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emploi

  • Chronique de l'effort #32

    Ou ma vie de salariée.

    Ne pas être son propre patron signifie bien évidemment avoir un supérieur hiérarchique. De manière usuelle, ce rapport d'employeur à employé peut être rapprochée d'une certaine façon de la relation père à enfant dans le sens où le subalterne doit à son patron obéissance et respect - cette dernière notion étant censément réciproque, je dis bien censément.

    Tout ceci engendre des impératifs de caractères à savoir que le boss doit être ferme (ce qui ne veut pas dire dictatorial) et suffisamment charismatique pour être respectable. Le subordonné quant à lui doit être, en plus d'un travailleur compétent évidemment, assez docile et pas trop insolent pour ne pas risquer sa place.

    Seulement, lorsque votre n+1 à l'habitude de fanfaronner, entre autres spécialités typiquement machistes, qu'il déjoue les radars malgré une vitesse digne d'un pilote sur circuit, qu'il vous embarque dans son véhicule mais que bizarrement ce jour-là il roule tellement mollement que même vous qui n'êtes pas un public rassuré en voiture vous avez envie de lui hurler "mais putain tu vas le desserrer ton frein à main et appuyer un tant soit peu sur ce foutu accélérateur", votre sens du respect - assez relatif par nature s'agissant des dirigeants - est quelque peu écorné.

    Quand par-dessus le marché vous vous mettez en route de nuit, que vous constatez que l'automobiliste d'en face n'a pas allumé ses lumières, que dans votre emportement lié à la sécurité routière vous vous exclamez "et tes phares connard !" et que là, de façon tout à fait hallucinante, votre responsable se précipite sur ses loupiottes pour les allumer en s'excusant platement, vous vous dites que là, définitivement, vous ne pourrez plus lui prêter une quelconque crédibilité.

  • Chronique de l'effort #23

    Ou ma vie de rédactrice en quête d'épanouissement professionnel (chômeuse quoi).

    Quand on travaille, on a qu'une envie, c'est de s'arrêter de bosser.

    Quand on s'arrête de bosser, on a qu'une envie, c'est de travailler.

    C'est ambivalent, c'est humain.

    Encore que le deuxième point ne puisse être pris pour vérité à l'état brut ; des précisions s'imposent.

    Evidemment que si Dame Nature avait fait de nous des rentiers plutôt que des prolos, nous n'éprouverions aucunement le besoin (le mot est lâché) de trimer. Ce qui ne veut pas dire non plus ne rien faire de notre peau puisque le cas échéant, nous nous consacrerions à des activités utiles et intéressantes de type associatives ou encore culturelles.

    Mais Dame Nature étant une salope, quand nous autres indigents arrêtons de bosser, notre unique préoccupation est de trouver un nouveau job pour pallier les deux problématiques du chômage : la pauvreté et la solitude. La pauvreté car les Assédic ne sont ni éternelles ni suffisantes et que nous n'avons pas de bas de laine. La solitude car les camarades travaillent et quand ils sortent du taf, ils vont au resto par exemple et c'est au-dessus de nos moyens.

    Cependant, on a beau chercher, on ne trouve pas toujours. Surtout en ce moment, il paraît. D'où angoisse, perte de confiance en soi, déprime.

    Non, franchement, le chômage, c'est loin d'être des vacances. C'est un vrai travail.

    Sur soi.

    Et puis heureusement, quand on a un peu de chance, du travail, on en retrouve.

    ...

    Alors bon ok, c'est seulement en CDD.

    ...

    Et puis, c'est tellement loin de Paris - même pas l'Île-de-France, c'est dire - qu'un sixième du temps quotidien se fera dans les transports en communs et le train.

    ...

    Tout ça pour toucher l'équivalent des Assédic.

    ...

    Mais l'essentiel, c'est de se remettre sur les rails !

    Qui sait, peut-être une opportunité à la clé...

  • Chronique de l'effort #19

    Ou ma vie de rédactrice en quête d'épanouissement professionnel (de chômeuse quoi).

    Quand tu deviens ce qu'on appelle un demandeur d'emploi, véritable impropriété pour certains, tu dois, ô joie, te coltiner pléthore de démarches administratives. Narration de mes premiers pas dans la quatrième dimension* ou l'expérience interdite*.

    Les Assédic

    Dans la salle d'attente coexiste une dizaine de personnes dont les trois quarts sont de couleurs ou âgées de plus de quarante-cinq ans voire les deux. La France, un pays de discrimination ? Non, je ne vois pas...

    La dame de l'accueil s'adresse à moi de manière courtoise, le volume de sa voix est quasi intimiste. Cette même dame de l'accueil s'adresse aux personnes de couleur de manière infantilisante, la tonalité de sa voix s'est adaptée pour faire profiter l'assemblée du spectacle de son pouvoir d'humiliation sur des HUMAINS, mâdâme, des EGAUX, médéme... Mais elle ne semble manifestement pas les considèrer comme tels. Salope.

    La personne en charge de mon dossier fouille tant et si bien dans le monceau de paperasse qui m'a été demandé qu'elle finit par trouver le détail qui met mon dossier en suspens, le temps que je trouve l'aiguille dans la botte de foin. Malgré mon Bac + 3 et mon maniement du verbe suffisamment aguerri pour m'être spécialisée dans le rédactionnel, je dois fournir des efforts exceptionnels pour comprendre ce que me raconte la bureaucrate en charge de mon dossier. Quand je retraduis ce qu'elle me dit et lui demande si c'est bien ça, je ne sais même pas si elle me dit oui ou non. Un obscurantisme que j'explique de deux façons : faire traîner les choses pour raquer le plus tard possible - j'ai d'ailleurs eu droit à mon petit sermon culpabilisant - et asseoir toujours plus son pouvoir d'humiliation face aux personnes en général et celles qui ne manient pas parfaitement la langue française en particulier.

    L'ANPE

    La conseillère me prévient d'office que dans ma branche d'activité, c'est bouché. Probablement l'excuse donnée à tous les membres de tous les corps de métiers pour justifier le fait que l'Agence ne soit à l'origine que d'un très faible pour ne pas dire infinitésimal pourcentage de retour à l'emploi.

    Je lui explique ce que je recherche, en l'occurrence un emploi de rédacteur. Elle me dit que c'est impossible puisqu'il est nécessaire d'avoir une carte de presse. Je lui dit que non. Elle maintient que oui. Bilan : je suis inscrite comme aspirante chargée de communication spécialisée en événementiel (!). Une chose est sûre, ils n'augmenteront pas leurs statistiques avec moi.

    Elle me demande ensuite si je suis au point sur la recherche d'emploi. Je lui dis que, bon, hein, je sors d'une agence spécialisée en RH. Grossière erreur Charlotte ! Et de me taper mon deuxième sermon en moins de deux heures sur la façon dont sont chaussés les cordonniers.

    Elle me met enfin en garde sur les très prochaines réformes et que j'ai plutôt intérêt à me bouger les fesses parce que bientôt, niark niark, au bout de deux offres refusées, je serai radiée. Je dois avoir l'air d'un parasite. Ca me fait penser à ma cousine, dans la même situation que moi, de gros problèmes de santé en plus, notamment une incapacité à rester en station debout de manière prolongée. A la base, elle a un profil de Directrice Marketing... La seule offre reçue de l'ANPE : démonstratrice charcuterie en grande surface. No comment.

    Quand je rentre chez moi et feuillette le dossier, je vois que la conseillère a indiqué sur mon profil que je disposais d'un véhicule. Si elle m'avait posé la question, elle aurait su que non. Mais c'est de ma faute, j'ai indiqué "titulaire du Permis B" sur mon CV.

    La CAF

    Quand j'ai téléphoné pour préciser civiquement que le lien pour télécharger le dossier sur internet ne fonctionnait pas, l'opératrice a commencé à être sur la défensive. Je lui ai demandé poliment de me l'envoyer par internet. Elle m'a dit que c'était impossible. Je lui ai dit qu'il suffisait de me joindre le PDF. Ne sachant manifestement pas de quoi je parlais, elle a commencé à s'énerver en disant que ce serait par courrier et rien d'autre parce que c'est bon, ils sont pas là pour assister les gens. Ah. De manière un peu suffisante, je lui ai dit bon ok, qu'elle me le balance par courrier. Elle m'a raccroché au nez. J'ai rappelé, j'ai demandé une responsable pour lui préciser que primo, ses employés étaient hystériques et que segundo, je pouvais même pas la balancer puisque le processus est tellement bien élaboré que les téléopérateurs ne se présentent pas. Quand j'ai raccroché, j'ai regretté de ne pas avoir pensé à dire que ce serait accessoirement pas mal de leur payer une formation pour qu'ils découvrent ce qu'est un PeuDeuFeu et arrêtent de gaspiller du papier et les deniers publics en timbres inutiles.

    Pour ces trois organismes, les démarches peuvent être faites par internet ou par téléphone. Comme leurs sites respectifs ne fonctionnent jamais, il faut se rabattre sur l'option téléphonique, naturellement surtaxée. Logique puisque ces services s'adressent à des gents blindés de maille !

    Non, y'a pas à dire, le social est une vocation. La question est : est-ce que les professionnels de ce secteur deviennent cons par usure ou est-ce par sadisme, par déspotisme gagne-petit qu'ils s'orientent vers de telles carrières ?

    PS : toutes mes excuses aux trop rares dévoués consciencieux du secteur. 

  • Administré, c'est...

    Loin de moi l'idée d'ouvrir un débat du type "pour ou contre l'administration française ?". Autant le dire tout de suite, on est pas là pour faire des290659662.jpg procès d'intention gagnés d'avance dont la controverse sera somme toute limitée faute d'équilibre dans les parties adverses. Notons toutefois que le mécontentement surnuméraire n'a aucun poids ; de la démocratie administrative...

    Non, aujourd'hui, je voudrais juste m'adresser aux hackers qui parasitent les sites de nos chères institutions. Pourquoi rendre la page d'inscription en ligne aux Assedic* aussi inaccessible que la page de téléchargement du formulaire d'aide au logement de la Caisse d'allocations familiales* ? Non pas que je me fasse des cheveux blancs pour les malheureux ayant besoin de ce type de prestations (...) ! Je m'inquiète juste pour la santé des employés des différents services informatiques qui vont littéralement exploser en plein vol face à tant de stress. Comment voulez-vous qu'ils aient le temps de résoudre d'intempestifs piratages quand ils doivent passer la moitié de leur temps de travail à expliquer les mystères de la tabulation sur Word à leurs petits collègues des services annexes ? Non, franchement, messieurs les pirates, vous n'êtes pas raisonnables.

    Ah, on me dit dans l'oreillette que nul hacker en la demeure. On me demande de me demander à qui profite le crime, rapport au complot international. On me précise enfin que la tabulation est à Word ce que la seconde moitié du temps de travail est à l'administration.