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roman

  • Entre vous et moi, mais en vachement mieux !

    Retrouvez-moi désormais sur Adepte du livre !

    Un nouveau blog cent pour cent littérature, des catégories simplifiées et une interface épurée qui vous permet de choisir votre prochaine lecture en fonction de sa couverture, comme sur la table de votre librairie préférée.

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    Si tout ceci vous excite autant que moi, je vous dis à très bientôt pour de nouvelles tribulations livresques sur adeptedulivre.com. Amitiés littéraires.

  • Charly 9 de Jean Teulé

    Éditions Pocket - 222 pagesculture,littérature,livre,roman,citation,histoire,france,biographie

    Présentation de l'éditeur : Charles IX fut de tous nos rois de France l'un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélémy, qui épouvanta l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous. Pourtant, il avait bon fond.

    Ma note :

    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

    Broché : 19,50 euros

    Poche : 6,10 euros

    Bande dessinée : 16,95 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Ebook BD : 12,99 euros

    Audiolib : 20,30 euros

    Grands caractères : 15,50 euros

    Un grand merci aux Éditions Pocket pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Deuxième Teulé (après Le magasin des suicides), deuxième tollé. Troisième même si l'on met au compte de l'auteur l'échec de l'adaptation BD de son roman Le Montespan. Une chose est certaine, il n'y en aura pas de quatrième... et encore moins treize ; Charly 9 succédant à douze romans de la prolifique plume teulienne ! Pas de rire, pas de larme, on s'ennuie ferme et le style n'est même pas plaisant.

    Si ce roman à le mérite de remettre en mémoire au lecteur le règne de Charles IX (1550-1574) notoire pour le massacre de la Saint-Barthélémy et de lui apprendre quelques détails sur ce jeune monarque aux pulsions morbides histoire de briller dans les bavardages mondains, son intérêt trouve quasi immédiatement ses limites.

    Loin du roman historique présupposé, il tient davantage de la farce déplacée opposant à la tragédie historique grave un style léger et une galerie de monstres tous plus absurdes les uns que les autres manquant cruellement de crédibilité. Un décalage dérangeant, pour ne pas dire insupportable, qui semble n'avoir aucun sens. Jean Teulé souhaite-t-il réhabiliter autant que faire se peut le trop jeune et trop fragile Charles IX totalement manipulé par sa sanguinaire mère Catherine de Médicis ? Pas vraiment. Désire-t-il le rendre plus sympathique ? Apparemment pas. A-t-il la volonté de donner un certain éclairage sur les événements atroces de l'époque ? Même pas. Alors quoi ?

    Si l'on ajoute à cela un phrasé hautement déplaisant qui essaie de se donner un genre en mélangeant le verbe d'époque et des expressions modernes, ainsi qu'un manque de profondeur certain puisqu'il est flagrant tant dans les conceptions que dans les descriptions que Teulé a limité ses recherches documentaires au strict minimum, il n'y a vraiment qu'un pas pour affirmer que l'auteur se repose sur les lauriers de ses précédents succès et estime que son simple nom sur la couverture suffit pour atteindre le chiffre escompté... Un texte court et lourd qui ne vaut vraiment pas le détour.

    Vous aimerez sûrement :

    La calèche de Jean Diwo, La servante du Seigneur de Jean-Louis Fournier, Le roman de Boddah d'Héloïse Guay de Bellissen, La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, Cosima, femme électrique de Christophe Fiat, Madame Hemingway de Paula McLain, Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald, Ciseaux de Stéphane Michaka, The Guitrys d'Éric-Emmanuel Schmitt, Beauvoir in love d'Irène Frain, La déesse des petites victoires de Yannick Grannec, Loving Frank de Nancy Horan...

    Extrait :

    Il se lève pour aller se contempler dans le reflet d'un miroir auquel il s'adresse :

    - Mais qu'as-tu ordonné, Charles ? Hélàs, hélàs ! Les morts ne sont pas si morts que l'on croit.

    Dans ce Louvre qui maintenant lui fait horreur, il se reproche :

    - Tu as commis un grand crime. Tu n'es plus un roi mais un assassin. Un meurtre abominable ensanglante tes mains. Te voilà couvert du sang de tes sujets.

    Il tend l'index croûteux, enflé et tuméfié (l'autre fois entaillé par la lame de sa dague) vers la vitre de son miroir et se menace :

    - Voilà une souillure dont tu ne te laveras pas facilement. Tu as de tous les plus vils tyrans de l'Histoire réuni les forfaits ! Les Vêpres siliciennes et le banquet "fraternel" où César Borgia fit étrangler ses invités sont innocentes bagarres de rue d'après bals comparées à ton incroyable délit.

  • Une séparation de Véronique Olmi

    culture,citation,littérature,livre,roman,roman épistolaire,théâtre,amourEn librairie depuis le 2 octobre 2013.

    Éditions Albin Michel - 71 pages

    Présentation de l'éditeur : "Cela va vite, une séparation. Il suffit d'un mot pour défaire des mois, des années d'amour, c'est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s'effondre." Une séparation est la dernière pièce de Véronique Olmi dont le théâtre, de Chaos debout à Mathilde, est monté en France et à l'étranger par les plus grands metteurs en scène, et couronné par de nombreux prix. Elle est l'auteur de plusieurs romans, de Bord de mer à La nuit en vérité.

    Ma note :

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    Broché : 10 euros

    Ebook : 6,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Comme son nom l'indique, cette courte pièce de théâtre est l'histoire de la séparation d'une femme, Marie, et d'un homme, Paul. Deux prénoms très communs pour un sujet universel.

    La réédition de cette pièce épistolaire accompagne son adaptation au Théâtre des Mathurins jusqu'au 22 décembre 2013 avec l'auteur elle-même dans le rôle de Marie et Jean-Philippe Puymartin, qui signe également la mise en scène, dans celui de Paul.

    Marie, usée par la routine du couple, quitte Paul d'un simple courrier. Paul, refusant cette séparation, décide d'utiliser la correspondance comme un lien leur permettant d'être toujours un peu ensemble. Au fil de cet échange, c'est toute leur histoire d'amour qui est retracée, de leur rencontre jusqu'à l'impasse, années emplies de passions, de doutes, d'erreurs... Un véritable dialogue de sourds qui oppose deux conceptions du couple et de l'amour s'engage alors, à la tournure aussi évidente qu'inattendue, jusqu'au saisissant final.

    Difficile à la lecture de ce texte de ne pas s'interroger soi-même sur la façon d'envisager la vie à deux au fil du temps qui passe, de ne pas réfléchir sur les raisons de poursuivre ou d'interrompre une histoire. L'amour ne doit-il être que moments merveilleux, magie sans cesse renouvellée comme à ses débuts ou la passion des premiers temps doit-elle laisser place à une tendre complicité bien ancrée dans le réel ?

    Dans son texte, Véronique Olmi défend les deux points de vue avec autant de force que de conviction. Impossible de ne pas être saisi par un sentiment d'impuissance. Et pourtant, pas moyen non plus de ne pas faire un choix ; forcément subjectif. Mais que l'on choisisse la passion ou l'inévitable érosion, chacun des mots de chacun des camps est inévitablement remuant. Un texte beau et juste qui revisite avec talent une thématique universelle mainte fois traitée mais qui n'aura jamais d'autre conclusion que personnelle.

    Vous aimerez sûrement :

    The Guitrys d'Éric-Emmanuel Schmitt, L'Île des Gauchers d'Alexandre Jardin, Une dernière chose avant de partir & Le livre de Joe & Perte et fracas & C'est ici que l'on se quitte & Tout peut arriver de Jonathan Tropper, La double vie d'Irina de Lionel Shriver, Le roman de Boddah d'Héloïse Guay de Bellissen, La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, Cosima, femme électrique de Christophe Fiat, Madame Hemingway de Paula McLain, Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald, Ciseaux de Stéphane Michaka...

    Extraits :

    MARIE

    Étrange que ce soit si simple de se quitter. Étrange qu'il n'y ait de procédure que pour les gens mariés. Pour nous deux, une lettre et c'est déjà beaucoup. Un coup de fil, un mail, un silence auraient suffi. Notre séparation... Un peu de vent à la surface du sable. Un volet qui claque. Un rêve qui meurt. Trois fois rien. C'est fini.

    Le matin se lève et notre histoire est terminée. La vie va continuer sans cette histoire qui s'arrête comme un train en rase campagne. Je continue à pied. Toute seule. Tout droit. Sans me retourner et les mains vides.

    Je n'ai plus à plaire à personne.

    Il n'y a personne.

    La légèreté de la solitude. Sa magnifique inhumanité.

    ...

    PAUL

    J'ai réfléchi Marie, j'ai bien réfléchi, et je te l'écris et je te le dis, je te dis Non. Pour la première fois, c'est Non. Tu te sépares de moi, cela te regarde, cela est ta séparation, pas la nôtre. Je reste là. Je t'attends. Et j'ai tout mon temps.

    ...

    MARIE

    Avoue ! Avoue que nous sommes devenu un couple démuni, sans feu sans étincelles, et nous faisions partie soudain des statistiques. En face de nos années de vie commune on pouvait facilement cocher la case : routine inévitable. On pouvait nous démasquer facilement : le couple du troisième étage qui ne réveille plus les voisins par ses étreintes bruyantes et quotidiennes. Le couple du troisième étage qui fait ses courses et arrose ses plantes. Le couple que l'on croise le soir le sac de courses au bout des bras, et dont on ne saura ni n'imaginera jamais rien. Je t'ai quitté parce que nous étions devenus deux silhouettes. Parce que vivre ou mourir se ressemblaient trop. Parce qu'entre moi et une autre je ne voyais pas la différence. Parce que les raisons pour lesquelles je t'avais aimé sont précisément les raisons pour lesquelles je te quitte.

  • The Guitrys d'Éric-Emmanuel Schmitt

    En librairie depuis le 2 octobre 2013.the guitrys.jpg

    Éditions Albin Michel - 141 pages

    Présentation de l'éditeur : Durant les années folles, pendant quatorze ans, Yvonne Printemps et Sacha Guitry règnent sans partage sur la scène artistique et mondaine internationale. Amants magnifiques et impossibles, ils vont vivre une vraie passion, traversée de querelles, de tromperies, et de jalousies. Et si l'histoire de ce couple légendaire nous était contée par Sacha lui-même ? Si l'auteur de Chagrin d'amour et de La Jalousie en avait confié les dialogues et la dramaturgie à Éric-Emmanuel Schmitt, complice de cette comédie étincelante de verve et d'esprit ?

    Ma note :

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    Broché : 12 euros

    Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    À condition de connaître Sacha Guitry et Éric-Emmanuel Schmitt (L'évangile selon Pilate, La femme au miroir...) ou au moins l'un des deux d'un peu prêt de son oeuvre - pour ne pas dire de son personnage -, la rencontre des personnalités et des talents linguistiques et littéraires de ces deux artistes est forcément prometteuse.

    Il faut, bien sûr, garder à l'esprit que le texte, avant tout écrit pour le théâtre, repose essentiellement sur les dialogues. Alors bien sûr, il se lit vite. Forcément, il gagne à être entendu plutôt que lu ; d'autant que le casting - Martin Lamotte & Claire Keim - semble une réussite. Évidemment, la mise en scène ou encore les costumes font davantage revivre le Paris des Années folles que de l'encre sur le papier...

    N'empêche ! Sous la plume de l'un des auteurs français les plus lus et les plus représentés au monde, le couple mythique Yvonne Printemps-Sacha Guitry reprend bel et bien vie le temps d'une lecture et entraîne à sa suite le lecteur, au coeur de cette union à la vie comme à la scène. Du trouble de leur rencontre à la détresse de leur rupture en passant par leur triomphe sur les planches, l'amoureux de l'Amour et le Rossignol, l'aristo dandy à l'esprit fin et la fille des faubourgs un peu sotte mais moins qu'il n'y paraît, font ressurgir ces quinze années de verbe haut.

    Le délice de lire leurs échanges donne à imaginer le plaisir de voir jouer ces exquises roucoulades et autres assassines algarades pleines de verve et d'esprit. Alternant les scènes au présent et les flashbacks, le vrai talent de Schmitt est d'avoir construit ses conversations autour de réelles citations. De quoi rendre son texte plus vrai que nature et ressusciter un instant l'incomparable style Guitry.

    La pièce (qui me donne autant envie que De Sacha à Guitry par Jean Piat) est à voir au Théâtre Rive Gauche jusqu'au 5 janvier 2013 - 6, rue de la Gaîté - Paris 14 - Réservations 01 43 35 32 31 - M° Edgar Quinet - www.theatre-­rive-gauche.com.

    Vous aimerez sûrement :

    L'Île des Gauchers d'Alexandre Jardin, Une dernière chose avant de partir & Le livre de Joe & Perte et fracas & C'est ici que l'on se quitte & Tout peut arriver de Jonathan Tropper, En moins bien et Pas mieux d'Arnaud Le Guilcher, Les témoins de la mariée de Didier Van Cauwelaert, Homo erectus de Tonino Benacquista, Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier, Le roman de Boddah d'Héloïse Guay de Bellissen, La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, Cosima, femme électrique de Christophe Fiat,Madame Hemingway de Paula McLain, Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald, Ciseaux de Stéphane Michaka...

    Extraits :

    LE RÉGISSEUR

    Ah oui, cocu ! Vous vouliez dire "cocu" ?

    SACHA GUITRY (entre ses dents)

    C'est ça, répétez-le, si ça vous fait plaisir. Il est certain que ça risque peu de vous arriver...

    LE RÉGISSEUR

    Ah ! Ne recommencez pas, monsieur Guitry... Germaine n'a pas...

    SACHA GUITRY

    Chanceux Marcel. Contre l'adultère, l'ingratitude physique se révèle une arme plus efficace que la vertu. Enfin, encore une fois, je ne me moque pas de vous, mon ami, mais de moi. Lorsqu'on épouse une femme jolie, on prend le risque d'être cocu, c'est logique, c'est inscrit dans la police d'assurance. Enfin bref, je l'étais. Le bonheur à deux ne dure que le temps de compter jusqu'à trois.

    ...

    SACHA GUITRY

    (...) Avec tout ce que je sais on pourrait faire un livre, tandis qu'avec ce que je ne sais pas on pourrait faire une bibliothèque.

    ...

    SACHA GUITRY

    J'ai été réformé.

    YVONNE

    Pourquoi ?

    SACHA GUITRY

    Pour cause de rhumatismes.

    YVONNE

    À votre âge ?

    SACHA GUITRY

    On a le droit d'être précoce ! J'ai déjà fourni une assez belle carrière de malade. Enfin, les rhumatismes, ça a le mérite de ne pas tuer son bonhomme. C'est un peu comme ma femme : ça énerve, ça fait mal, ça se déplace et ça ne part pas.

    YVONNE

    Vous parlez mal des femmes...

    SACHA GUITRY

    Je ne parlais pas des femmes mais d'une seule : mon épouse.

    YVONNE

    Eh bien, cela ne donne pas envie de vous épouser.

    SACHA GUITRY

    Qui cela tenterait-il ?

    Ils se regardent, troublés.

    YVONNE

    Et à part ça ? Question santé ?

    SACHA GUITRY

    Rien à signaler sinon que l'idée que je puisse être malade me rend malade. Je m'affole. Je m'y connais juste assez en médecine pour envisager le pire.

    YVONNE

    Ah ! Vous êtes un malade imaginaire ?

    SACHA GUITRY

    Non, un bien-portant imaginaire.

    ...

    SACHA GUITRY

    (...) Avant le mariage, c'est les petits mots. Pendant le mariage, c'est les grands mots. Après le mariage, c'est les gros mots.

    ...

    SACHA GUITRY

    J'aime tellement la langue française que je considère un peu comme une trahison le fait de cultiver une langue étrangère.

    ...

    YVONNE

    (...) Pourquoi m'humilies-tu en courtisant cette Lyonnaise ?

    SACHA GUITRY

    Il faut bien que je feigne de me lasser de toi afin de pouvoir, plus tard, faire semblant de ne pas te regretter.

    Yvonne vacille sous la détresse élégante que révèle cette phrase. Puis elle se ressaisit.

    YVONNE

    Oh, toi ! Tu es plus grisé par les mots que tu prononces que par ceux que tu écoutes.

    ...

    SACHA GUITRY

    On est vieux dès qu'on cesse d'aimer.

  • La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

    En librairie depuis le 22 août 2013.culture,citation,littérature,livre,roman,islande,roman épistolaire,biographie

    Éditions Zulma - 131 pages

    Présentation de l'éditeur : « Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage. Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

    Traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson.

    Ma note :

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    Broché : 16,50 euros

    Ebook : 12,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Zulma et à PriceMinister pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre dans le cadre des matches de la rentrée littéraire.

    Au soir de sa vie, un homme entreprend d'écrire à la femme qu'il a toujours aimée mais dont il a sacrifié la passion sur l'autel de la fidélité à son épouse acariâtre et à la terre de ses ancêtres. Tentative tardive de vivre enfin cet amour impossible ? Nullement et pour bien des raisons... Alors pourquoi cette lettre ?

    À la lecture de ce long et poignant monologue, l'on comprend que cette déclaration est davantage l'ultime rétrospective d'un homme sur son existence. Une sorte de confession testamentaire sur ses choix et notamment celui de manquer l'amour de sa vie.

    Loin de s'apitoyer sur son sort, le narrateur se livre à une réflexion philosophique sur la vie et les inévitables décisions qui le conditionnent parfois de bout en bout. Alors même que le lecteur est dévasté par cette vie de souffrances, de renoncements et de frustrations, Bjarni parvient à lui faire comprendre ses actes. Parce que derrière tout acte malheureux se cachent aussi, parfois, de bonnes choses.

    Au-delà donc du gâchis amoureux, c'est tout l'attachement d'un homme pour son pays, sa terre, ses coutumes, son folklore et pour son métier d'éleveurs de moutons, sa passion pour les bêtes qui transpire de ses mots enflammés. Il dresse une fresque envoûtante de l'Islande, ses paysages, ses légendes, ses paysans, son climat rude qui impose la solidarité entre les êtres. Cet amour-là est si profond qu'il donne, par ses simples mots, à contempler et à ressentir l'Islande comme si l'on y était. Il suscite par son ode à la Nature, à la sensualité, à l'amour, l'envie de (re)voir cette terre si singulière qui semble vivante et vibrante comme une amante.

    Peut-on réellement se consoler d'un amour manqué, perdu, par un pays, par une vocation ? Il semblerait qu'en partie mais peut-être Bjarni a-t-il été aidé par la ressemblance entre Helga et l'Islande ou ses brebis dont il ne cesse de comparer les courbes, les tempéraments, la beauté, avec un érotisme parfois cru qui ne peut laisser insensible. Finalement, sa lettre à Helga est un prétexte pour faire revivre un pan révolu de l'Islande, celui de la paysannerie traditionnelle confrontée à la rudesse du climat arctique, isolée et soudée, pétrie de conteries immémoriales entre mer de glace et désert de lave.

    Dans ce portrait profondément humain d'un homme simple dont le seul héroïsme fut de rester fidèle à ses convictions et ses racines, Birgisson aborde des thèmes universels tels que l'amour, le sexe, le remord, l'attente, le doute, la peur, la faiblesse, la mort...

    Éloignée de tout pathos, cette vie difficile est narrée avec beaucoup d'émotions, d'humour et d'auto-dérision. Prosaïque, son personnage n'en est pas moins éloquent. Tour à tour drôle, triste, poétique ou torride, il est toujours sincère, direct, sans fard, sans concession, sans complaisance, sans pudeur. En deux mots : juste et brillant. Le ton charnel très masculin lui sied à merveille, sans jamais être vulgaire. Le lecteur s'entend murmurer au creux de l'oreille les mots doux et parfois osés adressés à Helga.

    La lettre à Helga est le premier roman de Bergsveinn Birgisson. Cette tragi-comédie est tout simplement délicieuse et émouvante et offre un moment de lecture délicat et authentique ; à part. Il suffit de fermer les yeux pour voir l'Islande. Il suffit de voir l'Islande pour voir Helga. Il suffit d'entendre Bjarni parler d'Helga pour savoir l'Amour. Définitivement, une première oeuvre originale et magistrale qui offre un portrait très réaliste et bouleversant de l'homme au crépuscule de sa vie. C'est à n'en pas douter l'une des seules lettres qui ne nous est pas adressée dont on se souviendra pourtant à jamais. C'est beau, c'est réussi, unique en son genre et soutenu par un verbe riche et vibrant.

    Véritable best seller dans sa contrée d'origine, ce roman ne cesse de conquérir de nouveaux lecteurs et est traduit dans des langues toujours plus nombreuses. Il a été élu roman de l'année 2010 par les libraires islandais, a figuré dans les sélections 2012 du Prix de littérature islandaise et du Prix Concil's Literature puis a été adapté au Théâtre de Reykjavik. Il a même inspiré une réponse, une Lettre à Bjarni, à un libraire français qui a été transcrite en islandais par la traductrice du livre à son auteur, lequel à répondu au libraire !

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    Vous ne connaître ni le jour ni l'heure de Pierre Béguin, Juste avant de Fanny Saintenoy, Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu, Journal d'un corps de Daniel Pennac, Et rester vivant de Jean-Philippe Blondel, La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, La servante du Seigneur de Jean-Louis Fournier, Le café de l'Excelsior de Philippe Claudel, La silencieuse d'Ariane Schréder, Juste avant le bonheur d'Agnès Ledig, Petit art de la fuite d'Enrico Remmert, Les arbres voyagent la nuit d'Aude Le Corff, Mille femmes blanches de Jim Fergus, Ce que je peux te dire d'elles d'Anne Icart, Cosima, femme électrique de Christophe Fiat, Eux sur la photo d'Hélène Gestern, Les chagrins de Judith Perrignon, Les roses de Somerset de Leila Meecham, Le châle de cachemire de Rosie Thomas, Une Île de Tracey Garvis Graves, Beauvoir in love d'Irène Frain.

    Extraits :

    Tous meurent. Chacun à sa façon. Certains tombent par terre au milieu d'une phrase. D'autres s'en vont paisiblement dans un songe. Est-ce que le rêve s'éteint alors, comme l'écran à la fin du film ? Ou est-ce que le rêve change simplement d'aspect, acquérant une autre clarté et des couleurs nouvelles ? Et celui qui rêve, s'en aperçoit-il tant soit peu ?

    (...) Pour ma part, la carcasse tient encore le coup, à part le raideur des épaules et des genoux. La vieillesse fait son oeuvre. Il y a, bien sûr, des moments où l'on regarde ses pantoufles en pensant qu'un jour elles seront encore là, tandis qu'on y sera plus pour les enfiler. Mais quand ce jour viendra, qu'il soit le bienvenu, comme dit le psaume. C'est comme ça, ma Belle ! Bien assez de vie a coulé dans ma poitrine. Et j'ai eu l'occasion d'y goûter - à la vie.

    Ah, je suis devenu un vieillard impossible qui prend plaisir à raviver de vieilles plaies. Mais on a tous une porte de sortie. Et nous aspirons tous à lâcher notre moi intérieur au grand air. (...)

    Bientôt, ma Belle, j'embarquerai pour le long voyage qui nous attend tous. Et c'est bien connu que l'on essaie d'alléger son fardeau avant de se mettre en route pour une telle expédition. Assurément, j'arrive après la soupe en t'écrivant cette lettre maintenant que nous sommes tous plus ou moins morts ou séniles, mais je m'en vais la griffonner quand même.

    ...

    - C'est elle que tu aurait dû prendre. Et pas une brebis stérile comme moi. C'est elle que tu as toujours voulue, pas moi.

    Elle a repoussé l'album. Elle fixait le pied du lit de ses yeux vides. Cela m'a fait mal au coeur pour elle. J'ai senti que j'aimais cette pauvre moribonde, cette femme agonisante qui n'avait pour ainsi dire personne au monde. Il m'a paru que j'avais eu raison de croupir dans mon coin avec elle pendant toutes ces années. Sinon, qui ce serait occupé d'elle ?

    ...

    Oui, voilà-t-il pas que ressurgit en elle le complexe de l'héroïne de saga, cette maudite tare islandaise qui consiste à ne jamais pouvoir se débarrasser du passé ni a pardonner quoi que ce soit.

    ...

    Quel a été l'incident qui, sans jamais avoir eu lieu, a pu susciter le médisance et entraîner des conséquences aussi mauvaises - non, bien pires ! - que s'il s'était vraiment produit ? Peut-on tracer la ligne entre ce qui s'est véritablement passé et ce qui ce serait passé selon les colporteurs de ragots traînant dans les cuisines, mis en verve à grand renfort de café et d'insinuations ? Qu'est-ce qui n'a nullement eu lieu en ce jour de la Saint-Lambert 1939 - tout en se produisant malgré tout dans l'esprit des mauvaises langues ?

    ...

    Dieu sait combient mon âme était réduite à peu de chose, suite à la propagation de ce non-événement. J'étais plein d'amertume de me voir accuser sans avoir pu goûter à la douce et purifiante saveur du crime.

    ...

    Littérature et culture générale semblaient n'être pour elle qu'un luxe superflu qu'on devait avoir honte de s'offrir puisque le temps qu'on y passait était volé au travail.

    Plus faits de chair que d'esprit, ils n'étaient pas portés sur les livres, ses aïeux de la vallée de Blöndudalur. Tout ce qu'ils voulaient, c'était trimer.

    ...

    Tous les hommes font des fautes. Sinon ils ne seraient pas des hommes.

    ...

    Mais ces bains glacés ne produisaient que l'effet inverse. Je ne reprenais mes esprits qu'après m'être masturbé comme un forcené, ce dont j'avais honte ensuite car j'avais toujours l'impression d'être observé, de faire quelque chose de mal. Pourquoi avoir de telles pensées ? Beaucoup plus tard, je me suis rendu compte que les gens cachés dont je sentais la présence étaient évidemment ces êtres surnaturels qui hantent la falaise de Fólkhamar surplombant le ruisseau. Ça doit les amuser de voir notre misérable espèce se branler. On leur fait sans doute pitié, esclaves que nous sommes du désir.

    ...

    Il n'y a sûrement que moi par ici qui sache où se trouvent les Mamelons d'Helga et, à ma mort, j'emporterai ce lieu-dit dans la tombe. Ces éminences, sur le versant sud de la butte de Gongukleif, sont comme le moulage terrestre de tes seins, en plus grand bien sûr, mais leur forme - cette pente douce en dessus et le renflement abrupt en dessous - a dû être modelé sur ta gorge par les mains mêmes du Créateur. Combien de fois ne me suis-je couché là, sur les Mamelons d'Helga, dans la brise solaire de sud-ouest, la tête entre tes seins, avec l'impression d'être au creux de tes bras.

    ...

    Je n'avais jamais rien vu de si beau. Et j'avais attendu si longtemps pour le voir.

    (...) Ça ne s'est jamais passé. Ça n'a jamais eu lieu. C'est ainsi que mon âme a réagi aux sollicitations de la chair. À corps docile, âme pénitente ! Personne ne devait savoir que la rumeur était fondée.

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    Malgré leur pauvreté, Sigrídur et Gísli furent toujours liés par une tendre affection. Une visite chez eux ne manquaient pas d'évoquer le vieux couple de fermiers qui avait tiré le diable par la queue sur la lande pendant quarante ans, dans Lumière du monde de Laxness. Ils étaient comme une seule et même personne dans deux corps distincts. On dénigre les fermes les plus ingrates à exploiter en les déclarant loin de la civilisation ; se pourrait-il qu'on y trouvât, comme par hasard, plus de civilité qu'ailleurs ?

    ...

    Et puis elle a pris fin brusquement.

    La saison des amours de ma vie.

    ...

    Je me souviens avoir dit que les sociétés humaines étaient comme les pommes. Plus elles sont grosses, moins elles ont de goût.

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    Croire au progrès et se l'approprier est une chose, mais c'en est une autre que de mépriser le passé. Les vieilles fermes ont toutes disparu à présent, parce qu'elles rappelaient aux gens le froid, l'humidité et ce qu'on appelle cruellement le mode de vie des culs-terreux. Mais quelle est la culture de ceux qui parlent ainsi ? C'est quand les gens tournent le dos à leur histoire qu'ils deviennent tout petits. Ça n'a pas été une mini-révolution quand le téléphone et la radio sont arrivés dans les campagnes et que fgrand-mère Kristín a demandé, le doigt pointé sur le poste de TSF, comment c'est-y qu'on faisait pour mettre un homme entier dans une aussi petite boîte. Elle affirmait aussi, avec plus de justesse, que tout ce qui se disait au téléphone n'était que menteries qu'il ne fallait point croire. Et même si l'on vante les mérites du poste récepteur et des bulletins météo, le fait est bel et bien qu'on ne se rappelle rien ou presque de ce qui sort de l'appareil. En revanche les lectures édifiantes à la maisonnée, tirées des Psaumes de la Passion ou du recueil de paraboles de Vidalín, restent gravées dans la mémoire, de même que l'expression du lecteur, le timbre de sa voix, les soupirs qui l'accompagnent et les commentaires qui suivent. Et la vérité n'est-elle pas sortie de la bouche du père Vidalín quand il a dit qu'il est facile d'entraîner une bonne nature au mal mais difficile d'amener la mauvaise au bien ? La TSF est arrivée et Vidalín est mort - comme a dit Bárdur de Stadur.

    Ce dont on se souvient le mieux, ce sont les réunions, par exemple sur le terre-plein de la Coopérative ou bien chez nous, à la Société de lecture, où l'art du récit avait ses envolées. À présent les gens ne se parlent plus, ne se réunissent plus ! Et de bons conteurs d'histoires, on n'en trouve plus nulle part.

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    Je bricolais des tas de choses de mes mains. (...) Les foyers d'aujourd'hui sont sacrément pauvres du point de vue de notre culture. Les objets qu'on y trouve viennent des quatre coins du monde, le plus souvent sans la moindre indication de leur lieu d'origine. Or quelle est la différence entre un objet fabriqué maison et un autre qui sort de l'usine ? Le premier a une âme et l'autre non. Car celui qui fait quelque chose de ses mains laisse dans son ouvrage une partie de lui-même.

    ...

    Bien sûr, à mieux considérer les choses, je ne sais plus quel est le pire, de mon entêtement à croupir ici ou de ton orgueil.

    ...

    Je me souviens du temps où les fermiers pensaient par eux-mêmes, pas d'accord du tout avec cette pensée venue du sud, selon laquelle la vie serait dérisoire comme le sort d'un homme obligé de hisser une lourde pierre au sommet d'une montagne pour la voir dégringoler et recommencer à la coltiner.

    C'est de la pure connerie, a dit le vieux Gislí de Lækur. Ce n'était pas du tout comme ça. Il fallait plutôt considérer que c'était dans la nature humaine de transbahuter des pierres sur les hauteurs pour les caler solidement au sommet et en entasser d'autres tout autour en un beau cairn qui servirait de point de repère. Ce que souhaitait l'homme, c'est ériger un monument à son labeur. Un autre philosophe, qu'on lisait en langue danoise, prétendait que le problème existentiel de l'homme résidait dans le fait qu'il lui fallait sans cesse faire des choix dans ce bas monde et que c'était ça la source de son malheur. Je me souviens que Josteinn demanda alors de sa voix lente et enrouée qui faisait penser à un appel lointain venu de la lande, si le pauvre homme devait réfléchir longtemps chaque matin pour savoir s'il allait choisir du pain ou des pierres pour son petit déjeuner.

    (...) Les discussions étaient de cet ordre. Il s'agissait-là d'hommes qui avaient eux-mêmes forgé le sens qu'ils donnaient à leur vie ; ils avaient l'intelligence dont la nature les avait dotés car aucune école ne leur avait inculqué comment penser. Ils pensaient tout seuls. Les hommes comme ça ont disparu aujourd'hui et je doute fort qu'on en élève de semblables à Reykjavik par les temps qui courent.

    ...

    Ici, à la campagne, j'ai eu de l'importance. Et si ce n'est qu'une idée, au moins aurai-je eu l'impression d'en avoir. Voilà une différence qui compte. (...)

    Ça ne les dérange pas, les gens des villes, de n'être pas en prise avec le monde, d'être insensibles et amorphes et de chercher la consolation dans la drogue ou l'adultère ; d'avoir seulement à se demander s'ils doivent se supprimer, ou pas. Ou bien attendre un peu. Y a-t-il rien de plus terrible que d'attendre que la vie s'écoule ? Au lieu de mettre la main à la pâte et d'amasser des vivres. Et puis ils composent des poèmes et écrivent des romans sur la froidure et la solitude de la ville. Pourquoi donc ont-ils quitté la campagne ? Qui les en a priés ? Si la vie toute entière n'est que fiction, comme ils disent, n'y avait-il pas plus de vitalité, plus de bonté dans les prés, une clarté plus intense et un sentiment de liberté plus vif dans l'atmosphère d'ici ? Tu sais, Helga, j'ai entendu dire que d'anciens poètes du temps des Grecs et des Romains ainsi que de grands philosophes et des sages du monde comparent la vie au rêve et à la fiction. Mais chez nous, pas la peine de cherche midi à quatorze heures. On trouve la même sagesse en se tournant vers sa grand-mère qui, sans savoir lire ni écrire, pouvait réciter un poème dont elle ignorait l'auteur, et qui n'avait jamais été jugé digne d'être couché par écrit.

    La vie n'est que transe et rêve,

    calme plat et dur ressac,

    écueil et courant rapide,

    tempête, neige et brouillard.

    Avec fleurs et soleil aussi.

    Mais derrière les hautes montagnes -

    personne n'est encore allé voir.

    Je ne veux pas dire que tout est tellement merveilleux par ici, ni que les gens sont des anges. Bien sûr, ici il y a les ragots, la jalousie, et toutes sortes de conneries qui vont avec l'espèce. Mais ces gens-là vous dépanneront d'un pneu de tracteur en cas de besoin.

    ...

    L'amour ne se réduit pas au romantisme citadin où il s'agit de trouver la seule, la vraie qui comblera votre âme jusqu'à la faire déborder et dégouliner telle une pompe intarissable. L'amour est présent aussi dans cette vie que j'ai menée ici, à la campagne. Et quand je l'ai choisie pour la vivre sans regret, j'ai appris que l'homme doit s'en tenir à sa décision, la conforter et ne pas en démordre - c'est ainsi que l'amour s'exprime.

    ...

    Oui, le vieux refrain populaire, je l'ai vécu, ma chère Helga, et toi aussi peut-être :

    L'amour le plus ardent

    est l'amour impossible.

    Mieux vaut donc n'aimer personne.

    ...

    Tout arrivait trop tard - tout était passé. Mon âme essorée n'avait plus de mots. Le pire n'était pourtant pas la souffrance ou, comment dire, l'incapacité de rien sentir, mais la solitude dans tout cela. (...) Le pire dans la plus grande affliction, c'est qu'elle est invisible à tous sauf à celui qu'elle habite.