trop insolent pour ne pas risquer sa place.

Seulement, lorsque votre n+1 à l'habitude de fanfaronner, entre autres spécialités typiquement machistes, qu'il déjoue les radars malgré une vitesse digne d'un pilote sur circuit, qu'il vous embarque dans son véhicule mais que bizarrement ce jour-là il roule tellement mollement que même vous qui n'êtes pas un public rassuré en voiture vous avez envie de lui hurler "mais putain tu vas le desserrer ton frein à main et appuyer un tant soit peu sur ce foutu accélérateur", votre sens du respect - assez relatif par nature s'agissant des dirigeants - est quelque peu écorné.

Quand par-dessus le marché vous vous mettez en route de nuit, que vous constatez que l'automobiliste d'en face n'a pas allumé ses lumières, que dans votre emportement lié à la sécurité routière vous vous exclamez "et tes phares connard !" et que là, de façon tout à fait hallucinante, votre responsable se précipite sur ses loupiottes pour les allumer en s'excusant platement, vous vous dites que là, définitivement, vous ne pourrez plus lui prêter une quelconque crédibilité.

11:22 Écrit par charlotte sapin dans Chronique de l'effort, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

18/11/2011

90-20-32

"Mensurations atypiques", diront les plus délicats.

"C'est quoi ce boudin ?", oseront les plus cavaliers, quoique moins hypocrites.

Que tout le monde se rassure, si telles étaient mes mesures corporelles, j'aurais suffisament de complexes pour les taire ou assez d'audace et de sens des affaires pour aller faire fortune chez les Bouglione entre la femme à barbe et la Vénus Hottentote.

Mais alors, quelle est donc la signification de cette mystérieuse série numérique ?

Et bien il s'agit tout simplement de la réponse que je donnerais si l'on venait à m'interroger sur mon âge. Il serait en l'occurrence d'ailleurs plus exact de me demander : "Quels âges avez-vous ?".

Car si ma parentalité et l'état civil n'auraient pas complètement tort de s'accorder sur le fait que j'ai 32 ans, ils n'auraient toutefois pas entièrement raison. Me cantonner à cette estimation purement légale serait pour le moins réducteur.

Certes, entre le jour de ma naissance et aujourd'hui, il s'est écoulé, au sens calendaire grégorien, quelque trente-deux années (à la vérité d'ailleurs, nous nous approchons dangereusement des trente-trois...). Mais au-delà de cette unité de valeur commune, il en existe une plus subjective qui est l'âge mental. Je situe le mien à la vingtaine. Entendons-nous bien cependant : quatre lustres d'une personne née à la frontière des seventies et des eighties parce que de manière tout aussi partiale que je m'attribue une double décennie mentale, j'affirme de façon totalement autocratique que les jeunes d'aujourd'hui sont complètement cons. Hors de question donc de tenter une quelconque comparaison entre eux et moi.

Ne reste plus que le 90 et c'est là tout mon drame. Car si je suis encore jeune d'un point de vue légal et passablement attardée d'un point de vue mental, je suis excessivement précoce par ailleurs. Malheureusement pour moi, c'est moins le genre de précocité valorisante du type "ma fille pas son Bac cette année, elle a cinq ans" que le type péjoratif de prématurité accablante constituant le cauchemar numéro un de la gent masculine rapport à sa sexualité (ex-aequo avec le problème de la taille qui obnubile également ces messieurs).

Quatre-vingt dix, donc. C'est approximativement l'âge de ma carcasse. Voilà ce qui arrive quand on combine un patrimoine génétique quelque peu altéré (je pense sérieusement poursuivre mes parents pour malfaçon), un métier hautement physique (libraire) et un patronnat faisant non seulement fi de toutes les législations relatives à la sécurité et à la santé au travail mais pire, trouvant un malin plaisir à durcir et complexifier les tâches physiques de ses larbines. Résultats ? Discopathie dégénérative, lombo-fessalgie, probable hernie, sciatique potentielle, arthrose, ostéoporose, sténose foraminale, j'en passe et peut-être des pires puisque ni les radios, ni les IRM, ni les infiltrations (peut-être la toute prochaine discographie ?) ne permettent jusqu'à présent à mon neurochirurgien de déterminer précisément ce qui cloche dans mon squelette et, par extension, de me soulager, enfin.

Bientôt quatre mois que cela dure. Je ne pensais pas pouvoir penser ainsi un jour de la sorte mais à l'heure actuelle, je donnerais cher pour avoir quatre-vingt dix ans d'âge mental quitte à me faire traiter de vieille peau dix fois par jour et récupérer l'ossature et la musculature de mes vingt ans.

10:53 Écrit par charlotte sapin dans Beauté, santé, Moi, Travail | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!