23.06.2009
Il faudrait être fou pour ne pas y aller !
Quand j'étais petite, je suis allée un nombre incalculable de fois au château de Fontainebleau, à l'occasion du spectacle estival. Le nombre incalculable de fois s'explique par le fait que mon père obtenait régulièrement des réductions, voire des invitations, par les laboratoires pharmaceutiques - à cette époque, les médecins étaient encore gâtés... - et que le lieu en question, situé à une soixantaine de kilomètres de Paris était accessible assez rapidement - périph' bouchonneux du week-end tout de même... C'était sympa mais assez routinier.
Mais si je redevenais petite maintenant, je suis sûre qu'on casserait les habitudes-faute de mieux en se rendant au Puy du Fou.
Déjà parce que même si ce lieu était déjà facilement accessible par autoroute, une navette depuis la gare d'Angers est désormais disponible sur réservation et place donc le Puy du Fou à seulement 2h30 de Paris pour tous les gens non motorisés ou ne souhaitant pas se taper d'embouteillage.
Ensuite, parce que l'élargissement de l'offre en matière d'hébergement et de services pratiques font du Puy du Fou une destination idéale pour les courts séjours et vacances en famille. L'on note particulièrement l'étonnant Logis de Lescure du XVIIIe, transformé en hôtel d'exception composé de quatre suites en duplex - La Salle des Blasons, Le Planétarium, Le Cabinet de Curiosité et La Salle des Miroirs - de 300 m2 chacune avec terrasse privative et pouvant accueillir de 4 à 6 personnes.
Mais surtout parce que le Puy du fou affirme sa dimension de parc « spectacle » de référence au travers de ses toutes nouvelles productions inédites : Les Grandes Eaux qui donne vie à l'étang le jour et Les Orgues de Feu, spectacle nocturne grandiose en juillet et en août.
Pour Les Grandes Eaux, ce ne sont pas moins de 120 jets d'eau de 20 mètres de haut et une architecture sonore à 360° qui transportent les spectateurs, pendant huit minutes, aux grandes heures de Versailles. Ce ballet de fontaines, sous les ordres du compositeur baroque Jean-Baptiste Lully et de ses deux timbaliers, est une chorégraphie aquatique spectaculaire que les visiteurs pourront reproduire puisqu'entre chaque spectacle, ils pourront activer les fontaines grâce aux quatre claviers interactifs placés autour de l'étang et être les chefs d'orchestre de leur propre spectacle.
Côté Les Orgues de Feu, le Grand Parc ouvre ses portes de nuit du 1er juillet au 30 août (en dehors des vendredis et samedis dédiés à la Cinéscénie) pour entraîner le public dans un univers fantasmagorique et poétique, au coeur de l'histoire d'un amour absolu entre deux êtres fantastiques, un pianiste au regard de cristal et une muse violoniste et où, portées par Mozart, Litz, Delerue, Bach ou Bizet, muses et fées surgissent du fond du lac, dans un décor vespéral. La performance de la mise en scène résidant dans un système de patinage aquatique grâce à un rail immergé et à un éclairage extra-ordinaire qui ne provient d'aucun projecteur traditionnel mais émane des personnages eux-mêmes et des décors. Ainsi, ballerines, farfadets, nymphes et musiciens dansent sous des lunes à fleur d'eau et glissent autour d'un piano "aqueux" lustral, d'une harpe d'or et d'orgues gigantesques crachant eau et feu. Trente minutes de féerie.
D'un point de vue Cinéscénie, la saison 2009 est l'occasion d'une refonte de la scène du Rêve, scène charnière du spectacle situé après la Révolution française, avec de nouvelles projections sur six arches d'eau géantes pour une projection onirique encore plus saisissante.
Et tout cela est sans compter toutes les autres choses à découvrir sur www.puydufou.com (bons plans, visite virtuelle, actualités...), notamment le nouveau système de réservation et d'impression de billets en ligne !
Magie et culture s'entremêlent dans ce cadre exceptionnel, pour le plaisir des petits comme des plus grands.
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25.01.2009
La maison du lac de Jean Piat et S. Hillel
Au départ, un film de Mark Rydell avec Katharine Hepburn, Henry Fonda et Jane Fonda, sorti en 1981.
Primée cette même année aux Oscars au titre du meilleur scénario, de la meilleure actrice (K.H.) et du meilleur acteur (H.F.), l'histoire (titre original : On Golden Pond) nous parle des années 60, d'une maison de vacances au bord d'un lac, de deux époux ayant su rester des amants exceptionnels, d'une fille en conflit depuis toujours avec son père, d'un nouveau fiancé et de son ado de fils, d'un jeune rebelle et d'un vieux râleur qui finissent par s'entendre.
Ce récit, je l'ai découvert sur le vieux poste télé d'une vieille maison d'un village de vieux du fin fond du Cher, quand j'étais petite fille.
Quelque vingt années plus tard (si ce n'est plus...), je l'ai redécouvert version théâtre, version française, avec Jean Piat (l'époux amant exceptionnel père indigne vieux râleur), Maria Pacôme (l'épouse amante exceptionnelle maman), Béatrice Agenin (la fille en conflit avec son père nouvellement fiancée), Christian Pereira (le nouveau fiancé père d'un ado) et Damien Jouillerot (le jeune rebelle).
Si la nouvelle approche fut enchanteresse, c'est à n'en pas douter grâce à une interprétation magistrale réhaussée par un décor fantastique (Edouard Laug), un jeu de lumière très subtil (Laurent Béal), une musique/bande son si nostalgiquement juste (François Peyroni) et une mise en scène énergique (Stéphane Hillel, Marjolaine Aizpiri). Mais elle l'est indiscutablement et sans vouloir démériter le reste de la troupe, grâce à l'inégalable ponte de la Comédie Française, Jean Piat, dont j'avais particulièrement apprécié la performance seul en scène l'an passé dans De Sacha à Guitry.
Bref, pour la critique parfaite, c'est par ici. Pour ma part, j'en retiens beaucoup de rires, quelques larmes et deux regrets : que les bonnes choses aient une fin et que la culture soit si inabordable (merci papa/maman pour l'invit'). Mais s'il est un spectacle qui vaut de se serrer un poil la ceinture, c'est bien celui-là !
Thêatre de Paris
15, rue Blanche - 75009 Paris - M° Blanche / Trinité
Réservations : 01 48 74 25 37 - http://www.theatredeparis.com
Jusqu'au 15 février, du mardi au samedi à 20 h 30 et le dimanche à 15 H 30
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14.12.2007
De Sacha à Guitry
Après mes déboires estivaux, j'ai oublié, en l'espace d'une soirée, la prestation théâtreuse de Belle du seigneur en me plongeant dans la Comédie, la vraie, la grande, l'inénarrable, avec De Sacha à Guitry, interprétée par Jean Piat et scénographiée par Gérard Kéryse.
Le Robert d'Artois des Rois maudits de mon enfance, du haut de ses insoupçonnables 83 ans, assure seul en scène un spectacle aussi désopilant que profond sur les textes sensationnels du controversé Sacha Guitry. Feu le comédien, auteur de pièces, metteur en scène, dialoguiste, scénariste et réalisateur dont je ne connaissais que la citation "Je suis contre les femmes, tout contre", s'est révélé à moi comme un inégalable amoureux des mots, de l'amour plus que des femmes - ce qui lui valut sans doute sa réputation de grand misogyne -, bref de la vie. Ses textes, magnifiquement mis en valeur par l'interprétation exceptionnelle de Jean Piat, sont un véritable concentré de perspicacité, d'humour et de philosophie. L'expression "avoir de l'esprit" prend toute sa mesure pendant ces 90 minutes d'acrobatie verbale jubilatoire.
Si je m'écoutais, j'y retournerais. Mais je ne voudrais pas vous priver de l'opportunité de savourer les dernières représentations de ce spectacle haut en couleurs.
Car il y a un Sacha charmant, caustique, désinvolte et léger mais il y a aussi un Guitry plus grave, lucide, moraliste à sa manière et qui, sans jamais se prendre au sérieux, parle à chaque génération. Sacha fascine. Sacha irrite. Sacha séduit. On le dit misogyne, égoïste : il s'en défend avec esprit, Guitry, ou Sacha, il vit de cette joie particulière : la joie des autres. L'évoquer, lui, sur un théâtre, était une tentation à laquelle j'ai cédé... Il s'avance sur la scène et il parle de tout, du bonheur, de Mozart, des acteurs, des auteurs, des femmes bien sûr, de la jeunesse, de sa scolarité "tourmentée" et même... de la Libération de Paris où son destin d'exception va le conduir 60 jours en prison. Promenade passionnante à travers une oeuvre à l'humour décapant que le temps n'a pas abîmée et où se révèle l'intelligence de l'homme, son rayonnement et aussi et surtout son amour du public et... de la France !
Jean Piat
Comédie et Studio des Champs-Elysées
15, avenue Montaigne - 75008 Paris
Réservations : 01 53 23 99 19
Dernières dates du 26 au 29 décembre
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10.09.2007
Chronique d'une ambivalente #9
D'un côté, j'ai toujours envie de faire plein de choses et de l'autre, je suis un peu flemmarde.
Et si multiplier les activités nécessite un minimum d'organisation, je suis naturellement et paradoxalement allergique à la programmation.
A partir de là, il est des tonnes de projets que j'aspire à réaliser mais qui n'échapperont pas à ma dichotomie caractérielle. De l'intention à la réalisation, il n'y a qu'un pas... mais c'est toujours le premier qui coûte.
J'ai donc décidé de transcrire ici mes envies qui vraisemblablement ne se concrétiseront jamais parce que s'il est important de se remémorer ce que l'on a vécu, observé, érigé, détruit... il est également important de se rappeler tout ce qu'on a manqué faute de temps, faute d'argent, faute de motivation...
Le Vertige est une pièce adaptée du livre d'Evguenia Guinzbourg, arrêtée trois fois par Staline en 1928, 1932 et 1937 et condamnée à trois ans de cachot et huit années de goulag. Cette pièce dépeint les interrogatoires d'une quarantaine de femmes par douze tortionnaires, mêlant l'atrocité au burlesque, comme pour dédramatiser l'horreur qui a tué l'auteur et tant d'autres victimes.
Cette pièce, jouée à Moscou sans interruption depuis dix-huit ans (!), continue à combler les spectateurs qui, chaque soir, se lèvent pour crier "Merci !".
Les 11 et 12 septembre au Théâtre de Paris
15, rue Blanche - Paris 9
Motif pour cette fois-ci : pas de sous.
20:55 Publié dans Chronique d'une ambivalente, Culture, Loisirs, Moi, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gwordia, culture, théâtre, blabla de fille, de tout et de rien
11.08.2007
Les ratés de l'été
Point n'est question de météorologie en la matière, bien que le sujet - inquiétant - méritât d'être abordé. Mais de quoi
parler alors ? Taadaaaammm ! Lever de rideau. Le propos du jour s'attachera à palabrer relativement au théâtre contemporain.
Pour être plus précis, le thème prendra appui sur ma sortie de la veille au Théâtre Lucernaire pour une adaptation, contemporaine donc, du chapitre XC de l'oeuvre littéraire magistrale d'Albert Cohen Belle du Seigneur.
Si je n'avais pas mis les pieds au théâtre depuis un temps certain... je sais désormais pourquoi ! Non, je ne vais pas généraliser. Mais sincérement, trivialement, minimalistement, le spectacle que nous offre la metteur en scène / interprète Aurore Prieto et le scénographe / créateur de sons et lumières Soï est littéralement une bouse énorme.
Pour ceux qui n'auraient pas lu l'incontournable livre de Cohen, n'allez surtout pas voir cette inconstructive représentation qui ne vous donnera pas le goût de découvrir le chef d'oeuvre. Pour ceux qui auraient déjà goûté à cette merveille de la littérature, n'allez surtout pas voir cette désobligeante représentation qui gâtera le souvenir impérissable de la majesté amoureuse d'Ariane et Solal.
Alors peut-être suis-je particulièrement obtuse à la création dite "moderne". Quand beaucoup ne jugeaient que par le génie de La Science des rêves, j'abhorrais littéralement pour ma part ce film sans queue ni tête. Mais sincérement, trop de conceptuel tue le conceptuel.
En l'occurence, le texte pourtant riche et intéressant ne souffre que de l'inattention du spectateur qui est sempiternellement agressé par les intonations et gémissements stridents de la comédienne, ses déplacements saccadés et ses mouvements incohérents. Sans compter les jeux d'eau et la musique très aquatico-retentissante qui, s'ils ont le mérite d'exister, n'ont aucune cohérence ni fonction. Si ce n'est d'agacer sous prétexte d'enrichir.
Je suis certes loin des critiques dithyrambiques que j'ai pu lire préalablement mais je pense profondément que cette interprétation n'utilise qu'un titre connu qui ne peut qu'attirer pour en faire une pseudo-création. Je ne m'inclinerai que si l'on considère qu'en montant une pièce tirée d'un illustre texte et en me balançant de la peinture sur le corps, à moitié nue et bondissant comme un ouïstiti, je suis une vraie artiste.
Seul élément positif, la petite salle toute en longueur où l'actrice prend place entre deux rangées de spectateurs qui se font face. Très original... bien que la fuite pour cause de non-adhésion à la performance soit tout à fait impossible.
Théâtre Lucernaire - 53, rue Notre Dame des Champs - 75006 Paris - www.lucernaire.fr
23:30 Publié dans Actualités, Culture, Livre, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gwordia, culture, littérature, art, théâtre, livre, roman








