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Télévision

  • Silex and the city 3 de Jul

    silex and the city 3.jpgLe néolithique, c'est pas automatique

    Éditions Dargaud - 48 pages

    Présentation de l'éditeur : Dans Silex and the City Le Néolithique, c'est pas automatique, on découvre les ancêtres des agences de notation. On tremble face à la concurrence de l'Homme de Pékin. On s'enthousiasme pour "l'évolution du Jasmin" et on manifeste contre les expulsions des espèces défavorisées avec le "Réseau évolution sans frontières". On invente les réseaux sociaux avec "Flèchebook". Et quand le volcan explose, le spectre de Fukushima se profile à travers les âges, malgré la communication rassurante d'EDF (Énergie du feu). Serions-nous, comme le prédit le fameux "calendrier lémurien", à la veille de la fin du monde, annoncée pour l'année 40012 avant Jésus-Christ ? Ce 3e épisode de Silex and the City confirme ce que laissaient pressentir les deux premiers : oui, l'actualité peut faire rire... grâce à la bande dessinée ! De la Biennale d'art préhistorique contemporain aux Ancêtres de Don Quichotte, de la Fête de l'Humain aux minorités visibles néanderthales, c'est tout notre théâtre contemporain qui défile en peau de bête pour une parodie au vitriol de notre société "évoluée". Avec cette première série, Jul délaisse l'actualité immédiate abordée dans Il faut tuer José Bové et La croisade s'amuse pour se lancer dans une saga familiale en costumes, à l'époque de la préhistoire. Quelle meilleure lorgnette que ces âges obscurs pour éclairer nos turpitudes contemporaines ?

    Ma note :

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    Cartonné : 13,99 euros

    Lire les premières pages

    Après le succès éditorial des deux premiers tomes et l'adaptation de la série en programme court sur Arte (du lundi au vendredi à 20 h 45), Jul aurait eu tort de ne pas continuer à surfer sur la vague du succès. Il a ainsi profité de la rentrée littéraire pour livrer le troisième opus des folles aventures de la famille Dotcom.

    Le concept est toujours le même : un décryptage anachronique de l'actualité. Sous couvert de préhistoire, c'est bel et bien une fresque du monde d'aujourd'hui qui est dressée dans Silex and the city. Les références sont multiples et si elles exigent d'être un minimum au courant des événements de monde qui nous entoure, inutile pour autant d'être à la pointe de l'information pour comprendre. Il faudrait vraiment vivre terré dans une caverne pour ne pas saisir les allusions !

    Alors certes, c'est récréatif, pertinent, bien tourné. Pour autant, j'ai éprouvé moins de plaisir à lire ce tome que les deux précédents. C'est moins de la lassitude que le sentiment que les gags ont été préalablement listés et l'histoire brodée autour. Il y a de fait un certain manque de fluidité dans la narration même si l'ensemble fonctionne et reste cohérent. Accordons à Jul un réel talent pour trouver les mots qui font mouche.

    Bien qu'à mon sens ce troisième volet soit moins réussi que les deux premiers, il offre malgré ses imperfections un vrai bon moment d'humour. Évidemment, il est beaucoup moins drôle de réaliser que l'accumulation des vannes potaches n'est pas tant le fruit de l'imagination du bédessinateur que le reflet de la montagne des tragédies socio-politiques du quotidien bien réel. M'enfin... Faut bien rigoler !

    Le créneau de l'actualité étant à l'origine de productions rapidement obsolètes, la saga est à lire sans attendre.

    Ils en parlent aussi : Canel, Julie, La Griotte.

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  • Le chirurgien ambulant de Wolf Serno

    Editions De Fallois - 792 pagesculture,citation,littérature,livre,roman,médecine,histoire,religion

    Présentation de l'éditeur : Espagne, XVIe siècle, monastère de Campodios. Sentant sa mort prochaine, l'abbé Hardinus convoque Vitus, son protégé, qu'il a découvert, abandonné, alors qu'il était encore un nourrisson. Afin que le jeune homme connaisse ses origines, il lui remet un indice : un tissu damassé, visiblement d'origine anglaise. Et voilà, pour Vitus, le début d'une quête semée d'embûches, de rencontres, et l'occasion de pratiquer son art, la chirurgie, sur les routes de l'Europe de la Renaissance. Tous les ingrédients du roman historique d'aventures sont ici réunis, pour le plus grand plaisir du lecteur : personnages pittoresques - nains, Tziganes, saltimbanques, corsaires -, évocation de l'Inquisition, complots, rebondissements incessants... Un vrai bonheur de lecture.

    Au gré des aventures d'un jeune homme en quête de son identité, c'est toute l'Europe du XVIe siècle que dépeint l'auteur avec, certes quelques inexactitudes, mais surtout beaucoup de talent. J'ai été véritablement embarquée par ce roman d'aventure historique qui est tout à fait dans la tendance d'Inquisitio.

    Moines cisterciens, brigands, inquisiteurs, gitans, charlatans, gentilshommes, corsaires, pirates et bien d'autres encore sont les personnages hauts en couleurs qui jalonnent l'apprentissage du médecin en herbe. Les péripéties sont nombreuses et si l'ensemble est plein de bons sentiments, quelques scènes relatives aux tortures du tribunal inquisitorial ou à l'empirisme médical sont assez insoutenables bien que passionnantes et instructives.

    Le rythme est trépidant au point qu'une fois la lecture amorcée, il m'a été systématiquement bien difficile de m'arracher au plaisir de la lecture. L'arrivée du point final est comme toujours avec les livres que j'apprécie un petit deuil à surmonter. Ici, ce processus est grandement facilité par l'existence d'une suite que je ne me refuserai certainement pas : Le chirurgien de Campodios.

    Bref, ce roman est agréablement dépaysant tant par l'époque évoquée que par les contrées traversées, il offre un éclairage enrichissant sur la religion et la médecine et nous tient en haleine grâce à des rebondissements menés tambour battant.

    Extraits :

    "Sauf le hunier au mât de misaine, toutes les voiles doivent être arrisées dans dix minutes, sinon le chat à neuf queues dansera une matelote sur le dos des hommes !"

    ...

    Cette faculté qu'il avait de se dominer était l'une de ses particularités. Elle le faisait paraître plus âgé qu'il ne l'était.

    ...

    "J'ai appris qu'il y a des gens auprès desquels on vit et dont, malgré tout, on ne sera jamais proche. Et il y en a d'autres qu'on connaît à peine et qui ont pourtant une place dans votre coeur."

    ...

    Mais, pour en finir avec les idées sur la croisade de l'intérieur : là aussi, cela partait à l'origine des meilleures intentions, ramener tous ceux qui pensaient autrement sur la voie de la vraie foi, mais l'Eglise n'a pas tardé à s'apercevoir qu'il pouvait être lucratif de ne pas pardonner au soi-disant pécheur, mais de lui prendre ses biens. Et tout cela pourquoi ? Notre Mère l'Eglise, au-dessus de tout soupçon, et ses champions de Dieu, devant lesquels nous blêmissons de crainte respectueuse, parce que nous supposons qu'ils possèdent un peu de rayonnement divin, notre Mère l'Eglise donc est en vérité profondément mauvaise. Un simple mortel ne peut pas être aussi mauvais, aussi méchant, aussi corrompu. L'Eglise n'est pas l'oeuvre de Dieu, mais celle des hommes. Car ce sont des hypocrites et des assassins qui l'incarnent. Personne n'est plus éloigné de Dieu que l'Eglise.

  • La petite maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder

    Editions Flammarioncoffret.jpg

    Tome 1 - 311 pages : Laura Ingalls débute le récit de sa jeunesse dans l'Ouest américain des années 1870. C'est son enfance en famille et sa traversée de l'Amérique qu'elle retrace. C'est aussi toute la vie des pionniers, leurs difficultés mais aussi leurs joies.

    Tome 2 : Au bord du ruisseau - 339 pages : Dans ce volume, la famille Ingalls s'installe dans une curieuse maison creusée dans les berges d'une rivière.

    Tome 3 - Sur les rives du lac - 351 pages : Le père de Laura accepte un travail sur la ligne de chemin de fer ; toute la famille Ingalls quitte la maison au bord du ruisseau et part s'installer dans le Dakota, à l'ouest.

    Présentation de l'éditeur : Laura Ingalls narre sa jeunesse dans l'Ouest américain des années 1870. Elle retrace son enfance en famille et sa traversée de l'Amérique vers de nouvelles terres mais c'est aussi et surtout le récit plein d'émotion et de nostalgie de la vie des pionniers.

    Bon avouons-le, je n'avais pas particulièrement envie de me lancer dans la lecture de cette série, ayant regardé ad nauseam l'adaptation télévisuelle des célèbres aventures de la famille Ingalls qui, aujourd'hui encore est diffusée en boucle. Je n'ai acheté ce coffret des trois premiers volumes du journal intime de la petite Laura (il en existe deux de plus dans cette collection mais bien d'autres dans des éditions différentes) que parce que je le trouvais joli.

    Ayant une subite envie de lecture pas stressante pleine de bons sentiments, j'ai décidé de rentabiliser mon achat. Je m'attendais bien naturellement à retrouver la version écrite des épisodes télé. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'ils n'étaient en fait qu'une vague exploitation hollywoodienne !

    Je ne saurais donc que conseiller cette jolie révélation à tous les enfants qui aiment lire. L'on est plongé dans la vie d'une famille simple et unie mais surtout dans toute une époque des Etats-Unis : la conquête de l'Ouest et la vie impressionnante de courage et de difficultés des pionniers venus d'Europe. Et contrairement aux idées reçues, ces histoires ne sont pas réservées aux petites filles. N'oublions pas que Laura fut longtemps un petit garçon manqué qui narre, entre autres, avec beaucoup de précisions comment allumer un feu, pêcher ou construire une cabane.

  • Ce parfait ciel bleu de Xavier de Moulins

    Editions Au diable vauvert - 203 pagesculture,citation,littérature,livre,roman,télévision,tv,famille

    Présentation de l'éditeur : On retrouve ici Antoine Duhamel, le personnage du premier roman de l'auteur, Un coup à prendre. Il est désormais divorcé et père recomposé dans les bras de Laurence, mais peine toujours à se séparer d'Alice et ne se résout toujours pas à cesser d'hésiter entre deux femmes. Comme entre regret et renoncement. Il va offrir à celle qui est finalement sa seule confidente, sa grand-mère Mouna, deux jours hors de la maison de retraite où elle a préféré finir ses jours. Un pèlerinage clandestin dans l'hôtel de leurs vacances passées, le temps d'une escapade sous le ciel bleu de la côte normande. Sous un parfait ciel bleu, c'est le face à face d'un homme de trente-sept ans qui a encore peur de vivre et d'une vieille dame qui a peur de mourir. Et c'est celle qui a pourtant tout connu du renoncement qui, au soir de sa vie, va lui donner le courage de choisir sa vie.

    Xavier de Moulins est journaliste. Pour ceux qui ne situeraient pas, il est le journaliste animateur du 19h45 sur M6. J'avoue que je n'accroche pas à sa présentation mais n'étant pas du genre à me fier aux apparences, j'ai suivi ma curiosité en acceptant de découvrir sa facette auteur en me plongeant dans son second roman, délicatement offert par Babelio et les Editions Au diable vauvert.

    Et bien si le journaliste apparaît, selon mon jugement purement subjectif, froid et guindé, l'écrivain est quant à lui d'une délicatesse extrême dans une écriture parlée originale et drôle. Faisant s'affronter les générations et s'interrogeant sur les difficultés de tourner les pages de nos vies, particulièrement amoureuses, Xavier de Moulins m'a touchée et m'a procuré un délicieux moment de lecture. C'est tout simple, sans prétantion mais ça fait du bien à l'âme. Bref, une agréable surprise.

    Extraits :

    On est toujours hypocrite au début d'une histoire. On cache ses zones d'ombre et ses vilains défauts. On prend facilement l'autre pour une Ferrari avant de lui en vouloir de n'avoir à offrir qu'un moteur de 2CV.

    ...

    - Tu sais Antoine, ça ne sert à rien la vieillesse.

    Mouna adore cette phrase. Elle a raison, la vieillesse, ça ne sert à rien, sauf peut-être à apprendre aux enfants à profiter de la vie avant la liste d'attente pour la Résidence des Lilas. A comprendre qu'iol faut vivre sans se retourner. Commencer à oublier avant d'être lâché par sa mémoire. L'entretenir en refusant de se souvenir d'hier pour mieux embrasser demain.

    ...

    Alice, Laurence, Mouna, une chaîne de montagnes, trois sommets, trois visions différentes, du monde, de l'amour, des hommes, et ma pomme en dénominateur commun. Peut-être que c'est ça, être une famille, se faire trait d'union entre des étrangers. Est-ce que Alice, Laurence et Mouna auraient croisé leur chemin sans moi ?

    La vraie famille est celle que l'on se construit accidentellement.

    Mouna m'inspire, j'ignore pourquoi en l'emportant sur la route de son dernier rêve j'ai enfin la sensation de savoir qui je suis.

    Je cultive mon cercle, j'y fais pousser des emmerdes et de la grâce, je me clôture avec des femmes, une garde rapprochée bigarrée, jalouse et rebelle, elles sont le souci et l'issue, mes astres et mes boulets. Je songe à la grande harmonie en foutant un bordel monstre, j'ai l'autodestruction fertile, la créativité déchirante lorsque la vie me demande de choisir.

    ...

    Elle ouvre ses yeux immenses et m'explique que malgré le temps, les rides et la mémoire qui flanche, les jolies choses restent intactes. Alors quand la vie fait sa garce, parce que la vie peut facilement nous faire dérailler et prendre un mauvais tournant, il ne faut pas hésiter à descendre au plus profond de soi et refaire jaillir une odeur, une matière, une image, une note de musique, quelque chose de doux pour affronter la violence et, surtout, s'en protéger. Se faire la belle n'est jamais compliqué. On a tout un tas de ressources à l'intérieur de soi, il suffit de prendre la peine d'aller les chercher.

    ...

    A les voir penchés sur leur déambulateur, affalés dans leur chaise roulante, en mettre partout en mangeant ou baver en s'endormant, on oublie que derrière les rides, dos voûtés et mots croisés pour les plus vaillants, il y a eu nous.

    Des hommes et des femmes en pleine force de l'âge, faits de rêve, de doutes , de certitudes, de projets, d'envies, de fantasmes, de révoltes aussi, d'insatisfactions, de colères, d'amours et de passions. Il y a eu toutes ces histoires, légères et graves, découvertes et cachées, assumées et ratées. Ces espoirs et ces désillusions, ces chagrins et ces joies, autant d'orgasmes et de petites morts. Les vieux vivent en secret avec le même besoin de consolation que nous. Leur vie n'est pas cette trajectoire lisse et ordonnée que l'on s'imagine enfant observer, souvent dans la confiance de notre extrême jeunesse, parfois dans la crainte. Les vieux ont simplement muté, mais à l'intérieur ils sont ce que nous sommes, amas craintifs bourrés de cette envie d'amour qui nous obsède jusqu'à nous rendre aveugles, nous encourage à imaginer que personne ne peut comprendre notre quête. Que personne n'a jamais rien vécu avant nous, que nous sommes les seuls à savoir, à vivre avec ces blessures et ces manques, ces lâchetés et ces obsessions, ces vagues et ces creux. Nous supposons la vie des vieux, mais nous n'osons jamais la connaître car son reflet rassurant peut, s'il se précise un peu, nous terroriser, concourir à la chute toujours inévitable de nos illusions.

    ...

    - Le passé tu ne peux pas le changer et tu ignores tout du futur. Vis au présent, aime au présent, c'est la seule solution pour ne pas tomber malade. Tu verras bien demain ce que l'avenir t'a réservé.

  • Rossmore Avenue de Vanessa Caffin

    rossmore avenue.jpgEditions Belfond - 236 pages

    Présentation de l'éditeur : Lily Brochant s'est installée il y a dix ans à Los Angeles, où elle a suivi un amour de passage. Allergique à l'inculture américaine, elle se débat au milieu du vernis californien, décidée à imposer un ton résolument irrévérencieux et parisien, bien intriguant pour la communauté du 500, Rossmore Avenue, le petit immeuble chic et vieille Angleterre de Hancock Park où elle a posé ses valises. Reine du shiatsu auprès d'une clientèle fortunée, elle se jette sur le pouls de ses voisins pour mieux traquer leurs manques affectifs : Jane, malmenée par un fils hyperactif et déterminée à démasquer les infidélités de son mari ; Georges, un Français sexagénaire inconsolable depuis le décès de sa femme, parti à L.A dans l'espoir de rencontrer son idole, Sylvie Vartan ; Luke, peintre dépressif en mal d'inspiration ; et Cora, concierge latino mélancolique rêvant de fuir en Norvège. Mais quand le mari de Cora est retrouvé mort dans les poubelles et qu'un natif de L.A se met à courtiser Lily à la française, la vie prend des tours inattendus au 500, Rossmore Avenue... Une comédie délurée et subtile, dans l'esprit des Chroniques de San Francisco, où s'expriment avec justesse les fantaisies de l'âme humaine, la solitude et le doute.

    Comme l'indique la jaquette, ce texte est tout à fait dans l'esprit des Chroniques de San Francisco mais quitte à choisir, autant opter pour Armistead Maupin qui nous offre une plus grande qualité et surtout une sacrée quantité puisqu'il a récemment fait paraître les tomes 7 et 8 de cette superbe saga.

    Ici, l'on met un peu de temps à se plonger dans le texte et le dénouement est de fait un peu rapide. Pour autant, la lecture est très agréable, les personnages attachants et les intrigues dignes des meilleures séries télé sauce Melrose Place.