05.11.2009

Roé, un bon !

Oui. Oui nous allons parler de musique. Oui nous allons parler en particulier de chanson française. Mais non, il ne s'agit pas de Nino Ferrer. Auquel cas, j'aurais orthographié mon intitulé d'avec les onomatopées du titre original. Non, à l'ordre du jour : Roé.

Roé

Contrairement à ce que l'on pourrait penser en ne connaissant pas l'artiste au regard de la pochette ou du titre de son nouvel album (Madame) sorti le 12 octobre dernier, Roé n'est pas une chanteuse mais bien un interprète. Enfin, interprète, cela semble un peu réducteur si l'on considère qu'en plus de la chansonnette qu'il pousse avec succès depuis 1990 (Soledad), Roé collabore avec de nombreux artistes (David Gilmour de Pink Floyd, Iggy Pop, Charlelie Couture, Laurent Voulzy, Stéphane Eicher, Mory Kante...), compose pour le cinéma, la danse contemporaine ou le spectacle de rue, est programmateur musical pour Sud Radio, animateur sur Radio Latina, a créé le premier festival de la Rumba à Beaucaire, dirige le festival de la guitare de Bellegarde et a fondé Les Toros, association culturelle qui a pour but de créer des rencontres entre artistes de toutes cultures et de toutes disciplines (MC Solaar, Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Khaled, Bernard Lavilliers, Keziah Jones, Manu Dibango, Manu Katché...).

Mais c'est bien le chanteur-compositeur de sa voix pour sa pomme qui nous intéresse présentement. Madame donc nous parle d'amour fou au travers de quatorze intemporelles déclarations aussi diverses que le sont nos histoires : des ballades en clair-obscur (Sous les draps, Ultima), un registre pop hispanisant et flamboyant (Carmen, Un baiser, Bomba, J'aime regarder Madame), des valses lentes et obsédantes (Encore !, Squaw boussole, Combient est-il ?), des accents nougaresques (Sale attente), du swing manouche (A Nîmes)... Autant de voyages musicaux, à fleur de peau, parfois drôles, toujours nuancés, qui nous entraînent dans les régions les plus convoitées... Celles du coeur.

Cette ode à la femme est disponible en pré-écoute sur Fnac, iTunes et MySpace et le premier single Un Baiser, dont le clip va à l'encontre de la paranoïa ambiante autour de la grippe A, ici-même :

Pour en savoir plus sur l'artiste : roemusic.

Article sponsorisé

01.10.2009

Data Vibe

A tous les fondus de télé-réalité musicale nostalgiques de feue la Star Academy ou impatients de la prochaine Nouvelle Star, vivez votre deuil ou prenez votre mal en patience avec la deuxième saison de Support Me. Cette série, produite par la web tv créée en 2008 Konbini, est consacrée a des personnalités - perso, moi, je les connais pas... - diverses.

La précédente saison était dédiée au skateboarder professionnel David Mertelleu. Rien à voir donc avec un quelconque substitut de Nouvelle Pop Star Academy.

Certes.

Sauf que.

Le second volet de cette web série se focalise sur Data.

AH AH ! comme dirait Emilie, la grande gagnante de l'histoire secrète que tout le monde a regardé en loucedé.

Donc pour tous ceux qui comme moi ne saurait rien de ce Data, il s'agit d'un jeune dj/producteur électro parisien très buzzé, en pleine ascension, qui a été suivi quotidiennement pendant plus d'un an dans sa tournée internationale, ses lives, ses meetings presse, ses déjeuners parentaux, ses plans galères, ses chambres d'hôtels, ses moments de solitude, le lancement de son premier album Skywriter dont le titre phare semble être One in a million, etc. Au final, ça donne un documentaire en dix épisodes où l'on découvre la vie d'un artiste, un gens tout à fait normal en dehors de la scène qui fait plein de vannes et de mauvais esprit, sans langue de bois.

Bref, c'est croustillant comme le promet ce teaser.

konbini

Article sponsorisé

15.07.2009

Sigles et autres acronymes

Quand j'étais à l'école, je détestais les cours de SVT. J'étais nulle. Par contre, je déchirais tout en EPS.

Après avoir passé un DEUG, un BTS et le diplôme SPCom, j'ai décroché un CDD puis un CDI. Je comprenais pas toujours grand chose aux hiérarchies entre les DG, RRH, DC, DA et autres DF. Maintenant, je pointe à l'ANPE. Bien que je sois désormais un peu pauvre, je ne peux toujours pas recevoir l'aide de la CAF rapport au fait que les APL sont calculées sur les revenus d'il y a deux ans. LOL.

En dehors du taf, j'ai des amis avec lesquels je suis souvent MDR voire PTDR. Et quand je ne suis pas avec eux, je lis beaucoup ; depuis peu, je me lance dans la SF.

Sinon, de manière quelque peu plus métaphysique : comment ils faisaient les gens avant sans GSM et sans GPS ? Remarque, le GPS, pas trop besoin quand tu es usager de la RATP. Le seul outil indispensable, pour couvrir les discussions alentour souvent insupportables, c'est le MP3.

Mais le MP3, si tout le monde ou presque en possède un, beaucoup ne l'utilise pas correctement... surtout les jeunes, hum... C'est pourquoi la Fnac a créé le CEPM (Centre d’Etude du Plaisir Musical) qui a pour mission d'observer le comportement des jeunes lors de l'utilisation de leur lecteur MP3 et de leur prodiguer les bons conseils d'usage des baladeurs numériques.

Sauf que.

Quand on visite le site www.lecepm.com, on s'aperçoit vite que cette institution est constituée d'une directrice very very importante - Natacha Coustic (incarnée par l'actrice Julie Ferrier) - complètement barrée et d'une équipe totalement déjantée ; y'a qu'à voir leurs CV, plus farfelus les uns que les autres. Et toute cette drôle d'escouade s'évertue, au travers de plusieurs petits films, à dispenser les conseils mentionnés ci-dessus... mais de faux bons conseils ! C'est total décalé mais c'est drôle. Bien évidemment, les vrais bons conseils de la Fnac sont également disponibles sur ce même site.

Mais surtout, chacun peut enrichir la boîte à idées de conseils "dignes du CEPM". Et ça peut payer puisqu'il s'agit d'un jeu concours pour gagner des lecteurs MP3 !

Mon conseil : afin de se débarasser du jeune nuisible qui se sent obligé de nous faire partager ses dB dans le RER, nouer des liens avec un CRS qui se fera un plaisir de l'exploser voire plus radical avec un membre du KGB ou de la CIA qui le fera disparaître ni vu ni connu j't'embrouille. CQFD.

Quel est le vôtre ? Donnez-le ASAP !

Article sponsorisé

14.07.2009

Mets de l'huile !

Tu vois pas que ça nous rajeunit guère de faire référence à un tube d'une époque où on mâchonnait de la regg'lyss ! M'enfin bon, ça nous rappelle des moments festifs de quand on se prenait pour des grands alors que le lait nous coulait toujours du nez ;  et le festif, ben c'est le sujet.

Parce qu'il est bien connu que la vie doit être une fête ; inutile de se prendre au sérieux, personne ne s'en sortira ! Et la fête, comme elle se définit, est le nom donné à des réjouissances publiques ou privées. D'aucuns imaginent plus instinctivement le rassemblement de nombreux amis et/ou membres de la famille dans une ambiance conviviale et détendue mais, si besoin est de la rappeler, la fête est aussi constituée des petits plaisirs que l'on s'accorde à soi-même, en tête-à-tête ou en comité proche restreint.

Qu'il s'agisse donc d'un dîner ou d'un apéro fada réunissant pléthore de commensaux, d'un quat'z'yeux ou d'une partie de gastronanisme, Puget est la marque indispensable au plaisir gustatif. Des huiles (Classique, Douce, Fruitée, Héritage ou Basilic) aux spécialités à tartiner (confits, tapenades, antipasti...) en passant par les sauces (Rouille, Aïoli, Pistou) et les olives (vertes, noires, assaisonnées), Puget est l'essentielle saveur du Sud pour révolutionner les soirées dînatoires en solo ou en troupeau.

Pour les talents culinaires rouillés, Puget, en plus de présenter ses produits, met en ligne de nombreuses suggestions, s'érigeant en véritable référant de la recette apéritif. Transformer les tapenades, les olives et le caviar d'aubergines en délicieuses bouchées n'est désormais plus un mystère pour personne.

Et pour les plus joueurs des gourmands, Puget organise son grand concours estival. En jeu ? Trois-cent cinquante-sept kits Apéro Fada regroupant pour quatre personnes : des assiettes, des couverts, des verres, un tire-bouchon, un pot de tapenade noire, un pot de caviar d'aubergines, un pot d'olives vertes dénoyautées, un sachet d'olives vertes à l'ail et au persil, deux bouteilles de Fada Cola, des bobs, des tongs, un ramequin et deux bons de réduction à valoir sur les spécialités à tartiner et les olives de bouche. Pour gagner, il vous suffit de vous inscrire,  de donner les coordonnées de vos amis qui ne vous assassineront pas pour ça et Fernandel, le célèbre ambassadeur de la marque, de les contacter par téléphone pour leur diffuser le message rigolo que vous aurez préalablement créé. Une petite blague qu'ils vous pardonneront volontiers si vous êtes tirés au sort et que vous remportez le panier très garni de la réconciliation !

Si tel n'est pas le cas... bon courage ;)

Article sponsorisé

08.07.2009

Let the music play !

Ce qu'il y a de bien l'été en plus du soleil, des barbecues, des boissons fraîches et des plongeons (et des glaces... et des orages qu'on passe sous la couette... et... et ... et...)... ben c'est les festos. Les festivals, en français dans le texte.

C'est clair, quoi de mieux que de profiter du soleil qui se couche tard, de la chaleur qui retombe d'un côté (dans le ciel) pour monter par ailleurs (dans le corps) et des glaçons qui font gling gling dans le verre en écoutant du bon son, allongé dans l'herbe (ou dans la boue selon) ?

Et il y en a pour tous les goûts ! Bon, moi personnellement, j'essaie désespérément et en vain faute d'argent de participer au Summerjam de Cologne depuis deux ans. Sinon, les seules fiestas plein air que j'ai faites étaient davantage des free "intimistes" pas trop trop légales que des big big évènements. Mais pour ceux qui préfèrent d'autres courants musicaux que le reggae, il y a les célèbres machines de guerres telles que les Eurockéennes de Belfort (trop tard pour cette année, c'était du 3 au 5 juillet), les Francofolies de La Rochelle (du 10 au 14 juillet) et le Monegros Desert Festival (18 juillet).

MTV Pulse a été ou sera présent à l'occasion de ces incontournables rencontres musicales pour booster l'ambiance grâce au Van MTV Soundsystem. Dancefloor officiel de Solidays à Paris et des Eurock', le Van MTV sera également présent lors des Franco' avec aux platines Vitalic (que j'avais interviewé), Danton Eeprom, Shonky, Jennifer Cardini et Robert Alves !

Mais la pure info, c'est que MTV Pulse donne l'occasion aux fondus de festos de gagner des pass et des places pour les festivals mentionnés ci-dessus et beaucoup d'autres sur www.mtv.fr/concours et met en jeu une invitation intégrale pour un Jetlag au Monegros Desert Festival en Espagne ! Pour accéder à ces 24 h de teuf intensive, il suffit de se rendre sur www.vuelingbymtv.com. A gagner donc : un aller-retour Paris/Barcelone en avion Vueling by MTV + le transfert en bus + le pass d'accès à cette party de 40 000 personnes au milieu du désert. Pour écouter qui ? Bof... juste Carl Cox, Dave Clarke, Richie Hawtin, Sven Vaath et Vitalic pour ne citer qu'eux (plus d'infos sur http://www.monegrosfestival.com/) !

http://www.mtv.fr/emissions/mtv-crispy-news/episodes/mtv-...

Ca va vraiment être chaud cet été !

Article sponsorisé

07.07.2009

Y'a des jours comme ça...

... ou la vie vous sourit.

C'est ainsi qu'hier, environ cinq minutes montre en main après avoir transformé l'essai de ma reconversion professionnelle (suite au prochain épisode de la Chronique de l'effort), j'ai gagné deux places de concert du Black Summer Festival !

Non seulement j'adore les concerts mais celui-ci se tenait dans ma salle préférée : le Cabaret Sauvage, un magnifique chapiteau avec terrasse-barbecue. Et cerise sur le gâteau, ce rendez-vous inattendu en terre musicale inconnue était fan-tas-ti-que ! Pourtant en lisant le descriptif, l'expérience s'annonçait particulière puisqu'il s'agissait de mbira-pop (?) et de rythmes afro-péruviens (donc).

Au final, j'ai découvert Chinowiso, une chanteuse originaire du Zimbabwe et exilée à Londres, chantant la résistance, dénonçant la violence et défendant la liberté d'expression et le groupe Novalima composé de DJ's et de musiciens pour une ambiance de feu très cuba-salsa ! Les chanteuses des deux groupes étaient très touchantes et vraiment généreuses et l'ensemble des musicos étaient sensationnels.

Merci le Cabaret Sauvage et Facebook pour ce joli cadeau !

cabaret.jpg

Les Cousins sur le pont - © photo : Philippe Cibille

cabaret.jpg

Le bar sauvage - © photo : Nadia Benchallal

23.06.2009

Il faudrait être fou pour ne pas y aller !

Quand j'étais petite, je suis allée un nombre incalculable de fois au château de Fontainebleau, à l'occasion du spectacle estival. Le nombre incalculable de fois s'explique par le fait que mon père obtenait régulièrement des réductions, voire des invitations, par les laboratoires pharmaceutiques - à cette époque, les médecins étaient encore gâtés... - et que le lieu en question, situé à une soixantaine de kilomètres de Paris était accessible assez rapidement - périph' bouchonneux du week-end tout de même... C'était sympa mais assez routinier.

Mais si je redevenais petite maintenant, je suis sûre qu'on casserait les habitudes-faute de mieux en se rendant au Puy du Fou.

Déjà parce que même si ce lieu était déjà facilement accessible par autoroute, une navette depuis la gare d'Angers est désormais disponible sur réservation et place donc le Puy du Fou à seulement 2h30 de Paris pour tous les gens non motorisés ou ne souhaitant pas se taper d'embouteillage.

Ensuite, parce que l'élargissement de l'offre en matière d'hébergement et de services pratiques font du Puy du Fou une destination idéale pour les courts séjours et vacances en famille. L'on note particulièrement l'étonnant Logis de Lescure du XVIIIe, transformé en hôtel d'exception composé de quatre suites en duplex - La Salle des Blasons, Le Planétarium, Le Cabinet de Curiosité et La Salle des Miroirs - de 300 m2 chacune avec terrasse privative et pouvant accueillir de 4 à 6 personnes.

Mais surtout parce que le Puy du fou affirme sa dimension de parc « spectacle » de référence au travers de ses toutes nouvelles productions inédites : Les Grandes Eaux qui donne vie à l'étang le jour et Les Orgues de Feu, spectacle nocturne grandiose en juillet et en août.

Pour Les Grandes Eaux, ce ne sont pas moins de 120 jets d'eau de 20 mètres de haut et une architecture sonore à 360° qui transportent les spectateurs, pendant huit minutes, aux grandes heures de Versailles. Ce ballet de fontaines, sous les ordres du compositeur baroque Jean-Baptiste Lully et de ses deux timbaliers, est une chorégraphie aquatique spectaculaire que les visiteurs pourront reproduire puisqu'entre chaque spectacle, ils pourront activer les fontaines grâce aux quatre claviers interactifs placés autour de l'étang et être les chefs d'orchestre de leur propre spectacle.

Côté Les Orgues de Feu, le Grand Parc ouvre ses portes de nuit du 1er juillet au 30 août (en dehors des vendredis et samedis dédiés à la Cinéscénie) pour entraîner le public dans un univers fantasmagorique et poétique, au coeur de l'histoire d'un amour absolu entre deux êtres fantastiques, un pianiste au regard de cristal et une muse violoniste et où, portées par Mozart, Litz, Delerue, Bach ou Bizet, muses et fées surgissent du fond du lac, dans un décor vespéral. La performance de la mise en scène résidant dans un système de patinage aquatique grâce à un rail immergé et à un éclairage extra-ordinaire qui ne provient d'aucun projecteur traditionnel mais émane des personnages eux-mêmes et des décors. Ainsi, ballerines, farfadets, nymphes et musiciens dansent sous des lunes à fleur d'eau et glissent autour d'un piano "aqueux" lustral, d'une harpe d'or et d'orgues gigantesques crachant eau et feu. Trente minutes de féerie.

D'un point de vue Cinéscénie, la saison 2009 est l'occasion d'une refonte de la scène du Rêve, scène charnière du spectacle situé après la Révolution française, avec de nouvelles projections sur six arches d'eau géantes pour une projection onirique encore plus saisissante.

Et tout cela est sans compter toutes les autres choses à découvrir sur www.puydufou.com (bons plans, visite virtuelle, actualités...), notamment le nouveau système de réservation et d'impression de billets en ligne !

Magie et culture s'entremêlent dans ce cadre exceptionnel, pour le plaisir des petits comme des plus grands.

Article sponsorisé

21.06.2009

Fête de la muzik

muzik.jpg

04.02.2009

Pour le plaisir

Navrée de décevoir les fans de l'incontournable star qu'est Herbert Léonard, mais le sujet du jour n'est pas la musique... bien que les fétichistes du livre ouïront, à n'en pas douter, une douce mélodie intérieure à la vue de ces quelques images.

bib2.jpg
bib.jpg
bib3.jpg
bib4.jpg
bib5.jpg
bib6.jpg
bib8.jpg
bib7.jpg
bib9.jpg
bib10.jpg
bib11.jpg
bib12.jpg
bib13.jpg

23.01.2009

Brel par Leloir

brel.jpgEditions Fetjaine - 128 pages

Quatrième de couv' : "Ce livre, nous l'attendions depuis longtemps. Je l'espérais depuis le jour de ma rencontre avec Jean-Pierre Leloir." France Brel. Durant quinze ans, depuis l'arrivée de Jacques Brel à Paris en 1957 jusqu'au début des années 70, Jean-Pierre Leloir a été le photographe privilégié et l'ami de Brel. Cet album exceptionnel, comprenant de très nombreux documents inédits en couleurs, est le témoignage de ces quinze années de complicité.

Dans le cadre de l'opération Babelio qui m'avait, durant la précédente édition, gratifié du livre Bonne à tout faire de Saira Rao, j'ai cette fois-ci eu le privilège de recevoir deux magnifiques livres en belle édition. Brel par Leloir est l'un d'eux.

Je n'ai pas l'habitude d'acquérir de beaux grands livres albums qui font si joli dans la bibliothèque et que l'on prend plaisir à feuilleter. Le coût de la culture et l'épaisseur de ma bourse m'incitent davantage à privilégier le poche épais qui rentabilise le prix du mot. Le cadeau, extra-ordinaire, n'en fut que plus appréciable. Et apprécié.

Au-delà des clichés magnifiques de celui qui fut l'un des plus grands poètes amoureux écorchés mais au sarcasme à nul autre pareil du siècle passé et de l'émouvante déclaration d'amitié d'un photographe à son modèle, l'on trouve le parti-pris très engagé, très éthique d'un professionnel quant à sa fonction ; éthique qui semble cruellement manquer aux gens du métier de notre époque. Les sublimes portraits restent évidemment le coeur de cet ouvrage, nous prouvant, si besoin était, qu'une vraie gueule incroyablement expressive, de laquelle transpire intelligence, sincérité et engagement, est à n'en pas douter la plus proche définition de la beauté, plutôt que la plastique mathématique parfaite.

Un hommage à ne pas manquer pour tous ceux qui, avec délectation, continuent à faire vivre - peut-il jamais mourir ? - le mythe Brel.

Extrait :

Quand Georges Brassens chantait ses compositions, j'avais l'impression qu'il les avait écrites pour moi : La Mauvaise Réputation, Les Bancs publics, Le Gorille... Nous étions quelques centaines de milliers, de ma génération, à en être convaincus. Avec Brel, ça a tout de suite été pareil : dès le début, je ressens une communion de pensée, une foi très relative en l'humanité, une soif de liberté, une indépendance, une méfiance à l'égard des bonimenteurs de toutes sortes.

...

Je me souviens précisément de ce premier contact. Brel me jauge, me demande si je suis un "guette-au-trou", l'un de ces journalistes-photographes qui s'intéressent à la vie privée des vedettes, ceux que l'on appelle aujourd'hui les "paparazzis".

- "Vous allez me poser des questions ?", me demanda-t-il. "Parce que si c'est le cas, plutôt que d'évoquer la couleur de mes chaussettes, je préférerais que l'on parle de l'affaire de l'Observatoire : qu'en pensez-vous ?"

L'histoire remonte à quinze jours : dans le nuit du 15 octobre, François Mitterrand, ancien ministre, a échappé à un attentat. L'affaire est fumeuse ; très vite le rumeur s'est propagée qu'il aurait lui-même commandité l'opération, pour mettre en cause les partisans de l'Algérie française. De Gaulle n'est revenu au pouvoir que depuis quelques mois. Evidemment, cette conversation me plaît beaucoup...

...

On le critiquait sur son physique. Je me souviens d'un article dans un quelconque Paris-Jour de l'époque qui s'interrogeait sur la laideur des nouveaux chanteurs : à Philippe Clay, on reprochait son côté désossé, son visage en lame de couteau ; à Gainsbourg son nez crochu, ses yeux mi-clos, ses oreilles décollées ; à Brel sa dentition de Fernandel. La laideur était bien sûr dans le regard de celui qui avait écrit l'article. Brel, je le trouvais beau, formidablement expressif, séduisant par sa gestuelle, son émotion à fleur d'épiderme.

...

Je suis ému en revoyant ces clichés. Je l'aimais. Je l'aimais, voilà, je ne trouve pas d'autre mot. L'amour entre hommes, ça existe. Quant à lui, je pense qu'il m'aimait bien.

...

(...) lorsqu'il chantait devant son public, il ne voyait personne : il était totalement concentré sur son spectacle, dans une sorte de transe qui, en amont, lui donnait des spasmes - les fameuses crises de vomissements avant de monter sur scène. Il sortait de scène épuisé.

...

A une exception près, je ne me suis jamais retrouvé dans les coulisses avec Brel. Je n'y étais pas invité, je ne tentais pas de forcer le passage. Ce qui m'intéresse, c'est l'artiste dans l'exercice de son métier : le chanteur en train de chanter, le musicien en train de musiquer.

(...) Pourtant il m'arrivait parfois de me retrouver en coulisses : je me souviens d'un concert du Jazz At The Philharmonic, je papotais avec Jean-Marie Périer, nous avions tous deux nos appareils au cou, soudain une porte s'ouvre et apparaît Ella Fitzgerald en bigoudis et en combinaison. Ni Jean-Marie ni moi n'avons eu, on s'en doute, l'inélégance ne fût-ce que d'armer nos appareils. D'autres ne se seraient pas gênés. Donc je vous confirme n'avoir aucun cliché de Brel en train de dégueuler ses tripes avant d'entrer sur scène.

Toutes les notes