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  • De la monographie à la monomanie

    40f29000ea9543ab5cbd66bddfbd50d4.jpgDans la série noire des mauvaix choix culturels, l'exposition Mon Ennemi, Mon Frère, Mon Bourreau, Mon Amour de Kara Walker.

    Séduite de prime abord par les différents articles glanés ici ou là avant d'être définitivement convaincue de ne pas rater cet incontournable par les informations régionales dont l'avis présumé sûr avait loué - et pour cause - la magnifique exposition Weegee au Musée Maillol, la déception fut malgré tout au rendez-vous.

    Cette presque quadra afro-américaine, aux talents artistiques reconnus au regard de la pléthore de prix qu'elle a déjà reçus pour son oeuvre, propose une partie de son travail dans les espaces insolites du Musée d'Art moderne. Le visiteur pourra visiter de petites pièces carrées intimistes ainsi que de grands espaces aux murs courbes, en passant par des salles obscures de projection ; les canapés dispatchés ici ou là ne gâchant en rien le plaisir.

    Sauf que. L'extase sur les propositions monographiques de l'auteur qui revisitent, via des jeux de silhouettes en5add30ced56265f30871d388456bd7cc.jpg contre-jour, l'histoire de l'esclavage, n'est que de courte durée. Elle cède bien vite la place à une lassitude voire à un dégoût des trois standards plus que répétitifs (obsessionnels ?) retenus par l'artiste : pipe, sodomie, défécation.

    Le thème censément central de l'esclavage n'a pour ma part d'écho que dans la violence de ces scènes pseudo-érotiques. Au final, le fond artistique nuit à la forme très esthétique.

    Jusqu'au 9 septembre au Musée d'Art moderne - 11, avenue du Président Wilson - Paris 16

  • Weegee : New York au vitriol au Musée Maillol

    Pendant que les accrocs de la bronzette se sont entassés et se sont battus trente centimètres carrés dans les innombrables parcsf8ca12ba02dcd42bfd888d51cae1cf4d.jpg et jardins parisiens, qu'ont fait les petits malins allergiques aux gens et à la chaleur ce week-end ? Et bien ils ont tout simplement foncé dans un musée, se cultiver à la fraîche. En l'occurence, le musée Maillol - 61, rue de Grenelle - Paris 7 (loin des touristes...).

    Au programme, 228 vintages en noir et blanc de la colossale collection d'Hendrik Berinson, extraits de la non moins herculéenne oeuvre du photographe Usher Arthur Fellig dit Weegee. Le travail de cet archétype du photographe de presse du XXe siècle nous propulse dès les premiers clichés dans le New York des années 30-40, celui de la nuit, des règlements de comptes entre bandits, des incendies...

    Des prises de vue très crues, parfois violentes, derrières lesquelles se cachent un cynisme tout autant qu'un engagement sans faille. Véritable témoin de son époque, il met en scène la belle et puissante architecture new-yorkaise, théâtre de la criminalité américaine, de la pauvreté cotoyant la classe aisée étalant sans pudeur sa richesse ou encore de l'apartheid en vigeur sous certaines latitudes du nouveau continent. Mais toujours, derrière l'atrocité la plus froide ou la misère la plus simple, l'artiste plus que le reporter incorpore une dimension plastique, une profondeur esthétique. Sans cesse, il joue avec les mots du paysage urbain pour donner un sens profond à ses images.

    Ce forçat du travail nocturne élevé dans le quartier extrêmement pauvre du Lower East Side, loin de tomber dans le misérabilisme consensuel, aura contribué à dénoncer les intolérables inégalités de classes et de communautés, à inspirer le cinéma noir hollywoodien et à influencer les artistes du Pop Art, dont la figure emblématique Andy Warhol.

    Expo (jusqu'au 15 octobre 2007) vivement recommandée... mais fortement déconseillée aux enfants et autres âmes sensibles.