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littérature jeunesse

  • Le cercle des confidentes de Jennifer McGowan

    le cercle des confidentes.pngTome 1 - Lady Megan

    En librairie depuis le 4 septembre 2013.

    Éditions Macadam Milan - 430 pages

    Présentation de l'éditeur : Lorsque Meg Fellowes, 17 ans, voleuse et comédienne de la troupe de la Rose d'Or, est arrêtée, elle sait que la sentence va être la mort. C'est ce à quoi les voleurs sous le règne d'Élisabeth 1re d'Angleterre doivent s'attendre. Pourtant, on lui propose une alternative : accepter de faire partie d'un groupe de demoiselles d'honneur très spéciales : des espionnes. Avec ses nouvelles compagnes, Jane, Anna, Béatrice et Sophia, Meg doit protéger la couronne des intrigues de la cour. En ces temps troublés, mille complots guettent la jeune reine protestante. Grâce à son sens inné de la comédie et à sa mémoire extraordinaire, Meg doit espionner la délégation espagnole, composée de fervents catholiques, opposés à Élisabeth, dont le séduisant Rafe, comte de Martine, qui vient d'arriver à la cour. Mais dans le paysage complexe de ce début de règne, la jeune fille comprend vite que les frontières entre ennemis et alliés sont mouvantes et qu'elle ne peut se fier à personne. Si elle entend sauver la vie de sa reine et retrouver sa propre liberté, elle devra aussi démasquer le meurtrier d'une autre demoiselle d'honneur, mystérieusement assassinée quelques mois avant son arrivée...

    Traduit de l'américain par Marie Cambolieu.

    Ma note :

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    Broché : 15,20 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Macadam pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première et de devenir blogueuse partenaire de leur collection.

    C'est seulement après une brillante carrière dans le marketing que Jennifer McGowan a décidé de se lancer dans sa première entreprise littéraire. Une expérience professionnelle qui lui a sans doute permis d'enrichir sa formidable imagination d'une connaissance pointue de sa cible. Loin donc de se contenter d'une histoire simple et classique pour son tout premier livre, Jennifer McGowan a opté pour une saga jeunesse en forme de mashup littéraire.

    Si l'on peut, d'un simple coup d'oeil à la couverture du premier tome de cette série, le cataloguer sans conteste dans la rubrique du roman historique, il serait réducteur de le cantonner à cela. Comme l'a appris l'auteur dans son précédent métier, les jeunes lecteurs veulent lire comme ils vivent. Si la technologie d'aujourd'hui leur permet d'être de véritables encyclopédies de l'histoire de la musique et de tous ses courants - pour ne citer que cet exemple -, il faut qu'il en aille de même côté lecture. Cela passe en partie par le support numérique. Cela passe aussi par le mélange des genres et par la vitesse narrative qui ne doit en aucun cas laisser l'occasion de s'ennuyer et donc de zapper. C'est là que Lady Megan, premier opus du Cercle des confidentes, se révèle être résolument moderne. L'histoire de ces cinq jeunes femmes au service de la reine Elisabeth Ire alors débutante, tout historique qu'elle soit (la couverture tient évidemment toutes ses promesses !), n'en est pas moins classable aux rubriques espionnage, suspens, apprentissage, aventure, thriller ou romance. De quoi satisfaire tous les jeunes lecteurs contemporains ; tout du moins les jeunes lectrices si l'on se réfère au sexe des personnages principaux - cinq espionnes pour une reine aussi centrale autour de laquelle tout tourne, que secondaire puisque peu présente dans ce premier volume -, la modernité s'embarrassant encore trop souvent, malheureusement, du genre...

    Et de suivre ces cinq adolescentes pour le moins indépendantes et intrépides, douées de caractères bien trempés et de talents exceptionnels, en charge de protéger le royaume d'Angleterre et de résoudre un meurtre tout en vivant leurs premiers élans amoureux. Ces James Bond girls à la mode élisabethaine, forcément différentes les unes des autres pour faciliter l'identification la plus large possible, doivent épouser la raison d'État et déjouer les faux semblants, les incidents, les tromperies, les trahisons, les machinations et autres complots.

    Entre politique, amour, amitié et loyauté, l'histoire démarre sur les chapeaux de roues et le lecteur en vient rapidement à douter de tout le monde. Immédiatement addictives, les pages se tournent de plus en plus vite et au sortir de cette première partie, le premier sentiment après le regret de l'avoir déjà finie est l'impatience de pouvoir lire la suite. Réaction s'il en est par excellence face à un succès d'écriture ; attention, page turner !

    S'il est intéressant de connaître a priori la véritable histoire d'Angleterre pour le plaisir de détecter les éléments authentiques de la trame, ce n'est cependant par nécessaire à la bonne compréhension du texte. Mais il y a fort à parier que nombres de béotiens montreront a posteriori un intérêt pour cette époque...

    L'écrivain fait preuve d'un réel talent pour les descriptions (décors, costumes, atmosphère...) qui, loin d'être pesantes, catapultent subtilement le lecteur en plein XVIe siècle. Mais sa véritable force réside sans doute dans sa faculté à maîtriser son histoire. Qu'il s'agisse des enjeux diplomatiques ou des intrigues amoureuses, les scènes de tension palpable sont habilement menées et saisissantes aussi bien physiquement qu'émotionnellement. La parcimonie avec laquelle sont dispensés les indices met les nerfs du lecteur à rude épreuve mais les révélations, sans cesse surprenantes, arrivent toujours à point nommé. Peut-être certaines transitions temporelles sont-elles un peu rapides - il y a parfois plusieurs mois d'écoulés entre deux chapitres - mais ce n'est, somme toute, qu'un détail.

    Bref, Lady Megan est le premier des cinq tomes annoncés d'un bootleg littéraire prometteur campé au coeur de l'Angleterre élisabéthaine, dont chaque opus sera consacré à l'une des drôles de dames de l'incomparable fille d'Henri VIII. Fidèle à l'Histoire qui ne finit pas toujours bien, cette fiction, emplie de personnages brillants et attachants ou obscurs et perfides, est intelligente, fascinante et haletante. Elle offre des portraits crédibles - puisque réel pour celui qui concerne la reine et d'autres encore... - de femmes puissantes et audacieuses dans une époque où la condition féminine n'était pas des plus enviables. Une prouesse ingénieuse et délicieuse pour un premier roman qui s'adresse aux jeunes tout autant qu'aux grands de plus en plus nombreux à succomber à la passion de la littérature young adult. Ne reste plus qu'à souhaiter que les livres à paraître soit à la mesure de ce premier ! À suivre...

    Vous aimerez sûrement :

    La tétralogie d'Anna Godbersen (Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses), Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi, Hunger Games de Suzanne Collins, Enfants de la paranoïa de Trevor Shane, Le chirurgien ambulant de Wolf Serno, La sœur de Mozart de Rita Charbonnier, Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh, Le châle de cachemire de Rosie Thomas, Sashenka de Simon Montefiore, Les perles de la Moïka d'Annie Degroote, Les roses de Somerset de Leila Meacham, la trilogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent), Orgueil et préjugés, Emma, Northanger Abbey, Raison et sentiments, Lady Susan & Mansfield Park de Jane Austen, La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, Seuls le ciel et la terre de Brian Leung, La calèche de Jean Diwo ou Mille femmes blanches de Jim Fergus.

    Extraits :

    La voix de sir William n'exprimait ni mépris ni pitié. Seule sa fourberie se manifestait. Il savait pertinemment que j'étais incapable de déchiffrer les rondeurs des caractères sur le feuillet - et sans doute s'en trouvait-il satisfait. Il me garderait ainsi un peu plus longtemps à sa botte. Cecil n'appréciait guère d'instruire une petite voleuse dépenaillée qui l'avait dupé une fois, presque deux. Il m'aurait sûrement laissée croupir au cachot si la reine n'avait pas formulé la demande explicite de me voir intégrer son cercle de confidentes. Il n'en avait d'ailleurs pas fait mystère : c'était Elizabeth et elle seule qui m'avait choisie pour entrer à son service. Cecil ne m'aimait pas, n'avait aucune confiance en moi et ne voulait pas de moi à Windsor. Je ne pouvais guère le lui reprocher. J'aurais moi aussi préféré me trouver ailleurs. Ma vie de voleuse me manquait : je me languissais de l'exaltation de la traque, de la sensation de mes butins entre mes doigts : le velouté du satin, la froideur lisse de l'argent.

    ...

    Grand-Père m'avait peut-être refusé le don de lecture, mais il m'en avait transmis d'autres, comme celui de l'écoute, de la diction, du jeu et de la persuasion.

    ...

    Pendant que les autres dames et demoiselles au service de la reine se consacraient aux travaux d'aiguille, aux révérences, aux processions, aux pas de danse, à l'étiquette et aux commérages, notre petite troupe se retrouvait chaque jour en ce lieu pour une instruction "approfondie" réservée à notre secte secrète. C'est là, claquemurées dans cette salle isolée où se mêlaient le bruissement des étoffes, le froissement des pages et la voix sifflante de notre sévère professeur, que cinq jeunes filles apprenaient à espionner pour le compte d'Elizabeth.

    L'idée avait de quoi séduire, ou même enthousiasmer. N'était-ce pas une fabuleuse aventure que de servir la plus extraordinaire souveraine de toutes les nations, de mettre audace et panache au service de la Couronne ?

    ...

    Un instant s'écoula, puis un autre. Je déglutis puis risquais enfin un autre regard à mon auguste interlocutrice. Et ce que je vis... me stupéfia.

    En cet instant, la Reine Elizabeth d'Angleterre, au faîte de sa jeunesse et de sa force, ma parut soudain aussi vieille et étiolée que mon grand-père l'avait été sur son lit de mort. Comme un masque terne, la lassitude retombait sur son visage et ses yeux luisaient d'une morne sagesse que je ne pouvais espérer comprendre. Comme pour me marquer de son royal décret, elle posa une main solennelle sur mon épaule.

    - Tous les hommes constituent une menace pour une femme, Meg, qu'elle soit servante ou souveraine, déclara-t-elle. En particulier ceux en qui nous aimerions par dessus tout place notre confiance. Ne l'oublie jamais.

    ...

    Nos mensonges les plus convaincants sont ceux qui nous semblent vrais.

  • Si j'étais un livre de José Jorge Letria et André Letria

    Éditions La joie de lire - 60 pagessi j'étais un livre.jpg

    Présentation de l'éditeur : Une réponse à la première personne : « Si j'étais un livre... » Que ferions-nous sans le livre et la lecture ? Une question qu’il est toujours bon de rappeler. Un hymne à la lecture sous toutes ses formes.

    Traduit du portugais par Dominique Nédellec.

    Ma note :

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    Album cartonné : 14 euros

    Un grand merci à Babelio et aux Éditions La joie de lire pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Mon ressenti au sortir d'une lecture est rarement mitigé. Pour faire simple, pour ne pas dire simpliste, j'aime ou je n'aime pas. Mais l'analyse de Si j'étais un livre nécessite d'être nuancée...

    La lectrice passionnée que je suis a pris un plaisir énorme à la découverte de cet album jeunesse délicat et intelligent. Souligné par des dessins d'une élégance épurée, le texte, tout en finesse, est un hymne sincère et profond à la lecture ainsi qu'à l'objet livre (n'en déplaise aux défenseurs acharnés du numérique). Cet album illustré ne peut que trouver écho retentissant chez les liseurs et les bibliophiles.

    Mais.

    Si j'étais un livre est un ouvrage destiné aux enfants, préconisé par l'éditeur dès 8 ans. C'est là où, à mon sens, le bât blesse. D'une part, je trouve qu'il est un peu trop facile pour cet âge techniquement parlant. Cela étant dit, les niveaux de lecture sont très variables d'un enfant à un autre alors pourquoi pas... En revanche et quelle que soit la maîtrise de "déchiffrage" du lecteur en herbe, le texte ne m'apparaît pas vraiment adapté à une cible relativement débutante en la matière. Il me semble qu'à ce stade de l'apprentissage, il est nécessaire de donner envie au lecteur, de le divertir. Or, lire sur le lire n'est pas franchement ludique, ni franchement captivant quand il est encore trop tôt d'un point de vue de l'expérience pour avoir de la distance sur cette passion.

    En conclusion, cet album magnifique est davantage destiné aux grands amoureux de la lecture et du livre qui souhaitent transmettre leur engouement. Mais pas sûr que l'intensité soit partagée...

    Ils en parlent aussi : Metaphorebookaddict, Laura.

    Vous aimerez sûrement :

    Six milliards de visages de Peter Spier

    Extraits :

    Si j'étais un livre, je demanderais qu'on ne se serve pas de moi seulement pour décorer les étagères.

    ...

    Si j'étais un livre, j'aimerais être lu jusqu'à pas d'heure par quelqu'un qui, en silence, m'appellerait "mon ami".

    ...

    Si j'étais un livre, je n'aimerais pas qu'on me lise seulement par obligation ou pour suivre la mode.

    ...

    Si j'étais un livre, j'aimerais rendre les gens heureux à toute heure et en tout lieu.

    ...

    Si j'étais un livre, j'aurais toujours le doux parfum d'un jour sans date, d'un jour unique !

    ...

    Si j'étais un livre, je voudrais être une arme efficace et douce pour tuer à jamais le désir de guerre.

    ...

    Si j'étais un livre, j'aimerais entendre quelqu'un dire : "ce livre a changé ma vie".

  • Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi

    À paraître le 19 avril 2013.ferrailleurs des mers.jpg

    Éditions Au Diable Vauvert - 394 pages

    Présentation de l'éditeur : Fin du XXIe siècle, ère post-pétrole, les États-Unis sombrent dans le tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferailleur, dépouille avec d'autres adolescents les carcasses de vieux pétroliers pour récupérer des métaux qu'ils revendent pour survivre. Mais un jour, il découvre un voilier naufragé ultramoderne qui renferme des richesses phénoménales et une belle jeune fille en très mauvaise posture. Nailer va-t-il la sacrifier pour partager le trésor avec les siens, ou la sauver et vivre les aventures maritimes dont il rêve depuis toujours ? Finaliste du National Book Award, Prix Locus du premier roman jeunesses, best-seller aux USA, un phénoménal roman d'aventures pirates !

    Traduit de l'américain par Sara Doke.

    Ma note :

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    Broché : 18 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Au Diable Vauvert pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Décidément, je suis en pleine découverte des maîtres de la SF. Après avoir fait connaissance avec l'un des écrivains français phares du genre - Ayerdhal - par le biais du jubilatoire thriller Rainbow Warriors, j'ai découvert l'auteur de la science fiction américaine qui s'est imposé comme la star de cette branche de la littérature en deux ans.

    Pour son tout premier livre La fille automate, composé sur fond d'anticipation géopolitique des plus réalistes façon William Gibson, Paolo Bacigalupi a été récompensé par une avalanche de prix comme il n'y en avait plus eu depuis 2011, L'Odyssée de l'espace. Prix Hugo du meilleur roman, Nébula, Locus et Campbell 2010 - les plus hautes distinctions de la SF américaine -, Prix Planète-SF des blogueurs 2012 et Prix Bob Morane 2013 dans la catégorie Traductions, il est également sélectionné pour le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Une autre Terre remis aux Imaginales d'Épinal.

    Avec Ferrailleurs des mers, l'auteur que l'on qualifie de "révélation de la SF américaine des dix dernières années" ne démérite pas puisqu'il a déjà vendu plus de 100 000 exemplaires aux USA, reçu les Prix Michael Printz jeunes adultes et Locus du premier roman jeune adulte 2011 et s'est classé finaliste de la plus prestigieuse distinction littéraire outre-atlantique : le National Book Award.

    Ce second livre, premier tome d'un dyptique dont le second tome Les cités englouties est annoncé en France pour novembre 2013, est captivant. Repertorié dans la catégorie Young Adult ô combien porteuse depuis quelques années, il est à même de passionner les lecteurs de tous âges, à l'image des sagas Harry Potter, Twilight ou encore Hunger Games pour n'en citer que quelques-unes.

    Tout à la fois roman d'aventure, d'anticipation et d'initiation, Ferrailleurs des mers se déroule sur un continent états-unien bien loin de la puissance alimentant les chimères d'aujourd'hui. Ce monde à l'atmosphère aussi excitante qu'inquiétante est une vision sombre, potentiellement réaliste, pour ne pas dire lucide, de l'avenir de l'humanité.

    Aux côtés de Nailer, héros courageux et futé, le lecteur plonge au coeur de ce nouvel ordre établi où règnent piraterie, misère et violences en tous genres. Dans cet univers original, les événements s'enchaînent et de multiples dangers rôdent. Nailer, aidé de ses amies et de créatures mutantes vont devoir trouver comment rebondir.

    Au gré de ces circonstances extra-ordinaires, les jeunes lecteurs pourront s'associer à la construction émotionnelle du protagoniste adolescent amené à répondre à des questions existentielles contemporaines sur des sujets aussi variés que la violence, la séparation, l'abandon, la trahison, la survie, l'amour, l'amitié, l'ambition et bien d'autres encore.

    Bacigalupi réussit ici à bâtir un récit addictif, à créer un monde étonnant et une action saisissante qui "contraint" à un rythme de lecture soutenu tant il est indispensable de connaître la fin. Un moment d'évasion haletant pour jeunes et grands.

    Possibilités de rencontrer l'auteur les 17, 22, 23 et 24 mai à Paris, du 18 au 20 mai à Saint-Malo au Festival Étonnants Voyageurs et le 21 mai à Montpellier pour une dédicace à la librairie Sauramps. Il sera l'invité de François Angelier sur France Culture le 18 mai.

    Ils en parlent aussi : Laure.

    Vous aimerez sûrement :

    Lunerr de Frédéric Faragorn

    Julian de Robert Charles Wilson

    Hunger Games de Suzanne Collins

    Seuls de Gazotti et Vehlmann

    Enfants de la paranoïa de Trevor Shane

    Peste de Chuck Palahniuk

    Enig marcheur de Russel Hoban

    Y : le dernier homme de Brian-K. Vaughan et Pia Guerra

    Extraits :

    Les équipes de lourds découpaient des panneaux d'acier avec des chalumeaux à l'acétylène et les balançaient par-dessus bord. Les panneaux tombaient comme des feuilles de palmier et s'écrasaient sur le sable de la plage, où d'autres équipes attendaient pour les traîner au-delà de la limite qu'atteindrait la marée haute. Des équipes de légers comme celle de Nailer récupéraient la bigaille, les petites pièces comme le cuivre, le bronze, le nickel, l'aluminium et l'acier inoxydable. D'autres chassaient les poches de pétrole et les cuves à écoper. C'était une vraie fourmilière grouillante d'activités dévolues à la transformation de l'ossature du bâtiment échoué en quelque chose d'utilisable dans le monde nouveau.

    ...

    C'était comme si le Dieu Ferrailleur était descendu parmi les vaisseaux, tailladant et hachant, découpant en morceaux les énormes structures d'acier, avant de laisser leurs cadavres s'étaler derrière lui. Et, où que reposent ces immenses tankers, des gangs de ferrailleurs comme celui de Nailer grouillaient comme des mouches. Arranchant la viande de métal et ses ossements. Traînant la chair du vieux monde le long de la plage pour rejoindre les centres de pesage et les hauts fourneaux  de recyclage qui brûlaient 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour le profit de Lawson & Carlson, l'entreprise qui transformait la sueur et le sang des ferrailleurs en argent liquide.

    ...

    Bapi possédait un poste représentant un clipper de chez Liberskind, Brown & Mohanraj. Il était attaché à son calendrier et montrait un vaisseau dont les paravoiles de haute altitude étaient entièrement déployées - des voiles qui, selon Bapi, pouvaient atteindre les jet-streams et tirer un clipper au-dessus d'une mer d'huile à plus de cinquante-cinq noeuds, survolant les vagues sur ses hydrofoils, déchirant la houle et l'eau vers l'Afrique et l'Inde, vers les Européens et le Nippon.

  • Journal d'un dégonflé de Jeff Kinney

    journal d'un dégonflé.jpgÀ paraître le 7 février 2013.

    Tome 6 - Carrément claustro !

    Éditions du Seuil - 223 pages

    Présentation de l'auteur : Si le père Noël ne récompense que les enfants sages, Greg n'aura pas de cadeau cette année... Greg Heffley est dans le pétrin. Le collège a été vandalisé et il est le premier suspect ! Pourtant, il est innocent. Enfin, presque... L'enquête avance, et Greg n'est pas loin de se faire attraper. Mais une tempête de neige s'abat sur la ville, et les Henffley se retrouvent coincés chez eux. Quand la neige aura fondu, Greg sait qu'il devra faire face à une avalanche de problèmes... En attendant, quelle punition pourrait être pire que de rester enfermé avec sa famille pendant toutes les vacances de Noël ?

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Natalie Zimmermann.

    Ma note :

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    Broché : 11,50 euros

    Un grand merci aux Éditions du Seuil pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Pas moins de six tomes, quatre-vingts millions d'exemplaires vendus dans le monde et trois adaptations cinématographiques. Si j'avais bel et bien observé en librairie les effets du phénomène, je n'avais jamais pris le temps de plonger le nez dans cette série incontournable mettant en scène l'ado ordinaire le plus célèbre de la planète.

    Après avoir rattrapé mon retard, mon impression - impression d'adulte du haut de son âge semi canonique ayant pris l'habitude et le goût des sagas jeunesse répondant aux attentes de lecteurs plus mûrs que la cible primo-convoitée - mon injuste première impression disais-je aurait été : mouaif.

    Sauf que. Certains titres jeunesse ne sont parfois "que" ce qu'ils sont, à savoir des livres uniquement à destination de jeunes lecteurs. En me remémorant ce principe premier et en plaçant ce livre entre les mains de mes neveux (9 et 11 ans), alors là, ça fonctionne complètement ! Par nature lecteurs mais pas trop, ils ont tout de suite adhérés.

    La recette magique de ce Greg qui pourrait être le frère du Petit Nicolas ? La forme de son carnet de bord - parce que journal intime, c'est un truc de fille : un roman dessiné. Combien de débats/conflits adultes/enfants éclatant en librairie sur le thème "j'aime pas lire", "non, tu ne prends pas une bd, tu prends un vrai livre"...?

    Exit ces aberrants plaidoyers ! Avec Le journal d'un dégonflé, tout le monde est content, il y a du texte et des dessins. De quoi satisfaire les parents qui pensent que l'écrit mis en bulle n'est pas vraiment de la lecture et les enfants allergiques aux textes non illustrés. Un excellent compromis qui évite de dramatiquement ériger l'acte d'achat et de lecture en conflit familial.

    Les habitués retrouveront donc dans ce nouvel opus Greg, 12 ans, qui poursuit la narration de son quotidien en phrases et en illustrations ! Sa famille, ses amis, les cours, les filles... Tout y passe. D'aventures en mésaventures, ce journal n'est pas seulement la vie d'un jeune ado au jour le jour, c'est un véritable miroir générationnel qui permet à ses contemporains de s'identifier, de comprendre que ce qu'ils vivent est parfois fun, parfois moins, à la fois unique et universel. Bref, ça parle de grandir sur un ton léger et n'oublions pas qu'à cet âge, il est bon d'avoir un copain, même en papier, pour nous accompagner dans cette période aussi palpitante que bouleversante. Étant clair que les parents et autres vieux ne comprennent rien à rien, il est bien entendu que ce n'est pas sur eux que la jeunesse va s'appuyer...

    Mais Le journal d'un dégonflé, c'est avant toute chose une histoire profondément drôle. Avec un héros sarcastique pétri de mauvaise foi et jamais le dernier pour faire des bêtises et autres gaffes, il serait difficile de faire autrement... De quoi chasser la sinistrose et faire de la lecture un agréable moment de franche et intelligente rigolade, sans jamais tomber dans la vulgarité.

    Vous aimerez sûrement :

    Les Arpents d'Alan Wildsmith

    Lunerr de Frédéric Faragorn

    Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh

    Eloïse de Kay Thompson

    Toufdepoil de Claude Gutman

    Le gentil petit diable & La sorcière de la rue Mouffetard de Pierre Gripari

  • Tu seras partout chez toi d'Insa Sané

    Éditions Sarbacane - 213 pagestu seras partout chez toi.jpg

    Présentation de l'éditeur : Si tu dois t’en aller pour toujours, pars le matin, très tôt, comme Hansel et Gretel. Avant de m’abandonner, papa m’a dit « Tu seras partout chez toi ! » Mais, à 9 ans, on n’est pas costaud, même quand on se croit dur comme fer. À 9 ans, le pays que l’on chérit a le visage de « mon amoureuse ». Je le sais parce que j’ai 9 ans, et Yulia… Dieu que je l’aime ! Yulia, je la connais depuis le jour où on a coupé le cordon à mon nombril pour l’ancrer au sien. Donc, mon oiseau de fer a atterri de l’autre côté de la Terre, chez tata Belladone et tonton Chu-Jung. Mais « mon chez moi » je le retrouverai, quitte à faire les pires bêtises pour y aller ! Qu’importent les gorgones et les récifs, grâce à Brindille, la fille du voisin – le passeur du Styx –, je partirai…

    Ma note :

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    Broché : 15,50 euros

    Un grand merci aux Éditions Sarbacane et à Babelio pour m'avoir offert la possibilité de découvrir ce livre.

    Je ne savais a priori absolument pas à quoi m'attendre en me plongeant dans Tu seras partout chez toi. Une chose est sûre a posteriori, ma wish-list est un peu plus longue. Une fois encore. De manière aussi jubilatoire que désespérante, ma pile d'envies bouquins est définitivement le tonneau des Danaïdes...

    Bref, tout ça pour dire que j'ai carrément été séduite par ce récit d'Insa Sané. Il m'a convaincue de me plonger dans sa comédie urbaine qui a érigé ce slameur-rappeur-comédien-écrivain sénégalo-sarcellois au rang d'auteur majeur de sa génération.

    Insa Sané est de ceux qui possèdent une plume bien à eux. D'une écriture singulière ô combien chantante, il nous conte, par la voix d'un enfant au fond de laquelle l'on entend immanquablement celle du griot, l'enfance africaine, le déracinement, l'exil et l'intégration dans cette vaste arnaque qu'est le soit-disant Eldorado occidental. Un sujet maintes fois abordé que l'écrivain revisite de manière inédite et très personnelle grâce à une écriture mêlant savamment réalisme et onirisme.

    Avec verve, il construit une fable touchante qui est la parfaite synthèse de la modernité urbaine et de l'ancestralité africaine. Il nous entraîne ainsi avec beaucoup d'émotions et de justesse dans la nostalgie de l'enfance et le caractère fantastique ne fait qu'ajouter à la puissance du récit. L'on se plaît à reconnaître ici ou là des allusions aux légendes et histoires classiques, inspirées de ses deux cultures pour ériger sa propre légende, marquer son empreinte et faire cet indispensable lien entre tradition d'hier et codes d'aujourd'hui. Impossible de lire Tu seras partout chez toi sans voir dans le petit Sény le pendant masculin africain la petite Alice britannique.

    Dans cette histoire, Insa Sané aborde les diverses tragédies humaines engendrées par l'exil et les migrations clandestines. Des propos durs dont la gravité, aussi présente soit-elle, ne prend jamais le pas sur la poésie ou les pointes d'humour savamment distillées. Une manière d'appréhender des réalités bouleversantes avec pudeur, sans misérabilisme. Et si le lecteur adulte auquel s'adresse aussi cette narration saura voir par avance où le Sény de Sané l'entraîne parfois, gageons que les lecteurs plus inexpérimentés n'y verront que du feu et serons aussi étonnés que transportés mais surtout, utilement ébranlés et humainement transformés.

    Un texte profond, humain, qui compte parmi ceux qui aident à grandir. Même quand on est déjà grand.

    Ils en parlent aussi : Stella, Swamp, Doszen.

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    No et moi de Delphine de Vigan

    La vraie couleur de la vanille de Sophie Chérer

    Lunerr de Frédéric Faragorn

    Chaque soir à 11 heures et Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh

    Seuls de Gazzotti et Vehlmann

    Hier tu comprendras de Rebecca Stead

    Les Arpents d'Alan Wildsmith

    Extraits :

    Elle voulait parler. Parler ?! J'avais entendu dire par les plus grandes personnes que les filles adorent "parler" ; surtout quand nous, les garçons, on n'y est pas disposés : avant un baiser ; après ; quand on tombe de sommeil ; au petit matin ; quand c'est surtout pas le moment...

    ...

    - Tu as quel âge ?!

    Elle connaissait parfaitement la réponse. Je crois que quand les grandes personnes posent des questions aussi simples, c'est pour faire diversion, parce qu'ils n'ont plus la force de regarder l'enfance en face.

    - A neuf ans, on ne pleure pas comme un bébé ! Maintenant, tu vas sécher tes larmes et tu vas être courageux. Tu veux que je sois fière de toi ? Alors arrête ! Tout de suite !...

    Ben oui ! Bien sûr, je voulais que Maman soit fière de moi, tous les jours, tout le temps ; mais pas loin d'elle. Je ne pouvais pas imaginer ne plus la sentir, la voir, la savoir là, à côté de moi ! C'est quoi ces histoire ?! Maman, Papa, c'est une mauvaise blague, franchement ? Hein ?! Vous pouvez me le dire maintenant !...

    ...

    - Mais Papa, j'ai fait une bêtise ?

    Là, il a pris cette voix qu'il avait le soir, lorsqu'il me racontait des histoires avec des animaux fantastiques, des sorciers, des chasseurs et des guerrières. Ces histoires qui finissent bien à la fin.

    - Mon grand garçon. Ce n'est pas une punition : c'est une récompense. Tu vas de l'autre côté du monde. Qu'est-ce que j'aimerais être à ta place ! L'Odyssée d'Ulysse ou Les Voyages de Gulliver, ce sont des promenades de santé à côté de ce que tu vas vivre ! Je suis sûr que sur ta route, tu apercevras le titan Atlas portant la voûte céleste sur ses épaules... Oh, la chance ! Tu sais, ce n'est pas facile d'atteindre le pays où tu te rends. Beaucoup de gens ont tenté d'aller là-bas, mais très peu ont réussi. Ton oncle et ta tante sont arrivés à bon port. Et je sais que toi, tu y arriveras aussi. Tu es plus courageux que le soldat de plomb et, bientôt, des ailes te pousseront sur les épaules et tu sauras t'échapper de n'importe quel dédale - tu te souviens de Dédale, hein ?... Oui mon garçon, sans te brûler les ailes. Tu sais, dans le pays où tu vas, les hommes marchent en lévitation. Tu comprends ce que ça veut dire, hein ? Oui, ils marchent au-dessus du sol. Tu veux apprendre à marcher dans les airs ? Là-bas, tu pourras. Mon chéri, si tu ne pars pas, tu risques de finir comme le serpent... le dragon condamné à marcher sur le ventre... tu te souviens, n'est-ce pas ?

    ...

    De l'autre côté de la Terre, au pays des Hommes Pressés, les gens marchaient. Ils marchaient plus vite que chez moi, mais ils marchaient quand même. Quelle déception ! Papa savait-il donc, lui aussi, dire les mensonges qui se croient durs comme fer ?... ou peut-être que l'avion m'avait largué dans le mauvais aéroport ? Ce que je découvrais n'était pas la cité du soleil, mais un univers qui filait le moral dans les chaussettes.

    Des hommes, il y en avait partout. Même le jour de la foire, au village, je n'avais jamais vu autant de monde ! Une foule grouillante de gens solitaires pris dans leurs silences respectifs. Des hommes grands, petits, moyens, gros, maigres, moyens, beaux, moches, moyens...

    ...

    Je crois que quand les grandes personnes répondent par un "Parce que" à des questions aussi simples, c'est encore pour faire diversion. Parce que vraiment ça doit être dur, de regarder l'enfance en face.

    ...

    Et voilà comment j'ai appris qu'au Pays des Hommes Pressés, on a le droit de décliner les présents. Le savoir doit vivre différemment selon l'endroit où l'on se trouve, pas vrai ?

    ...

    Une fille blessée, même un tout petit brin de fleur, ne pleure pas à la face du monde ; (...).

    ...

    Chez moi, c'est vrai, on dit qu'il y a bien plus de choix qui sont dictés par le désespoir que de voies ouvertes aux résignés.

    ...

    Brindille s'était effondrée. Elle reposait, les bras las, autour de ses cuisses à demi enfoncées dans la boue. Elle ne tentait même plus de dissimuler sa frouillardise, et comme elle n'avait plus mon bras en guise de doudou, elle s'est mise à pleurer. Parfois, rarement, les filles, surtout les petits brins de fleurs, osent pleurer à la face du monde. A vrai dire, moi aussi, j'aurais bien aimé pleurer des rivières, mais je n'avais pas su trouver le sentier des chagrins, ce ruisseau qui en se jetans dans le fleuve de nos peines éponge en quelques tourbillons le torrent des larmes ; alors, j'ai fait l'homme. Chacun agit avec ses armes, pas vrai ?

    ...

    On n'aura jamais à se dire adieu. TOI ? Ne te retourne pas. JAMAIS ! Va de l'avant. TOUJOURS ! Tant pis pour les larmes. Tant pis pour nous. Tant pis pour les espoirs fous d'un "Il était une fois" qui nous aura laissés sur le bas-côté. Tu m'aimeras plus loin. Je t'aimerai ailleurs. Ensemble, on tournera la page du plus beau des romans - sans tristesse ni rancoeur. Demain sera heureux. Promis ! Juré ! Juré ! Craché ! En vérité, l'éternité est aussi éphémère qu'un "Je t'aime" suspendu entre la vie et la mort.

    ...

    Une fille effrayée, même un tout petit brin de fleur, s'effondre pas aux yeux du monde. Jamais. Le courage c'est ça, je crois bien - quand on a peur mais qu'on avance quand même ; sinon, c'est qu'on est fou, point.

    ...

    Une fille blessée, même un tout petit brin de fleur, ne pleure pas à la face du monde, même quand ce visage impitoyable est celui de sa rivale.