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  • Rosalie Blum de Camille Jourdy

    culture,littérature,bande dessinée,bd,illustration,trilogieTome 1 - Une impression de déjà-vu

    Éditions Actes Sud BD - 128 pages

    Présentation de l'éditeur : Vincent, 30 ans, célibataire, solitaire mène une vie ennuyeuse et routinière partagée entre son salon de coiffure et sa mère possessive et farfelue. Un jour, il croise Rosalie dont le visage lui parait étrangement familier. Sous prétexte de vouloir l'identifier, il se met à la suivre. Immergé clandestinement dans la vie de cette femme pour le moins étrange, Vincent va être amené à remettre en cause les choix de sa propre existence. Une petite ville de province pour un singulier trio composé de Rosalie, Aude et Vincent par l'auteur de "Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d'une vie !". Un magnifique travail à l'aquarelle !

    Ma note :

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    Album souple : 18 euros

    Parfois, les éléments déclencheurs d'une lecture sont assez inhabituels. Sans savoir pourquoi ni comment, j'ai découvert que Camille Jourdy était née la même année que moi, au coeur d'une contrée dans laquelle j'ai longtemps vécu. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce hasard a suffi à faire naître en moi l'envie de jeter un oeil à la bibliographie de la demoiselle. Ne dit-on pas que le hasard fait bien les choses ? Qu'on se le dise, Rosalie Blum est une petite douceur bédessinée, emplie de bonnes surprises.

    La première est évidemment le graphisme, très simple, sans prétention. Fait d'aquarelles pastels très douces au service d'une ambiance agréable, apaisante et jamais lassante, il alterne une construction tantôt classique, tantôt pleine page et parfois faite de petits dessins accumulés anarchiquement. La lecture n'est jamais déstabilisée mais l'oeil toujours surpris.

    La deuxième est le récit dont l'intrigue, parfaitement maîtrisée, prend immanquablement le lecteur au jeu du suspense qui atteint son paroxysme à la toute dernière case. De quoi donner envie de se précipiter sur le deuxième puis le dernier volet de cette trilogie qui a obtenu le Sheriff d'or 2009 de la librairie Esprit BD, le Prix Révélation 2010 d'Angoulême et le Grand Prix RTL 2009 de la BD.

    Mais la plus importante et audacieuse réside sans doute dans la dimension mystérieuse de cet album éponyme qui ne délivre que peu d'information sur Rosalie Blum. C'est ici Vincent que l'on découvre dans son quotidien qu'il semble subir sans chercher à le modifier.

    Petit provincial un peu loser sur les bords, largué par sa copine, tributaire d'une mère castratrice et farfelue - pour ne pas dire timbrée - et légèrement asocial puisque son unique pote est son cousin, Vincent se laisse porter par la vie sans vraiment exister. Jusqu'au jour où il croise le chemin de Rosalie Blum qui provoque en lui une impression de déjà vu sans savoir ni quand, ni où, ni comment. Il décide alors de la suivre, ne laissant nullement croire au lecteur qu'il faille y voir une quelconque perversion. Commence alors pour lui une vie par procuration qui bouscule ses habitudes et lui ouvre le champ des possibles... Si la vie de Rosalie semble plus vivante, moins tiède que celle de Vincent, elle semble elle-aussi très solitaire...

    Ce premier tome est surprenant. Véritable chronique provinciale, il ne s'y passe pas grand chose et pourtant l'auteur, par l'intensité évocatrice des détails de son dessin, parvient à exprimer avec force la vacuité du quotidien. Elle dépeint avec justesse, au travers d'une galerie de personnages à la fois communs et originaux, la langueur existentielle, la médiocrité quotidienne aussi pesante que consentie par facilité.

    S'il y a beaucoup de fantaisie, de tendresse et d'humour dans ce premier volet d'une histoire prometteuse, le ton de Camille Jourdy est résolument mélancolique. Dans une atmosphère bucolique et spleenétique, elle parvient à transcender la tristesse de ses personnages et leurs petits riens courants, érigeant son récit simple mais ô combien original au rang de narration attachante et intrigante dont on veut absolument connaître la suite. Une oeuvre de l'auteur illustratrice très réussie qui donne vraiment envie de se pencher sur sa bibliographie.

    Ils en parlent aussi : Sara, Buzz littéraire, Chaplum.

    Vous aimerez sûrement :

    Un peu de bois et d'acier et Fables amères de Chabouté

    La fille de l'eau de Sacha Goerg

    La rue des autres de Violaine Leroy

    Paul à Québec de Michel Rabagliati

    Les petits ruisseaux de Rabaté

    Cinq mille kilomètres par seconde de Manuele Fior

    La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis de Zidrou

    Appelle-moi Ferdinand de Hervé Bourhis, Christophe Conty et Christian Durieux

    La trilogie Joséphine, Cadavre exquis de Pénélope Bagieu & La page blanche avec Boulet

    Lulu femme nue d'Étienne Davodeau

    Les ensembles contraires de Kris, Éric T. et Nicoby

    Vacance & Quatre soeurs de Cati Baur

  • Rentrée littéraire : Un peu de bois et d'acier de Chabouté

    un peu de bois et d'acier.jpgEditions Vents d'Ouest - 328 pages

    Présentation de l'éditeur : Un répit, un instant, une pause... Un abri, un havre, un refuge... Une scène... Un carrefour... Juste un peu de bois et d'acier. L'histoire d'un banc, un simple banc public qui voit défiler les gens à travers les heures, les jours, les saisons, les années... Ceux qui passent, qui s'arrêtent, d'autres qui reviennent, certains qui attendent... Le banc devient un havre, un îlot, un refuge, une scène... Un ballet d'anonymes et d'habitués évoluant dans une chorégraphie savamment orchestrée où les petites futilités, les situations rocambolesques et les rencontres surprenantes donnent naissance à un récit drôle et singulier. Chabouté tisse avec brio une histoire où plane la magie d'un Tati, agrémentée d'un soupçon de Chaplin, quelques miettes du mime Marceau et d'une pincée de Keaton ... 330 pages d'une aventure dont le héros est un banc, un simple banc public... Juste un peu de bois et d'acier...

    Quand j'ai eu connaissance de la sortie d'une nouvelle bande dessinée signée Chabouté - dont j'avais particulièrement apprécié les Fables amères -, la passionnée d'art séquentiel que je suis s'est enthousiasmée. Quand j'ai découvert que cet album était un récit uniquement graphique, entendez par là sans parole, j'ai tout de suite pensé à l'exceptionnel Là où vont nos pères de Shaun Tan. Je ne pouvais donc que me précipiter à la librairie dès la sortie de cette bd prometteuse.

    Une chose est sûre, à la lecture d'Un peu de bois et d'acier, impossible de continuer à regarder ou à s'asseoir sur un banc de la même façon. Car oui, le héros de cette histoire muette en noir et blanc est un simple banc. Pas ordinaire comme recette, n'est-ce pas ? Et pourtant, en repoussant tous les a priori qui pourraient donner à penser que ce cocktail surprenant ne peut qu'être le gage d'un recueil ennuyeux, l'on découvre bel et bien que Chabouté nous offre l'un des meilleurs albums de cette rentrée dans lequel le mot ne fait à aucun moment défaut tant l'expressivité des personnages, de leurs regards, suffit à la narration.

    Qu'est-ce qu'un banc ? Un simple aménagement urbain ? Détrompez-vous ! Ce banal objet que l'on croise sur les trottoirs et les parcs de toutes les villes, de tous les villages, est tellement plus qu'un long siège étroit plus ou moins décoratif des espaces publics. Le banc est le témoin des scènes de vie les plus anodines ou les plus déterminantes, des bribes d'existence de toutes les sortes d'individus qui puissent exister, au fil des saisons qui passent. Il est le siège de menues déceptions, de grands désespoirs, de petits bonheurs et de trésors de la vie. Ou tout simplement d'instants d'une totale vacuité, simple lieu de repos.

    Avec une infinie poésie agrémentée d'émotions variées et d'humour, Chabouté campe des personnages qui l'on voient évoluer au fil du temps qui passe. Des individus récurrents ou de simples quidams de passage que l'on se plaît à aimer ou à mépriser. L'on ne peut que s'identifier à ces tranches de vie, ces saynètes du quotidien, ces petits riens entre joie, peine, solitude, amour, amitié... Avec beaucoup de subtilité et de sensibilité, c'est un somptueux morceau d'humanité qui nous est livré dans ce magnifique album qu'il est plaisant de contempler sur fond de Brassens... Les amoureux des bancs publics of course !

  • Le nez de Véronique de Gérard Pussey

    Editions L'école des loisirs - 42 pagesle nez de véronique.jpg

    Présentation de l'éditeur : A sa naissance, Véronique avait un gros nez, un très gros nez, un nez énorme ! Ses parents se désolaient mais Véronique, elle, était heureuse. Son entourage tentait l'impossible pour donner à ce nez une dimension "normale" et Véronique ne comprenait pas pourquoi.

    Avertissement : livre issu de l'exhumation de ma bibliothèque d'enfant ; disponible uniquement d'occasion.

    Même au temps de mes vertes années, L'école des loisirs était un éditeur de qualité. C'est ici une jolie petite histoire sur l'acceptation de soi, la tolérance, la différence et le qu'en-dira-t'on. De belles valeurs misent en mots et en dessins pour apprendre et grandir intelligemment.

    A lire par les parents ou les enfants qui aiment déjà bouquiner tout seuls. Comme toute bonne collection pour lecteurs débutants qui se respecte, les grands caractères facilitent la lecture et les illustrations imagent le texte pour appuyer la compréhension.

  • La page blanche de Boulet et Pénélope Bagieu

    Editions Delcourt - 201 pagesla page blanche.jpg

    Présentation de l'éditeur : Une jeune femme reprend ses esprits sur un banc sans se rappeler ni de son nom ni de ce qu’elle fait là. Menant l’enquête tant bien que mal, elle tente de recouvrer la mémoire et de retrouver son identité. Mais que va-t-elle découvrir ? Un passé romanesque fait de drames et de romances ou l’existence banale d’une femme ordinaire ? Et dans ce cas, saura-t-elle devenir quelqu’un après avoir été quelconque ?

    Scénario : Boulet

    Dessin et couleur : Pénélope Bagieu

    Quand deux auteurs à succès du web que l'on ne présente plus mettent en commun leurs talents, l'on obtient un album très intéressant qui commence comme un polar sur fond d'amnésie et qui vous emmène exactement là où vous n'auriez pas pensé aller.

    Car oui, qui dit thriller dit suspens. Pour l'instant, on est bon. Qui dit policier, dit aussi enquête. Là encore, on y est toujours. Pour ce qui est de la suite... Et bien je ne vais pas spoiler ! Disons juste que le polar standard est rarement une interrogation existentielle, une pensée philosophique sur la personnalité, une quête identitaire. De façon très simple mais non moins profonde, Boulet, via le trait épuré de notre Pénélope Jolicoeur nationale, nous amène à nous poser quelques questions sur le mainstream au sens le plus large du terme.

    Last but not least, cette dénonciation tranquille de la société de consommation et d'attitude est so parisian ! Un vrai petit plaisir pour les connaisseurs. Et pour tous, une vraie réflexion sur le bonheur.

  • Love le tigre de Frédéric Brrémaud et Federico Bertolucci

    Ankama Editions - 80 pageslove le tigre.jpg

    Présentation de l'éditeur : Un pas élastique foule, sans bruit, l’ombre paisible de la jungle étourdie par le soleil. Pas un son, pas un mot : cette chasse se fera sans commentaires... Le silence habite chacun des pas du plus grand prédateur de la contrée, un tueur majestueux aux lignes pures et racées : un splendide tigre. L’oeil aux aguets, il erre en quête d’une proie... Mais voilà : la première de la journée lui file effrontément entre les griffes. Et ce n’est que le début des déconvenues… car tous les animaux de la forêt semblent s’être donné le mot : aujourd’hui, leur tueur habituel va en découdre ! Les plus faibles lui glissent entre les pattes, les plus petits s’unissent pour lui infliger de cuisants outrages. Et les plus forts l’attendent tout simplement de pied ferme… Il semblerait que pour une fois les valeurs de la forêt soient toutes chamboulées : aujourd’hui, c’est la revanche des opprimés, et ce n’est pas dans leur compassion qu’il faudra chercher l’amour du titre ! Parce qu’aujourd’hui, c’est juste une journée de chien pour le roi de la jungle.

    A l'instar du magnifique Là où vont nos pères de Shaun Tan, Love le tigre est un livre illustré absolument sans parole. Tel un documentaire animalier, il nous fait suivre les pas du roi du Bengale, qui passe ici une fichue sale journée. Tout y est, de la plus petite bête à la plus grosse, de la poisse intégrale à la fortune inespérée, ce véritable reportage graphique est une ode à la Nature. Etant d'un naturel quelque peu émotif (surtout concernant les animaux qui, contrairement aux hommes, ne sont cruels que pour survivre et non par envie), j'ai retenu quelques larmes en observant l'impitoyable loi de la jungle. Love le tigre n'est pas un simple livre illustré, c'est une tranche de vie qui se déroule sous nos yeux.

    Le dessin est tout simplement superbe. Seul petit point négatif, l'explicit qui reprend un citation de La divine comédie de Dante et qui fait du tigre une bête sanguinaire diabolique qui tue pour se nourrir mais aussi pour le plaisir.