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obama

  • Yes you can

    Il pourrait sembler légitime au lectorat de penser que je m'apprête à parler du tube musical composé par Will.i.am des Black Eyed Peas à partir du discours prononcé par Barack Obama lors de l'élection primaire du New Hampshire de cette année. Cette chanson, mixée avec des images et des extraits du discours du nouveau président des Etats-Unis, a été interprétée par de nombreuses célébrités (chanteurs, musiciens, comédiens...) telles Scarlett Johansson, Kareem Abdul-Jabbar ou encore Kate Walsh et le clip en noir et blanc réalisé par le fils de Bob Dylan, Jesse.

    Oui, il pourrait sembler légitime.

    Sauf que le tube en question s'intitule Yes We Can et que ma manchette, elle, est la suivante : Yes you can. Subtile nuance mais qui fait toute la différence.

    Moi en fait, je fais juste référence à la signature communicationnelle de Canon. Parce que la marque, comme le sénateur, est en campagne. Mais promotionnelle (quoiqu'en fait c'est tout pareil...). Et d'un point de vue européen - oui, car si Obama ne vise que les USA, Canon pense international -, les escales se feront à Amersfoort aux Pays-Bas, à Madrid en Espagne, à Milan en Italie mais surtout à Paris en France, hall n°8, porte de Versailles, du 13 au 17 novembre, à l'occasion du Salon de la Photo.

    L'édition Eos discovery 2008 proposera des ateliers autour des thèmes du studio, du portrait et de la mode ainsi que de nombreuses conférences gratuites permettant aux passionnés de photo de se perfectionner, le tout, appuyé par les interventions des célèbres photographes François Darmigny et Dingo qui dispenseront leurs conseils et astuces basés sur leur propre expérience et leurs propres travaux.

    Les participants pourront découvrir les boîtiers, les objectifs et les modèles les plus récents dans la zone Touch & Try, notamment le nouvel EOS 5D Mark II et son capteur de 21,1 millions de pixels, qui associe la prise de vues en plein format à l’enregistrement de vidéos Full HD, ainsi que l’EOS 50D (visuel ci-dessous) et son capteur de 15,1 millions de pixels qui assure une prise de vues en rafale à 6,3 images par seconde.

    A noter que les places disponibles pour les conférences sont limitées. Le meilleur conseil est donc de procéder dès à présent à l'inscription gratuite.

    Stop flashes please !

    Plus d'infos

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    Article sponsorisé

  • Obama, et après ?

    obama.jpgEn ce jour de l'an de grâce 2008, les Etats-Unis d'Amérique ont choisi comme quarante-quatrième président de leur Nation un homme d'origine africaine.

    Profitons de cet instant de liesse où tous les espoirs sont permis face à un évènement bouleversant qui voit un peuple passer, en à peine quarante ans, de la ségrégation à l'élection d'un homme noir.

    Oui, profitons bien de cet instant, car pour le suite, hormis le fait que probablement les crises identitaires de l'atroce histoire trouveront, je l'espère, un peu de repos, les choses ont-elles vraiment des chances de changer ?

    Les amitiés de beaucoup - parfois inattendues - à l'égard de cet homme de toutes les espérances ne sont-elles qu'un moyen pour se faire bien voir en Afrique et ainsi, continuer sans vergogne à essoufler ce continent que les dirigeants ont de longue date choisi de rayer de la carte ?

    Comme toujours, seule la marche de l'Histoire nous répondra.

    Quoi qu'il en soit, merci au peuple américain de nous avoir montré l'exemple des possibles et de nous redonner confiance en l'avenir - même si cela ne dure qu'un instant.

  • A propos des USA

    Par Jim Harrison, pour Le Journal du Dimanche, lundi 3 novembre 2008

    Le seul espoir, c'est de voter

    Ecrivain, auteur notamment de Légendes d'automne, de Dalva et de Retour en terre. Tous ses livres sont publiés aux éditions Christian Bourgois.

    Je n'ai pasjim harrison.jpg d'espoir. L'espoir est en soi criminel. Le seul espoir, c'est de voter.

    Aux Etats-Unis, nous en sommes au point où chaque Américain intelligent a été contraint de devenir le proctologue de l'anus putrescent du capitalisme effréné. C'est assez désagréable, d'autant que notre gouvernement nous a complètement lâchés. Nous avons été violés par la classe de nos dirigeants, et toute la communauté financière a manifesté le même sens moral qu'un cartel de la drogue mexicain.

    George Bush, qui n'a jamais rien accompli sinon au service de sa propre classe, a commencé une guerre pour des raisons largement imaginaires, mais aussi en partie pour montrer à son père comment on s'y prend. C'est la crise oedipienne la plus coûteuse de tous les temps. Bush est sincèrement sidéré d'apprendre que les bombes intelligentes se révèlent à l'usage l'être beaucoup moins que les attentats à la voiture piégée. Même après Abou Ghraib, il s'étonne que le monde arabe ne nous aime pas. Bush et les autres escrocs de bas étage de notre gouvernement proposent 750 milliards de dollars pour renflouer la communauté financière, mais rien pour la sécurité sociale des enfants démunis.

    Bien sûr, je suis poète et romancier, mais pas économiste ni l'un de nos innombrables nababs des médias qui pensent apparemment que parler, c'est penser. J'ai aussi remarqué que les politiciens n'aiment pas la bonne cuisine, car ils passent un temps fou à chier par la bouche.

    Contrairement à la plupart d'entre nous autres, les proctologues amateurs, je ne reproche pas tout aux financiers et au Congrès. Je situe l'origine du désastre actuel dans notre système d'enseignement pourri et paresseux. Alors que je faisais des recherches pour écrire une longue nouvelle, j'ai récemment découvert qu'un pourcentage infime de nos étudiants, 10% au mieux, a une petite idée de l'endroit où ils se situent historiquement, géographiquement, géologiquement ou du point de vue de la botanique. Les adultes sont seulement des produits à peine améliorés du même système d'enseignement. Les gens âgés en savent davantage, car ils ont eu droit à un meilleur système. Les crétins étant incapables de reconnaître leurs semblables, ils ont voté deux fois pour George Bush et ses sbires. Les médias, pour la plupart méprisables, n'ont guère été d'une grande aide, car, jugeant la réalité tout à fait insupportable, ils font des pieds et des mains pour s'en tenir aux faits périphériques. Les médias en général se sont contentés de lécher les bottes des méprisables nouveaux riches qui, sans vergogne, nous dépouillaient de tout.

    Ce matin, dimanche 19 octobre, j'ai entrevu une lueur* d'espoir. Colin Powell, un républicain, vient de déclarer son soutien à Obama. Barack Obama a été un étudiant extrêmement brillant à Harvard, notre meilleure université, alors que McCain est sorti parmi les derniers de sa promotion à l'école navale d'Annapolis. Quant à Palin, elle est issue d'un paragraphe répugnant de l'Ancien Testament.

    Cette élection me plonge dans un tel désespoir que j'ai pour de bon envisagé de prier, peut-être de m'adresser à mon vénérable Odin, qui a deux de mes corbeaux bien-aimés posés sur les épaules. Nous sommes bien sûr nombreux à nous inquiéter d'une possibilité funeste : qu'Obama se fasse assassiner avant d'être élu.

    Vers quelles consolations pourrais-je donc me tourner en ces temps de détresse, sinon vers le côtes-du-rhône, avec un petit verre de vodka en prime, sans oublier un peu d'antique poésie chinoise chaque matin, où nous autres humains sommes toujours présentés comme les victimes de nos dirigeants ? Bizarrement, je ne me suis pas vraiment soucié d'avoir perdu une bonne partie de l'argent mis de côté pour ma retraite. L'insécurité ne me menace pas, car je ne me suis jamais senti en sécurité. Je pourrais toujours prendre ma retraite en allant au crématorium. Bonne chance à vous, camarades proctologues ! J'avoue avoir dernièrement beaucoup parlé à mes chiens. Les chiens comprennent le monde grâce au langage des odeurs et les miens m'ont déclaré qu'il régnait dans tout le pays une affreuse pestilence qu'il fallait éradiquer.

    Traduit de l'américain par Brice Matthieussent.

    * En français dans le texte.