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sexe

  • Dernières nouvelles du front sexuel d'Ariane Bois

    culture,littérature,livre,nouvelles,sexe,érotiquel'Éditeur - 227 pages

    Présentation de l'éditeur : Échangisme, sex toys, sites de rencontres coquines, épilation intégrale, couple à trois, amour sur internet, libido version bio... Tous les jours, nous sommes bombardés de conseils, de recettes, de nouveaux concepts concernant ce que nous avons de plus intime, notre sexualité. Nous serions censés tout essayer, même le plus ridicule, même le plus hard, afin de nous montrer modernes. Mais que se passe-t-il vraiment quand on décide d'adhérer à ces nouveaux diktats et de passer à l'acte ? Parfois graves, souvent drôles, pétillantes ou tendres, ces 80 chroniques à picorer nos plongent dans le monde très secret de nos grandeurs et servitudes sexuelles !

    Ma note :

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    Broché : 15 euros

    Un grand merci à l'Éditeur pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Avec un tel titre et pareille couverture, il est légitime d'envisager un contenu licencieux. De l'érotisme à la pornographie, il y a pourtant un fossé que nombre de lecteurs ne sont pas prêts à franchir. Qu'ils se rassurent, l'élégance suggestive de la photo choisie pour la jaquette, signée de l'incomparable Helmut Newton, annonce et tient la promesse d'une verdeur de verbe à mille lieues d'un ton obscène.

    C'est donc un recueil de nouvelles que propose ici Ariane Bois, spécialisée dans les sujets de société, grand reporter de sa fonction. Et c'est bien là que le bât blesse...

    Les quelque quatre-vingt chroniques abordent la sexualité contemporaine d'une plume analytique très (trop) journalistique, là où la tonalité littéraire aurait servi le genre, délicat à traiter, toujours sur la corde raide entre ridicule et vulgarité. Les textes sont d'ailleurs tellement courts - au maximum trois pages - qu'ils s'apparentent davantage à des articles qu'à des nouvelles. L'auteur reconnaît du reste s'être largement inspirée des témoignages de la presse féminine avec laquelle elle collabore. Si l'on ajoute à cela que les scènes truculentes, émoustillantes ou émouvantes escomptées sont en fait une succession de déboires, ratages et autres catastrophes de couples, trios ou autres combinaisons, l'on tombe carrément dans le voyeurisme pathétique.

    Sous couvert donc de décrypter les moeurs sexuelles modernes et de dénoncer entre les lignes les oukases du dessous de la ceinture que beaucoup se contraignent, si ce n'est à adopter, du moins à essayer parce que c'est tendance, Ariane Bois livre des instantanés fadasses que l'on se lasse très vite de picorer. Certes, la plume aguerrie est précise, parfois espiègle, mais de manière générale assez froide, les saynètes plates et les chutes décevantes. Ni émotion ni excitation ne sont au rendez-vous, les libidos en berne le resteront après cette lecture.

    Il y a fort à parier que l'auteur s'est beaucoup amusée à croquer les infortunes scrabreuses des convertis (soumis) aux diktats. Pour ce qui est du lecteur, il en va autrement. La ronde de personnages et de pratiques dépeintes induisent une inévitable identification. Est-ce suffisant, surtout quand elle remet en mémoire des personnes ou moments que l'on préfèrerait oublier ?

    Malgré et peut-être à cause de l'évident parfum d'authenticité, l'ensemble manque définitivement de fantaisie, de piquant et est aussi ennuyeux que la routine. Disons qu'il rappelle si besoin était qu'entre certains fantasmes et la réalité, il y a un pas qu'il vaut souvent mieux ne pas franchir. Bref, Dernières nouvelles du front sexuel enfonce, mollement, une porte ouverte. Décevant.

    L'interview de l'auteur.

    Ils en parlent aussi : BookShellFairy, Laurence, Alfred.

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    Extrait :

    L'acte d'amour est toujours une confession.

    Albert Camus

  • Tartuffe au bordel d'Alain Paucard

    culture,citation,littérature,essai,sexe,prostitution,histoireA paraître le 7 novembre 2012

    Editions Le Dilettante - 121 pages

    Présentation de l'éditeur : Et une fois de plus, comme un seul homme, la Rosalie au canon, l'étendard brandi et donnant du clairon, Alain Paucard lance l'assaut, fonce dans la brèche ! Celui qui défendit, seul contre tous, la mémoire calomniée de Joseph Staline, prit fait et cause pour la série B, déchaîna sa ire contre les vacances, se fit le Bossuet du pur malt, sacrifia au culte d'Audiard et fit de Guitry l'une des très riches heures de la langue et de l'esprit français, ramasse aujourd'hui l'épée de Condé pour relever l'honneur du tapin, défendre en sa vérité la prostitution gauloise, menacée par une législation inique et maladroite. "Touche pas à ma pute" tonne le père Paucard depuis cette chair(e) généreuse où il aime tant à monter pour dénoncer les dérives puritaines, les hypocrisies bien-pensantes et la connerie au pare-chocs de 4x4 qui menace la si poétique péripatéticienne, lieu de mémoire et figure clé du paysage français. Dom Paucard fait feu de tout bois, multiplie les exemples historiques, déroule toute une casuistique précise, inspirée de l'histoire récente, visant à démontrer que la prostitution ou art du monnayage érotique participe, non de l'esclavage (même si elle en prend souvent la forme), mais d'un exercice consenti de la liberté, une forme de commerce plus équitable que prévu. Démonstration étayée, et c'est l'un des plaisirs de ce libelle, par une expérience personnelle (n'oublions pas qu'il est l'auteur du Guide Paucard des filles de Paris, 1985) où flamboie cette maxime cinglante et roborative : "la chair n'est pas triste, certes, et voyez dans mon livre." Après le Guide Paucard des filles de Paris, Les Criminels du béton, Le Cauchemar des vacances, La Crétinisation par la culture, Manuel de résistance à l'art contemporain, l'auteur persiste et signe avec Tartuffe au bordel. On ne s'étonne pas qu'Alain Paucard n'ait pas que des amis...

    Tartuffe au bordel ! TARTUFFE AU BORDEL ! Non mais comment ? Comment, en ce souvenant de ces innombrables heures de cours de Français où l'on nous a fait bouffer du Molière ad nauseam - pardon Jean-Baptiste, je ne savais pas ce que je vomissais... -, comment, une fois encore, résister à un tel titre ? C'est avec une curiosité goguenarde que je me suis donc plongée dans ce texte.

    Ne vous attendez pas à une vulgaire - ce serait le cas de le dire - parodie du célèbre texte du non moins illustre dramaturge. N'allez pas non plus croire que ce court essai soit une histoire des maisons aux lanternes rouges - encore qu'il soit extrêmement bien documenté et riche en exemples historiques.

    Non, Tartuffe au bordel est un hymne aux maison de plaisirs.

    Bordel, lupanar, bouis, maison de passe, boîte, abbaye de s'offre-à-tous, boutique à surprise, pince-cul, bazar, maison d'abattage, bobinard, boc, tringlodrome, bousingot, estaminet, chabanais, temple de Vénus, sérail, usine à gonocoques, bousin, baisoir, boccard, boxon... Quel que soit le nom que l'on donne à la maison de tolérance, c'est sans doute le terme de maison close qui porte mieux que jamais son nom depuis la loi du 13 avril 1946 dite Marthe Richard - surnommée ironiquement la Veuve qui clôt. Putain de toi Marthe, qu'as-tu fait des p'tites femmes de Pigalle ?

    D'un verbe tantôt argotique, tantôt érudit, Paucard condamne l'absurdité et l'hypocrisie de la fermeture des taules et explique avec éloquence pourquoi, pour bien des raisons, ces établissements dont on ne doit plus dire le nom devraient être reconnus d'utilité publique.

    L'irrévérence et l'audace à dire tout haut ce que certains (beaucoup ?) pensent tout bas de l'auteur m'ont rappelé mon cher, mon regretté et mon unique, Georges Brassens. Le sujet traité ne pouvait quant à lui que me remémorer l'excellent moment passé à la lecture des Trois mamans du petit Jésus d'Alphonse Boudard.

    Je me garderai bien de dire ce que je pense sur le sujet, traité avec verve par le trublion des causes perdues d'avance, ayant été dernièrement échaudée par quelques commentateurs allergiques à la libre pensée divergeant de la leur. Je me contenterai par le fait de clamer l'intérêt de ce livre, que l'on soit pour ou contre la réouverture des claques. Ne serait-ce que pour le plaisir de la rhétorique, celui plus important encore de ne pas mourir idiot ou celui, le plus crucial peut-être, de s'inspirer du magnifique respect, pour ne pas dire amour, d'Alain Paucard pour les "filles".

    Extraits :

    Il y a deux sortes de clients de prostituées : ceux qui vont les voir parce qu'ils n'ont pas de femme et ceux qui vont les voir parce qu'ils en ont une.

    ...

    A entendre les militants de la cause, ce serait la première fois en France qu'on interdirait la prostitution. Evidemment quand on fait remonter l'histoire de notre pays à 1789, voire à 1981, on ignore que saint Louis, roi très pieux et même un peu masochiste - il porait la haire pour se mortifier - ferma les bordels en 1254. Mais saint Louis est un sage et revient sur sa décision. Il codifie ce qu'on ne peut éradiquer. "Quand [saint Louis] voulut interdire complètement la prostitution, ses conseillers, religieux pour la plupart, le dissuadèrent d'entreprendre ce vain combat, car l'Eglise savait que la chair est faible et que le péché originel a rendu les rechutes inéluctables" écrit Jacques Le Goff. (...) C'est curieux que les étourdis abolitionnistes n'aient pas pensé à cela, que les policiers et les juges savent d'expérience et de loi et même d'instinct : ce qu'on ne peut supprimer, on l'encadre.

    ...

    Le mac, de maquereau, donc, ou comme disait Brassens, "le cocu systématique", qu'il ne faut pas confondre avec d'autres variétés de poisson comme le barbeau, le dos, etc., qui sont des souteneurs, qui vivent du travail des filles. Le maquereau est un souteneur amateur, plus un entremetteur qu'un proxénète, qui tire argent et cadeaux de sa maîtresse mais "dans des limites raisonnables". Il porte un surnom charmant : "le julot-casse-croûte", ce qui explicite très bien la place qu'il occupe. Au début des traitements de texte, je souriais toujours d'entendre une jeune femme grisée d'informatique déclarer qu'elle ne peut pas se passer de son Mac. La maîtresse du julot-casse-croûte non plus.

    ...

    René de Obaldia a une jolie formulation pour décrire le système des vases non communicants : "En leur défendant d'être nulle part, on les oblige a se répandre partout."

    Une dame âgée m'affirma : "Du temps des maisons, on savait où était son mari."

    ...

    Surcouf, corsaire français, prisonnier et apostrophé par un amiral anglais qui lui déclare : "Vous les Français, vous vous battez pour l'argent tandis que nous, c'est pour l'honneur" répond, superbe : "Chacun se bat pour ce qui lui manque."

    ...

    Ce qu'il faut avant tout expliquer aux jeunes gens, pour qu'ils ne désespèrent pas de bonne heure, c'est que l'Humanité est profondément dégueulasse, que l'homme est un loup pour l'homme, que toute idée généreuse, la plus généreuse, devient un système d'oppression quand elle arrive au pouvoir. Si une majorité dit noir, il faut sans réfléchir prendre parti pour le blanc. Une idée qui se simplifie devient une caricature, un instrument d'intolérance quand elle est partagée par le plus grand nombre.

    ...

    Puisqu'il faut construire l'Europe

    Et des pays faire l'union,

    Il faudra bien qu'on développe

    Le tourisme de la nation.

    Ah que celui qui nous dirige

    Agisse donc avec raison,

    Car le marché commun  l'oblige,

    A faire rouvrir les maisons.

    Jean Yanne, Jean Baïtzouroff

    ...

    Un de mes maîtres, Jean Dutourd, a écrit : "Le monde n'est, d'âge en âge, qu'une grande conspiration de crétins malfaisants dont il faut à tout prix se démarquer."

  • Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

    le bleu.jpgEditions Glénat - 156 pages

    Présentation de l'éditeur : Le roman-graphique bouleversant d'une vie qui bascule grâce à l'amour. « Mon ange de bleu Bleu du ciel Bleu des rivières Source de vie… » La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir. Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres. Un récit tendre et sensible.

    Si cet émouvant album s'est vu décerner le Prix Jeune Auteur au Salon de la BD et des Arts Graphiques de Roubaix 2010, le Prix Conseil Régional au festival de Blois 2010, le Prix du Public au Festival d'Angoulême 2011, le Prix BD des lycéens de la Guadeloupe et le Prix du Meilleur album international lors du 4e Festival international de la BD d'Alger en 2011, ce n'est pas un hasard. Il s'agit tout simplement d'un chef-d'oeuvre.

    Ce one shot tout en délicatesse et romantisme nous parle d'une jeune fille, Clémentine, qui se découvre homosexuelle. L'on vit ses états d'âme, son inquiétude, son mal-être de ne pas rentrer dans le moule et d'être rejetée pour ce qu'elle est, ses tentatives pour échapper à son moi véritable, puis son acceptation, son amour pour celle qui la révèle à elle-même et les difficultés de la relation. Car oui, comme toute histoire passionnée, celle entre deux personnes d'un même sexe est compliquée. Et le refoulement, l'intolérance, la stigmatisation ne font qu'ajouter des difficultés à cette délicate entreprise qu'est l'amour.

    Si cet album est un acte militant qui clame haut et fort le droit homosexuel d'aimer, il est surtout un hymne à l'amour tout court, qui est le même quels qu'en soit les protagonistes : beau et dur à la fois. Une telle entreprise, un XXIe siècle, peut sembler un tantinet éculée et pourtant, certains tabous perdurent et la situation de la communauté gay reste dramatique dans de nombreuses régions du monde (prison voire peine de mort). Un album utile donc et émouvant au traitement graphique magistral à destination d'un public averti.

  • Le premier été d'Anne Percin

    Editions du Rouergue - 163 pagesle premier été.jpg

    Présentation de l'éditeur : Deux soeurs se retrouvent une fin d'été en Haute-Saône, afin de vider la maison de leurs grands-parents décédés. Depuis longtemps, Catherine, la benjamine, se tient loin de ce village... Pourtant, chaque coin de rue ou visage croisé font surgir en elle des souvenirs précis et douloureux. Sa soeur aînée a fondé une famille, elle, non. Devenue libraire, c'est une femme solitaire. À l'adolescence déjà, elle passait ses heures dans les livres. Mais pour ce qu'elle a vécu ici, l'été de ses seize ans, l'été de sa lecture du Grand Meaulnes, «il n'y a pas eu de mots. Il n'y en a jamais eu, ni avant, ni après. C'est quelque chose qui ne ressemble à rien d'écrit.» Quinze années ont passé, et personne n'a jamais su quel secret la tenaillait depuis tout ce temps, le drame dont elle a peut-être été coupable. C'est une histoire d'innocence et de cruauté que nous raconte Anne Percin. Sensuelle et implacable à la fois, douce-amère comme tous les crève-coeurs de l'enfance.

    Tout en douceur, ce roman aborde les émois de l'adolescence qui peuvent vous marquer jusque dans votre vie d'adulte et les non-dits familiaux, la difficulté de se confier. L'on rentrera à mon avis dans ce texte en fonction de son expérience personnelle. Une personne ayant vécu une jeunesse classique et sans vague et faisant partie d'une famille où la discussion, la communication sont la règle, ne pourra aucunement s'identifier à la narratrice. Pour les autres, des sensations très contradictoires seront ressenties et des relents de passés ne pourront que ressurgir. Un drôle de voyage entre mélancolie et non-regret, d'une plume discrète comme la couverture, mais efficace.

  • Embrasez-moi d'Eric Holder

    embrasez moi.jpgEditions Le Dilettante - 221 pages

    Présentation de l'éditeur : « Qu’est-ce qui m’arrive ? » semblent dire, à chaque fois, les protagonistes de ces sept histoires d’amour par surprise. L’auteur de Mademoiselle Chambon éclaire l’instant où tout bascule, avec la délicatesse qu’on lui connaissait, mais aussi, ici, une verdeur inattendue. Si l'on avait prédit à Aurore qu'elle coucherait avec deux hommes le même soir, et qu'un d'entre eux deviendrait le père de sa fille... Si l'on avait averti Farid qu'en séduisant Brigit, sa vie tournerait au cauchemar... Si l'on avait dit à la belle madame Bercoff qu'elle s'enticherait d'un idiot... Mais l'amour frappe par surprise, sept fois dans ce recueil de nouvelles pour le moins inattendues. Car les mots qui le composent ne s'arrêtent pas au seuil de la chambre. Ils suivent les nouveaux amants dans leur lit, sans cesser de découvrir, avec eux, les chemins mystérieux de l'entente. « Bien, puisque nous allons parler de sexe, de quoi allons-nous parler ? Pour moi, j’ai choisi sa crudité. La vision d’organes, surtout s’ils sont surpris de façon inopinée, tient d’une bagarre de rue. Il en ressort une violence qui laisse pantois. Ce choc, je ne l’ai jamais mieux éprouvé qu’au détour, à la chicane d’une histoire vraie qu’on me racontait, étonnant retour des choses ».

    Si Eric Holder nous avertit a priori de son parti pris pour la crudité, cette information semble quelque peu superfétatoire - pour ne pas dire complètement décalée - a posteriori. Non pas que je sois férue de littérature pronographique - pas plus qu'érotique d'ailleurs - mais pour le coup, le Mr d'Emma Becker était beaucoup plus chirurgical que cet ensemble de nouvelles somme toute très convenues. L'on notera toutefois un style élégant très agréable à lire, mais définitivement, ce genre n'a pas ma préférence.