Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

allemagne

  • Un été de trop d'Isabelle Aeschlimann

    Éditions Plaisir de lire - 375 pagesUnEteDeTrop.png

    Présentation de l'éditeur : Markus, quarante ans, marié, trois enfants, heureux en ménage, laisse momentanément sa famille derrière lui pour réaliser un projet professionnel à Berlin. Emilie, vingt-cinq ans, quitte son compagnon après une relation de quatre ans et, en pleine remise en questions, part effectuer un stage dans la capitale allemande. Entre les réminiscences d'un passé commun qu'ils croyaient définitivement enterré, et la tentation piquante de la découverte, ils se laissent tous deux emporter dans l'univers trépidant de la grande ville. Mais la liberté à un prix, et bientôt viendra le moment de faire un choix... L'énergie de Berlin, ville dynamique où tout paraît possible, rythme ce récit mêlant séductions, passions et cas de conscience. Un premier roman réussi qui remet au goût du jour les jeux de l’amour et du hasard, qui ne laissera personne indifférent.

    Ma note :

    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

     Broché : 17,50 euros / 23 CHF

    Prix de lancement jusqu'au 31/12/2012 : 15 euros / 17,50 CHF

    Un immense merci à l'auteur pour m'avoir généreusement proposé de découvrir son roman, pour son adorable dédicace et aux Éditions Plaisir de lire pour avoir mis le livre à ma disposition.

    Tous les livres. Je les aime tous. Mais j'ai une inclination particulière pour les premiers écrits. Ils ont certes les imperfections et maladresses des débutants mais ils ont surtout la puissance de la fraîcheur, de l'authenticité, du naturel, de la spontanéité de la première fois. Une fragilité émouvante qui, quand le style et la fertilité de l'imagination sont au rendez-vous, est une merveilleuse promesse d'avenir. Et qu'il est plaisant d'observer l'évolution, de regarder cette fragilité se transformer en assurance et la plume s'affirmer au fil des parutions !

    Cette affection singulière m'a conduite à être particulièrement enthousiasmée quand Isabelle Aeschlimann m'a proposé de me faire parvenir son premier roman. En incorrigible curieuse qui se respecte, j'ai trompé l'attente en fouinant çà et là sur le web afin d'un savoir davantage, notamment sur le blog de cette jeune auteur suisse-romande.

    J'ai découvert au fil de mes investigations une magnifique couverture qui, contrairement à ce que j'ai initialement pensé, n'est pas une illustration mais une photographie, prise à Berlin - le coeur de l'action d'Un été de trop -, puis retravaillée par la graphiste Lucie Rayser. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, une jolie jaquette veut dire beaucoup.

    J'ai également pu parcourir la revue de presse disponible sur le site de l'éditeur. J'y ai trouvé une interview de l'écrivain que j'ai particulièrement apprécié. Elle raconte avoir mis douze ans pour écrire ce roman, commencé du haut de sa vingtaine. L'auteur précise qu'il était nécessaire qu'elle "comprenne la vie, les hommes. A 21 ans, on idéalise complètement l'amour. J'avais besoin de nuances, de temps pour réaliser que les gens ne sont pas "noirs ou blancs", que c'est plus subtil". Un recul plutôt prometteur quant à la maturité de l'écriture.

    Et puis j'ai suis tombée sur le trailer du livre... Si j'ai a priori trouvé le principe de réaliser un petit film promotionnel original, j'ai rapidement déchanté. J'irais même jusqu'à dire que cette vidéo est plutôt une contre-publicité. Pour dire les choses comme je les ai ressenties à la fin du visionnage, j'ai clairement pensé que si un service de presse n'était pas mis à ma disposition, je n'aurais certainement pas acheté le livre. La mise en scène, les dialogues, le jeu des acteurs (je m'en excuse auprès de toutes les personnes ayant travaillé sur ce projet)... rien ne fonctionne et l'ensemble donne la sensation que l'on va être plongé dans un mauvais scénar de catégorie B. De quoi freiner les élans et refroidir les ambitions de découverte d'une nouvelle plume... Mais.

    Je ne saurais que conseiller aux potentiels lecteurs de ne pas regarder ce clip. Parce que n'étant pas du genre à m'arrêter à la première déconvenue, j'ai malgré tout lu le livre. Que dis-je, je ne l'ai pas simplement lu, je l'ai dévoré ! Impossible de le lâcher une fois commencé, j'y ai passé la nuit.

    Alors certes, pour en revenir aux propos initiaux, il y a quelques gaucheries. Le récit parfois se disperse, certaines pistes au fort potentiel ne sont pas ou trop peu exploitées et certains parti-pris, passablement manichéens, ont de cette naïveté propre au novice. Et pourtant.

    Oui, malgré toutes ces petites imperfections, l'histoire happe littéralement. L'apprentissage de la vie souhaité par Isabelle Aeschlimann avant de livrer un travail satisfaisant s'est révélé payant puisqu'elle nous offre une analyse fine des femmes et des hommes tels qu'ils sont amicalement, professionnellement et surtout, sentimentalement. Premières amours, mariage, liaison d'une nuit ou pour la vie, tromperie, manipulation, jalousie, désamour... Tous les jeux de séduction sont passés au crible avec un sens de l'observation pour le moins aiguisé. Les rebondissements sont nombreux, palpitants et bien que certaines bifurcations soient de temps à autres convenues, Un été de trop tient en haleine et surprend. La galerie de personnages n'est pas en reste puisqu'elle est pléthorique, aussi délicatement que cruellement réaliste. L'on s'attache ainsi à certains caractères et l'on adore en détester d'autres. C'est au final un tourbillon d'émotions sonnant profondément juste.

    Bref, le pari du premier roman est amplement réussi et laisse présager d'un avenir littéraire à surveiller de près.

    Ils en parlent aussi : Daniel Fattore, L'ivre de lire, Meelly, Marie-Hélène.

    Vous aimerez sûrement :

    Un mariage poids moyen de John Irving

    Le jeu des ombres de Louise Erdrich

    Le premier amour de Véronique Olmi

    Pastel fauve de Carmen Bramly

    Roman de l'au-delà de Matthias Politycki

    Extraits :

    Il vint s'agenouiller devant elle et enfouit son visage contre son ventre. Elle avait prévu que ce serait difficile. Qu'il ne l'accepterait pas. Il préférait qu'elle reste avec lui par pitié, plutôt qu'elle ne le quitte. Comment pouvait-on tomber aussi bas par amour ?

    ...

    Avec lui, elle n'avait jamais ressenti la plénitude de quelqu'un qui est arrivé à bon port, qui a trouvé son petit coin de paradis. Elle n'avait cessé de se demander si c'était bien lui, si leur relation ne pouvait pas être plus intense, si elle l'aimait vraiment, si, si et si. Des questions sans réponses, qui la laissaient frustrée et déboussolée.

    Il lui semblait que si elle trouvait le bon partenaire, elle ne se poserait plus toutes ces questions. Elle serait heureuse, tout simplement.

    ...

    Puis un jour, il avait fait une allusion à leur avenir et elle avait réalisé qu'elle ne l'imaginait pas avec lui. Elle voulait quelqu'un pour qui elle cultiverait une réelle fougue qui soit réciproque. Elle savait que c'était possible, elle savait que les sentiments pouvaient être intenses, obnubilants, vivifiants. En allemant, la "passion" se traduit par "Leidenschaft" et le verbe "leiden" signifie littéralement "souffrir". Je préfère aimer intensément et souffrir plutôt que de végéter en sécurité dans un couple dans lequel les émotions ne décollent pas du sol.

    ...

    Heureuse et épanouie, elle s'évertuait à pimenter sa relation en cherchant continuellement de nouvelles idées ou de nouveaux scénarios amoureux. A son sens, aimer était un art qui ne se prenait pas à la légère et méritait qu'on y investisse une grande part de son énergie.

    ...

    Le destin n'est pas une question de chance. C'est une question de choix : il n'est pas quelque chose qu'on doit attendre, mais qu'on doit accomplir.

    William Bryan

    ...

    Il fallait qu'il lui parle. Il n'avait rien à perdre. Oui, il fallait qu'il la retrouve et qu'il s'en prenne plein la figure. Il constaterait que ses souvenirs n'étaient qu'illusions et fantasmes, et il serait libéré de son passé qui s'obstinait à reprendre une place dans le présent.

    ...

    A l'époque de l'adolescence, on possède une sensibilité si exacerbée qu'on oscille sans cesse dans les émotions extrêmes. C'était épouvantablement éprouvant ! D'autant plus que le premier amour occupe une place spéciale dans la mémoire d'une vie, puisque c'est la découverte de quelque chose d'énorme, d'inconcevable auparavant.

    (...) Comme notre mémoire magnifie sélective magnifie ces anciens sentiments, on pense qu'on ne vivra jamais plus une histoire aussi forte. Elle devient exceptionnelle, inégalable.

    ...

    Elle s'en voulait d'avoir craqué, de l'avoir supplié. Elle avait inspiré de la pitié. Il n'y avait rien de plus efficace comme tue-l'amour. Elle ne se reconnaissait plus et se détestait.

    ...

    Elle ne savait pas quoi faire d'elle. Elle ne parvenait ni à se plonger dans un livre, ni dans un film et encore moins à être productive avec un pinceau. Elle ne pouvait qu'attendre que les minutes s'égrènent, traînantes et taquines.

    Elle se sentait nerveuse, coupable et heureuse.

  • Roman de l'au-delà de Matthias Politycki

    roman de l'au-delà.jpgEditions Jacqueline Chambon - 134 pages

    Présentation de l'éditeur : Il est parfois des matins où l’air déjà tiédi, la lumière dorée augurent bien de la journée. C’est ainsi que le Pr Schepp, entrant dans son bureau d’humeur joyeuse, reste figé d’effroi en découvrant, assise à sa table de travail, sa femme immobile, inanimée, morte. Une mort qui le ramène quarante ans en arrière, à l’époque de leurs fiançailles. Influencés sans doute par le tableau d’Arnold Böcklin, ils avaient fait un serment : le premier qui mourrait attendrait l’autre sur le rivage, afin de rejoindre ensemble l’Île des morts. Mais à mesure que les heures passent, alors que déjà les ombres s’allongent et qu’une odeur douceâtre envahit sournoisement la pièce, le professeur, toujours plongé dans le manuscrit que corrigeait son épouse, découvre, atterré, une femme tout autre qu’aimante, une étrangère. Qui ne l’attendra plus dans l’au-delà.

    Voilà ce que j'appelle un roman époustouflant. Dans ce conte onirique où se mêlent l'étrange et l'inquiétant, Matthias Politycki nous conduit, avec une infinie poésie et un soupçon de cruauté, sur des sentiers métaphysiques au frontière de la folie.

    Impossible pour le lecteur de ne pas se laisser surprendre en permanence par la narration atypique, la structure gigogne des intrigues aux rebondissements aussi incessants qu'inattendus et le dénouement imprévu et pour le moins déroutant. Ce grand final prêtera d'ailleurs à interprétation selon les lecteurs, mais je n'en dis pas plus...

    Au fil de cet étonnant récit, l'on s'interroge sur l'amour, la mort, la réalité telle qu'on la perçoit et telle qu'elle est vraiment et les mensonges que l'on se fait à soi-même et aux autres pour ne pas bouleverser l'existence. Mais ne l'est-elle pas, ne doit-elle pas l'être de toute façon ? Et peut-on vraiment connaître ceux avec qui l'on partage notre existence ou n'en a-t-on jamais qu'une représentation qui nous arrange ?

    De quoi soulever bien des questions, chercher bien des réponses et surtout, vous mettre un brin mal à l'aise. Un roman singulier qui sort résolument du lot.

  • Les grandes découvertes de Jacob de Christophe Hein

    les grandes découvertes de jacob.jpegEditions Castor Poche Flammarion - 318 pages

    Présentation de l'éditeur : Jacob est un garçon très occupé. Il a des idées bien arrêtées sur le comportement des adultes. Il est entouré d'amis plutôt étonnants ! Il y a Broutou, l'âne, qui ne sait pas grand-chose mais qui pense beaucoup, le Faux-Prince, pianiste virtuose au pouvoir merveilleux, Petite-Plume d'Aigle, l'inventeur presque génial, et aussi Cathy qui adore les chevaux et Panadel le clochard qui connaît Paris comme sa poche. Ensemble, les six amis vivent de folles aventures, possibles et impossibles...

    Avertissement : livre issu de l'exhumation de ma bibliothèque d'enfant ; disponible uniquement d'occasion.

    Ce roman jeunesse est un vrai petit bonheur pour les enfants capables de lire seuls et en mesure d'appréhender le second degré. Au gré des aventures de Jacob et de sa bande de drôles d'amis, de nombreux jolis messages sont délivrés avec beaucoup de fantaisie et de poésie : l'importance de l'amitié, le caractère non honteux de l'amour, le pouvoir et la beauté de rêver, de communiquer, la chance et non le ridicule de la différence... En somme, il s'agit dun livre intelligent mais aussi propice au développement de l'imagination puisque le fantasque et le farfelu sont loin d'être exclus.

    Comme le révèlent certaines citations ci-dessous, ce livre mérite aussi d'être parcouru par les grandes personnes qui ont par trop perdu leur âme d'enfant et/ou qui ont tendance à oublier que les petits d'hommes sont aussi des personnes à part entière, qui ont des sentiments, des idées, des personnalités, des caractères... qui ont besoin d'être écoutés, entendus, considérés.

    Un joli moment de lecture qui favorise l'évasion, la détente, le développement, la douceur, bref, l'émission d'ondes positives.

    Extraits :

    Devant lui, dans l'herbe, était étendu un homme tout déguenillé. Il avait un manteau tout reprisé. Ses poches étaient bourrées à craquer, et il avait sur la tête un chapeau tout cabossé orné d'une fleur de coquelicot.

    C'était Panadel le clochard.

    Les clochards vivent partout dans le monde. Ils sont partout chez eux. Ils n'ont pas d'argent. Ils ne possèdent rien, pas même un peigne. Rien que quelques chiffons. Mais ça leur est égal. Ils n'ont besoin de rien. Simplement ils n'ont qu'une envie : ils veulent vivre et être libres. Ils aiment se promener toute la journée, se coucher dans l'herbe et se dorer au soleil. Ils sont tout le temps en vacances. Si vous leur parlez, ils vous diront qu'ils sont les rois de la terre. Il y a quelque chose de vrai dans ce qu'ils disent.

    ...

    - Quand on veut absolument arriver à quelque chose et qu'on s'en donne la peine, on y arrive. Même si on n'y comprend rien et que personne ne veut y croire.

    ...

    - C'est pourtant la vérité. Tous ces adultes, tous ces hommes, toutes ces femmes, que tu connais, ont un jour été de petits garçons et de petites filles. Ils ont été aussi grands que toi, aussi courageux, aussi peureux. Ils ont eu des amis gentils et méchants. Ils ont ri. Ils ont pleuré. Il leur est arrivé parfois de se sentir bien seuls.

    Jacob me regarda.

    - Alors, dis-moi pourquoi presque tous les adultes font toujours semblant d'être depuis toujours de grandes personnes ?

    - Je ne sais pas Jacob.

    - Ils font comme s'ils avaient toujours su tout faire.

    - Je sais, répliquai-je, mais ils n'ont pas toujours été comme ça. Il leur est arrivé de montrer qu'ils ne savaient pas tout faire. Ils ont adoré passer la journée à rêvasser. C'était il y a bien longtemps. On a peine à y croire, et c'est pourtant la vérité. Et c'est vrai qu'il est parfois difficile de croire à la vérité. Je n'y peux rien, c'est comme ça.

    ...

    - Je crois qu'il faudrait que les adultes rient ou pleurent un peu plus souvent. Malheureusement beaucoup ont oublié qu'ils ont été jeunes un jour. Et c'est très grave. Ca fait qu'ils sont incapables de comprendre les enfants. Ils les grondent, leur parlent méchamment. Ils savent tout juste dire : fais ci, fais ça, touche pas à ça ! Arrête ! Comme si on avait le droit de traiter les enfants comme des chiens.

    Jacob me regarda. Que pouvais-je ajouter ? Il avait raison. Les adultes qu'il décrivait existent. Heureusement qu'il y en a d'autres qui n'ont pas oublié qu'ils ont un jour été enfants. Si l'on fait une bêtise, ils se mettent à rire et disent : "Allez, ce n'est pas grave, ça peut arriver à tout le monde. Pour un perdu, deux retrouvés." Ce sont les plus gentilles personnes.

    ...

    - C'est-à-dire, euh, que, euh, qu'il fait faire des sacrifices pour son métier. L'un te promet monts et merveilles. L'autre te trompe. Tout ça, ce sont des sacrifices et des devoirs. Tu ne peux pas imaginer les bêtises que les gens sont obligés de faire pour exercer leur métier.

    ...

    Jamais un rêve n'est trop grand. Il rentre partout, même dans la plus petite chambre d'enfant. Il n'appartient qu'à moi, et je ne le perdrai jamais.

    ...

    Il n'y a contre l'amour aucune médication possible. Et les amours malheureuses sont des cas désespérés.

    ...

    - Tu me plais.

    - Oh ! j'en suis heureux, dis-je, et puis-je savoir pourquoi ?

    - Parce que tu t'es rendu compte que tu me dérangeais et que tu es parti aussitôt. La plupart des adultes savent faire la remarque quand les enfants les dérangent, mais ils sont incapables de se rendre compte qu'ils peuvent aussi déranger les enfants.

  • Marthe et Mathilde de Pascale Hugues

    Editions des Arènes - 305 pagesculture,littérature,livre,biographie,guerre,allemagne,france

    Présentation de l'éditeur : Elles s'appelaient Marthe et Mathilde. Elles sont nées la même année. L'une était française et l'autre allemande. Elles ont grandi en Alsace, avant la Première Guerre mondiale. Très vite, elles sont devenues inséparables. Premiers émois, mariage, épreuves, enfants... Deux guerres ont tenté de les diviser. Quand l'une était dans le camp des vainqueurs, l'autre était rejetée dans celui des vaincus. Leur amitié a survécu à tout. L'âge venant, elles ont trouvé la paix. Devenue journaliste, leur petite-fille raconte. Marthe et Mathilde est le récit exceptionnel d'une amitié au long cours, qui nous plonge dans l'Histoire de l'Alsace, et des grandes déchirures entre la France et l'Allemagne. Un livre qui montre qu'il est toujours possible de dépasser la haine entre les peuples.

    Quand une magnifique histoire d'amitié nous en apprend sur l'Histoire d'une Alsace particulièrement affectée par les conflits entre l'Allemagne et la France de la fin du XIXe à la Seconde Guerre Mondiale, on obtient un livre passionnant et instructif. Si l'on garde à l'esprit qu'il s'agit tout de même moins d'un ouvrage historique que d'un témoignage émouvant d'une petite-fille à propos de ses deux grands-mères qui se sont connues de l'aube jusqu'au soir de leurs existences, l'on ne peut qu'être enchanté et quelque peu envieux d'une si belle amitié. La vie de ses deux femmes aussi différentes que complices sont un témoignage fascinant sur le concept d'âme soeur au sens le plus noble et le plus inébranlable du terme mais également sur l'évolution des moeurs au fil du XXe siècle. L'auteur peut être fière de la matière et des valeurs fournies par ses ancêtres, qui elles-mêmes, où qu'elles soient désormais, peuvent se réjouir d'avoir laissé une telle empreinte dans leur famille. Une lecture définitivement enrichissante à bien des points de vue.

  • Rentrée littéraire : L'histoire de l'Histoire d'Ida Hattemer-Higgins

    A paraître le 31 août 2011ida-hattemer-higgins-rentree-litteraire-flammarion.jpg

    Editions Flammarion - 396 pages

    Présentation de l'éditeur : Margaret, jeune femme torturée, se retrouve un jour déguenillée, tremblante et complètement perdue, en lisière de forêt aux alentours de Berlin. Elle n'a plus aucun souvenir, ni de la veille, ni des mois précédents. Deux ans plus tard, la jeune femme commence à avoir d'inquiétantes hallucinations : elle voit Berlin déformée, personnifiée. Des fantômes d'anciens nazis apparaissent aux balcons, les immeubles deviennent des formes de chair, d'os et de sang, un faucon à tête de femme la guette d'un air menaçant... Ida Hattemer-Higgins nous parle de l'amnésie, du défaut de mémoire, qu'il soit individuel ou national. Elle nous parle d'oubli, de déni, de mythes et de rédemption. Un premier roman inoubliable, écrit par une jeune femme prodigieusement douée.

    L'auteur a mis pas moins de quatre années pour venir à bout de ce premier roman. On le comprend aisément à sa lecture tant l'histoire est élaborée. Par le prisme de l'Histoire, l'auteur nous parle de ces histoires individuelles de mémoire, de culpabilité.

    J'ai tout d'abord abandonné très rapidement ma lecture, déroutée par le caractère semi-fantastique de la narration. Puis, adepte de la seconde chance, j'ai repris la tâche pour n'avoir plus qu'une envie, celle d'avoir le fin mot de cette sorte de conte métaphorique. Malgré quelques longueurs sur la fin de l'ouvrage - toujours du fait du récit fantastique -, j'ai vraiment apprécié ce livre que je ne peux comparer à aucune autre de mes lectures et qui donne un éclairage tout-à-fait audacieux sur cette ère sombre de l'Histoire que fut le Nazisme et tout ce qu'il a engendré (ou plutôt anéanti).

    La présence assez importante du personnage de Magda Goebbels - dans un portrait fantastique, encore - m'a permis de découvrir et de m'intéresser à cette femme et à ses revirements amoureux pour le moins radicaux. J'en ressort avec l'envie de lire un roman qui avait échappé à ma sélection malgré de nombreuses chroniques : Qui a tué Arlozoroff ? de Tobie Nathan.