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réflexion

  • La théorie du complot #1

    Je suis persuadée que les "travailleurs" qui s'escriment depuis dix-huit mois (!) à construire un immeuble de cinq étages en face de chez moi font exprès de ne jouer de la scie, du marteau et que sais-je encore qu'entre 7h45 et 9H.

  • Vacance de Cati Baur

    vacance.jpgEditions Delcourt - 119 pages

    Quatrième de couv' : "J'étais comme un enfant qui démonte soigneusement son jouet préféré, avec la conscience aiguë que jamais il ne pourra le reconstruire. Il fallait que j'aille jusqu'au bout pour me libérer de ma peur de les perdre."

    La seule couverture pourrait laisser penser que la brunette, héroïne de l'histoire, va nous livrer un carnet de bord de ses derniers congés. Mais s'il s'agit bien de la narration d'une relâche, c'est celle d'une mère-épouse-institutrice qui, lasse de sa vie, décide de laisser son poste vacant. C'est donc sur une autoroute, sur le chemin du retour de vacances d'hiver, que Marie quitte sur un coup de tête époux et enfant.

    Car qui ne s'est jamais dit : "c'est maintenant ou jamais" ? Qui n'a jamais ressenti l'envie de tout plaquer, de changer de vie ? Qui n'a jamais rêvé de vivre au jour le jour, sans compter, sans se soucier de rien ni de personne ?

    Mais la dolce vita l'est-elle durablement ? Regrette-t-on forcément sa vie passée ? Faut-il nécessairement perdre ce que l'on aime pour l'apprécier à sa juste valeur ?

    Ce road movie au graphisme très appréciable nous apporte quelques éléments de réponse qui, à n'en pas douter, tenteront les plus téméraires et refroidiront les plus raisonnables.

    A lire absolument !

  • Le pays des trois sourires de Lewis Trondheim

    Editions L'Association - 34 pages

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    Résumé : Parce que d'incessants séismes détruisent progressivement la planète, Maki le gentil naïf est chargé de partir à la recherche de Dieu. Il est accompagné dans sa quête par Sekelle, l'égoïste cynique. Le trouveront-ils ? Sous quelle forme ? Et sera-t-il ce Tout-Puissant que d'aucuns se plaisent à imaginer et qui pourra sauver le monde ?

    Dans cet univers parallèle qui pourtant recoupe plus qu'on ne le pense le nôtre, la terre est plate. Comment pourrait-il en être autrement puisque rien ne tourne rond ?

    Après le très introspectif Moins d'un quart de seconde pour vivre, Trondheim nous propose avec Le pays des trois sourires une métaphore de l'humanité pour le moins désenchantée. Individualisme, lâcheté, méchanceté gratuite, injustice et remise en question de toute Supériorité supposée sont au programme de ces cent strips en noir et blanc ne formant qu'une histoire et mêlant savamment loufoquerie et questions existentielles. Quand l'ontologie et la métaphysique rencontrent un graphisme très enfantin, le rapport de l'homme au monde semble moins noir.

    Et pourtant...

  • Le combat ordinaire 4 de Manu Larcenet

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    Editions Dargaud - 64 pages

    Quatrième de couv' : C'est l'histoire d'une chantier qui ferme, d'une petite fille amoureuse, d'un soir d'élections et d'une nuit dehors...

    A mes yeux, le quatrième opus de la série Le combat ordinaire, contrairement au cinquième tome du Retour à la terre du même auteur et Jean-Yves Ferri, est à la hauteur des trois premiers épisodes. L'auteur, quand il scénarise lui même sa vraie fausse vie, aborde son existence avec une profondeur, une gravité, une émotion qui valent toutes les saynètes comiques du monde. Si le trait reste égal à lui-même - très bon, en somme -, la qualité du texte est quant à elle poussée à son paroxysme. Manu Larcenet nous prouve plus que jamais son extraordinaire talent pour exprimer si justement les choses légères et celles qui le sont moins. Pour ne pas dire pas du tout.

    Extraits :

    La culpabilité, c'est la lâcheté devant le vérité de l'être.

    ...

    Tes racines là, c'est du folklore, du cache-misère romantique pour dire de jolie manière qu'on a suivi les migrations industrielles comme les mouettes le chalutier... Histoire de grapiller les restes. Alors aujourd'hui, c'est à la mode, d'avoir des racines de-ci, de-là... Conneries, oui ! C'est rien d'autre que la glorification de la tradition imbécile ! Ca nous colle au sol... Ca nous empêche d'avancer... Les racines, c'est bon pour les ficus !

    ...

    Et puis, il faut se rendre à l'évidence : tout le monde s'en fout, en vrai, du chantier... Je veux dire... Il y aura évidemment de bonnes âmes pour crier au scandale... On trouve toujours du monde pour crier... Mais au jour dit, quand les vraies portes des vrais ateliers fermeront, parce que c'est ce qui va se passer, les belles âmes, elles seront loin ! Ce qui les intéresse, c'est l'idéologie... A nous de nous démerder avec le réel !

    ...

    Le pur désespoir pose des questions tellement essentielles qu'il ne peut s'accomoder d'idéologie... L'escroquerie idéologique, c'est de convaincre qu'il existe une vérité. Le réel n'importe plus alors que dans la mesure où il peut se plier pour s'y conformer. Pourtant, la rue ou les métastases, par exemple, sont abyssalement indifférentes au CAC 40 ou à la ligne du parti... On m'objectera sans doute qu'elles le sont tout autant à la poésie, et on aura tort. Délestée de toute logique, la poésie est la seule manière libre de remarquer ce qui est précieux. Depardon, Brassens, Miyazaki, Bonnard, Jarmush, Sempé, Tom Waits, Cézanne, Monty Pithon, Monet... Brel, Desproges, Klee, Cartier-Bresson, Springsteen, Céline, Harvey Keitel, Baudelaire, Van Gogh... La poésie rachète tout.

    ...

    Ceux qui pensent que seul compte le résultat ne se soucient pas du processus... C'est pourtant le processus qui fait les civilisations...

  • Un somme nie

    Un somme nie l'atroce ambiante réalité que tant semblent si facilement oublier.insomnie.jpg

    Un somme nie le trop court temps de vie qui nous est imparti.

    Un somme nie les barricades qu'à force de faiblesses l'on se construit.

    Mais l'insomnie, du combat pour changer la réalité, du temps que l'on veut rallonger et des murs qu'on ne veut ébranler, est à la longue l'ennemie.

    Alors naturellement ou assisté, il faut se laisser embrasser par Morphée.