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suicide

  • Elena et le roi détrôné de Claudia Piñeiro

    Editions Actes Sud - 172 pageselena et le roi détrôné.jpg

    Présentation de l'éditeur : Pour Elena, atteinte de la maladie de Parkinson, le temps se mesure en cachets de dopamine. Son cerveau n'est plus qu'un roi détrôné, incapable de se faire obéir sans ce capricieux émissaire. Quand on lui annonce l'invraisemblable suicide de sa fille, Rita, elle sait qu'il lui faut mener sa propre enquête, et qu'elle a besoin d'aide. Vingt ans plus tôt, elle a sauvé des griffes d'une faiseuse d'anges une jeune femme qui lui envoie chaque année un émouvant gage de bonheur familial. Alors, au prix d'un effort titanesque rythmé par ses pilules, elle traverse Buenos Aires pour demander à Isabel, qu'elle n'a jamais revue, d'acquitter sa dette : prêter son corps valide pour retrouver le meurtrier supposé. Mais le malentendu est abyssal entre les deux femmes. Qui doit payer et pour quoi ? Condition féminine, vulnérabilité, préjugés, ce roman utilise les ressorts de la littérature policière pour livrer une subtile réflexion sur la construction de l'identité et une troublante interrogation sur l'obstination à vouloir vivre, à tout prix.

    Dans une ambiance polar, l'auteur nous conduit dans les pensées et le quotidien d'une mère éplorée qui veut comprendre la mort de sa fille et qui pour mener son enquête doit lutter contre la maladie qui la gouverne : Parkinson.

    Entre ces deux combats, l'un affectif, l'autre corporel, l'on découvre une petite bonne femme aux allures vulnérables - bien que passablement acariâtre - mais dont la puissance, malgré les douleurs physiques et psychiques, est celle d'une mère pour son enfant, d'une vivante contre la Grande Faucheuse.

    Le résultat est une agréable mise en scène des ressorts que l'on peut puiser au fond de soi et des représentations que l'on peut avoir sur les autres comme sur soi-même. Le tout dans une atmosphère, des moeurs qui semblent à dix mille lieues de celles d'aujourd'hui. Cette austérité, cette dureté sont aussi dépaysantes qu'intrigantes, mais le chemin de croix d'Elena est avant tout une ode à la vie.

  • La mauvaise rencontre de Philippe Grimbert

    la mauvaise rencontre.jpgEditions Grasset - 213 pages

    Présentation de l'éditeur : Dans la vie de Loup, le narrateur, trois personnages comptent plus que tout : Nina, la mère qu’il s’est choisie, Gaby, amie de Nina, fantasque et rebelle et Mando, avec lequel, depuis la petite enfance, s’est nouée une amitié indestructible. Les deux garçons se complètent, Loup est indécis, Mando plus entier. Aux jeux d’enfants succèdent les premières conquêtes. Mando note tous les événements de « leur » vie dans un carnet, inscrivant, au fil des mois et des années leur histoire commune, telle qu’il la perçoit. Etudiants, ils vont choisir des voies différentes. Loup découvre la psychanalyse et se trouve un mentor en la personne du Professeur, personnage qui ressemble beaucoup à Lacan. Mando vit cela comme une trahison. C’est seulement à la fin de cette histoire, au moment où tout basculera dans une conclusion tragique, que Loup en comprendra les ressorts cachés. Quels abîmes cette amitié à la vie à la mort recouvrait-elle ? Loup, peu à peu, le découvrira et cette révélation fera vaciller son existence. Il connaîtra la blessure inguérissable des promesses non tenues, cette lourde chaîne qui, à jamais, nous attache à nos fantômes.

    Une fois de plus, je découvre un auteur réputé qui n'avait pas encore ses entrées dans mes étagères. Une très bonne rencontre malgré les critiques mitigées que l'on peut trouver de-ci de-là. Peut-être cet enthousiasme est-il plus marqué du fait que j'ai retrouvé dans ce texte un pan de ma vie d'une certaine façon.

    Le sujet ici est l'amitié profonde de deux petits garçons qui se rencontrent dans le bac à sable et qui poursuivent leur amitié jusqu'à leur âge d'homme et jusqu'à l'ultime "trahison". Dans cette amitié comme on le dit souvent de l'amour, l'un est souvent plus attaché que l'autre. Mais les raisons en sont-elles pures ? C'est ce que nous propose de découvrir l'auteur de façon aussi mystérieuse que pesante au sens psychologique du terme. Une réussite pour ma part même si cela remue des souvenirs douloureux ; parce que, justement.

  • Rentrée littéraire : Comme une ombre de Michel Schneider

    comme une ombre.jpgEditions Grasset - 336 pages

    Présentation de l'éditeur : « Il y a des histoires qui veulent être racontées. J'écris celle de mon frère comme en un miroir. Mais on ne sépare pas d'un miroir l'image qui s'y reflète. » Comme une ombre, c'est l'histoire de deux frères, Michel et Bernard, de leur enfance, de leur rivalité secrète, de leur impossible amour. D'effrayantes symétries entre les objets, les noms, les guerres, les amours. Des images obsédantes : une piscine municipale au bord de la Seine, un dancing, une caserne à Blida, un été espagnol... Et la mystérieuse L. Michel Schneider raconte ici l'enquête du narrateur sur les traces de son double perdu : la guerre d'Algérie et ses douleurs, la musique et ses consolations, les femmes partagées - à commencer par la mère -, le désir, la trahison. Il explore le plus intime et confie la difficulté de grandir privé de son ombre. Cherchant les mots qu'il ne lui a pas dits, et qui lui auraient ouvert ses bras, le survivant adresse au frère disparu une lettre qui ne lui parviendra jamais.

    Abandon en page 160. De ce livre, pourtant très bien écrit, je n'ai pas réussi à trouver ce petit quelque chose m'accrochant jusqu'au bout. L'auteur n'est pas parvenu, dans son récit à deux voix - la sienne mais d'un point de vue de deux époques différentes - à me plonger dans l'intimité de sa famille aux relations torturées. De plus, je dois dire que je ne suis pas fascinée par l'époque évoquée ; ce d'autant plus après ma lecture, également abandonnée en cours de route, du livre Les vieux fous de Mathieu Belezi.

    Cet hommage au frère suicidé est le pari risqué qui taraude chaque auteur : la tentation autobiographique à double tranchant. Un succès manqué pour moi mais qui a su convaincre une large partie de la critique.

    Ce que dit l'auteur de son livre.

    Extraits :

    Quoi de plus proche qu'un frère ? On a subi les mêmes parents. Quoi de plus lointain ? On a vécu la même histoire sans pouvoir en parler.

    ...

    Demain n'a de sens que pour ceux qui espèrent. Pas pour ceux qui savent ce qui les attend, savent que personne ne les attend.

  • Rentrée littéraire : Vengeances de Philippe Djian

    djian.jpgEditions Gallimard - 192 pages

    Présentation de l'éditeur : Marc, un peintre d’une cinquantaine d’années, est brusquement confronté au suicide inexplicable d’Alexandre, son fils de 18 ans, lors d’une soirée. Un an après, Marc se remet tant bien que mal de la perte de son fils. Il boit encore un peu trop. Elisabeth, sa seconde femme l’a quitté, lassée. Mais il recommence à créer, entouré et soutenu par son agent Michel et sa femme Anne, ses amis depuis 30 ans. Un soir, Marc porte secours à une jeune fille complètement saoule. Elle casse tout chez lui avant de disparaître. Retrouvée par Michel, elle se révèle être la dernière petite amie d’Alexandre, se prénomme Gloria et n’a pas de domicile. Espérant confusément réparer la mort de son fils, Marc lui propose de l’héberger. Gloria, sauvage, solitaire et démunie, accepte la proposition sans un remerciement ni un sourire. Michel se méfie aussitôt d’elle. Il la suspecte de vouloir se venger de Marc qu’elle estime responsable de la mort d’Alexandre. Mais ce sera Michel, la première « victime » de Gloria. Elle l’aguiche et sème la zizanie dans son couple. Dans une atmosphère de suspicion de plus en plus grande, le peintre, Gloria, l’agent et sa femme partent plusieurs fois en week-end. A la fin de l’automne, peu après l’une de ces excursions, Gloria disparaît. Elle est retrouvée trois jours plus tard dans le coma, violée et battue… L’enquête de police échoue, mais Marc croit savoir qui a agressé Gloria et décide de se charger personnellement de le confondre.

    Première rencontre avec cet écrivain que je n'avais appréhendé que par le biais de l'adaptation BD par Jean-Philippe Peyraud de Lui (je ne sais pas ce que vaut le roman mais la bande dessinée m'a fortement déplu et je n'y ai rien compris). Première vraie impression satisfaisante. Ce page-turner psychologique est incontestablement sombre mais pas déprimant. L'histoire est aussi étrange dans son fond que dans sa forme (alternance de narration, drôle de ponctuation).

    S'il s'agit de l'expression d'un choc générationnel où les parents boivent et les enfants trinquent, où chacun affronte ses démons seul et désenchanté, j'en retiens personnellement davantage la trame amicale. Une chose est sûre, déliquescence semble être le fondement de la littérature djianesque. Il n'y a pas que les histoires d'amour qui finissent mal en général.

  • Entre Dieu et moi, c'est fini de Katarina Mazetti

    culture,littérature,livre,roman,suède,suicide,jeunesseGaïa Editions - 137 pages

    Présentation de l'éditeur : Linnea a quinze ans, plein de complexes et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia, sa meilleure amie, son amie pour la vie… enfin, pour cent vingt jours, “sans compter les week-ends”, Linnea a fait le calcul une fois. Depuis que Pia est morte. Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui vit avec son nouveau conjoint une relation tumultueuse. Et de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie “croire en Dieu” ? Car ce n’est pas exactement la même chose que le père Noël. Une chose est sûre, ce n’est pas la peine de compter sur Dieu pour résoudre les équations du second degré. Seulement voilà, Pia n’est plus là. Alors Linnea se souvient, puisque, comme dit son excentrique grand-mère, “pour pouvoir oublier quelque chose, il faut d’abord bien s’en souvenir”. La verve comique et tendre de Katarina Mazetti est ici au service d’une adolescente bravache, complexée, drôle, curieuse et paumée, qui parle aux murs pour surtout ne se confier à personne. Ce formidable roman sur l’amitié et les tourments adolescents, qui permettra aux jeunes de se sentir moins seuls et aux moins jeunes de comprendre leurs ados préférés, est le premier volume d’une trilogie publiée aux éditions Gaïa, à paraître au fil de l’année 2011 dans la collection Babel.

    Ce texte court, par la célèbre auteur du livre Le mec de la tombe d'à-côté dont la suite Le caveau de famille vient de paraître, se lit vite et c'est tant mieux car son intérêt n'est pas très grand. Il aborde de manière assez superficielle les tourments de l'adolescence et du suicide. Le semblant de suspens sur les raisons du décès de l'amie de la narratrice dont on se doute est déçu par l'absence d'explication - le lecteur est quelque peu frustré dans son côté voyeuriste. C'est donc une tranche de vie, trop courte pour être vraiment captivante, mais déjà trop longue au regard de la relative vacuité du discours.