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actu

  • Dégénération

       Un criminel en puissance de 17 ans (un certain Mathieu), déjà impliqué dans une affaire de viol en 2010, peut s'inscrire dans un établissement scolaire (le collège Cévenol de Chambon-sur-Lignon) où il détecte sa prochaine proie (Agnès Marin), la viole et la tue dans des conditions déclarées atroces par les légistes, sans qu'a priori personne dans la commune ne soit informé du danger rôdant à proximité.

       Un parti politique français (le PS), en pleine période pré-électorale et non des moindres puisqu'il s'agit de la présidentielle, ne prononce pas catégoriquement le renvoi pur et simple d'un de ses plus célèbres représentants (Dominique Strauss-Kahn alias DSK) qui, après la tourmente de l'affaire Nafissatou Dialo aux Etats-Unis, a été non condamné grâce à la prescription pour tentative d'agression sexuelle avérée sur la personne de Tristane Banon.

       Un président de la République française (Nicolas Sarkozy Ier) peut prendre une chambre d'hôtel à 37 000 euros la nuit (selon le sensationnaliste The Sun) qui n'en vaudrait "que 3 500" (!) (selon Franck Louvrier, conseiller en communication - à n'en pas douter honnête et impartial - de l'Elysée) pendant un G20 consacré à la crise mondiale et au naufrage de la zone euro, alors même qu'il demande aux Français, surtout les plus modestes comme toujours, de se serrer la ceinture très fort, de perdre leur emploi (plan social annoncé de la BNP pour n'en citer qu'un) et de payer plus d'impôts pour payer la dette des Grecs qui, eux, n'en payent pas et ne comptent pas changer cet état de fait, et malgré tout, gagner des points dans les sondages.

       Deux connards (un certain Jacquard et un certain Saïdi) peuvent empêcher leur voisinage (dont moi) de dormir pour cause de tapage récurrent, peuvent menacer verbalement et physiquement, injurier racialement (mon compagnon doudou des îles) et harceler par des déménagements nocturnes, des martèlements au sol (les voisins du dessous étant évidemment ma moitié et bibi) et des coups de pieds violents tout au long de la nuit dans la porte d'entrée des deux seuls voisins (mézigue et mon conjoint), terrorisés commes les autres, mais qui sont les seuls à contacter les pseudo-forces de l'ordre et le syndic, sans que rien ne puisse être fait contre eux. Parce que tant qu'il n'y a pas de sang, les flics ne peuvent rien faire. Dura lex, sed lex. Parce que le syndic-bailleur se contente de courriers "de plus en plus fermes" (sic) pour résoudre le problème. Parce que la loi précise que la seule chose à faire est de ne pas renouveler le bail de ces individus ; bail de 3 ans donc et individus arrivés depuis trois mois à peine.

       Un homme (Frédéric Matwies) peut battre, brûler avec des cigarettes et faire manger des crottes de lapin à sa compagne et mère de ses deux filles pendant dix ans, finir par tenter de la poignarder et s'en sortir avec trois mois de sursis, une obligation de soins, la garde de ses filles et la possibilité de gagner de l'argent en écrivant un livre sur sa vie de malade (minable). Il y avait un monstre en moi aux Editions Michalon.

       Des millions de gens sont copains commes cochons, s'embrassent à qui mieux mieux quand l'équipe de France gagne un match de foot (la finale de la Coupe du Monde 1998) mais personne n'est assez solidaire pour partager ne serait-ce que sa bouffe pour régler le problème de la faim dans le monde alors que les ressources sont suffisantes.

    Une liste non exhaustive du monde dans lequel on vit. Un pays, des représentants, une justice, des hommes qui marchent cul par-dessus tête, où l'honnête citoyen n'est plus protégé et n'a aucun moyen de se défendre. Je suis la seule à être fed up ou quoi ?

  • Mon droit de réponse à L'Yonne Républicaine

    Figure-toi que je suis une star. Dix-huit mois passés en pleine cambrousse et déjà deux passages dans le journal local !

    Si mon premier passage visait à illustrer un article sur les nouvelles tendances de l'après-Noël à savoir la manie d'échanger ou d'e-bayiser ses cadeaux, mon second portait sur l'événement du week-end ; non pas le vrai event pop que constituait le mariage princier de Will and Cate mais le bienbonheur de Jipitou.

    Et bien cette deuxième expérience d'avec la presse du coin (oserai-je dire du petit coin tellement on s'y em... bête ?) me laisse davantage bouche bée que béate.

    Pour comprendre pourquoi, comparons l'interview comme elle s'est passée et l'article tel qu'il a été (ré)écrit.

    L'interview :

    Des questions sur les livres consacrés à Jean-Paul II.

    Des réponses sur les livres consacrés à Jean-Paul II.

    - Et vous, que pensez-vous de la béatification de l'ancien pape ?

    Regard lourd de sens quant à mon désintérêt le plus total sur le sujet.

    - Un sondage tendrait à exprimer l'opinion selon laquelle plus de 60 % de personnes préféraient Jean-Paul II à Benoît XVI, le trouvaient plus sympathique. Et vous ?

    - Oeil qui frise. Sourire en coin. Certes, il avait l'air moins obtu mais après tout, les gens ne se mettent-ils pas à regretter Chirac (hem) depuis qu'ils récoltent Sarkozy ? N'y a-t-il pas une tendance à la cristallisation ?

    - Heu... Vous n'êtes pas croyante ?

    - Bouarf... Disons que ça m'arrangerait qu'on se réincarne ou qu'on se retrouve dans un petit coin, pas un où l'on s'em... bête, un où l'on ne prend que du bon temps. Mais je n'ai aucune certitude.

    L'article (qui OSE les guillemets) :

    "Moi, cela ne me fait rien, je ne me sens pas concernée par ce week-end. On cherche à le mettre en avant par rapport au pape actuel, explique Charlotte, athée. C'est comme aujourd'hui en politique où les gens disent qu'ils aiment plus Jacques Chirac que Nicolas Sarkozy."

    Je trouve que cette reformulation qui m'est attribuée alors qu'il n'en est rien me donne un air "jeunesse UMP-JMJ qui adhère totalement à sa nouvelle idole Benito Croivébaton". Pour une interview donnée sur la tonalité incontestablement gaucho-anti-cléricale, je trouve ça énorme.

    Lourde d'évidence sur la qualité de l'information en générale qui nous est délivrée.

    Mais je prends le parti d'en rire pour cette fois-ci. Hors de question que le moindre grain de sable se glisse dans les rouages de ce week-end mémorable. Encore une fois, crions nos louanges au vrai héros du jour :

    Wiiiiiiiiiilllll,  marry me !

    ...

    Shit, too late...

  • Potiche de François Ozon

    potiche.jpgDurée : 1 h 43

    Avec : Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Fabrice Luchini, Judith Godrèche, Karin Viard, Jérémie Renier...

    Synopsis : En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l’épouse popote et soumise d’un riche industriel Robert Pujol. Il dirige son usine de parapluies d’une main de fer et s’avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu’avec ses enfants et sa femme, qu’il prend pour une potiche. À la suite d’une grève et d’une séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l’usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d’action. Mais lorsque Robert rentre d’une cure de repos en pleine forme, tout se complique…

    Voilà un film incontestablement générationnel déconseillé au moins de 30 ans à qui il ne parlera pas vraiment. Pour les autres, quel régal ! Les répliques, les décors, les musiques... Tout est un voyage dans ce passé pas si lointain, dont on est nostalgique même si l'on se réjouit qu'il soit, pour certains aspects (malheureusement pas toujours), révolu.

    La complicité de jeu de Deneuve et Depardieu ne peut que rappeller Le dernier métro qui les réunissait il y a 30 ans. Leurs prestations exceptionnelles sont acompagnées d'autres non moins remarquables, notamment celles de Luchini en vieux réac' et de Viard en secrétaire. On rit, on pleure. Un p'tit bonheur.

  • Les prix littéraires 2010

    Prix Goncourt : La carte et le territoire de Michel Houellebecq

    Prix Renaudot : Apocalypse bébé de Virginie Despentes

    Prix Fémina : La vie est brève et le désir sans fin de Patrcik Lapeyre

    Prix Fémina étranger & Prix Fnac : Purge de Sofi Oksanen

    Prix Médicis : Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal

    Prix Médicis étranger : Sukkwan Island de David Vann

    Prix de l'Académie Française : Nagasaki d'Eric Faye

    Prix France Télévisions : Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari

    Prix Interralié : le 16 novembre

    Prix Décembre : le 9 novembre

  • Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra

    Editions Julliard - 148 pageshirondelles kaboul.jpg

    Présentation de l'éditeur : Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...

    Je découvre, enfin, la plume de Yasmina Khadra (de son vrai nom Mohamed Moulessehoul). Il semblerait d'ailleurs que nous soyons de nombreux lecteurs à avoir fait connaissance avec cet auteur cet été par le biais de ce titre ; merci l'opération Pocket.

    C'est un livre puissant, qui nous plonge de façon quasi poétique dans un monde devenu fou. L'on suit la "normalité" quotidienne de différents Kaboulis. Le récit des événements les laisse presque passer pour anodins. Sauf que c'est l'horreur qui est évoquée. Et c'est sans doute cette narration ambivalente qui ne nous donne "que" la nausée.

    Car la vérité, c'est que ce livre ne cesse de nous rappeler ce que l'on veut trop facilement oublier, qu'il est des réalités qui donnent encore et toujours envie de vomir et de pleurer sans s'arrêter. Il semble que cette évocation de la triste évidence de notre monde soit la marque de fabrique de l'auteur. C'est la raison pour laquelle, malgré son talent, je ne peux que conseiller de le lire au compte-gouttes sous peine de déprime sévère.

    Ils en parlent aussi : Liyah, Mimi, Sophie...

    Extrait :

    - Mon épouse est malade. (...) Je l'accepte pleinement, avec une infinie dévotion, sauf que je suis seul et désemparé. Je n'ai personne pour m'assister.

    - C'est pourtant simple : répudie-la.

    - Elle n'a pas de famille, rétorque naïvement Atiq, loin de remarquer le mépris grandissant qui envahit le faciès de son ami visiblement horripilé de devoir s'attarder sur un sujet aussi dévalorisant. Ses parents sont morts, ses frères sont partis, chacun de son côté. Et puis, je ne peux pas lui faire ça.

    - Et pourquoi pas ?

    - Elle m'a sauvé la vie, rappelle-toi.

    Mirza rejette le buste en arrière, comme pris au dépourvu par les arguments du gardien. Il avance les lèvres, penche la figure sur une épaule de manière à surveiller de biais son interlocuteur.

    - Niaiseries ! s'écrit-t-il. Dieu seul dispose de la vie et de la mort. Tu as été blessé en combattant pour Sa gloire. Comme il ne pouvait pas envoyer Gabriel à ton secours, il a mis cette femme sur ton chemin. Elle t'a soigné par la volonté de Dieu. Elle n'a fait que se soumettre à Sa volonté. Toi, tu as fait cent fois plus pour elle : tu l'as épousée. Que pouvait-elle espérer de plus, elle, de trois ans ton aînée, à l'époque vieille fille sans enthousiasme et sans attrait ? Y a-t-il générosité plus grande, pour une femme, que de lui offrir un toit, une protection, un honneur et un nom ? Tu ne lui dois rien. C'est à elle de s'incliner devant ton geste, Atiq, de baiser un à un tes orteils chaque fois que tu te déchausses. Elle ne signifie pas grand chose en dehors de ce que tu représentes pour elle. Ce n'est qu'une subalterne. De plus, aucun homme ne doit quoi que ce soit à une femme. Le malheur du monde vient justement de ce malentendu.

    Soudain, il fronce les sourcils :

    - Serais-tu fou au point de l'aimer ?

    - Nous vivons ensemble depuis une vingtaine d'années. Ce n'est pas négligeable.

    Mirza est scandalisé, mais il prend sur lui et essaye de ne pas brusquer son ami d'enfance.

    - Je vis avec quatre femmes, mon pauvre Atiq. La première, je l'ai épousée il y a vingt-cinq ans ; la dernière il y a neuf mois. Pour l'une comme pour l'autre, je n'éprouve que méfiance car, à aucun moment, je n'ai eu l'impression de comprendre comment ça fonctionne, dans leur tête. Je suis persuadé que je ne saisirai jamais tout à fait la pensée des femmes. A croire que leur réflexion tourne dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Que tu vives un an ou un siècle avec une concubine, une mère ou ta propre fille, tu auras toujours le sentiment d'un vide, comme un fossé sournois qui t'isoles progressivement pour mieux t'exposer aux aléas de ton inadvertance. Avec ces créatures viscéralement hypocrites et imprévisibles, plus tu crois les apprivoiser et moins tu as de chances de surmonter leurs maléfices. Tu réchaufferais une vipère contre ton sein que ça ne t'immuniserait pas contre leur venin.