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critique

  • La vie secrète des jeunes de Riad Sattouf

    sattouf.jpgEditions L'Associtation - 160 pages

    Introduction de l'auteur : La Vie secrète des jeunes est publiée dans Charlie Hebdo depuis l'été 2004, à raison d'une page par semaine. Ce livre présente l'intégralité des pages parues depuis, et leur ordre chronologique a été conservé. Souvent, lors de dédicaces, des lecteurs viennent me demander les yeux dans les yeux si tout ce que je raconte dans ma colonne est "vraiment vrai", si j'ai "vraiment vu" toutes ces choses. Pourtant, je n'ai jamais inventé la moindre de ces histoires. Tout est absolument véridique. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'ai pas de stress particulier à poursuivre cette série : je n'écris pas le scénario. Je vois des trucs et j'essaie de les raconter. Le côté "impossible à croire" peut venir du point de vue que je choisis quand je retraduis la scène en bande dessinée, point de vue qui ne correspond pas forcément au point de vue que j'avais dans la réalité. Sur le papier, je remets complètement en scène l'histoire dont j'ai été le témoin. Quand j'étais enfant, je lisais avec grand intérêt une série de livres animaliers illustrés appelés La Vie secrète des bêtes. On y découvrait les moeurs et les comportements de nombreuses espèces animales cohabitant dans un même environnement. On les voyait pondre, manger, se faire manger, courir, se cacher, se faire du mal ou avoir mal... J'essaie de faire la même chose dans La Vie secrètes des jeunes : tenter de répertorier les moeurs et les comportements méconnus des jeunes humains d'aujourd'hui et les montrer au grand jour.

    Afin de ne pas risquer de passer pour une sorte de monomaniaque de la BD - à ceci près que la préoccupation unique est double -, j'ai décidé de sortir des sentiers battus par Trondheim et Larcenet pour élargir mes horizons culturels bd-esques.

    C'est au travers de cette expérience poussée par la curiosité que j'ai fait un constat : acheter un mauvais livre - du point de vue subjectif des goûts et des couleurs - est un navrant gâchis sauf quand, comme moi, vous ne pouvez vous empêcher d'achever tout ouvrage commencé et que vous en avez, au final, tout de même pour votre argent. Mais cet argument semble irrecevable concernant la bd : acheter un mauvais album - toujours du haut d'un irrationnel affectif - est une expérience extrêment frustrante. En fait, tout est dans le rapport temps de divertissement / prix. Et quand vous mettez presque vingt euros pour quarante-cinq minutes maximum de non-divertissement intégral, votre sens de la critique devient acerbe.

    Ainsi, si ma résolution d'élargir mes horizons culturels reste d'actualité, je n'emprunterai plus la voie Sattouf qui, tant du point de vue de la forme que du fond, m'a infiniment ennuyée. Cela étant dit, peut-être le coup de crayon est-il rendu vilain par le fait que le contenu est consternant. Quoi qu'il en soit, j'ai juste envie de dire que ce n'est absolument pas drôle et complètement moche - sauf la couverture.