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identité

  • Sang mêlé ou ton fils Léopold d'Albert Russo

    culture,littérature,livre,afrique,roman,identitéEditions Ginkgo - 201 pages

    Présentation de l'éditeur : Elisabethville, Congo belge, fin des années cinquante. Léopold Kitoko Wilson, le jeune métis, adopté par Harry Wilson "un Blanc" et Mama Malkia, la nourrice, africaine au cœur d'or et "forte gueule" forment une famille improbable et singulière. Roman à trois voix, Sang mêlé aborde avec délicatesse et réalisme l'univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes. Il nous parle de la quête d'identité de Léo, pris entre deux mondes. Il nous parle aussi de l'homosexualité de Harry, cause de son exclusion du cercle des colons. Il nous parle de Mama Malkia, plus tout à fait africaine, mais noire aux yeux de tous. Il nous parle aussi de la décolonisation et évoque de manière saisissante l'atmosphère du Congo belge à la veille de l'indépendance. Chacune de ces voix nous parle de la difficulté à vivre sa différence. Chacune de ces voix nous livre sa vision de l'époque coloniale dans un questionnement sans outrance mais, sans compromis.

    Pour sa nouvelle édition, Babelio a contribué à enrichir mon panthéon de littérature africaine (une nouvelle fois après Tant que je serai noire et Bamako climax). Je pensais être plongée dans les questionnements du métissage et une partie de l'histoire zaïroise mais c'est davantage le point de vue du père adoptif blanc et homosexuel qui est traité au travers de cette chronique à troix voix. Mais si les "promesses" de la jaquette sont assez survolées, l'ensemble reste très agréable à lire - même si l'émotion n'est pas envahissante - bien que le tout me semble manquer de crédibilité dans le contexte historique. Un tel trio n'aurait certainement pas vécu de cette façon dans une telle tranquillité. Quoi qu'il en soit, j'ai passé un agréable moment à la lecture de ce roman, même s'il n'est pas incontournable.

    Extrait :

    Pourquoi utilise-t-il le terme de café-au-lait ? Il aurait préféré n'appartenir qu'à une seule race. Mais c'est comme ça que je l'aime. Nous voyageons à travers le ciel, un jour nous débarquerons sur la lune, on se parle à des milliers de kilomètres grâce au téléphone et on écoute les nouvelles pour apprendre ce qui se passe à l'autre bout du monde. Les gens se prétendent modernes, alors qu'au fond d'eux-mêmes, ils sont pathétiquement rétrogrades. Ils voient le métis, le juif, l'hindou et ils ne perçoivent pas l'être humain. C'est dans le brassage des cultures, dans les mélanges des races, que repose notre avenir. Mon Léo, tu es l'homme de demain, mais évidemment ils ne sont pas prêts pour toi. Quand donc retrouverons-nous la tolérance de l'Egypte antique ?

    Ai-je été trop égoïste, orgueilleux ou simplement naïf en pensant que, par l'adoption de Léo, je pourrais changer quelque chose à la société ?

    J'ai probablement été tout cela. Mais personne ne pourra me faire regretter ce choix. Oui, j'ai pris un risque immense et il me faudra beaucoup de courage. C'est parfois effrayant , mais Léo est tout ce pour quoi je me bats.

  • La théorie de l'évolution

    évolution.jpgAvant toute chose, il me semble nécessaire de redéfinir un terme trop souvent usurpé du fait d'une tendance naturelle à l'anthropocentrisme. Car ne pense-t-on pas, communément, que l'évolution est l'apanage de l'Homme grâce auquel elle atteint son paroxysme ?

    Or, l'évolution n'est en rien une particularité humaine mais l'essence même de la Nature, seule véritable et légitime force supérieure.

    En outre, l'évolution dont se gargarise l'humanité n'est en rien un systématique progrès. Non, l'évolution n'est qu'un changement dont le caractère positif n'est rien moins qu'aléatoire.

    Cela étant dit, je constate que le bipède par excellence, l'âge avançant, se tourne davantage vers ses origines. Tentative de mieux se comprendre, volonté de dédramatiser la concept de fin... Quelle que soit sa motivation, c'est un fait. Et je n'échappe pas à la règle.

    C'est ainsi que lors d'une énième discussion sur l'auto-sabordage de notre dite espèce supérieure chaque jour un peu plus manifeste - le sabordement j'entends, pas la supériorité -, j'ai récupéré la page Décryptages du journal Le Monde des dimanche 28 et lundi 29 septembre traitant des Nouveaux regards sur la révolution néolithique. Les intervenants, Jean-Paul Demoule - professeur de protohistoire européenne à l'université de Paris I et Jean Guilaine - professeur honoraire au Collège de France, y exposent une vision très intéressante selon laquelle le néolithique a certes été le point d'émergence des inégalités et de la violence mais qu'il "a apporté la sécurité alimentaire, créé des surplus, transformé la nature vivante. Mais l'homme a dévoyé le message du néolithique. Il est devenu un loup pour sa propre espèce, alors qu'il aurait pu créer un monde plus équitable. (...) C'est l'homme qui a mal tourné."

    Donc.

    Pas peu fière de m'apercevoir que, sans le savoir, je développais des théories d'érudits, j'ai décidé de me plonger dans une période de l'Histoire que, somme toute, je ne maîtrise que très relativement. Mais par où commencer ?

    La vie n'étant que coïncidences, c'est le magazine Lire qui, une fois de plus, m'a apporté la réponse. Dans le numéro de novembre 2007 est présenté Il était une fois nos ancêtres de Richard Dawkins, "véritable machine à remonter le temps qui nous propose, de l'homme d'aujourd'hui aux premières bactéries, un fascinant voyage jusqu'aux origines du monde". Dans cet article est fait mention du grand continent initial : le Gondwana.

    Une fois mon amorce détectée, direction Wikipédia :

    Le Gondwana est un supercontinent formé à la toute fin du Néoprotérozoïque (– 600 millions d'années) et qui a commencé a se fracturer au Jurassique (– 160 millions d'années). On distingue le Gondwana du Paléozoïque (appelé aussi Protogondwana) et celui du Mésozoïque. Entre les deux, le Gondwana a fait partie du supercontinent Pangée.

    Il a été nommé par Eduard Suess d'après le nom d'une région de l'Inde, Gondwâna, où une partie de la géologie de cet ancien continent a pu être déterminée.

    Le Protogondwana

    Lors de la fracturation de Rodinia (environ – 750 millions d'années), on distingue le Gondwana oriental (Afrique australe, Antarctique oriental, Australie, Inde, Madagascar, Arabie, Nouvelle-Guinée, Chine du Nord, Chine du Sud, Indochine et bassin du Tarim) et le Gondwana occidental (Amazonie, craton de Rio de Plata, Afrique occidentale, Floride, Avalonia et Europe du Sud). Ils entrent en collision il y a 600 millions d’années en prenant en tenaille le craton du Congo, formant l'orogénèse panafricaine.

    Pendant la periode suivante, de l'Ordovicien au Carbonifère, des terranes (fragments de continents) vont progressivement se détacher de Gondwana qui se situe alors autour du pôle sud et dériver vers le nord : le terrane d'Avalonia s'en détache vers 490 ma, suivi par les blocs armoricains et ibériques vers 430 Ma, les blocs chinois et indochinois vers 400 Ma.

    Formation et dislocation de Pangée

    Au début du Carbonifère, Gondwana, qui a lui même lentement dérivé vers le nord, amorce sa collision avec le supercontinent Laurussia, créant l'orogénèse hercynienne (voir hercynien) qui soulève les Appalaches et les Maurétanides : c'est l'assemblage de la Pangée, achevé au début du Permien (290 Ma).

    Au sein de la Pangée, Gondwana perd encore le terrane de Cimmeria, incluant des fragments de l'actuelle Turquie, Iran, Afghanistan et Tibet, qui dérive vers le nord.

    Pangée se fracture à la fin du Trias, approximativement là ou elle s'était assemblé, ouvrant l'Atlantique entre Gondwana et le supercontinent Laurasia. Gondwana perd cependant dans le processus la Floride et la péninsule du Yucatan, qui resteront soudées à Laurasia.

    Morcellement de Gondwana

    Gondwana se morcelle durant le Jurassique supérieur, il y a 160 millions d'années, lorsqu'un rift sépare l'Afrique de l'Inde. Il y a 125 millions d'années l'Inde se détache entièrement puis la Nouvelle-Zélande (80 millions d'années). Au début du Cénozoïque le bloc australien et la Nouvelle-Guinée se séparent graduellement en se dirigeant vers le nord tout en pivotant sur lui-même et ainsi reste connecté à Gondwana pour une longue période.

    Il y a 45 millions d'années, l'Inde entre en collision avec l'Asie, forçant la croûte terrestre à se plisser et formant ainsi l'Himalaya. Dans le même temps, la partie sud de l'Australie (l'actuelle Tasmanie) se sépare de l'Antarctique permettant la création de courants océaniques entre eux, ce qui produisit un climat plus froid et plus sec.

    Il y a 15 millions d'années, la Nouvelle-Guinée entre en collision avec le sud de l'Asie et plus récemment l'Amérique du Sud s'est liée à l'Amérique du Nord.

    C'est là que j'ai finalement décidé de m'intéresser à une autre période de l'Histoire.