Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/10/2012

Rentrée littéraire : La Déesse des petites victoires de Y. Grannec

Editions Anne Carrière - 469 pagesla déesse des petites victoires.jpg

Présentation de l'éditeur : Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle. Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique. Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer. Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.

Merci aux éditions Anne Carrière et Pocket de m'avoir offert l'opportunité de lire ce livre.

Si j'avais pu, j'aurais comme Colin dans L'écume des jours taillé au coupe-ongles mes paupières, non pas pour donner du mystère à mon regard mais pour lutter contre le sommeil et ainsi lire La Déesse des petites victoires d'une traite. Tout est dit : ce roman, qui est le premier de l'auteur, est en un mot comme en cent é-pous-tou-flant ! Seule la fatigue m'a contrainte à le lâcher et je n'ai qu'un seul regret, celui de l'avoir fini aussi rapidement.

J'en ressort aussi abasourdie qu'à la lecture du Club des incorrigibles optimistes ou de La Couleur des sentiments. Yannick Grannec, graphiste et illustratrice de métier, démontre aussi brillamment que Guenassia et Stockett le théorème selon lequel il faudrait définitivement que la rentrée littéraire accorde plus grande place à la découverte de nouveaux auteurs, plutôt que de se concentrer sur les vieux de la vieille qui n'en ont nul besoin. La maturité de l'écriture de Grannec, qui en est pourtant à son coup d'essai, est tellement sidérante que je m'observe à user et abuser de superlatifs tant cette lecture me laisse littéralement bouche bée.

La Déesse des petites victoires est plusieurs livres en un. Il est le roman narrant la mission d'une documentaliste, Anna, en charge de récupérer les archives de l'illustre mathématicien Kurt Gödel auprès de sa veuve Adèle. Il est également dans une certaine mesure la biographie de l'improbable couple Gödel. Il est aussi le roman historique d'une époque, nous menant de l'Autriche menacée par la montée du nazisme aux Etats-Unis, sur les pelouses de Princeton, où se côtoient nombres de sommités scientifiques exilées - Einstein, Oppenheimer, Pauli, von Neumann... - confrontées au McCarthysme. Il est enfin et surtout un formidable portrait de femmes puissantes qui, malgré leurs failles, plient mais ne rompent pas, tel le roseau. Ce livre est avant tout en leur honneur - c'est du moins ce que j'ai ressenti.

Le récit alterne entre les rencontres hautes en couleur de la jeune Anna d'avec l'acariâtre Mme Gödel et les souvenirs de cette drôle de vieille bonne-femme. De l'amitié naissante entre ces deux générations de femmes aux errances amoureuses d'Anna, en passant bien évidemment par l'existence pour le moins particulière du génie logicien et de son épouse, Yannick Grannec nous fait passer par toutes les émotions : du rire aux larmes, de la révolte à l'attendrissement ou encore de l'incompréhension à l'empathie. Je dois bien avouer que certains dialogues scientifico-philosophiques entre les grandes figures mathématiques ou physiques en présence ont, malgré leur simplification qui ne manquera pas de faire tourner de l'oeil aux spécialistes, échappé à mon entendement. Ce ne sont que quelques pages et pourtant, quel plaisir de les lire !

Sous couvert de présenter la vie d'un génie, l'auteur met en évidence la théorie selon laquelle derrière chaque grand homme se cache une femme. Et c'est à cette femme, Adèle Porkert, davantage qu'au grand Kurt Gödel, que l'auteur rend un vibrant hommage. L'écrivain prouve que la sagesse et le bon sens de l'inculte petite Autrichienne n'a rien à envier aux plus grands esprits et que l'abnégation dont elle fit preuve sa vie durant méritait bien des mémoires. Malgré des "licences poétiques" certaines, des "facilités narratives" incontestables, des "entorses à la réalité" évidentes, un vent de crédibilité souffle sur le fabuleux roman de Yannick Grannec.

Pour conclure, je me permettrais d'énoncer ma vérité mathématique très relative. Ne cherchez pas de logique, partons simplement de l'axiome selon lequel cette équation ne peut-être récusée dans mon système subjectif.

La Déesse des petites victoires / Yaℕℕick Graℕℕec = { romance, sciences, histoire } = "tricotage (faits objectifs + probabilités subjectives)" = ∞ best-seller!

Si avec ça, l'indécidabilité de l'achat de ce livre demeure, vous n'avez rien compris à la démonstration. Passer à côté de ce page turner est une grossière erreur de calcul, le reste n'est que conjecture.

Extraits :

Il y a deux voies de diffusion de la lumière : être la bougie ou le miroir qui la reflète.

Edith Wharton

...

Être amoureux, c'est se créer une religion dont le dieu est faillible.

Jorge Luis Borges

...

En ce temps-là, on entendait tout au plus cette prière dans la loge des danseuses : "Marie, vous qui l'avez eu sans le faire, faites que je le fasse sans l'avoir !"

...

J'en restais à ma logique personnelle. Plus c'est gros, plus ça fonctionne. La vanité des hommes les rend sourds, mais bavards. Etape numéro un : le laisser vous expliquer sa vie.

...

Cet automne, elle pourrait enrichir d'une nouvelle entrée sa liste noire des tâches idiotes : chercher le début d'un rouleau de scotch ; faire la queue à la banque ; choisir la mauvaise caisse au supermarché ou rater la sortie d'autoroute. Attendre Adèle. La somme des petits bouts de temps gaspillés et des retards des autres est égale à une vie perdue.

...

Il y a 10 sortes de personnes. Ceux qui comprennent le binaire. Et les autres.

...

"L'espériences la plus belle et la plus profonde que l'on puisse avoir est le sentiment de mystère." (Albert Einstein)

...

Je me suis gardé de faire de la vérité une idole, préférant lui laisser son nom plus humble d'exactitude.

Marguerite Yourcenar

...

- Charles Darwin dit que les mathématiciens sont des aveugles cherchant dans une pièce sombre un chat noir qui n'existe pas.

...

- Parfois, les idées les plus compliquées progressent quand on tente de les énoncer simplement.

...

Il disait : "Plus je pense au langage, plus je suis stupéfié que les gens parviennent à se comprendre." Il n'était, lui-même, jamais approximatif. Dans ce monde de beaux parleurs, il préférait le silence à l'erreur. Il aimait l'humilité face à al vérité. Il possédait cette vertu en quantité toxique ; craignant un faux pas, il en oubliait d'avancer.

...

Si la nature ne nous avait faits un peu frivoles, nous serions très malheureux ; c'est parce qu'on est frivole que la plupart des gens ne se pendant pas.

Voltaire

...

L'amour, c'est que tu sois pour moi le couteau avec lequel je fouille en moi.

Franz Kafka

...

Lorsqu'un homme de génie parle de difficulté, il veut tout simplement dire l'impossible.

Edgar Allan Poe

...

- Le Nobel de mathématiques n'existe pas. La femme de Nobel le trompait avec un mathématicien.

- Mythologie ! En réalité, le Nobel récompense des travaux ayant apporté le plus grand bénéfice à l'humanité.

- Les mathématiques n'en apportent pas, Herr Einstein ?

- Je me pose encore la question, Adèle.

...

- Pour ne pas se regarder le nombril, il faut en trouver un autre à contempler. Et on n'a jamais dégotté de mieux qu'un jules dans l'affaire !

...

Il est si facile de manipuler les foules en les nourrissant de fausses évidences.

...

"Pourquoi la bonne musique devrait-elle être dramatique ou la bonne littérature bavarde ?"

...

L'hypothèse de la liberté est plus importante que son usage. L'Amérique m'avait offert cette leçon de démocratie pragmatique : ne donnez pas aux gens le choix, mais la possibilité de choisir. Cette potentialité nous est nécessaire et bien suffisante. Peu d'entre nous tolèrent le vertige de la pure liberté.

...

En choisissant de le suivre, j'avais dû abandonner le confort de l'ignorance. J'en avais la volonté, pas la capacité. J'ai compris très tard que la tentation métaphysique ne s'embarrasse pas de religions ou de frontières, de genres ou de cultures ; elle est allouée à tous, mais le luxe de sa jouissance n'en est offert qu'à certains.

Que valaient leurs acrobaties philosophiques en regard du quotidien ? S'ils avaient été capables d'écouter, je leur aurais donné mon avis. Moi, je connaissais l'ordre du temps : dans l'enchaînement des points d'un ourlet, à la vaisselle lavée et rangée, dans l'alignement des piles de linge, repassé, à la cuisson parfaite d'une tarte qui embaume. Quand vous avez les mains dans la farine, rien ne peut vous arriver. J'aimais l'odeur de la levure, celle d'un ordre fertile. Je croyais en cet ordre de la vie à défaut de lui donner un sens.

Mon mari interrogeait les étoiles ; moin j'avais déjà un univers bien ordonné. Un tout petit, certes, masi à l'abri, sur cette terre. Ils me laissaient me battre seule contre l'entropie. La belle affaire ! Si les hommes passaient plus souvent le balai, ils seraient moins malheureux.

...

- L'expérience ne peut remplacer les fulgurances de la jeunesse.

...

La colère vous purge. Mais qui peut la vivre à long terme ? La colère rentrée vous consume. Puis elle finit pas s'échapper par petits pets fielleux qui ne font qu'empuantir un climat déjà délétère. Que faire de toute cette colère ? A défaut, certains la font rejaillir sur leur progéniture. Je n'avais pas cette malchance. Je la réservais donc aux autres : aux fonctionnaires incompétents ; aux politiciens véreux ; à l'épicière tatillonne : à la coiffeuse intrusive ; à la météo ingrate ; à la face de fesses d'Ed Sullivan. A tous les empoisonneurs dont je n'avais rien à faire. J'étais devenue une mégère par mesure de sécurité. Je ne m'étais jamais mieux portée. Dorénavant, quand mon baromètre indiquait trop de pression intérieure, je partais en voyage. J'ai pratiqué cet art de la fugue jusqu'à ce que la vieilliesse me spolie de cet exutoire.

...

"Chère postérité, Si vous n'êtes pas devenue plus juste, plus pacifique, et, d'une façon plus générale, plus rationnelle que nous le sommes (ou nous l'étions), eh bien, que le diable vous emporte. Ayant, avec respect, émis ce voeu pieux, je suis (ou étais) votre serviteur."

Albert Einstein

...

Ô mathématiques saintes, puissiez-vous, par votre commerce perpétuel, consoler le reste de mes jours de la méchanceté des hommes et de l'injustice du Grand-Tout !"

Lautréamont

...

Le malheur n'est pas si effroyable lorsqu'il s'installe en douceur. Il anesthésie ; il engourdit vos sens pour pouvoir emménager incognito. (...) L'intimité rend aveugle à la folie ; elle la nie. La folie est un désordre insidieux. Elle détruit sans éclats, en un long dérèglement, jusqu'à la crise de trop, celle où la réalité attaque le déni et vous dépouille de tout ce que vous pensiez pouvoir protéger. Et les autres de crier alors : "Pourquoi n'avez-vous rien fait ?"

...

- Je ne crois pas au diable. Seulement en la lâcheté collective. C'est la qualité humaine la mieux partagée, avec la médiocrité. Et je me place dedans, n'en doutez pas !

13:48 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Littérature française, Livre, Première oeuvre, Roman, Science | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | Pin it!

17/09/2012

Un anthropologue en déroute de Nigel Barley

Editions Payot - 261 pagesun anthropologue en déroute.jpg

Présentation de l’éditeur : Pourquoi diable Nigel Barley s’est-il mit un jour en tête de devenir anthropologue ? Pour sa thèse il avait choisi les Anglo-Saxons mais, tout plan de carrière impliquant une mission d’étude, c’est finalement une modeste tribu montagnarde du Nord-Cameroun, les Dowayo, qui lui échoit. Une sinécure ? Si l’on veut… Non que les Dowayo se montrent hostiles, mais insaisissables plutôt, et imprévisibles. Barley se voit transformé tour à tour en infirmier, banquier, chauffeur de taxi, exploité jusqu’à l’os par une tribu hilare. Il finira par comprendre que l’objet d’observation, en fait, c’est lui.

L’anthropologie est une chose sérieuse, une science aux règles bien établies. Bronislaw Malinowski, Edward Evan Evans-Pritchard, Margaret Mead et tant d’autres participèrent activement à son développement.

D’un point de vue livresque, ce domaine pourrait, parfois, effrayer. Prenons par exemple un ouvrage fondamental, L’art primitif de Franz Boas (1927), sur lequel je reviendrai prochainement : riche, complet, exhaustif, érudit, bref, un vrai ouvrage scientifique, une lecture ô combien enrichissante ; mais qui ne pourra en aucune façon se faire sans une vive attention.

Fort heureusement, apparut dans le petit monde de l’anthropologie anglo-saxonne, un ovni qui rendit accessible à tous cette discipline fascinante ! Barley, Nigel Barley pour le nommer. Parcours universitaire traditionnel, carrière académique prometteuse..., puis comme souvent pour faire avancer une carrière, un défi à relever. En l'occurrence, un voyage d’études. Le choix est fondamental : professionnellement parlant, une erreur peut s’avérer fatale.  

Pour Barley, ce choix est déjà une aventure, tout comme les diverses formalités, les derniers préparatifs, le vrai départ... Et finalement, quasi miraculeusement, un jour, l’arrivée en Afrique, au Cameroun, en pays Dowayo, relatée dans ses deux premiers romans.

Les récits des éminents prédécesseurs de Barley narrent une exaltation intellectuelle permanente, une chance de renouveler la science, se targuant d'une objectivité constante. Pour Barley, la vie sur le terrain sera quelque peu différente : entre tracasseries administratives, problèmes matériels, maladies et autres accidents, il y aura surtout les attentes ! Car en Afrique, tout est possible, à la seule condition d’être patient. Il apprendra à le devenir. L'anthropologue recevra en retour le plus beau cadeau de l’Afrique : le sens même de l’Humanité !

En livrant les situations cocasses de son aventure, l'auteur renverse les codes guindés de l'ethnologie traditionnelle qu'il dénigre entre les lignes. Transcendant sa discipline grâce à cet humour anglais si caractéristique, il offre par ce formidable ouvrage une délicieuse initiation, une découverte d'un oeil neuf de l’Afrique, de la Vie. Bref, un récit aussi drôle, original, qu'intelligent.

N’hésitez nullement à vous plonger dans Un anthropologue en déroute ! Encore plus si vous aussi avez eu la chance de vous rendre sur le continent où tout a commencé : j’y ai retrouvé certaines impressions de mon premier voyage, me rappelant surtout les larmes du départ... Et cette promesse de retour...

Si le coup de coeur est au rendez-vous, sachez que notre sympathique scientifique continue ses aventures africaines dans Le retour de l’anthropologue, puis asiatiques dans L’anthropologie n’est pas un sport dangereux et L’anthropologue mène l’enquête (toujours dans la Petite Bibliothèque Payot). De quoi faire durer le plaisir !

Extrait :

Plusieurs semaines après mon retour en Angleterre, je téléphonai à l’ami qui m’avait suggéré de faire mes valises et de partir en Afrique, ou ailleurs.

« Ah, tu es de retour ?

- Oui.

- C’était assommant ?

- Oui.

- Tu as été très malade ?

- Oui.

- Tu as rapporté des notes sans queue ni tête et tu as oublié de poser les questions essentielles ?

- Oui.

- Et tu repars quand ? »

Je ris faiblement. Pourtant, six mois plus tard, je repartais pour le pays des Dowayo.

Rédigé par Vincent

11:52 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Essai, Les billets de Vincent, Littérature anglaise, Livre, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

26/11/2011

Petit précis de numérologie

Cette pseudo-science est un ensemble de croyances et de pratiques fondées sur l'attribution de propriétés à des nombres. Egalement appelée arithmancie (comme à Poudlard, l'école de notre cher Harry Potter international), cette discipline à tendance kabbalistique (pour plus de précisions, appeler Madonna ou Demi Moore future ex-Kutcher) a obtenu ses lettres de noblesse grâce à la ô combien profonde presse féminine aux contenus de référence incontestable. Pas un titre de chick'mag' ne peut renier avoir eu, à un moment donné et peut-être même encore, une page numérologie aux côtés du sacro-saint horoscope. De Jeune & Jolie à Elle, en passant par 20 ans, Biba et autres Cosmo, par un ne manque à l'appel, ils ont tous commis l'impair.

Parce que.

Si l'on considère que j'ai attribué une valeur affective à certains chiffres que je joue régulièrement au Loto ou à l'Euromillion sans jamais, JAMAIS, gagner plus de 5,6 €.

Si l'on s'attarde sur le fait que mon numéro fétiche est le 9, que j'avais emménagé il y a peu dans un appartement qui portait ce chiffre chouchou, que la cave allouée avec ce bien portait le numéro 3 (dans ma VIN* list parce que 3 x 3 = 9), que le tout constituait le lot n°18 (VIN too because 9 x 2 = 18, logique !) de la résidence et qu'au bout d'à peine 48 h après avoir investi les lieux, j'ai déposé mon préavis du fait de voisins indélicats (terme retenu par la rédaction plutôt que l'expression "gros connards" initialement choisie par l'auteur).

Attendu donc ces deux simples mais parlant exemples, la conclusion qui s'impose est bel et bien la suivante : arrête de croire à ces conneries, c'est de la pure foutaise cré nom de diou !

*very important number

08:45 Écrit par charlotte sapin dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

30/09/2010

Toute une histoire de Hanan el-Cheikh

Editions Actes Sud - 331 pagestoute une histoire.jpg

Présentation de l'éditeur : Dans ce récit tendre et drôle à la fois, Hanan el-Cheikh rapporte avec une scrupuleuse fidélité les confessions de sa mère analphabète, Kamleh, née au début des années 1930 dans une famille chiite extrêmement pauvre, au Sud-Liban. Après la mort prématurée de sa grande soeur, Kamleh est promise à son beau-frère alors qu'elle n'a que onze ans. Dans le quartier populaire de Beyrouth où elle s'installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, Mohamed, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh a une fille l'année suivante, puis une seconde, Hanan, trois ans plus tard, mais reste follement éprise du beau Mohamed. Elle échange avec lui des lettres enflammées qu'elle se fait écrire et lire par ses amies, s'identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d'obtenir le divorce, au risque d'être séparée de ses filles... Portrait finement dressé d'une femme du peuple, rusée, truculente, enjouée, ce récit a été salué à sa parution, en arabe puis en anglais, par une presse unanime.

C'est l'histoire d'un pays, d'une religion, de ses coutumes, de ses femmes qui les subissent. Mais ce livre est avant tout un hommage saisissant d'une fille à sa mère. Un cri du coeur pour clamer l'amour trop longtemps tut. Vibrant, émouvant.

08:25 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Culture, Littérature libanaise, Livre, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

31/08/2010

Logicomix de A. Doxiadis et C. Papadimitriou

logicomix.jpgEditions Vuibert - 345 pages

Scénario : Apostolos Doxiadis et Christos Papadimitriou

Dessins : Alecos Papadatos - Couleur : Annie di Donna

Présentation de l'éditeur : Angleterre, 1884 - Dans la solitude d'un vieux manoir anglais, le petit Bertie Russell découvre, fasciné, la puissance de la Logique. Cette découverte va guider son existence... Sur un campus américain, 1939 - Alors que les troupes nazies envahissent le Vieux Continent, le Professeur Russell raconte à un parterre d'étudiants une histoire fascinante, celle des plus grands esprits de son temps : Poincaré, Hilbert, Wittgenstein, etc., celle de leur quête acharnée - mais semble-t-il, perdue d'avance - des fondements de la vérité scientifique. Et comme ces penseurs obstinés, ces esthètes assoifés d'absolu et de vérité, toujours guettés par la folie et en butte à la violence de leur époque, tentèrent de refonder les mathématiques et la science contemporaine. Athènes, aujourd'hui - Trois hommes, deux femmes et un chien s'interrogent sur la destinée de ces hommes d'exception, leurs extraordinaires découvertes et la persistance de leur héritage dans notre vie quotidienne...

Trois époques et trois récits entremêlés, voilà pour le moins une construction peu aisée mais qui ne complique en rien la lecture. Le plus ardu, c'est bien d'appréhender un sujet qui dépasse l'entendement commun : la logique mathématique, la vérité scientifique.

L'ouvrage a beau être imposant et le propos simplifié au maximum - sans jamais être dénaturé pour autant -, cela ne suffit pas à un esprit aussi peu initié et quelque peu réticent à la matière traitée que le mien. Mais diable, qu'est-ce que ça donne envie de s'accrocher et de se plonger plus avant dans le sujet pour comprendre !

Aucun doute possible, c'est LA bd qui fait réfléchir et le cadeau idéal pour tout esprit scientifique passionné.

08:09 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Culture, Littérature grecque, Livre, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!