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espagne

  • La rive sombre de l'Èbre de Serge Legrand-Vall

    la rive sombre de l'èbre.jpgÀ la recherche d'un père disparu pendant la guerre d'Espagne.

    Éditions Elytis - 168 pages

    Présentation de l'éditeur : Avril 1938. L'offensive des troupes franquistes sur le haut-Aragon fait fuir des milliers d'Espagnols vers la France par les cols pyrénéens. Au cours de cette première «retirada», une femme épuisée accouche en pleine montagne, dans la neige. L'enfant sera français. Son père, resté sur le front, ne reviendra pas de la bataille de l'Èbre.À partir de cette histoire authentique, l'auteur retrace l'itinéraire d'une femme et de ses parents réfugiés qui ont décidé, pour rebâtir leur vie en France, de ne plus jamais parler des déchirements de la guerre.Le poids de ce silence suscitera chez Antoine, le fils devenu adulte, une vocation de journaliste.La mort prématurée de sa mère lui offre la possibilité de rompre ce pacte d'oubli.Vingt-six ans plus tard, guidé par des lettres retrouvées de son père, il part en Espagne pour comprendre ce que personne n'a pu lui raconter.

    Ma note :

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    Broché : 18 euros

    Un grand merci à Elytis Édition pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre ainsi qu'à l'auteur pour sa charmante dédicace et sa patience pour cette chronique trop longtemps victime de ma procrastination.

    Il aura fallu à Serge Legrand-Vall la révélation tardive de ses origines espagnoles, la lecture d'un article paru en 1938 retraçant l'exil de réfugiés dont une femme a accouché côté français dès le passage du col frontière et la découverte de la citation d'un de ses auteurs favoris - À quoi bon écrire des livres si on n'invente pas la vérité ?, Jorge Semprun - pour lui inspirer son second roman remarqué par Le Monde des Livres.

    En créant Antoine, son double littéraire parti au coeur de l'Espagne franquiste au milieu des années 1960 sur les traces de son père combattant anarchiste tué durant l'été 1937 dont il ne sait rien, l'auteur apporte des réponses possibles à ses propres questions restées en suspens, utilise l'imaginaire pour partir en quête de sa véritable histoire.

    De non-dits et interdits en révélations inattendues, d'anecdotes en petits morceaux d'histoire glanés çà et là, Antoine, jeune homme transformé le temps d'un passage de frontière en véritable enquêteur, va reconstruire petit à petit le puzzle de son passé, découvrir les horreurs de cette sombre période et solutionner enfin, à sa façon, sa problématique identitaire.

    Dans ce road trip initiatique, l'on appréhende la culture du silence, du secret, des réfugiés espagnols pour mieux se reconstruire et le poids de cet oubli choisi sur leurs descendants, porteur malgré eux d'amertume, de gravité et emplis du besoin de savoir. Comment l'individu peut-il se construire, se tourner vers l'avenir, quand une partie de son histoire lui échappe ?

    En évoquant cette nécessaire quête identitaire, Serge Legrand-Vall rend avant tout un hommage poignant aux combattants républicains tombés pour leurs idéaux et aux exilés contraints au déracinement, à l'humiliation d'un accueil parfois honteux de la France et à l'absence de reconnaissance de leurs traumatismes.

    Finalement, c'est l'importance de la transmission qui est au coeur de ce roman en forme de voyage transfrontalier du côté de l'amour et du silence. D'une plume élégante, sensible et pudique, Serge Legrand-Vall offre un récit émouvant, extrêmement bien documenté, qui rappelle le lien étroit entre l'Histoire collective et la mémoire individuelle. Une bien jolie fenêtre sur un pan historique trop longtemps ignoré et aujourd'hui encore, trop souvent méconnu.

    L'auteur parle de son livre.

    Le site de l'auteur.

    Ils en parlent aussi : Stéphane, Babelio.

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    Marthe et Mathilde de Pascale Hugues

    Extraits :

    Un fugitif, il s'était pensé ainsi pendant des années. Fugitif, sans savoir de quoi. De l'amour étouffant des siens ? De leur silence ? Du poids de l'immobilité ? Un peu de tout cela sans doute.

    ...

    - Mais à l'arrivée, on est tombés de haut... continua Manolo. Qu'ils n'aient rien prévu, rien préparé côté Français, passe encore, mais alors l'accueil... Comme si on était des prisonniers ennemis, de la pire espèce. Les gendarmes français ont commencé par séparer les hommes des femmes sans ménagement. Et Merced qui pleurait et qui me demandait quand on se reverrait... Et puis ils nous ont pris tout ce qu'on avait sur nous, l'argent espagnol, le couteau que j'avais dans la poche, ma montre, même mon tabac.

    - Et les coups de crosse avec ça, les insultes. Comme si la seule chose qu'ils voulaient, c'était nous humilier. On a été parqués comme du bétail dans une cour de ferme, sans nourriture, sans eau, dans la boue, sous la pluie et la neige... Les blessés mouraient. Être maltraités comme ça dans un pays qu'on croyait ami, c'était à peine croyable.

    ...

    La plupart n'avait même jamais tiré. On manquait de fusils de guerre. Beaucoup n'avaient que des armes de chasse ou des grenades. Eh bien ces gars-là, ils ont réussi à fixer un front. C'était un vrai exploit, tu peux me croire ! Des gens qui n'y connaissaient rien contre des soldats de métier. C'est difficile de comprendre aujourd'hui comment ça a été possible. La liberté qu'on voulait nous prendre, il faut croire qu'on était prêts à tout pour la défendre.

    ...

    En Ariège, tous les cols étaient des ports, comme si les montagnards naviguaient sur un océan de vagues pétrifiées et que le havre se situait, non dans le creux de la vallée, mais sur ce passage élevé qui séparait deux sommets de vagues, ourlées de neige en guise d'écume.

    ...

    Il avait parfois essayé d'imaginer la scène de sa mort, d'après le peu d'information qui lui avait données Lluis. Mais lui-même les tenait d'un témoin qui n'avait pas vu grand chose, car cela s'était passé la nuit. Y avait-il un moyen d'en apprendre davantage là-dessus ?

    La rivière coulait, imperturbable comme le temps. Le temps, le grand vainqueur des batailles. Seule la mémoire pouvait être suffisamment tenace pour lui tenir tête.

  • Ken games de J. Robledo et M. Toledano

    Editions Dargaud

    Tome 1 - Pierre - 48 pages

    Tome 2 - Feuille - 48 pages

    Tome 3 - Ciseaux - 52 pages

    Présentation de l'éditeur : Pierre et T.J. sont amis depuis la fac. Pierre a du mal à joindre les deux bouts et passe son temps entre des petits boulots alimentaires, l'entraînement de boxe et la fac où il suit des études de mathématiques tant bien que mal. T.J., qui a une bonne situation au sein d'une banque, s'adonne de plus en plus à sa passion : le poker... Quant à Anne, sa copine, celle-ci enseigne et rêve d'écrire des romans pour enfants... Mais chacun dissimule une partie de sa vie inavouable dans un jeu de faux-semblants dangereux et déroutants... Toute vérité n'est pas toujours bonne à dire ! Ce polar nerveux et audacieux met en avant un des personnages dans chaque album. Une révélation.

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    Ce polar explosif, construit sous forme d'une trilogie machiavélique dont chaque tome est dédié à l'un des personnages, est pour le moins percutant. Tout y est : le graphisme, le suspens, l'originalité, l'émotion, l'action... En y ajoutant des thématiques séduitantes (le jeu, le sexe, le bluff, la violence...) et un rythme effréné, la recette est forcément celle d'un succès savamment orchestré à découvrir sans tarder.

    Cette série qui sort des sentiers battus confirme, en parallèle de la "pentalogie" En sautant dans le vide, le réel talent des auteurs bd espagnols à la plume si particulière. Ils savent incontestablement s'illustrer par un dessin exceptionnel et une gestion parfaite du scénario.

  • L'homme qui s'est perdu de Francesc Trabal

    A paraître le 2 mars 2011l'homme qui s'est perdu.jpg

    Editions Autrement - 190 pages

    Présentation de l'éditeur : Lluís Frederic Picàbia, jeune bourgeois barcelonais, voit sa vie basculer le jour où sa fiancée le quitte. Il décide alors de faire de la perte un mode de vie qui le mène de New York à Paris en passant par la Chine et le Caucase. Une véritable entreprise voit le jour, des associés sont recrutés... Au milieu de cent autres aventures ahurissantes et absurdes, disparaissent la Couronne de Suède, des tableaux de Miró et une jolie secrétaire... qu'on retrouve. Au fil des années à orchestrer des disparitions, c'est bientôt Picàbia lui-même qui signera sa propre perte.

    Abandon en page 56. Parce qu'en perdant l'étui à cigarettes offert par son ex et en passant trois mois à retourner ciel et terre pour le retrouver, Lluís a réussi, si ce n'est à redonner un sens à sa vie, du moins à faire passer le temps sans s'engluer dans son désespoir, il décide de perdre des tas de choses, de les rechercher et de les retrouver. Au-delà de l'absurdité de la réaction du personnage, l'écriture n'est pas entraînante. Sans intérêt.

  • Rentrée littéraire : Des gifles au vinaigre de Tony Cartano

    gifles.jpgA paraître le 18 août.

    Editions Albin Michel - 265 pages

    Présentation de l'éditeur : "Faire d'un père l'objet d'une fiction n'est pas un sacrilège, surtout si l'on considère qu'il fut un être d'illusion, entièrement façonné par l'utopie." Février 1939. Franco a gagné. Les armées républicaines se replient sur le frontière française. A. fuit avec ses troupes villes et villages dévastés. Il laisse derrière lui son passé et ses faits d'armes : femme et enfant, la bataille de Teruel et la traversée de l'Ebre. Mêlant l'histoire trouble de la guerre civile espagnole, visions hallucinées du siècle et souvenirs d'enfance interdits et imaginaires, son fils tente, des années plus tard, de reconstituer la trajectoire de cet homme dont il ignore presque tout. Et, à travers la réécriture de cette histoire vécue ou fantasmée, c'est le mystère de la littérature qu'explore le romancier Tony Cartano, dans un récit aussi ambitieux que personnel.

    Abandon au bour de 79 pages. Tout est dit. Ca ne démarre pas.

    Certains auteurs ne savent bien écrire que leur vie, tels Philippe Labro. D'autres devraient tenter la fiction...

  • Mauvais garçons de Dabitch & Flao

    Editions Futuropolis - 128 et 112 pages

    Christophe Dabitch : scénariste - Benjamin Flao : dessinateur

    Présentation de l'éditeur : En Andalousie, de nos jours. Il se nomme Manuel, sa famille est originaire d'Andalousie, mais il a vécu en France jusqu'à ce qu'il décide de revenir s'y installer. Il a un ami gitan qui se nomme Benito, un chanteur hors norme. Manuel et Bénito sont inséparables. Car, ce qui lie avant tous les deux jeunes hommes, c est l'amour du flamenco, le vrai, le pur, pas le flamenco rock comme peuvent le jouer certains frimeurs méprisables (mais qui, à contrario, gagnent très bien leur vie). Ces «mauvais garçons» vivent au jour le jour d'expédients. Seul leur amour des femmes leur fait tourner la tête.

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    Adeptes du flamenco et de la culture gitane, cette série est pour vous. Je dois dire que l'histoire - relativement inexistante ; disons plutôt qu'il s'agit d'une tranche de vie de deux artistes - ne m'a pas particulièrement accrochée mais le graphisme, alors là, oui.

    Tant au niveau du chant, de la guitare que de la danse, Flao a su transmettre toute la force émotionnelle du flamenco et restituer la fièvre électrique de ces artistes singuliers et passionnés dont la musique se veut vecteur de pauvreté, de douleur et d'injustice sociale. Le trait est exceptionnellement expressif tant pour ce qui est de l'émotion dans l'oeil des personnages que du mouvement de ces derniers quand ils dansent. Les dessins, que dis-je, les oeuvres du dessinateur permettent d'entendre la musique et de voir les chorégraphies de manière éblouissante.

    Il y a inconstestablement une ambiance... Dommage que seule la forme ait du fond.