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  • Les perles de la Moïka d'Annie Degroote

    culture,citation,littérature,livre,roman,histoire,russie,sagaÉditions Presses de la Cité - 329 pages

    Présentation de l'édieur : 2003. Ana, comédienne, a coupé tout lien avec sa famille et particulièrement avec sa mère, russe, dont elle ne s'est jamais sentie aimée. Jusqu'au jour où on lui offre le plus beau rôle de sa vie dans une pièce de Tchekhov. 1903. Sur les bords de la Moïka à Saint-Pétersbourg, Tatiana Alexandrovna jouit des fastes d'une époque encore sereine. De son premier amour avec un officier de la garde, elle a des jumelles, Olga et Natacha ; toutes trois se trouveront liées au destin de la famille Youssoupov et de Raspoutine. Mais déjà se profile la révolution. Tout bascule. Quel secret portent-elles, qui bouleversera la vie d'Ana ? Le destin tumultueux de quatre générations de femmes et la quête d'un amour maternel.

    Ma note :

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    Broché : 20 euros

    Ebook : 13,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Presses de la Cité et à Babelio pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    À la condition évidente qu'ils soient habilement menés et au moins correctement au mieux joliment écrits, les romans historiques sont fascinants et les sagas familiales captivantes. Que dire alors d'un livre à mi-chemin de ces deux genres, comme Annie Degroote le propose avec Les perles de la Moïka ? Tout simplement qu'il s'agit d'un petit bijou qu'il serait dommage de bouder.

    Tatiana, Olga, Natacha, Sophia, Ana... Par le biais de femmes charismatiques, d'hier et d'aujourd'hui, Annie Degroote explore jusqu'à l'extrême la relation mère-fille, exacerbée par les secrets de famille. Elle réussit à brosser des portraits sombres autant que solaires et érige ses courageuses protagonistes en figures de proue emblématiques de la Femme. En évoquant le poids transgénérationnel des origines, de l'histoire, des drames et des caractères, elle prouve que l'on ne peut être vraiment soi et se tourner vers l'avenir qu'en partant en quête de son passé, de ses racines.

    Émouvante chronique familiale faite sur le ton de la confidence, elle est aussi celle de la Russie et son cortège historique de grandeurs et de décadences (les Romanov, Raspoutine, la révolution bolchévique, l'ère stalinienne, la Seconde Guerre mondiale...).

    Construit sur une judicieuse alternance entre deux époques et deux cultures, on ne se défait qu'à regret de cette chorégraphie de personnages aux destinées surprenantes, de ce récit rythmé à la perfection, digne des plus grands ballets du Bolchoï. Écrite dans une langue svelte, cette histoire prenante, romantique, nostalgique est superbe. Tout simplement superbe.

    Les lecteurs se refusant résolument à abandonner l'atmosphère ensorcelante de ce roman pourront se ruer sur L'étrangère de Saint-Pétersbourg qui développe la vie d'un personnage des Perles de la Moïka. L'auteur entretient manifestement une passion pour la culture russe à laquelle elle rend magnifiquement hommage, à ses auteurs en particulier dont les évocations jalonnent le texte.

    Le site de l'auteur.

    Ils en parlent aussi : CC, Miss G.

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    Sashenka de Simon Montefiore

    Les roses de Somerset de Leila Meacham

    La double vie d'Irina de Lionel Shriver

    Le roman de Saint-Pétersbourg de Vladimir Fédorovski

    Jane Eyre de Jane Austen

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    Extraits :

    L'ivresse du monde est mortelle

    Et nous sommes pris vous et moi

    Chers amis, dans son tourbillon.

    Pouchkine, Eugène Onéguine

    ...

    Elle aurait voulu être célèbre. Franchement, qui ne le voudrait pas ? Étancher sa soif de gloire, être reconnue pour mourir moins vite. Besoin de séduire ? Exister plutôt, exister dans le regard des autres, exister aux yeux du monde. Combler son vide. Tant d'actrices renommées peinaient ensuite à se récupérer. Elle, désirait jouer personnage sur personnage jusqu'à s'y perdre. Ne pas avoir le temps de revenir à Anne Vandenbergue, son vrai nom, la tuer sous le poids d'un millier de femmes différentes. Être tant d'autres, mais pas elle. Une vie imaginaire plus vraie que vraie ; une vie sans décision, sans questions perpétuelles.

    ...

    Dans une ou deux générations, qui connaîtra son existence ? Ana était seule, orpheline, sans fratrie, sans enfants. Un sentiment intense d'inutilité l'envahit. (...) Son amertume en l'absence de succès était démesurée. Maladive. (...) À près de quarante ans, on ne pouvait pas dire qu'elle avait réussi...

    ...

    Ana vivait constamment entre son désir de solitude et celui de faire partie de la vie des autres, de leurs fêtes. Elle redoutait l'exclusion. Mais un mot de travers, un regard "ambivalent" et elle se sentait agressée. Les rapports devenaient vite conflictuels. Pour éviter d'être rejetée, elle prenait fréquemment les devants, et s'isolait. Emmurée dans le silence.

  • Les nuits blanches de Dostoïevski

    les nuits blanches.jpgEditions Actes Sud - 86 pages

    Présentation de l'éditeur : Les Nuits blanches, c'est d'abord un vrai roman d'amour. Un jeune homme solitaire et romanesque rencontre, une nuit, dans Pétersbourg désert, une jeune fille éplorée. Désespérée par un chagrin d'amour, Nastenka se laisse aller au fantasme du jeune homme, amoureux depuis le premier instant, le berce - et se berce - dans l'illusion d'une flamme naissante. La nouvelle traduction d'André Markowicz tire de ce roman un parti stylistique étonnant. Discordante, ironique, la voix que l'on entend ici est bien celle du grand écrivain russe, qui n'a cessé sa vie durant de se battre, au nom de la vérité, contre l'élégance trompeuse, celle des mots et celle des sentiments.

    Dernière escale du côté de Piter, pour faire suite à Sashenka et au Roman de Saint-Pétersbourg.

    Dans cette courte oeuvre de jeunesse, Dostoïevski livre de manière assez cruelle et saisissante le contraste entre le rêve et la réalité. Entre un jeune homme fantasque et une jeune fille amoureuse de l'amour qu'elle inspire, c'est la chronique d'un coeur brisé annoncée. Mais Dostoïevski sait nous entraîner dans la rêverie et nous donner envie d'y croire. Une espérance illusoire mais que l'on entretient envers et contre tout jusqu'à l'inévitable déception qui arrive, malgré tout, à nous surprendre, nous couper le souffle, nous désoler. Une vraie performance d'écriture.

    Extraits :

    Ou bien n'est-il venu au monde

    Que pour rester près de ton coeur

    Le temps d'un souffle, une seconde

    Ivan Tourgueniev

    ...

    C'était une nuit de conte, ami lecteur, une de ces nuits qui ne peuvent guère survenir que dans notre jeunesse. Le ciel était si étoilé, le ciel était si clair que lorsque vous leviez les yeux vers lui, vous ne pouviez, sans même le vouloir, que vous demander : Est-il possible que, sous un ciel pareil, vivent toutes sortes de gens méchants et capricieux ? Cela aussi, c'est une question bien jeune, ami lecteur, mais puisse Dieu vous l'inspirer le plus souvent possible !...

    ...

    Et cette vie est un mélange d'on ne sait quoi de purement fantastique, de violemment idéal avec quelque chose d'autre (hélas, ma bonne Nastenka !) de morne, de prosaïque et d'ordinaire, pour ne pas dire : d'invraisemblablement vulgaire.

    ...

    C'est en vain que le rêveur fouille, comme la cendre, ses rêves anciens, cherchant dans cette cendre ne fût-ce qu'une braise, pour lui souffler dessus et, par un feu renouvelé, réchauffer un coeur qui s'éteint, ressusciter en lui ce qui lui fut si cher, ce qui l'émouvait tant, ce qui faisait bouillir son sang, lui arrachait des larmes, et l'abusait si somptueusement !

    ...

    Et vous vous demandez vous-même : Où sont passés tes rêves ? Et vous hochez la tête et vous vous dites : Comme les années s'envolent vite ! Et vous vous demandez encore : Qu'as-tu fait de tes années ? Où as-tu enterré la meilleure part de toi ? As-tu vécu ou non ? Attention, vous dites-vous, attention, tout sur terre s'éteint. Les années passeront, elles seront suivies par une solitude lugubre, et la vieillesse branlante avec sa canne, la souffrance et l'ennui. Ton monde fantastique pâlira, tes rêves mourront, se faneront, ils tomberont comme les feuilles jaunes de l'automne...

    ...

    Je vous comparais tous les deux. Pourquoi n'est-il pas vous ? Pourquoi n'est-il pas comme vous ? Il est moins bien que vous, même si je l'aime plus que vous.

    ...

    Mon Dieu ! Une pleine minute de béatitude ! N'est-ce pas assez pour toute une vie d'homme ?...

  • Le roman de Saint-Pétersbourg de Vladimir Fédorovski

    le roman de st pétersbourg.jpgEditions du Rocher - 305 pages

    Présentation de l'éditeur : Saint-Pétersbourg : Vladimir Fédorovski a mis en scène les grands moments de l'histoire sentimentale de cette ville insolité créée par la seule volonté de Pierre le Grand au bord de la Néva. Pierre Ier, Catherine II et le prince Potemkine, Alexandre Ier, mais aussi les grands artistes et hommes de lettres russes et occidentaux (Pouchkine, Dostoïevski, les poètes du siècle d'Argent, Balzac...) sont les personnages de ce roman vrai qui nous convie à une promenade romantique dans la Venise du Nord. Une traversée étonnante, dans les palais étincelants du Saint-Pétersbourg d'hier et dans les rues sinueuses de Leningrad, sur les traces des hommes et des femmes qui y ont connu le coup de foudre. Cet ouvrage s'appuie sur des archives tirées des fonds confidentiels récemment rendus accessibles en Russie et sur des témoignages inédits. Des pages marquées par le mystère, l'évasion, l'aventure et le défi.

    Le choix de ce livre s'est imposé naturellement après le fabuleux Sashenka de Simon Montefiore qui, par son talent, m'a donné envie de m'éterniser encore un peu du côté de la Russie.

    Vladimir Fédorovski, quant à lui, donne véritablement envie de flâner sur les bords de la Néva qui serpente au coeur la Venise ou la Palmyre du Nord, cette "fenêtre ouverte sur l'Europe" selon Algarotti puis Tolstoï. Attention tout de même à ne pas se fourvoyer, si comme le Port-Salut, c'est écrit dessus, il ne s'agit aucunement d'un roman mais bel et bien d'un essai historique sur la ville et les personnages illustres qui l'ont bâtie et traversée.

    D'une plume passionnée et extrêmement bien documentée, l'auteur fait revivre les fantômes mythiques de Piter, le berceau des trois révolutions. Mystères, secrets, passions... Toutes les petites histoire qui ont fait la grande sont au rendez-vous de cet ouvrage atypique qui, sans être un guide touristique, peut s'avérer un formidable compagnon pour aller à la découverte de ce temple de l'architecture russe. Une bien jolie promenade historique et romantique ou comment s'évader depuis le fond de son canapé.

    Extraits :

    Catherine avait quarante-quatre ans, Grigori Potemkine trente-cinq. Depuis longtemps déjà, il rêvait en secret de cette femme inaccessible et s'en était ouvert dans son journal intime, écrit dans le style flamboyant propre à son époque : "O Dieu ! quel tourment d'aimer celle à qui je n'ose le dire ! Celle qui ne peut jamais être à moi ! Ciel barbare, pourquoi la fis-tu si belle ? Pourquoi vouloir que ce fût elle, elle seule, que je puisse aimer ?"

    ...

    Potemkine reconnut le comte Grigori Orlov, l'homme le plus puissant de l'Empire. Impressionné de se voir accueilli avec tous les égards par le comte en personne, Potemkine eut besoin de toute sa bravoure pour trouver quelque chose à dire :

    - Comte, quelles sont les nouvelles du palais

    - Rien de bien nouveau, mon cher. Je descends... Vous montez..."

  • Sashenka de Simon Montefiore

    Editions Belfond - 731 pagessashenka.jpg

    Présentation de l'éditeur : Des dernières heures de l'empire des Romanov à la Russie post-perestroïka des années quatre-vingt-dix en passant par la terreur stalinienne, la destinée bouleversante d'une héroïne inoubliable. Dans la lignée du Docteur Jivago, une fresque éblouissante, par l'un des plus grands historiens de la Russie. Saint-Pétersbourg, hiver 1916. Devant l'institut Smolny pour jeunes filles, Sashenka Zeitlin, jeune bourgeoise de dix-sept ans, est arrêtée. Dans une Russie tsariste au bord du gouffre, alors que sa mère continue de s'enivrer de fêtes avec Raspoutine et sa clique, Sashenka, elle, a choisi son camp. Celui de la révolution... Quelque vingt ans plus tard, Sashenka incarne la femme soviétique modèle. Épouse d'un haut cadre du parti, mère comblée de deux enfants, elle va pourtant s'abandonner à une passion torride pour un séduisant écrivain dont les idées vont se révéler dangereusement compromettantes. Jusqu'à mettre en péril la vie de ceux qu'elle aime... et la sienne. Pendant plus de cinquante ans, son histoire demeurera cachée. Jusqu'à ce qu'une jeune historienne plonge dans les archives du KGB et dévoile le destin d'une femme face à un choix impossible...

    Destin de femme, saga familiale, roman historique, Sashenka est un condensé de toutes les littératures que j'apprécie. Et Simon Montefiore sait mélanger ces différents éléments de main de maître pour en faire une histoire émouvante au travers de ses personnages et enrichissante grâce à une connaissance précise de l'histoire russe ; le tout de manière fluide et en ménageant le suspens.

    La jeune baronne Alexandra Zeiltlin devenue la camarade Sashenka nom de code Isatis, est de l'étoffe de ces héroïnes, telle Jane Eyre, auxquelles on s'attache profondément. Elle nous fait traverser l'époque tsariste de Nicolas II, celle de la Terreur soviétique de Staline et nous conduit indirectement dans la Russie émancipée de toute dictature si ce n'est celle de la corruption, au gré des bouleversements politiques, des horreurs historiques et de sa construction en tant que fille, femme, mère, maîtresse et "militante". Saupoudrez le tout d'un soupçon d'enquête au coeur des archives secrètes et sanglantes du NKVD-KGB et vous obtenez un sacré pavé qui ne tombe pas, mais pas du tout, des mains, sauf mauvaise volonté évidente, je ne vois pas d'autre explication.

    Bref, cette fresque russe est une petite poupée qui berce un bon moment.

    Extraits :

    Au pays où le flot brille

    Sur le roc désert et noir...

    Une tendre magicienne

    M'a donné un talisman

    Et m'a dit avec tendresse :

    "Conserve mon talisman

    Il t'est offert, je le confesse,

    Dans un amoureux élan."

    Alexandre Pouchkine, Le Talisman

    ...

    Il se trouvait dans la capitale du plus grand empire au monde, gouverné par les hommes les plus stupides du pays, au coeur de la guerre la plus meurtrière de l'Histoire.

    ...

    "Si tu aimes, aime avec fougue ; si tu menaces, fais-le avec passion", avait écrit le poète Tolstoï.

    ...

    - (...) Vous et moi, Sashenka, nous sommes des vampires. Je me nourris du sang des travailleurs et vous de celui des capitalistes qui eux-mêmes vivent du sang des ouvriers. Plutôt darwinien, non ?"

    ...

    Une seconde suffit parfois à changer le destin.