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chick lit

  • Les Quatre Grâces de Patricia Gaffney

    les quatre grâces.jpgSortie ce jour en librairie.

    Éditions Charleston - 397 pages

    Présentation de l'éditeur : Depuis dix ans, Emma, Rudy, Lee et Isabel sont liées par une amitié indéfectible. Esprit, humour et compassion sont les armes qui permettent aux Quatre Grâces de résister à tous les tracas de la vie, ce qui ne les empêche pas de se cacher des secrets parfois... Jusqu'au jour où survient une épreuve à laquelle elles n'étaient pas préparées. Quand le destin frappe, c'est tout le groupe qui est touché. Les Grâces sauront-elle surmonter, chacune à sa façon, cette crise sans précédent ? Vif, profond et émouvant, ce roman déjà culte aux États-Unis, vendu à 1,6 million d'exemplaires, fait le portrait de femmes qui, à elles quatre, sont toutes les femmes... Et les meilleures amies dont on peut rêver. Les Quatre Grâces font partie des livres qui changent une vie.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Élizabeth Luc.

    Ma note :

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    Broché : 22,50 euros

    Ebook : 16,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Premier roman de l'auteur, "petit bijou qui brille de mille feux" d'après Nora Roberts, Les Quatre Grâces, bien qu'initialement publié il y a une quinzaine d'années, est un choeur de femmes tout à fait contemporain. Tout autant qu'intemporel.

    Roman à quatre voix ou journal à huit mains, ce livre est l'histoire d'un cercle féminin devenu, au fil du temps, amical puis sororal. Compagnie bigarrée, les femmes de ce club ont des personnalités autant que des choix de vie bien distincts d'où d'occasionnelles étincelles. C'est pourtant le partage, la disponibilité, l'écoute, les bons moments que ces quatre-là vivent le plus souvent. Et parce que l'amitié - davantage encore que l'amour ! - est souvent inconditionnelle, elles savent se serrer les coudes quand elles doivent affronter un destin qui se change en sort. La vie n'étant pas avare en clins d'oeil ironiques, elle entremêle avec malice les étapes cruciales de leurs existences, les éprouvant dans leur capacité à porter le regard sur les autres et les soutenir alors que chacune est elle-même dans la tourmente...

    S'il était encore besoin de démontrer que l'amitié entre femmes existe, ce feel good book en serait la parfaite et bouleversante illustration. Les convaincues quant à elles, nostalgiques de Sex and the city ou de Quatre filles et un jean pour les jeunes lectrices ayant grandi, seront ravies de recréer l'atmosphère chaleureuse, réconfortante, d'un groupe de vraies bonnes copines.

    S'il n'est pas aisé, au commencement de ce roman choral, de distinguer les portraits, d'associer tels événements / traits de caractères / souvenirs / etc. à tel prénom, tout se met en place assez rapidement. L'alternance de voix des héroïnes confère dynamisme et intimité au récit : ajoutée à l'intrigue et ses rebondissements existentiels palpitants, l'intériorité de chacune des figures permet de pénétrer au plus profond du cénacle.

    Ce clan n'est pas seulement une galerie portraits de femmes, de caractères et de vécus variés auxquelles chaque lectrice peut, tout ou partie, s'identifier. Ce sont les amies parfaites, le cercle amical idéal. C'est même encore mieux qu'en vrai puisqu'exceptionnellement, l'on sait tout ce que les unes pensent des autres et disent en leur absence ! Et quand la fiction dépasse la réalité, le sentiment d'appartenance au groupe n'en est que plus fort : il ne s'agit plus seulement de lire, d'observer passivement mais de vivre plus intensément, tant moralement que physiquement, les états d'âmes, les ressentis de ces saisissantes amies virtuelles. Le récit est à ce point poignant que l'on est viscéralement dans l'histoire ; que l'on ne quitte qu'à regret.

    C'est donc plus que volontiers qu'on se laisse embarquer et porter par ce magnifique roman d'Amitié entre rires et larmes, parfois grinçant, souvent drôle, un peu cruel, surtout tendre, toujours touchant. Un tourbillon d'émotions, comme dans la vraie vie. Car là est toute la force de ce livre : son réalisme, son authenticité. Il sonne vrai, il sonne juste. Entre réflexion existentielle et philosophie de vie, cet hymne à l'instant présent évoque intelligemment des sujets complexes (amour, maladie, mort...) et des notions profondes telles que la place et le rôle de la femme, la tolérance ou encore la solidarité... Plus que divertissante, cette lecture dont on ne peut sortir que grandi est une invite à l'introspection, à l'humanité.

    Touchée par la grâce, cette sixième parution des toutes jeunes Éditions Charleston affirme une ligne éditoriale de qualité qui redonne ô combien ses lettres de noblesse à la romance. Un genre littéraire à part entière, brillamment servi par Patricia Gaffney et son vrai beau roman qui, contrairement à ce que laisse supposer la jolie jaquette estivale, se lit à toute heure, en toute saison. Les petits bonheurs qui font du bien à l'âme n'attendent pas !

    L'interview de Patricia Gaffney.

    Lire un extrait du livre.

    Vous aimerez sûrement :

    Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler

    Le Châle de cachemire de Rosie Thomas

    Les Roses de Somerset de Leila Meacham

    Rien ne va plus, La poursuite du bonheur & L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    Dolce agonia de Nancy Huston

    Les morues de Titiou Lecoq

    La maison d'hôtes de Debbie Macomber

    Vacances anglaises, N'oublie pas mes petits souliers et S.O.S. de Joseph Connolly

    Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extraits :

    Si un mariage sur deux se termine par un divorce, combien de temps dure un couple, en moyenne ? Ce n'est pas une question rhétorique : j'aimerais vraiment le savoir. Moins de neuf ans et demi, je parie. Les Quatre Grâces existent depuis neuf ans et demi et pas un nuage à l'horizon. On se parle encore, on remarque toujours des petits détails chez les unes et les autres, un kilo perdu, une nouvelle coiffure, des chaussures neuves... À ma connaissance, aucune d'entre nous n'est en quête d'une amie plus jeune et plus fraîche...

    ...

    Il ne s'agit pas d'un ordre religieux, donc nous avons aussi eu notre lot de jalousies, mesquineries, petites vacheries, sans oublier les crises de nerfs occasionnelles. Mais ce n'est rien.

    ...

    J'adorais l'idée de fonder un groupe. Ce ne serait pas un club de lecture, ni un groupe politique ou féministe. De temps en temps, nous réunirions des femmes qui s'appréciaient et se respectaient pour échanger des expériences et débattre de questions intéressantes. Un objectif plutôt modeste. Nous ignorions que nous étions en train de semer les graines d'un jardin superbe.

    ...

    Avais-je rêvé de ce que je désire ou de ce que je redoute ? Ou les deux ?

    ...

    Je n'ai pas peur d'avoir tort. Je me trompe tout le temps. (...) Le problème, c'est que, en optant pour une opinion tranchée, on élimine toutes les autres. Ce n'est pas juste. Pourquoi choisir ? Il est tellement moins brutal de ne pas choisir. De plus, mieux vaut s'accorder une porte de sortie.

    ...

    Quand je suis stressée, je deviens insupportable. Je m'en rends compte, mais je n'y peux rien.

    ...

    En fait, trois qualités me font craquer, chez un homme. Outre la timidité et l'intelligence, j'ai du mal à l'admettre, il y a la beauté physique. Je sais, je suis superficielle et je déteste ça. Parfois je sors délibérément avec des moches pour ne pas être taxée de frivolité. En vérité, à qualités égales, je préfère un homme séduisant.

    ...

    Il était si passionné... De toute évidence, l'art était sa vie, à la limite de l'obsession, or je craque pour les hommes qui adorent leur travail. Je trouve cette fougue terriblement sexy et désirable. Le mieux, c'est qu'ils ne sont pas dépendants de moi pour donner un sens à leur existence.

    ...

    L'impossible a quelque chose de réconfortant, mais c'est triste. Je déteste l'ambiguïté. Je peux accepter le pire s'il n'est pas dilué dans l'espoir ou un "oui, peut-être".

    ...

    J'adore ça. Préparer un bon repas avec mes meilleures amies, les écouter plaisanter, rire, raconter leur vie, en rajoutant mon grain de sel de temps en temps... C'est le bonheur. Du vin, du fromage, des potins, des copines... Si on pouvait ajouter une dose de sexe d'une façon ou d'une autre, ce serait parfait.

    ...

    Je ne suis pas une experte des enfants, loin de là, ils me font même une peur bleue. Ils sont tellement autonomes... Je ne sais pas... tellement directs. L'ironie ne fait pas partie de leur vocabulaire et ils ne comprennent jamais les blagues. Bref, par principe, je garde mes distances.

    ...

    - Ne rejette pas l'amour, ne le néglige pas. Ne pars pas du principe que tu trouveras un amour meilleur ailleurs. Prends-le partout où tu auras la chance de le trouver et efforce-toi de le rendre en retour.

    ...

    (...) je suis peut-être une imposture. Toute ma vie, j'ai voulu écrire des romans, du moins c'est ce que j'ai toujours affirmé. Le réel ne me suffisait pas. Je voulais que le récit parte dans une autre direction, que la vérité ne soit jamais ce qu'elle était vraiment... Résultat : je suis bien meilleure journaliste que romancière, finalement. C'est à se demander si je n'ai été attirée uniquement par l'idée que j'avais de la romancière. Je voulais avoir l'air d'une romancière. Dans les soirées, je voulais répondre "J'écris des romans" à la question : "Qu'est-ce que vous faites, dans la vie ?"

    ...

    Parfois, le désespoir a du bon.

    ...

    Consulter un psy, c'est dépassé. De plus, je crois en l'idéal de l'indépendance, en la responsabilité de chacun face à son propre bonheur. Non que je réprouve la psychothérapie pour les autres. Avec de telles convictions, je ne tiendrais pas le coup, dans mon métier. Bref, je ne crois pas que ce soit pour moi.

    ...

    J'ai toujours eu envie de dire aux gens que je les aimais. En général, c'est la peur qui m'en empêchait. Peur qu'ils s'en moquent, qu'ils ne veuillent pas l'entendre ou bien qu'ils m'en prennent trop, ensuite.

    C'est différent, à présent. Les années s'accumulent et je n'ai plus un instant à perdre.

    ...

    Mon corps m'a trahie. Je suis mas propre meilleure amie et je me suis laissée tomber. En qui puis-je désormais avoir confiance ? C'est bête, je sais, mais j'ai toujours en moi l'illusion de l'immortalité, même si elle commence à s'effriter sur les bords. Elle cède la place à des crises de panique. Je vais mourir. Cela me revient toujours en pleine face, après un moment d'oubli inexplicable. Alors mes veines s'embrasent de terreur. Mon estomac se noue, je verse des larmes de douloureuses. Ensuite viennent les respirations profondes, je redresse les épaules. Ce fardeau de tristesse, je ne peux le partager. C'est mieux pour moi et pour les autres. Quel poids que l'ombre de la mort...

    Pourquoi la mort est-elle si mystérieuse et taboue, comme le sexe pour une vierge, un secret bien enfoui ? Depuis toujours, je suis persuadée que tout le monde va mourir sauf moi.

    C'est notre seul moyen de survivre, je suppose.

  • Coup de foudre à Austenland de Shannon Hale

    coup de foudre à austenland.jpgSortie ce jour en librairie.

    Éditions Charleston - 260 pages

    Présentation de l'éditeur : Jane Hayes est une jeune New Yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret : son obsession secrète pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l’adaptation de la BBC de Pride and Prejudice. Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant : aucun homme n’est à la hauteur de la comparaison. Quand une riche parente lui laisse en héritage un séjour de trois semaines dans un centre chic pour les Austen-addicts, les fantasmes de Jane impliquant une rencontre fortuite avec un héros tiré tout droit de l’époque de la Régence deviennent un peu trop réels. Cette immersion dans cet Austenland réussira-t-elle à débarrasser Jane de son obsession pour lui permettre de rencontrer un vrai Mr Darcy ?

    Traduit de l'anglais par Julia Taylor.

    Ma note :

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    Broché : 17 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Combien sommes-nous à avoir été contaminée par nos lectures, notamment celles de Jane Austen ? Forcément, après de telles histoires, difficile pour ces messieurs de souffrir la comparaison d'avec un Darcy ou encore un colonel Brandon ! Mais de là à parasiter complètement sa vie sentimentale, il y a un pas...

    Jane Hayes, elle, est de ces femmes dont l'idéalisation absolue les empêche de profiter concrètement de leurs histoires de coeur ; contrarie même toute relation tant elles versent dans une analogie pathologique.

    Face à cet état de fait plutôt inquiétant pour l'avenir amoureux de la jeune femme, sa grand-tante Carolyn décide, avant de passer l'arme à gauche, de coucher Jane sur son héritage d'une façon plutôt inattendue : afin de la désintoxiquer, de la débarrasser de son obsession pour le ténébreux Darcy sous les traits du sexy Colin Firth, elle l'envoie en séjour à Austenland.

    Austenland, c'est une maison d'hôtes, un jeu de rôle grandeur nature. Mais qui sont les acteurs et qui sont les invités ? Cette immersion dans l'univers austenien permettra-t-elle à Jane d'être davantage ancrée dans la réalité ? C'est ce que Shannon Hale nous propose de découvrir avec beaucoup de suspens, d'humour et d'émotions.

    Cette comédie romantique dont l'intrigue vise à libérer la protagoniste de ses fantasmes a véritablement chatouillé les miens. Alors concrètement, où se trouve ce fameux Austenland ? Et si ça n'existe pas encore, pour quand est-ce prévu ? Non, parce que là, j'ai une envie urgente, furieuse, de porter de jolies toilettes, de sacrifier au rituel du thé, de jouer au whist et de me lancer dans les préparatifs du prochain bal !

    En somme, une lecture très amusante... mais dangereusement addictive. L'univers de la grande dame des lettres anglaises n'en finit décidément pas d'inspirer de nombreux auteurs, pour notre plus grand plaisir !

    La seule faiblesse de ce texte est sa jaquette. Cette couverture illustrée résolument marquée modernité version chick lit manque cruellement à mon sens d'une forte évocation victorienne. Mais gageons que le bandeau rouge flashy signé Stéphanie Meyer clamant haut et fort "Adorable ! Le meilleur hommage à Jane Austen !" saura pallier cette légère défaillance. La célèbre auteur de Twilight s'est d'ailleurs lancée dans la production cinématographique de ce livre, qui devrait sortir fin 2013, courant 2014 sur les écrans. Avis aux adeptes des adaptations.

    La vraie cerise sur le gâteau, du haut de mon impartiale subjectivité, étant la présence dans le rabat de la troisième de couv' de MON commentaire SIGNÉ ! Plus près de toi ma Jane Austen...

    Bref, je ne vous dirai pas si Jane est soignée mais moi, cette lecture m'a rendue complètement malade. JE. VEUX. ALLER. À. AUSTENLAND. Et pas qu'une fois ! Si le concept existait, je ne me contenterais pas de ne vivre qu'Orgueil et préjugés par procuration. À moi toutes les aventures de toutes les héroïnes de Lady Austen, à commencer par Persuasion, Sanditon et Mansfield Park. Mais en attendant ou à défaut, Coup de foudre à Austenland est un délicieux dérivatif qui saura réenchanter un instant toutes les Janéites et convaincre les béotiennes de partir à l'assaut de la version originale, unique et irremplaçable.

    Ils en parlent aussi : Julie, Lady K, Moonshine, Pandora.

    Vous aimerez sûrement :

    Sanditon de Jane Austen et tous ses romans.

    Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

    Les filles de Mr Darcy d'Elizabeth Aston

    La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

    Extraits :

    À Colin Firth,

    Vous êtes un type génial, mais je suis mariée,

    Je pense que nous devrions seulement être amis.

    ...

    À trente ans passés, une femme était bien trop vieille pour perdre son temps à rêver d'un personnage de fiction ayant vécu deux cents ans plus tôt au point de laisser ses fantasmes prendre le pas sur sa vie réelle et amoureuse.

    ...

    Quelques années auparavant, elle avait tenté de commencer une psychothérapie et, même si elle avait ensuite décidé que ce n'était pas fait pour elle, elle en était arrivée à une conclusion : dès son plus jeune âge, elle avait appris à aimer grâce à Jane Austen. Malgré son immaturité, elle avait compris que, dans le monde d'Austen, un simple flirt n'existait pas. Chaque histoire d'amour devait mener au mariage, chaque flirt n'était qu'un moyen pour trouver un partenaire avec qui passer le reste de sa vie. Donc, pour Jane, chaque fois qu'une histoire se terminait et qu'il restait un petit espoir - même infime -, c'était aussi douloureux qu'un divorce. Un peu extrême, non ?

    ...

    Vous êtes une jeune femme célibataire et ne devrez donc jamais être seule avec un homme sans chaperon, sauf à l'extérieur tant que vous êtes en mouvement, à cheval, à pied ou en calèche. Pas de contact physique à l'exception des obligations liées aux bonnes manières, comme par exemple prendre la main d'un homme lorsqu'il vous aide à descendre d'une calèche ou son bras lorsqu'il vous accompagne à la salle à manger pour le diner. Vous ne parlerez de rien de personnel ou d'intime. J'ai cru comprendre, par mes conversations avec d'anciennes clientes, que, lorsqu'une romance naît dans ce cadre très restrictif, elle n'en est que plus passionnée.

    ...

    Les ruptures avaient effacé tous les bons moments. Dans sa mémoire, les rires disparaissaient, les personnalités de ses divers petits amis se fondaient les unes dans les autres, les vacances et week-ends se brouillaient et lui semblaient avoir duré deux minutes. Toute la relation se condensait et se reformait dans son esprit pour ne plus comporter que la fin.

    ...

    Plus elle trouvait d'anachronismes, plus il lui était difficile de prétendre que toute cette histoire n'était autre chose que la réalisation d'un fantasme pour célibataire pathétique.

    ...

    Si Jane avait été le genre de personne à chercher des signes dans ce qui l'entourait, elle aurait dit que la pièce semblait trembler d'anticipation, comme si quelque chose d'important se préparait. Mais elle n'était pas comme ça.

    ...

    - Alors, vous êtes capable de deviner la valeur, le mérite et la noblesse d'une personne d'un simple regard ? demanda Jane qui avait de plus en plus de mal à garder son calme.

    - Vous non ? répondit-il avec une lueur de défi dans le regard. Pouvez-vous vraiment m'affirmer que, dès les premiers instants où vous avez rencontré chaque personne présente dans cette pièce, vous n'avez pas formé de jugement sur leur caractère que jusqu'à présent vous n'avez pas remis en doute ?

    Elle eut un petit sourire.

    - Vous avez raison, monsieur. Cependant, j'espère bien que, dans un cas du moins, ma première impression s'avèrera erronée.

    ...

    Ces derniers temps, j'ai l'impression de ne plus savoir qui je suis et je pensais qu'en venant ici j'arriverais peut-être à me retrouver.

    ...

    Quelqu'un à embrasser et qui lui donnait l'impression d'être belle et sexy. Quelqu'un qui n'insistait pas pour qu'elle lui donne plus que ce qu'elle était prête à donner, qui lui permettait de vivre des moments de perfection, qui lui donnait envie de sourire au lieu de sans cesse se projeter dans un futur qui n'arriverait jamais.

    ...

    Après toutes les heures qu'elle avait passées à rêver de vivre au temps de Jane Austen, voilà qu'elle y était et qu'elle ne rêvait que de normalité. Quelle ironie !

    ...

    Les fantasmes sont l'opium des femmes.

  • Le Châle de Cachemire de Rosie Thomas

    le châle de cachemire.jpgÀ paraître le 26 avril 2013.

    Éditions Charleston - 496 pages

    Présentation de l'éditeur : Pays de Galles, 1940. Jeune mariée, Nerys Watkins quitte la campagne galloise pour accompagner son mari missionnaire affecté en Inde. Alors que la guerre du Cachemire éclate, elle découvre Srinagar, la ville au bord du lac, où les Britanniques habitent de luxueux bateaux et dansent, flirtent et cancanent comme s'il n'y avait pas de guerre. Nerys est entraînée dans une dangereuse amitié et, au moment où elle retrouve son mari, l'innocente épouse galloise n'est plus la même femme. Des années plus tard, alors que Mair Ellis débarrasse la maison de son père, elle découvre un éblouissant châle ancien et une boucle de cheveux d'enfant. Se rendant au Cachemire sur les traces de ses grands-parents, Mair se lance dans une quête qui changera à jamais sa vie. Ce récit épique mêle secrets de famille, amour sur fond de guerre et liaisons dangereuses. Avec comme toile de fond une évocation vivante et superbement documentée de l'Inde des années 1940, cette saga familiale bouleversante a connu un grand succès populaire et critique outre-Manche.

    Traduit de l'anglais par Marie-Axelle de La Rochefoucauld.

    Ma note :

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    Broché : 22,50 euros

    Ebook : 14,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Mair, jeune femme moderne mais indécise quant à son avenir, réalise, alors que son père vient de s'éteindre et avec lui les souvenirs, qu'elle ignore tout de son histoire familiale. Elle a enfin un but : apporter des réponses à ses interrogations. Une en quête d'elle-même qui la conduit d'une malle contenant un châle au coeur de l'Inde contemporaine où il lui faudra débrouiller les écheveaux du passé pour faire revivre le tournant des années 1940. Sur fond de guerre mondiale et de tensions religieuses, alors que les riches Européens exploitent encore la misère locale, la colonie britannique est en pleine transition, la révolte gronde, l'indépendance se prépare... Mais amours, amitiés et rivalités se jouent éternellement, indépendamment des événements.

    Comme le châle dont il est question dans le titre, la trame de cette histoire aux motifs complexes est tissée avec un soin digne du savoir-faire des meilleurs artisans. Il fallait tout le talent d'une auteur d'une vingtaine de best sellers traduits dans une dizaine de pays pour tendre aussi brillamment un fil entre deux siècles, du Pays de Galle à l'Inde, afin de retracer histoires et Histoire.

    Conteuse émérite saluée en 2012 pour ce livre par le Prix du Grand Roman en Angleterre, Rosie Thomas fait revivre toute une époque par le biais d'une généalogie aussi surprenante qu'émouvante et enchaîne le lecteur, du début à la fin de son envoûtante narration, aux voix de ses héroïnes dans leurs temps qu'elle alterne habilement.

    Des personnages profonds aux vies et états d'âme intenses, des contrées exotiques fascinantes pour ne pas dire magiques, un contexte historique captivant, des intrigues et rebondissements en pagaille... Nul besoin d'effets de style qui auraient assurément desservis un récit déjà riche. L'écriture est simple, toute entière au service de l'atmosphère de ce voyage dans le temps, dans l'espace et dans l'intériorité.

    Le Châle de Cachemire, roman passionnant et magnifiquement documenté, confirme le caractère indémodable de la recette aux secrets transgénérationnels. Cette saga familiale, amoureuse et historique fonctionne, transporte, bouleverse et enrichit. Mais plus encore, elle met subtilement en évidence que les vérités sont relatives et que les réponses que l'on trouve parfois sont souvent moins déterminantes que celles que le destin offre sans qu'on les ait convoitées...

    L'interview de l'auteur.

    Ils en parlent aussi : Callixta, Artemis, Mel.

    Vous aimerez sûrement :

    Les roses de Somerset de Leila Meacham

    Compartiment pour dames d'Anita Nair

    Le choix de Goldie de Roopa Farooki

    Sashenka de Simon Montefiore

    Les perles de la Moïka d'Annie Degroote

    Rien ne va plus, La poursuite du bonheur & L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    La double vie d'Irina de Lionel Shriver

    Extraits :

    Une fois que tes deux parents sont morts, ça y est, tu n'as plus d'excuse. Tu dois être responsable parce qu'il n'y a plus personne pour te protéger.

    ...

    Je ne te conseillerai pas de ne pas avoir de liaisons - il suffit de regarder autour de toi pour reconnaître que ce serait peine perdue - mais, je t'en supplie, ne choisis pas n'importe qui. La vérité prosaïque de la romance est qu'elle est éphémère. N'en fais pas ton seul soutien car elle ne pourra porter ton poids. Comme tu es déjà en train de le découvrir.

    ...

    Il y avait d'infinies permutations de couleurs, et cent mille degrés de sentiment, entre aimer et ne pas aimer. Nier cela, commençait-elle à penser, revenait non seulement à nier l'évidente vérité mais aussi sa propre humanité.

    ...

    Un peu étourdie, elle remit de l'ordre dans ses pensées. C'était peut-être cela, vieillir : prendre conscience de plus en plus que tout ce qui vous arrive recouvre des souvenirs plus anciens, déclenche de nouvelles vagues d'associations, jusqu'à ce que chaque événement vous semble autant la résonance du passé que la réalité présente.

  • La maison d'hôtes de Debbie Macomber

    la maison d'hôtes.jpgÀ paraître le 15 mars 2013.

    Éditions Charleston - 350 pages

    Présentation de l'éditeur : Après la mort tragique de son mari, Jo-Marie décide de changer de vie et reprend une maison d'hôtes dans la petite ville de Cedar Cove : la Villa Rose. Sa première cliente, Abby, a survécu à un accident de voiture, dans lequel sa meilleure amie a trouvé la mort. Elle n'a jamais eu le coeur à retourner dans la ville où elle est née, jusqu'à ce jour, dix ans après l'accident. Josh, le second client, doit prendre en charge son beau-père, un vieil homme à présent, avec qui il ne s'est jamais entendu. Derrière les portes de la jolie maison d'hôtes, ces personnages inoubliables trouveront l'amour, le pardon et la possibilité d'un nouveau départ. Un roman chaleureux et touchant sur les destinées humaines, à lire bien douillettement sous sa couette, avec des personnages que l'on rêverait d'avoir comme amis, dans une ville où l'on aimerait vivre, et une intrigue délicieusement captivante.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Florence Bertrand.

    Ma note :

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    Broché : 19,90 euros

    Ebook : 12,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

    Une maison d'hôtes. Un concept qui a le vent en poupe depuis quelques années. Mais la Villa Rose n'est pas un simple bed & breakfast comme tant d'autres. C'est un lieu magique où les cœurs brisés, les âmes en peine parviennent, grâce à l'étrange alchimie du lieu, à se reconstruire, à rebondir après que la vie les a jetés à terre. Mieux encore, ce havre de paix se situe dans une bourgade idyllique dans laquelle on aimerait vivre tant ses habitants sont accueillants, prévenants, amicaux et plus si affinités... Tout est orchestré pour que l'on se sente bien à Cedar Cove en général, à la Villa Rose en particulier.

    Sans tomber dans un absurde et peu crédible déni des difficultés intrinsèques à l'existence, l'histoire prouve qu'il ne faut jamais abandonner la partie, que l'espoir ne doit jamais s'éteindre car même si les blessures sont inévitables, tout finit toujours par s'arranger et les inexorables fins ne sont que préambules à d'autres commencements.

    Davantage encore qu'un écrin de sérénité emplie d'une atmosphère chaleureuse, le roman de Debbie Macomber est une leçon d'optimisme. En ces temps moroses - que l'on parle du contexte général ou simplement de météo -, ce n'est vraiment pas un luxe ; j'irais même jusqu'à dire que c'est une indispensable médication qui mériterait d'être remboursée par la Sécurité sociale. De la littéra-peuthique, en somme ! Bref, un concentré de bonnes ondes à ne pas manquer.

    Alors d'accord, c'est assez convenu, l'on sait exactement - ou presque - où l'on va... Mais à l'ère de l'incertitude angoissante globalisée, qui oserait dire qu'il n'a pas besoin d'une petite dose de tranquillité, de sécurité, de convictions ? Et c'est exactement ce que fait La maison d'hôtes : ce roman console, apaise. L'on sort complètement rasséréné de ce roman choral touchant. Ce ne sont pas de simples personnages attachants que l'on quitte en refermant ce livre, ce sont de véritables amis, une famille.

    Le maître mot de cette histoire étant l'optimiste, nul adieu en perspective mais un simple au revoir puisque La maison d'hôtes n'est que le premier volet de six tomes constitutifs de la saga Retour à Cedar Cove... Il y a fort à parier que les prochains épisodes de cette romance seront aussi parfaitement maîtrisés par celle qui compte comme l'une des reines incontestées du roman féminin.

    L'interview de Debbie Macomber par les Lectrices Charleston.

    Ils en parlent aussi : Pauline, Artémis, Callixta, Fangtasia, Mle Alice.

    Vous aimerez sûrement :

    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

    Les roses de Somerset de Leila Meacham

    Rien ne va plus, La poursuite du bonheur & L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extrait :

    L'adolescente insouciante d'autrefois est morte (...). Sa vie entière a changé après l'accident - et même sa personnalité. Avant, elle était sociable, amicale, elle aimait s'amuser. Elle est devenue réservée, sombre, silencieuse.

  • L'impossible Miss Ella de Toni Jordan

    À paraître le 28 février 2013.l'impossible miss ella.jpg

    Éditions Héloïse d'Ormesson - 300 pages

    Présentation de l'éditeur : Della est une jeune femme comme les autres, à ceci près qu'elle a fait du mensonge un art de vivre et de l'escroquerie sa profession. Sous les traits d'Ella, brillante biologiste, saura-t-elle convaincre Daniel Metcalf, irrésistible milliardaire, de financer son projet de recherche ? Avec vingt-cinq mille dollars à la clé, l'arnaqueuse de haut vol n'a pas le droit à l'erreur. Pour prouver à l'ingénu que le tigre de Tasmanie n'est pas une espèce éteinte, elle engage une extraordinaire expédition dans la jungle. Un coup monté presque parfait, si l'amour ne s'immisçait dans la manigance. Une comédié romantique - et scientifique - pétillante.

    Traduit de l'anglais (Australie) par Laurence Videloup.

    Ma note :

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    Broché : 21 euros

    Un grand merci aux Éditions Héloïse d'Ormesson et à Babelio pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première dans le cadre de l'opération Masse critique.

    Un clan composé d'à peu près Robin des bois vivant d'arnaques alambiquées dans le cadre australien... Un pitch a priori prometteur pour de dépaysantes et décapantes aventures !

    Seulement, si ce sont les mots "extraordinaire expédition dans la jungle" qui ont retenu votre attention dans la présentation de l'éditeur, passez votre chemin. Malheureusement, l'auteur ne met que peu l'Australie et ses richesses environnementales à l'honneur dans son récit : l'on a quasiment jamais l'impression d'y être et la grande scène de l'expédition pourrait aussi bien se passer sur la colline d'en face ou le parc du coin qu'il n'y aurait pas de différence.

    Si l'on ajoute à cette flagrante absence de mise en valeur du cadre un certain manque de crédibilité du prétendu savoir-faire de soit disant arnaqueurs de haut vol, l'on peut légitimement penser que ce texte, faute de vraisemblance, n'a pas grand intérêt, voire est un échec.

    Pourtant, si tant est que l'on recherche un moment de lecture synonyme de légèreté, le livre de Toni Jordan remplit sa mission en terme de divertissement. Les personnages décalés, pour ne pas dire loufoques, parviennent à embarquer le lecteur dans leurs folles aventures. L'on sourit, l'on compatit, l'on s'attendrit... et l'on éprouve malgré tout l'impatience de savoir comment tout va se terminer.

    À noter le talent particulier de l'auteur pour l'écriture des quelques scènes sensuelles. Si ce genre de passages sont rarement convaincants, soit laissant de marbre soit ridicules ou vulgaires, ils sont ici particulièrement bien dosés, juste ce qu'il faut, ni trop ni trop peu.

    À défaut donc d'être dépaysante, cette lecture s'avère amusante, touchante et à certains moments émoustillante. Et c'est déjà pas mal. Ce n'est certes pas très profond mais la lecture n'a pas à toujours être un acte intellectuel engagé que diable !

    Ils en parlent aussi : Yael, Judith, Ladesiderienne.

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    Extraits :

    - (...) Qui fait les lois de cette société ?

    - Les riches et les sans-coeur.

    - Et pourquoi font-ils ces lois ?

    - Pour protéger leurs avantages personnels, résultats de leur origine privilégiée et de siècles d'oppression des plus faibles.

    - Et que pensons-nous de ces lois ?

    - Nous les rejetons. Totalement.

    ...

    - Donc, on a pensé que les humains, dans la matrice, reproduisaient les différentes phases de l'évolution de l'espèce. Que les embryons sont d'abord des poissons, puis des salamandres, des tortues, puis des poulets, avant de devenir humains. Immense théorie. Dommage qu'elle ne soit pas vraie. Elle a l'air vraie. On devrait tous la porter en nous, porter le poids de notre passé, les vestiges de ce que nous étions.

    - Quand vous formulez les choses comme ça, je ne l'aime pas cette théorie. Quel terrible fardeau ! Porter avec soi tout ce qu'on a été, dit-il d'une voix qui semble assourdie par l'obscurité.

    - J'imagine que vous avez raison, tout le monde a droit à un nouveau départ.