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premier roman

  • Bons baisers de la montagne de Noémie de Lapparent

    Éditions Pocket / Julliard - 158 pagescultute,littérature,livre,roman,premier roman

    Présentation de l'éditeur : Lasse de ses échecs professionnels et sentimentaux, "Péril Rouge", appelée ainsi pour sa chevelure flamboyante, décide d'accepter l'invitation à skier de ses cousins et part se ressourcer à la montagne. Au hasard d'une conversation, la Parisienne en mal d'aventures apprend l'existence dans les parages d'une sorte de sage qui vivrait reclus suite à un drame horrible et posséderait sur la vie des lumières extraordinaires dont il éclairerait les villageois qui viennent lui rendre visite. Incapable de résister à la tentation, Péril Rouge part à sa rencontre. L'ermite serait-il celui qui lui livrera le sens de son existence ?

    Ma note :

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    Broché : 18,50 euros

    Poche : 6,10 euros

    Ebook : 12,99 euros

    Grands caractères : 19 euros

    Un grand merci aux Éditions Pocket pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    S'il existe en cet espace un engouement immodérément prononcé pour les premières œuvres, il n'y a pour autant ni complaisance, ni aveuglement. Ce qui va être démontré, malheureusement pour l'auteur à laquelle il sera toutefois accordé certaines qualités...

    Si l'on se réfère aux autres critiques mentionnées ci-dessous à propos de cet ouvrage, un double constat s'impose : les médias encensent le livre, les lecteurs le descendent. Sans tomber dans la théorie complotiste à fort potentiel paranoïaque ou dans celle de la collusion commerciale, il est bien tentant de penser que Noémie de Lapparent semble bénéficier de relations à son avantage dans les milieux éditoriaux et médiatiques...

    Sauf que. Loin de la jaquette alléchante pleine de mystère et malgré des critiques d'un côté simpliste et peu fouillée se contentant de recopier vaguement le communiqué de presse (Le Monde) et d'un autre, tout ce qu'il y a de plus exagérément mensongère et généraliste pouvant s'appliquer à n'importe quel opus chick lit (Au féminin), c'est un peu le quasi néant.

    Pour rendre à César ce qui lui appartient, l'écriture de la novice incite le lecteur à aller jusqu'au bout de sa lecture - mais peut-on raisonnablement abandonner un livre de quelque 150 pages ?

    Pour le reste, la non héroïne arrogante et tête à claques qu'on n'aime même pas détester tant elle est franchement horripilante est tout bonnement insupportable. Elle se fout du monde, utilise les gens et leurs affaires comme ça l'arrange, les bousille - les gens comme les affaires ! - sans ciller et, crime de lèse majesté, elle déteste les chats ! Bref, elle est toxique, nocive, littéralement tu-ante.

    Et c'est sans compter sur le fait que ce personnage aussi impudent que grotesque est le prétexte à une histoire même pas loufoque mais absurde, truffée d'invraisemblances et d'une cruauté tellement gratuite que c'en est juste vilain mais nullement drôle, même pas dans le registre de l'humour grinçant.

    Quand à la dimension censément spirituelle, elle est souvent évoquée mais jamais vraiment définie. S'il faut condamner de bien des façons de pauvres être innocents pour satisfaire les caprices d'une garce insolente afin d'illustrer que les actions d'une personne ont, par ricochet, des répercussions sur d'autres, la démonstration est à mon sens grossière et laborieuse.

    Et enfin, last but not least, la question que se pose la protagoniste tout au long de l'histoire est certes révélée à la fin... mais elle n'a littéralement aucun sens.

    Ma dent est dure, j'en suis désolée pour l'intéressée, mais je ne trouve sincèrement aucune justification à ce choix éditorial.

    Ils en parlent aussi : Le Monde, Au féminin, Primprenelle, Laure.

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    Les livres de Douglas Kennedy : Rien ne va plus, La poursuite du bonheur...

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    À moi pour toujours & Les revenants de Laura Kasichke

  • Rentrée littéraire : Manhattan volcano de Pierre Demarty

    En librairie depuis le 23 août 2013.manhattan volcano.jpg

    Fragments d'une ville dévastée

    Éditions Les Belles Lettres - 124 pages

    Présentation de l'éditeur : Hanté par les lettres de Pline sur l'éruption du Vésuve qui détruisit Pompéi, Manhattan Volcano est un récit du 11-Septembre tel que l’a vécu un jeune Français parti à la conquête de la ville de ses rêves et soudain confronté, en même temps qu’au prodige des espaces américains, au brouillard des cendres et de la terreur. Errant dans les rues et les ruines de New York, depuis le vif de l’évènement jusqu’à aujourd’hui même, Pierre Demarty tente de raconter l’irracontable et, ce faisant, interroge la valeur de la mémoire, sa véracité, ses méandres, ses impasses. Album de choses vues, chronique d’une mythologie intime et de son deuil impossible, ce témoignage, loin de tout requiem, est une ode à la plus volcanique des cités de notre temps. Pierre Demarty est né en 1976. Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’anglais, il est aujourd’hui éditeur et traducteur. Récompensé en 2012 par le prix Maurice-Edgar Coindreau pour sa traduction des Foudroyés de Paul Harding, il a également traduit Joan Didion, J.K. Rowling ou encore William T. Vollmann. Manhattan Volcano est son premier livre.

    Ma note :

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    Broché : 11 euros

    Un grand merci aux Éditions Les Belles Lettres pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Au lendemain de la douzième commémoration des attentats du 11 septembre 2001, pourquoi ne pas poursuivre le travail de mémoire en se plongeant dans un petit ouvrage passé inaperçu en cette période de profusion littéraire ? D'autant plus inaperçu que son micro-format et son design très discret n'ont rien de tape-à-l’œil. Sans compter que son prix n'en fait pas vraiment un produit d'appel.

    Pourtant, il serait dommage de passer à côté.

    D'une part, parce que l'on a beau croire que tout a été dit et écrit mille fois sur le sujet, Pierre Demarty relève le défi d'offrir un éclairage tout à fait singulier sur cet événement qu'il a vécu au plus près : décidé à élaborer une thèse qu'il n'écrira finalement jamais, trop happé par cette ville qu'il a tant fantasmée, Demarty a intégré l'Université de Columbia en août 2001, quelques semaines seulement avant l'effondrement du World Trade Center...

    D'autre part, parce que Manhattan volcano inaugure la nouvelle collection TIBI (« pour toi », « à toi » en latin) des Éditions Belles Lettres dont le parti-pris est l'art du bref faisant le lien entre présent et Antiquité. Puisque tous les sujets ne méritent pas de longs discours et parce qu'en matière de formes courtes les Anciens en savaient long et ne manquaient ni d'imagination ni d'audace, TIBI invite des auteurs contemporains à se prêter à un exercice de style audacieux : écrire des micro-textes, élégants et légers, sur les mille et un tracas et plaisirs du quotidien en s'inspirant directement de textes antiques. De délicieux dialogues, éloges, épigrammes, satires, fables, lettres, diatribes et autres métamorphoses en perspective que ne manqueront pas d'apprécier amoureux du verbe et autres férus d'histoire au sens large comme au sens littéraire...

    Enfin, parce que ce texte, première production personnelle de l'auteur ayant jusqu'alors œuvré à la diffusion de la littérature anglo-saxonne en qualité de traducteur, prouve, si besoin était, que les passeurs de la littérature d'ailleurs sont avant tout des écrivains à part entière.

    L'exercice de style auquel s'est habilement prêté Pierre Demarty est ici épistolaire. Faisant lien entre les lettres de Pline le Jeune sur l'éruption du Vésuve et la destruction de Pompéi le 24 août 79 (dont on retrouve les extraits en fin d'ouvrage) et les lettres fictives que lui-même aurait pu écrire à ses proches sur son expérience immédiate autant qu'éloignée du 9/11, il prouve le continuum émotionnel de l'homme face à la tragédie, à vingt siècles de distance, en faisant se télescoper les mots. En imaginant les lettres qu'il aurait pu écrire à chaud comme à quelques années d'intervalle de sa propre expérience et en y intégrant les mots de Pline, il invite ce dernier au vingt-et-unième siècle et métamorphose le Ground Zero de 2001 en éruption volcanique, entremêlant les impressions, les émotions, les réminiscences et autres réflexions du spectateur de l'impensable tumulte. Une universalité affective qui s'impose au lecteur, lui faisant retrouver immanquablement les ressentis de ces instants malheureusement inoubliables... Une plume tout autant qu'une collection prometteuses.

    Ils en parlent aussi : Librairie Guillaume Budé, Claro.

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    Extraits :

    Tu me demandes comment c'était.

    Me croiras-tu si je te dis que je ne me souviens de rien ?

    Tu veux savoir comment c'était, tu veux qu'avec des mots j'exhume des cendres, et que des cendres mêlées aux mots, comme d'un brouet d'enchanteur, jaillissent des mondes perdus, l'Atlantide fabuleuse d'un carnage qu'on t'a déjà tant de fois conté, tant de fois que tu as fini par ne plus y croire, tant de fois que tu n'as plus que des légendes auxquelles te raccrocher, mais chacun épaississant si bien le mystère des précédentes que toutes - ainsi amoncelées, enchevêtrées les unes aux autres comme les décombres de ces jours-là, tantôt fumeuses, tantôt calcifiées, pétrifiées dans la gangue des cent milliards de mots qu'on a déjà déversés en tombereau sur le cadavre, à l'en étouffer pour de bout et l'exorciser sans doute -, toutes les légendes, plutôt qu'à l'éclairer, conspirent à ramener sur ce jour fameux le voile de la nuit, de l'obscur et de cet effroi très particulier qui naît de l'incompréhensible.

    Tu ne comprends pas, dis-tu, et voudrait comprendre. Comprendre quoi ? Savoir quoi ? Ne sais-tu pas tout déjà ? N'as-tu pas, comme tout le monde, vu cent fois, mille fois, les images ? Aucun cataclysme ne fut jamais si bien, si immédiatement documenté : ce fut, tu t'en souviens aussi bien - mieux encore, peut-être - que si tu l'avais toi-même vécu, un monumental amas d'images et de mots, plus encore d'images et de mots qu'il ne flotta de copeaux de chair et d'acier calciné dans le ciel sale de Manhattan ce matin-là, douze années ininterrompues de mots et d'images, amalgamés en un suaire cendreux où n'a toujours pas fini de se vautrer, insatiable, notre obscénité mémorielle - franchement, que veux-tu d'autre, de plus ?

    ...

    Les ultimes rayons du soleil sont venus mourir sur les facettes scintillantes du Chrysler (de toutes les tours, ma préférée : une fusée de freakshow échouée dans le grand cirque lunaire de la ville, amarrée à vie au centre du cratère des buildings, mais roide encore d'orgueil et de beauté fardée, aristocrate, extravagante comme une aïeule), et la dernière lueur du jour s'est effondrée en une pluie d'étoiles le long de ses parois rendues aux ténèbres. Pour un peu, je l'aurais applaudie : ici, même les astres sont de vieilles divas adorables qui se donnent en spectacle et cabotinent jusqu'à leur dernier souffle. L'un après l'autre, alors, les gratte-ciel, semblables à une paisible harde de centaures, se sont assoupis debout dans leur lit de néons, caressés par une nuit qui semblait venir à regret.

    ...

    Il faut quelque seconde

    Pour efface un monde.

    Michel Houellebecq

    ...

    Pardonne-moi ces quatorze jour de silence. Je ne trouvais pas les mots : eux aussi s'étaient écroulés ; écrasés sous le linceul de chaux vive dont la catastrophe a drapé la ville dans son sillage, ils gisaient, épuisés, sans plus de souffle, et je vois chacun ici, depuis, lutter avec un acharnement plein de douleur et de dignité théâtrale pour les ranimer, les arracher, un par un, au magma du néant.

    C'est qu'on s'extirpe difficilement du silence qui suit un tel fracas.

    ...

    (Cela restera toujours un grand mystère pour moi, cet instinct irrépressible qu'on a de se précipiter vers les carnages, quand on devrait les fuir ; de ralentir, sur l'autoroute des belles vacances, dès qu'on a humé, derrière le paravent hypnotique des gyrophares attroupés, la présence de la mort, la promesse d'un spectacle de chromes et de corps enchâssés. Par quelle bizarrerie peut-on avoir envie de voir des choses pareilles ? Et qui, cependant, possède la faculté de s'y soustraire ? Je ne connais personne qui sache ne pas céder à la tentation de regarder l'irregardable, personne, devant un charnier, qui soit capable, en toute bonne foi, de détourner les yeux. - La laideur du monde est irrésistible.)

    ...

    J'ai vu dans des amphithéâtres des professeurs au rire hier tonitruant et à la faconde extraordinaire incapables de prononcer le moindre mot pendant plusieurs minutes devant un parterre d'étudiants au visage rougi qui braquaient sur eux, lèvres tremblantes, des regards d'enfant perdu les implorant de leur expliquer à quoi rimait le monde.

    ...

    Nos vies continuent, idiotes, inévitables, et c'est comme un affront au chagrin, une honte qu'on préfère passer sous silence plutôt que de la laisser souiller la très grande, très précieuse pureté du malheur. Marcher dans la rue, parler du beau temps et de la pluie, payer une facture, faire la queue au deli du coin, lire, rire, dormir, rêver peut-être : il va falloir "après ça", réapprivoiser la banalité de nos existences. Et si l'on n'entend dans toutes les bouches qu'un seul refrain - "Plus rien ne sera jamais comme avant" -, martelé avec une gravité enivrée d'elle-même qui cache mal son intranquillité, c'est bien parce que c'est tout l'inverse qui est vrai, et que chacun ici pressent qu'il faudra bien au contraire, évidemment, inéluctablement, que tout soit bientôt comme avant - à quelques variations près, quelques retouches opérées dans le paysage, dans l'histoire, et dans nos souvenirs.

    ...

    Et j'ai vu aussi des gens exploser de fureur devant ces grandes mises en scène d'affliction collective, trépigner, s'esclaffer, dresser haut le doigt pour dénoncer la mascarade de la bien-pensance, s'insurger contre l'orgueil victimaire, s'indigner d'une débauche de tristesse en toc, j'ai vu de grands esprits ahaner bave aux lèvres les banalités les plus hargneuses sur le déclin inauguré de l'empire et autant de petits malins se goberger de cette apocalypse de pacotille, j'ai vu des rixes éclater entre des gens qui n'étaient pas d'accord mais on ne sait pas sur quoi ni à quoi bon, comme si de pareils cataclysmes pouvaient être sujets à débat, j'ai entendu les imbéciles malheureux qui se croient pleins d'audace s'émerveiller de la "beauté" su spectacle des tours détruites, ceux qui criaient "bien fait !", ceux qui relativisent, ceux qui haussent les épaules, j'ai vu gesticuler tous ceux-là qui voudraient étouffer, à force de bruit et de bêtise, la terreur muette qui vient de nous enfoncer ses griffes dans la nuque et promet de ne pas nous lâcher de si tôt.

    ...

    En quatorze jour, combien de fois as-tu déjà vu repasser cette séquence ? Combien de fois les tours ont-elles, sous tes yeux, ressurgi du brouillard, immaculées, ressuscitées par la grâce magique et mensongère du temps rembobiné sur trame ? Et pourquoi, sinon pour mieux les voir tomber encore, et encore, et encore ?

  • Rentrée littéraire : Après l'amour d'Agnès Vannouvong

    après l'amour.jpgEn libraire depuis le 22 août 2013.

    Éditions Mercure de France - 202 pages

    Présentation de l'éditeur : "Héloïse m’appelle « ma belle surprise ». Elle a ses petits trucs, les balades à moto, un parfum addictif, des pièges à filles. Les cloches de l’église Saint-Eustache ponctuent toutes les heures nos étreintes. J’aime caresser la peau, son dos, ses bras durs, le sexe doux sous la langue, les soupirs, les sourires entre les baisers, les rires. Je l’adore et honore son sexe. Un souffle, une parole, un geste provoquent le rapprochement des corps. J’aime notre intimité. Je veux essayer toutes les positions, tous les rythmes. Après les orgasmes, elle se serre très fort contre moi, je suis perdue. M’abandonner serait une aventure, alors je glisse, indéterminée, ouverte à tous les possibles." Lorsque la narratrice se sépare de sa compagne Paola avec qui elle vivait depuis dix ans, sa vie bascule. Collectionnant les amantes, elle part à la recherche effrénée du plaisir et de la jouissance : de Paris à New York, de Rome à Berlin. Pourtant après l’amour, le manque est inéluctable. Dans cette ronde de la séduction, toutes ces Edwige, Garance, Éva, Delphine et autres conquêtes furtives prolongent l’absence de Paola… La rencontre avec Héloïse amorcerait-elle un tournant ? Mêlant brillamment romantisme et crudité, douceur et violence, Après l’amour est un roman sensuel et sexuel qui explore la fulgurance du désir féminin.

    Ma note :

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    Broché : 16,50 euros

    Ebook : 12,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Mercure de France pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Que reste-t-il après l'amour ?

    Juste après l'amour - le rapport physique s'entend -, il y a la joie, l'intimité de l'esprit et/ou du corps, le partage, la fuite parfois, l'apaisement, le repos, ou l'amour encore...

    Quand cet après signifie la séparation, il y a la déflagration, le post partum amoureux, le manque de l'autre, la solitude, l'affolement, le vide, la déréliction, le sentiment d'abandon, la difficulté à faire confiance, à aimer à nouveau, à être à nouveau soi-même, la panique, l'absence de la peau, du rire, du parfum, des habitudes, le sentiment que plus rien n'est possible, les larmes... Et puis la pulsion de vie, nécessaire et urgent affrontement de ces noces barbares avec soi-même !

    Ce sont toutes les facettes de l'après, du post-amour, qu'Agnès Vannouvong a voulu exprimer dans son tout premier roman, par le biais d'une trentenaire parisienne qui cherche à fuir le vertige de la perte de l'amour de sa vie, qui combat l'absence de l'être aimé en le comblant par un trop plein de corps, une multiplicité de rencontres, une cartographie amoureuse de bras en draps à l'échelle internationale. C'est une cavale frénétique, une véritable chasse à l'autre qui s'organise par le biais du numérique, des occasions professionnelles, du Paris by night, des hasards de la vie contemporaine propice aux amours en fibre optique.

    De la fuite en avant à la remise en question, ce sont toutes les étapes de la rupture qui sont explorées. L'auteur exprime avec authenticité, tendresse et ironie, cette quête identitaire, ce retour sur soi passant par l'enfance, le retour aux origines, ici marqué par un père absent, figure du choc entre l'Orient et l'Occident.

    Si cette ronde de la séduction qui finalement prolonge et redouble l'absence de l'autre est une stratégie assez courante de la vie amoureuse moderne, cette errance effrénée de liaisons éphémères autant qu'interchangeables est ici saphique. Car la figure centrale et solaire de ce kaléidoscope amoureux est homosexuelle.

    À l'heure du tant attendu mariage pour tous enfin proclamé et ayant révélé l'effrayante sous-jacence homophobe française qui ne demandait qu'à se déchaîner ; après la couronnement amplement mérité au Festival de Cannes 2013 de l'adaptation cinématographique par Abdellatif Kechiche de la magnifique bande dessinée de Julie Maroh Le bleu est une couleur chaude ; le premier roman d'Agnès Vannouvong s'inscrit dans la continuité de ces œuvres non militantes mais nécessaires pour expliquer, raconter et défendre l'alternative amoureuse et/ou sexuelle.

    Après l'amour met magnifiquement en évidence - puisque besoin est malheureusement - que l'amour, quel qu'en soit ses protagonistes, est universel. Et que la fin de l'amour est un déchirement partagé que l'on tente de surmonter bon an mal an, avec des stratégies parfois excessives, parfois maladroites, mais qui n'ont qu'un seul but : ne pas sombrer, se rassembler, déjouer les pièges de la mélancolie pour pouvoir aimer à nouveau.

    Cette peinture sentimentale de femmes indépendantes, intellectuelles, guerrières, modernes, qui vont de l'avant, n'est pas seulement un hommage à l'amour entre femmes, au désir féminin. C'est un hymne au désir, à l'amour tout court. L'érotisme fougueux qui se dégage de l'écriture nerveuse, incisive de l'auteur retranscrit avec une précision toujours élégante les codes des amours contemporaines sans lendemain qui s'apparentent aux modes de consommation convulsives de l'époque : immédiateté des désirs et de leur satisfaction, rapidité du sentiment de lassitude, zapping et nouveau cycle de consommation. Ce roman qui doit son titre au Goncourt 2007 Gilles Leroy (Alabama song), s'il n'a aucune ambition sociologique, s'inscrit pourtant à la perfection dans son époque et se fait l'expression juste de l'extrême contemporain dans sa vitesse et sa recherche de sens.

    Agnès Vannouvong signe une première œuvre aboutie, originale et percutante qui explore comme jamais encore l'amour au féminin pluriel. Le seul regret étant que ceux qui auraient le plus besoin de le lire - ces manifestants à œillères pour l'inégalité des droits - ne le feront pas...

    L'auteur parle de son livre.

    Ils en parlent aussi : Claire, Vanessa, Nathalie.

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    Extraits :

    Ça se passe très vite. Paola me quitte. Je bascule hors d'une zone de sécurité. Je glisse et, déjà, je construis ma défaite. D'avance, je connais le prix de la séparation. L'absence de la peau, du rire, du parfum. Alors j'anticipe et accomplis les gestes de premiers secours. Vite, je me relève, je respire dans la vague, je me rassemble.

    Tu claques la porte, tu me regardes comme si c'était la dernière fois. On ne se reverra que chez le notaire. Tu vends tout, dans une apnée compulsive. Tu m'informes par courrier électronique de ta stratégie d'évidement. Tu construis un espace vide où l'air se raréfie. Les meubles seront bientôt trop grands pour nos deux petits appartements de solitude. Ils disparaissent les uns après les autres et déposent sur le parquet une légère trace de poussière. C'est bien connu, la séparation fait fondre les graisses et appauvrit économiquement. Elle dépossède des biens acquis et déprogramme la mémoire affective. Elle laisse sur le carreau, avec une boule d'angoisse plantée bien droit, dans chaque muscle. Tu ne tergiverses pas. Je ne résiste pas. Je suis surprise par la force de ta détermination. Dans ce bras de fer sans corps et sans parole, le royaume de l'affect est banni. Paola a l'élégance d'attendre la fin de ma thèse pour passer à l'action.

    ...

    Je fais comme si de rien n'était. Je ne sombre pas. Je n'attendrai pas que le bateau coule.

    - La force doit être relâchée du corps.

    Mon professeur prononce ces mots, à chaque cours. Le corps ne peut tout porter. Il faut apprendre à laisser derrière soi, délaisser, se délester.

    ...

    S'inventer une autre vie. Je n'échappe pas à l'entreprise de fichage. Je me suis transformée en commerciale du cul. Je me spécialise en vente par correspondance. La première difficulté est d'imaginer un pseudo. Je tape ma nouvelle identité fictive, Divine, j'amorce une opération séduction. Accrochez-vous, les filles, on va faire connaissance. Sur les photos, je suis saisie par la diversité des visages et des looks que j'identifie mentalement par famille : lesbiennes à mèche, façon Justin Bieber, lesbiennes lipsticks, baby dyke,  butch, trans. Je reconnais certaines filles, croisées dans les bars du Marais, après les séances chez mon analyste, rue Saint-Paul. Le Marais est un village, un Disneyland peuplé de Mickeys pédés ou de Minnies sans robe. Je m'y perds toujours un peu. J'aime surtout m'asseoir à une terrasse et contempler des corps sans cintre griffés de la tête aux pieds des modeuse croquant un falafel, des gays bodybuildés sapés en Fred Perry sortant de l'Usine ou des familles bourgeoises. La géographie du IVe arrondissement me rappelle un typographie sociologique que l'écran agrandit. Je clique. Je chasse. Ça me donne de l'espoir. Ça m'empêche de mourir de chagrin.

    ...

    - As-tu déjà participé à la Gaypride ?

    - Les luttes LGBT, la politique des identités, c'est bon pour les communistes ! Je n'ai jamais connu l'homophobie. En fait, je suis au fond du placard, donc au-dessus de tout soupçon. L'absence de contrariété est un gage de paix, disait Beau Papa.

    ...

    Je ressemble à une créature cyborg, reliée à son ordinateur, le téléphone dans une main, un verre de vin dans l'autre. Tout à coup, écrasée de solitude, j'ai un doute, une angoisse nocturne. L'amour se rencontre-t-il encore au coin de la rue ? La vraie vie est-elle virtuelle, dans la Toile, sur les réseaux sociaux ? Les mails à la place des lettres, les SMS pour les télégrammes. L'immédiateté. On claque des doigts. On peut tout avoir. Des vêtements plein les armoires, à peine essayés, des billets d'avion électroniques. Tout est à disposition. Quand commence l'histoire ? Que se joue-t-il derrière l'écran ? Les doigts basculent en azerty ou en qwerty. L'imagination s'emballe. Et souvent, la déception du corps réel.

    ...

    Le dimanche matin, elle m'emmène parfois prendre le petit déjeuner dans un rade de Saint-Ouen. On avale un petit crème et un croissant, parmi les maraîchers qui ont déjà attaqué les rillettes et le verre de rouge. Les habitués taillent la bavette avec Josée, la patronne qui tient le bar depuis vingt-trois ans. Elle rouspère contre une espèce qui a fait son apparition quand les usines ont fermé et qu'on les a vendues par parcelles de cent mètres carrés. Derrière les briques rouges, des lofts ou des ateliers d'artiste. On se croirait à Brooklyn Heights. Les couples bobos ont quitté la Petite Couronne et gênent maintenant l'entrée du bar avec les poussettes. Les marmots habillés chez Bonpoint piaillent au milieu des cagettes. La France cohabite.

    ...

    Contrairement à toi, je peux être dans une relation, je n'ai pas peur de l'engagement. Mais j'ai aussi besoin de mobiliser mon énergie pour me consacrer à ma carrière. Quand je t'ai recontrée, j'ai su aussitôt que j'allais avoir le ventre noué, j'ai su que tu ne resterais pas. Tu n'aimes personne et tu aimes tout le monde. Tu vas partir, retrouver ta vie. Lorsque je vais penser à toi, tout me sera insupportable, l'idée que tu puisses en aimer une autre, emménager avec elle, avoir un enfant. Je ne supporte plus la jalousie qui écrase chaque pore de ma peau et bouffe les cellules de mon cerveau. Tout compte fait, je te remercie de me quitter.

    ...

    - Depuis la séparation, je suis devenue l'ombre de moi-même. Celle qui quitte a toujours le mauvais rôle. Je ne me plains pas, mais pourquoi ai-je toujours envie de pleurer ?

    - Quand on était ensemble, je ne comprenais pas combien je t'aimais. Je ne savais pas quoi faire de cet amour. Il m'étouffait.

    (...) - Quand on reviendra ensemble, si on revient ensemble, je veux un enfant avec toi, un bel appartement, et t'aimer pour la vie.

    - Dis, on dormira encore ensemble ?

    ...

    - (...) J'éprouve ma solitude, je fais sans toi. (...) Le plus éprouvant dans tout ça, c'est se défaire des habitudes, la présence, l'odeur, le quotidien, les courses au supermarché, les repas, le vélo dans Paris, les vacances, les discussions après un spectable. Ce qui me manque le plus, c'est le sens du mot commun. (...) Quand on est connectée à une âme pendant dix ans, on a le temps d'inventer une histoire commune. Sais-tu comment on détisse les liens ?

    ...

    À douze ans, je lisais Camus et Sartre.

    ...

    La misère amoureuse conduit vers des régions désertiques. Je tombe dans un trou, une tristesse, une torsion de l'âme. Comment survivre à la froideur d'un tel désamour ?

    ...

    La scène me plonge dans l'effroi. Quelque chose s'est passé. C'est irréversible. Quelque chose a tourné. Je n'arrive ni à rester ni à partir. Me reviennent en mémoire les mots de Deleuze et Guattari : "On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer, ni s'être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu'ils sont imaginaires, au contraire : parce que je suis en train de les tracer." Je suis devenue une ligne, une flèche abstraite, une statue. Je suis sans territoire propre. Le bras de fer est perdu d'avance. C'est la fin et il n'y a plus d'armes pour lutter.

    ...

    Mourir de chagrin

    Le sexe n'y change rien. La désintoxication amoureuse a pour amis l'absence et la perception du temps.

    ...

    On s'habitue à la douleur, au silence, pas à l'absence.

    ...

    Dans six ans, j'aurai quarante ans, non, pire que ça, dans six printemps, j'aurai quarante ans. Je dois avancer, refaire ma vie, oublier. Les conquêtes, les nuits d'amour, la fuite ne font pas le poids devant la mélancolie. Je ne connais pas le dosage exact contre l'excès et le défaut d'amour.

    ...

    Les gens vous rassurent, ça va aller, ça va passer, tu es jeune, tu vas rencontrer quelqu'un d'autre, tu es belle. Les gens ne savent pas. Ils devraient se taire, se garder de ramener votre souffrance à leur expérience. Je me fous de leur avis, j'ai envie de distribuer à la cantonade des paires de claques.

    ...

    - Ce qui s'est passé entre nous, il faut s'en servir pour tenter de répondre à ce qu'on veut et à ce qu'on ne veut pas ou plus.

    ...

    Si je connais très bien les effets du manque, j'ai peur, car j'ignore le remède contre la puissance de l'étreinte.

    ...

    Il y a dans l'échange amoureux une transaction. Dans l'absolu, je voudrais que la plaisir fasse corps avec un réel, non soumis à des règles. (...) L'amour a un prix, il nous efface, il nous fait rêver jusqu'à la destruction de sa propre image.

    ...

    Mon corps a encaissé la douleur, le manque. Mon coeur a terminé sa cure de désintoxication. Je n'ai pas de larmes, la souffrance a tout séché, la mémoire s'est figée. J'ai tant lutté, charrié des vagues d'angoisses, des océans de cauchemars. L'absence m'a appris ce que veut dire la fin d'un amour, la vérité de cette fin. Elle m'a libérée d'un monde peuple fictions, de fantasmes, de chimères. Je grandis. Je refais ma vie. Je ne veux pas intervenir dans la structure narrative d'une histoire autre que la mienne.

    ...

    J'emporte une myriade de petits pains, des croissants, du chocolat, des tartes salées. Chez le marchand de quatre-saisons, j'achète une panière de fruits rouges. Chez le fleuriste, je prends un bouquet de roses. Soudain, j'ai conscience que mes gestes se répètent, que les situations sont identiques. Rencontre, baiser, petit-déjeuner. Pendant deux, trois semaines maximum. Un sentiment d'absurdité m'accable.

    ...

    - On les compte sur les doigts d'une main, les vrais amis, pas ceux qui vous prennent pour un bouche-trou comme dans la cour de récré, ceux qui vous appellent juste quand ils ont besoin, ceux qui disparaissent et réapparaissent comme si de rien n'était, ceux qui vous font faire le boulot et mettent leur nom sur la couverture, ceux qui viennent toujours dîner chez vous mais qui ne vous invitent jamais sauf pour leur anniversaire, ni ceux qui vous jugent, car eux, ils ne sont rien, juste des satellites autour d'autres satellites.

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, sixième sélection

    Oyez, lecteurs en tous genres ! Oyez, liseurs de tous horizons ! La rentrée littéraire tant attendue est avancée.

    Après avoir, l'été durant, fait la part belle aux premiers romans de cette édition avec un succès réjouissant si je me fie aux mots clefs et statistiques qui vous ont, pour beaucoup, conduits ici, je vais pourtant inaugurer le cru 2013 avec une pointure d'outre-Atlantique.

    N'en déplaise aux impatients découvreurs de nouvelles saveurs, je vais avant tout clôturer la saison estivale comme je l'ai commencée en vous livrant l'ultime sélection de premières œuvres à paraître dans les jours à venir. Une sixième et dernière liste qui, je l'espère, sera aussi tentante que les précédentes et marquera un tour d'horizon le plus complet possible des nouvelles plumes que j'invite à me contacter si d'aventure je les avais, bien involontairement, oubliées.

    Merci à tous d'avoir montré autant d'intérêt pour ma passion du jamais lu.

    C'est donc bel et bien parti : auteurs, éditeurs, traducteurs, correcteurs, imprimeurs, libraires, blogueurs, lecteurs... à tous je souhaite une excellente autant qu'étonnante rentrée littéraire !

    Aux Éditions La Tengo :

    Protocole 118 de Claire le Luhern, à paraître le 25 septembre

    Aux Éditions Don Quichotte :

    Spiridons de Camille von Rosenschild, à paraître le 3 octobre :  Un premier roman qui se caractérise par un mélange d’humour et de macabre, et par des aventures inquiétantes et cocasses mettant en scène des êtres hors-normes – les spiridons – âmes défuntes aux allures de vivants. Un jeune auteur nourri à l’œuvre de Tim Burton. À dix-huit ans, sans famille, ni diplôme, ni argent, Victor part à Moscou sur un coup de tête. Le jeune homme s’y voit déjà mener une vie de bohème. Hélas, à peine arrivé dans une ville où la violence du climat est l’égale de celle des hommes, il échappe de justesse aux mains meurtrières d’une petite brute mafieuse. Son salut lui vient d’Olga, vieille Tzigane qui l’arrache à la misère en lui proposant de l’héberger. Mais rien n’est gratuit : tandis qu’une vague de disparitions inquiétantes frappe la ville enneigée et que le commun des mortels hésite à arpenter les rues, Victor doit s’acquitter, à l’abri d’un minuscule bureau, d’une tâche mystérieuse. Et quand son hôtesse meurt, elle lui laisse sur les bras son encombrant cadavre, ainsi que cinq prisonniers aux étranges manières... Ils s’appellent Ferdinand, Soledad, Piotr, Anatoli Gueorguevitch et Viviane. Ils ont le teint blafard des agonisants. Écoutez-les: ils ne respirent pas... Touchez leur peau: elle est inconsistante. Demandez-leur de vous suivre : ils seront incapables de s’orienter dans l’espace. Mais parlez-leur de la mort : ils vous en raconteront les moindres détails. Eux, ce sont les spiridons. Qui donc les a rappelés parmi les vivants ? Et pour accomplir quoi ? Quel est ce moine qui rôde autour d’eux et dont la simple évocation les plonge dans la terreur ? Forcé de faire confiance à ces âmes défuntes dont il ignore tout, guidé par leur escorte aussi attachante que tragique, Victor devra fuir jusque dans les Carpates, échapper à une horde de meurtriers en soutane, et découvrir, au cours d’une épopée fantastique, les terribles secrets du monde tzigane.

    Aux Éditions Castor Astral :

    Tango tranquille de Verena Hanf, à paraître le 5 septembre : Violette et Enrique n’ont pas grand-chose en commun. Tout les sépare : l’âge, le statut social, la culture, la couleur de la peau… Tout, sauf une grande solitude. Violette, une femme d’une soixantaine d’années, l’a choisie elle-même en coupant tout contact avec ses proches et ses connaissances. Enrique, un jeune Bolivien sans papiers, y est contraint par son exil en Belgique et sa pauvreté. Lorsque leurs chemins se croisent, un besoin de soutien réciproque va les rapprocher et les sortir de leur isolement. Pour Violette, femme très indépendante mais blessée qui, depuis plusieurs années, ne parle plus qu’avec elle-même (et sans le moindre ménagement), c’est la porte des sentiments qui s’ouvre à nouveau. Et celle de son passé, qu’elle avait banni avec force. Pas de sentimentalisme dans ce roman où se déploient une grande lucidité, un refus des idées préconçues et de l’apitoiement facile. Pourtant, c’est de sentiments dont il est question dans cette rencontre entre une bourgeoise belge vieillissante et un jeune sans-papiers bolivien. Rigide, fermée, Violette n’est pas quelqu’un qui suscite une sympathie immédiate mais elle force notre admiration puis notre affection par son désir d’être juste et par la lutte qu’elle mène avec courage contre elle-même, ses peurs, ses principes. Enrique, quant à lui, va l’aider à révéler la part généreuse et tendre qui sommeille en elle. Dans un style incisif, Verena Hanf dresse ici le plan de nos impasses, de nos égoïsmes, et indique un chemin pour en sortir.

     Aux Éditions Fayard :

    Des plumes et du goudron de Christophe Desmurger, à paraître le 28 août : Avec ses bottes, ses chemises sombres et sa façon de lancer son cartable sur son bureau en entrant dans la classe, le maître ressemble à un shérif. Il attend le meilleur moment pour dégainer le coup de gueule et s'efforce de viser juste avec ses punitions. Il parvient à faire régner un semblant d'ordre parmi ses élèves mais son métier, c'est plutôt la transmission du savoir...

    Aux Éditions Roguet :

    Les fantômes du passé (Coupable hérédité, tome 1) de Laurence Lallement, à paraître le 27 septembre : Le jour de ses 25 ans, Victoire de Saint Clair est convoquée à la lecture d'un testament demeuré caché durant plusieurs années. Ce testament et le témoignage posthume qu'il contient la replongent subitement dans son enfance en révélant de sombres et douloureux secrets de famille.

     Aux Éditions La fosse aux ours :

    Vie et destin de Célestin Arepo de Jérôme Millon, à paraître le 31 août : Comptable à la vie monotone, Célestin Arepo fait la rencontre d'une femme qui va bouleverser son destin.

    Aux Éditions du Seuil :

    Je suis né huit fois de Saber Mansouri, à paraître le 22 août : Le parcours de Massyre, un jeune Tunisien qui tout en effectuant ses petits commerces, suit une scolarité jusqu'à l'université, avant de devenir professeur d'histoire géographie à la Montagne Blanche. Il décide de partir à la recherche d'un manuscrit irakien, dans une quête qui lui donnera peut-être la force de se débarrasser définitivement de son sentiment de culpabilité.

    Aux Éditions Stock :

    Monde sans oiseaux de Karin Serres, à paraître le 21 août : « Petite Boîte d’Os » est la fille du pasteur d’une communauté vivant sur les bords d’un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d’algues et d’herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche. Elle découvre l’amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le « Déluge », enveloppé d’une légende troublante qui le fait passer pour cannibale. Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d’un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd’hui disparue. Le lac, d’apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village. Une histoire d’amour fou aussi poignante qu’envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fi n d’un monde, puisque l’eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac…

    Aux Éditions JC Lattès :

    Je suis interdite d'Anouk Markovits, à paraître le 2 septembre : Je suis interdite dresse le portrait saisissant de deux sœurs issues d’une famille juive ultra-orthodoxe, qui n’ont connu que les codes rigoureux d’une tradition culturelle fondamentaliste, auxquels l’une d’elles va vouloir échapper, portée par un amour irrésistible.

    Aux Éditions Phébus :

    Arvida de Samuel Archibald, à paraître le 22 août : À l’autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l’industriel américain Arthur Vining Davis. Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l’aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d’Arvida, le long du Saguenay et par-delà l’horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées. Digne fils de son conteur de père, Samuel Archibald se révèle dans ces pages un émule de Cormac McCarthy obsédé par Proust, un héritier d’Anne Hébert qui a trop lu Jim Thompson et Stephen King.

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, cinquième sélection

    Si je me fie aux mots clés que vous utilisez pour arriver sur le blog, vous êtes nombreux à vous intéresser aux premiers romans de la rentrée littéraire 2013. Un intérêt - voire une passion - partagé qui me plaît autant qu'elle doit, ne serait-ce qu'un peu, rassurer ces nouvelles plumes fébriles qui s'apprêtent à sauter dans leur premier grand bain littéraire.

    Après plusieurs sélections (première, deuxième, troisième & quatrième), voici un nouvel aperçu des premiers romans français ou étrangers à paraître très prochainement. De nombreux échantillons en guise d'avant-goût de ce qui se trame dans la sphère littéraire et qui ne seront pas encore les derniers... C'est dire si la rubrique Premier Roman a plus que de quoi sustenter les plus curieux des lecteurs qui pourront peut-être se targuer, d'ici quelques années, d'avoir compté parmi les découvreurs de tel ou tel talent. Parce que c'est ce que l'on souhaite à chacun de ces nouveaux écrivains : qu'ils rencontrent leur public.

     Aux Éditions Gallimard :

    Arden de Frédéric Verger, à paraître le 22 août : L’histoire se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale en Marsovie, riche principauté d’Europe centrale. Alexandre de Rocoule, gérant du luxueux hôtel d’Arden, homme à femmes dont la gaieté a quelque chose de féroce, et Salomon Lengyel, veuf sérieux et solitaire, sont liés par une passion commune : l’opérette. Depuis 1917, ils ont écrit ensemble une quantité impressionnante de pièces en trois actes, inachevées car ils ne sont jamais d’accord sur la scène finale. Pendant qu’ils travaillent sans relâche, la bête nazie rôde autour de la Marsovie sur laquelle elle ne va pas tarder à poser la patte. Les persécutions de Juifs commencent. Le danger devient pressant pour Salomon et pour sa fille Esther, revenue auprès de son père et dont Alex tombe amoureux. Et si la composition d’une dernière opérette était le seul moyen de leur sauver la vie ? Il est rare de voir aussi harmonieusement mêlés dans un premier roman l’intelligence, l’humour et la sensualité. Les scènes se déploient dans une profusion d’images éblouissantes, de détails comiques ou touchants, tandis que les rebondissements ne manquent pas dans le livret sanglant qui se joue en 1944 en Europe centrale.

    La dernière lettre de Rimbaud de Frank Charpentier à paraître le 10 octobre : De quoi est-il question au fond, quand on parle de Rimbaud ou quand on le lit, si c’est encore vraiment le cas ? Rimbaud a écrit, Rimbaud n’a plus écrit. Mythe et légende douloureuse d’un génie poétique précoce et fulgurant, à la Mozart ; et puis le désert, le commerce, les trafics, – et la fin tragique, l’amputation, la mort. Tout a été dit là-dessus, « littéralement et dans tous les sens ». Imagerie diverse ou adoration plus ou moins aveugle d’une « belle gloire d’artiste et de conteur emportée », et finalement, presque toujours, célébration oblige, indifférence à l’essentiel : affaire classée. Exit. Et si c’était un contresens complet ? Et s’il n’avait pas cessé… pas cessé d’écrire sa vie, d’un bout à l’autre, tout au long d’un parcours proprement géographique, et de la signer, de surcroît, secrètement, par son nom, ou plutôt par ses initiales, A.R., en se plaçant, consciemment ou non, sous ce signe constant ? Quel signe, d’ailleurs ? Celui de Noé ? Celui de Jonas ? D’un autre encore ? Se serait-il délibérément, retour de plus en plus initial, mis « à penser sur la première lettre de l’alphabet », et lequel ? Le narrateur s’en souviendra – et ça le mènera à une découverte bel et bien inouïe.

    Aux Éditions Buchet/Chastel :

    Partition silencieuse d'Ea Sola, à paraître le 29 août : Une atmosphère mystérieuse imprègne ce récit qui retrace le destin d’une famille respectée de Saigon, déchirée par une guerre fratricide. Avec un fulgurant et tendre amour l’auteur fait vivre chaque personnage et les terres du Vietnam, meurtries par la guerre.

    Aux Éditions Stéphane Million :

    Ragondin d'Olivier Darrioumerle, à paraître le 3 octobre : Un roman dont l'action se déroule à Naples et dont le héros principal est Pantecana (fils de pute en napolitain) resté orphelin. La maquerelle Maria Santa, qui a entendu la Vierge lui demander de recueillir l'orphelin, voit s'accomplir un miracle. Le lendemain de cette action, Maria Santa voit sa prière de devenir patronne d'une pâtisserie exaucée.

    Aux Éditions Don Quichotte :

    Spiridons de Camille von Rosenschild, à paraître le 3 octobre :  Un premier roman qui se caractérise par un mélange d’humour et de macabre, et par des aventures inquiétantes et cocasses mettant en scène des êtres hors-normes – les spiridons – âmes défuntes aux allures de vivants. Un jeune auteur nourri à l’œuvre de Tim Burton. À dix-huit ans, sans famille, ni diplôme, ni argent, Victor part à Moscou sur un coup de tête. Le jeune homme s’y voit déjà mener une vie de bohème. Hélas, à peine arrivé dans une ville où la violence du climat est l’égale de celle des hommes, il échappe de justesse aux mains meurtrières d’une petite brute mafieuse. Son salut lui vient d’Olga, vieille Tzigane qui l’arrache à la misère en lui proposant de l’héberger. Mais rien n’est gratuit : tandis qu’une vague de disparitions inquiétantes frappe la ville enneigée et que le commun des mortels hésite à arpenter les rues, Victor doit s’acquitter, à l’abri d’un minuscule bureau, d’une tâche mystérieuse. Et quand son hôtesse meurt, elle lui laisse sur les bras son encombrant cadavre, ainsi que cinq prisonniers aux étranges manières... Ils s’appellent Ferdinand, Soledad, Piotr, Anatoli Gueorguevitch et Viviane. Ils ont le teint blafard des agonisants. Écoutez-les : ils ne respirent pas... Touchez leur peau : elle est inconsistante. Demandez-leur de vous suivre : ils seront incapables de s’orienter dans l’espace. Mais parlez-leur de la mort : ils vous en raconteront les moindres détails. Eux, ce sont les spiridons. Qui donc les a rappelés parmi les vivants ? Et pour accomplir quoi ? Quel est ce moine qui rôde autour d’eux et dont la simple évocation les plonge dans la terreur ? Forcé de faire confiance à ces âmes défuntes dont il ignore tout, guidé par leur escorte aussi attachante que tragique, Victor devra fuir jusque dans les Carpates, échapper à une horde de meurtriers en soutane, et découvrir, au cours d’une épopée fantastique, les terribles secrets du monde tzigane.

    Aux Éditions LC :

    Des enfants de Laurent Audret, à paraître le 3 octobre : Des enfants est un texte qui perturbe, ce genre de texte qu’on lit une fois, que l’on repose, que l’on n’oublie pas. Et puis, il y a cette envie irrésistible de le reprendre, alors, on le reprend, on le relit, on avale chaque page, chaque mot est pesé, ressenti, chaque évocation devient image, on voit, on sent, on vit. Et on a peur. Parce qu’il est hors du commun. Laurent Audret nous livre une poésie noire effroyablement enivrante. Une expérience littéraire comme il en existe peu. Un conte barbare.

    Aux Éditions Intervalles :

    Les heures pâles de Gabriel Robinson, à paraître le 23 septembre : Pendant presque 20 ans, un flic exemplaire mène une double vie avec une autre femme et un autre enfant, à quelques kilomètres de chez lui. Quand le scandale éclate, son fils, journaliste, mène l’enquête.

    Le monde selon Cheng de Stéphane Reynaud, à paraître le 22 août : Les tribulations de Cheng, un Chinois ficeleur d'asperges, à travers un monde où tout est devenu low cost.

    Aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux :

    Le livre des sources de Gérard Pfister, à paraître le 12 septembre : 50 ans séparent la mort de maître Eckhart en 1328 et le Grand Schisme d'Occident en 1378. Serge Bermont, un professeur, enquête au début des années 1930, alors que le nazisme progresse en Allemagne. En 1936, il découvre les manuscrits de l'abbaye de Waldkirch. Il est assassiné le 15 septembre 1942 par la Gestapo de Strasbourg. En 1989, sa femme poursuit ses investigations.

    Aux Éditions Bourin :

    Bovary21 de Georges Lewi, à paraître le 29 août : L’enjeu - Qui serait Mlle Bovary en 2013 ? Bovary21 est le pseudonyme d’une jeune femme de 27 ans, la septième en ligne directe d’Emma Bovary, morte au même âge. Blogueuse reconnue, elle s’abîme dans le surendettement et raconte sur sa page la déchéance qui risque de la conduire au suicide. On est au tout début du XXIe siècle. Bovary21 fait du marketing pour une grande marque de soda. Un certain Charles est son boss, Rodolphe un banquier d’affaires qui va valoriser son blog, et Léonie, une féministe qui l’entraîne à New York. Bovary21 poste ses dernières confessions intimes. Ses 78 000 « amis » peuvent-ils la sauver ? La jeune femme est-elle condamnée au même destin que sa lointaine aïeule ? Une critique cinglante du marketing et une peinture de moeurs acide et drolatique au pays enchanté des followers et autres réseaux sociaux.

    Aux Éditions Léo Scheer :

    Septembre ! Septembre ! d'Emmanuelle Maffesoli, à paraître le 11 septembre : Entre impasses affectives et rébellions conformistes, la quête parodique d’un jeune homme pour l’ancrage poétique dans le monde. Pierre vient d’emménager à Paris, engagé comme documentaliste chez Radio France. Il tourne en rond, en proie à des rêves lourds et à une sorte d’inquiétude. C’est alors qu’il fait la connaissance de sa voisine de palier, Rebecca, et de son compagnon, Dan, un thésard chétif et provocateur. Pierre pense trouver là quelque chose qui l’accroche, lui parle. C’est le début d’une amitié et d’une série de rencontres avec autant de chroniqueurs, philosophes, bobos et marginaux. Mais il y a quelque chose de pourri dans ce tableau de la fin d’été au cœur de la ville-lumière. Les illusions se fissurent. Septembre est là, et l’orage gronde. Roman satirique, Septembre ! Septembre ! met en scène des personnages empêtrés dans les énoncés théoriques, les discours universitaires et les monologues de ceux qui font profession de critiques. Ici, tous les prêcheurs de résistance bien-pensants – journalistes, intellectuels et professeurs – en prennent pour leur grade.

    Aux Éditions Perrin :

    Corpus equi de Diane Ducret, à paraître le 29 août : L'histoire douloureuse et vraie du compagnonnage exceptionnel d'une jeune femme et de son cheval. Un récit poignant, un style superbe. « Il est un lieu précis de l'existence où l'ombre et le corps se rejoignent. Ce moment-là il faut le saisir, marcher face au soleil, mettre le pied à l'étrier qui s'offre à vous, triompher de la gravité, galoper sans soucis de gloire ou de fortune, à l'ère mécanique ne pas aller bien vite peut-être, mais libre. » Il est des rencontres dont la chaleur suffit à emplir toute une vie et dont le deuil vous laisse estropié à jamais. On peut vous dire à quinze ans que vous ne remarcherez jamais plus, et se retrouver pourtant à trente debout sur un cheval au galop, dont le corps sacré et vibrant vous guérit de ces années de désespoir. Telle est la vertu de l'alliance millénaire entre l'homme et sa plus noble conquête, où brillèrent Bellérophon et Pégase, Alexandre et Bucéphale, comme d'autres couples mythiques évoqués ici en miroir d'une destinée d'aujourd'hui. Le cheval y est la métaphore du retour à l'enfance, de la douleur éprouvée et surmontée, du refus de la fatalité.

    Aux Éditions Viviane Hamy :

    Itinéraire d'un poète apache de Guillaume Staelens, à paraître le 19 septembre : Le parcours initiatique de Nick Stanley dans l'Amérique de la seconde moitié du XXe siècle. Après avoir quitté un milieu familial étriqué, il se marginalise en rejetant la société de consommation, le militarisme et l'ultra-mondialisme.

    Aux Éditions Le Passeur :

    Le clown et la geisha d'Alexandre Naos, à paraître le 29 août : Un homme, au ban de sa société futuriste et déliquescente, se livre à un autre avant de monter sur scène ; il est clown et va bientôt proposer son spectacle (muet) avec sa compagne. Il raconte son histoire, étonnante, une sorte de descente aux enfers ponctuée d’événements dramatiques ou truculents. Ce récit fait preuve d’une vivacité et d’une acuité qui laissent le lecteur pantois, le menant à la frontière du réel et de la conscience, où tout semble devenir possible. Dans un style acéré très imagé et théâtral, dérision et ironie viennent contrebalancer avec force la profondeur des sujets abordés, lesquels pourraient bien, prochainement, devenir les nôtres… Un monologue sidérant, en forme d’hommage à La Chute d’Albert Camus, et une charge contre la modernité et la décadence, servie par une écriture tranchante.

    Aux Éditions du Murmure :

    Les forteresses de l'oubli de Serge Moncomble, à paraître le 1er octobre : Ce roman décrit, sans pathos, la perte et la perdition de celui qui, enfant d'orphelin, porte en lui l'ignorance de sa propre ascendance. Cet apatride d'une terre identifiée partage avec Genet ces souvenirs communs forgés par les nourrices du Morvan, institution salvatrice et terrible à la fois. Un voyage vers l'altérité, vers la main tendue et jamais reçue.

    Aux Éditions Daphnis et Chloé :

    Un buisson d'Amarante d'Adrien Sarrault, à paraître le 5 septembre : Lorsque Amaury débarque à Paris dans sa classe préparatoire scientifique, il n'a de français que son passeport. Né à Phnom-Penh, il a grandi à Tanger. Cette différence nourrit un syndrome de l'imposteur chez lui qui le poursuivra tout au long de sa carrière. Grandes écoles, MBA, start-up, comités de direction, il trace son chemin dans un système de castes...

    Aux Éditions de la Martinière :

    Clichy de Vincent Jolit, à paraître le 22 août : En 1929, Aimée, secrétaire au dispensaire où exerce le Docteur Louis, est chargée par ce dernier de dactylographier le manuscrit de Voyage au bout de la nuit. Ce roman montre au-delà de la vie d'une femme dans l'entre-deux-guerres, la gestation puis la vie de l'oeuvre jusqu'aux résultats du Goncourt de 1932, et se penche sur le processus de création d'une intrigue.

    Aux Éditions Le Passage :

    Une femme dangereuse de Jérôme Prieur, à paraître le 22 août : Tuer quelqu’un, c’est moins simple qu’on ne croit. Surtout quand cela ne vous est jamais arrivé. Et puis tuer une femme, je ne me serais pas douté que c’était plus difficile à faire qu’à imaginer. Avant de me débarrasser d’elle, il fallait déjà que je la retrouve. Elle avait disparu, elle s’appelait Madeleine. J’avais trois jours devant moi, trois jours et trois nuits pour remonter le temps. Je marcherais sur ses pas, je guetterais son ombre. Je n’aurais qu’à suivre les traces qu’elle avait dû semer. Ne passons-nous pas chacun nos vies à en faire autant ? J’étais prêt à voir ce que ses yeux avaient vu, à sentir son souffle, à toucher son empreinte. Je fouillerais sa vie, je remuerais ses souvenirs, j’aimerais ses amies. Elles me mèneraient jusqu’à elle, j’en étais sûr. J’étais prêt à courir le risque que mon passé m’explose au visage.

    Aux Éditions Michel de Maule :

    Contre-destin de Flora Steine, à paraître le 22 août : La saga d'une famille italienne dans l'Italie du XXe siècle. La destinée des pères, qui ont su tirer profit de la révolution industrielle, contraste avec celle des descendants, riches et oisifs. Seule Gaia, la narratrice, veut inventer le sien.

    Aux Éditions Calmann-Lévy :

    L'entre-temps de René Guitton, à paraître le 21 août : Le petit Alex né dans un camp d'internement perdu au fond du Maroc est devenu un homme. Un homme plus vieux que ne l'a jamais été son père, marin, qui l'a façonné et fasciné. Il lui a appris les bateaux, les avions, la contemplation du rayon vert des couchers de soleil, l'ouverture aux autres, et la loyauté. C'est d'ailleurs par loyauté envers sa mère et son père qu'Alex revient en terre natale : depuis trop longtemps séparés, ses parents doivent être enfin réunis, en France. Et l'enfant devenu adulte se nourrit du souvenir de Rose, sa mère, jeune modiste italienne, sauvage et envoûtante, de ses grands-parents épris de liberté, de Yemna la juive, de Mina la musulmane, de sa tante d'Amérique, de ses cousins d'Afrique... Dans ce roman sensible et fort, écrit avec pudeur et élégance, s'enchevêtrent les alliances perverses de la Seconde Guerre mondiale qui précipitent Rose en captivité. Malgré la tragédie du monde qui s'écroule, le bonheur d'être ensemble l'emporte sur la cruauté. Au fil d'un « tu » timide et délicat à la voix sobre et retenue, le fils s'adresse au père, dans une quête des origines visant à saisir enfin quelques parcelles du mystère de la filiation.

    Aux Éditions Rivages :

    Les voyages de Daniel Ascher de Déborah Lévy-Bertherat, à paraître le 21 août : Une année particulière commence pour Hélène, quand elle s'installe à Paris pour étudier l'archéologie. Elle est logée par son grand-oncle Daniel, un vieux globe-trotter excentrique qu'elle n'apprécie guère. Il est l'auteur, sous le pseudonyme de H.R. Sanders, de La Marque noire, une série de romans d'aventures qu'elle n'a même pas lus. Son ami Guillaume, fanatique de cette série, l'initie à sa passion. Mais pour Hélène le jeu des lectures ouvre un gouffre vertigineux. Elle découvre en Daniel un homme blessé, écartelé entre deux identités et captif d'un amour impossible. Elle exhume de lourds secrets de famille remontant aux heures sombres de l'Occupation. Pendant ce temps, les lecteurs de H.R. Sanders attendent le vingt-quatrième volume de la série, dont les rumeurs prétendent qu'il sera le dernier. En explorant avec finesse les blessures d'une mémoire tentée par le vertige de l'imaginaire, Déborah Lévy-Bertherat rend ici hommage aux sortilèges ambigus de la fiction.

    Aux Éditions Sonatine :

    Liberté sans condition de Seth Morgan, à paraître le 22 août : Joe Baker est un junkie. ll chante dans un bar de strip-tease de San Francisco et vit avec une prostituée, Kitty. Entraîné dans une affaire de vol armé qui tourne mal, Joe se retrouve derrière les barreaux. Loin d'être en sécurité, il est en réalité plus en danger que jamais entre des codétenus cinglés, des gangs impitoyables et des gardiens imprévisibles. Il a mis la main sur un objet convoité...

    Aux Éditions Philippe Picquier :

    Le restaurant de l'amour retrouvé d'Ito Ogawa, à paraître le 6 septembre : Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.