16.11.2009

Back to the roots

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10.11.2009

La mort leur va si bien

Oui je dis "leur" parce que je suis sûre qu'à moi, pas du tout (Dame Nature, si tu m'entends...).

Comme je ne suis pas la moitié d'une dinde, figure-toi qu'alors que mon lieu de résidence principale se situe non loin du cimetière du Père Lachaise, je n'ai pas choisi n'importe quel jour pour aller me promener là-bas. Non, vois-tu, moi j'ai choisi le jour de la Toussaint.

Ah ça, y'avait foule. Mais au final, le cimetière est tellement grand que personne ne se marche dessus. La preuve :

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Du coup, j'ai pu voir des tombes de gens célèbres (bien plus discrètes au final que certains mausolées de riches familles inconnues, c'est d'un tape-à-l'oeil, je vous raconte même pas !)

Celle de la famille de l'illustre écrivain :

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Celle d'un chanteur qui m'a rendue heureuse de me balader :

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(Ah non, ça s'écrit pas comme ça ? Et le chanteur en question n'est pas mort ? Autant pour moi...) Et bien d'autres encore.

Au bout du compte, je me dis que quand même, quand on regarde les problèmes de logement sur la capitale, on se dit que c'est un peu, si ce n'est indécent, du moins stupide toute cette place réservée à la mort...

20.07.2009

On a marché sur ma Lune

Si j'emprunte à Hergé l'un de ses plus célèbres titres tintinesque, en le détournant quelque peu, c'est uniquement pour renvoyer à l'actualité du jour qui me rappelle une anecdote personnelle, mais nullement classée X, n'en déplaise aux voyeurs. De l'utilité du titre d'appel...

Donc, en ce jour du quarantième anniversaire du plus célèbre petit pas pour l'homme*, je souhaite partager à nouveau mon souvenir le plus mémorable d'avec le satellite naturel de notre chère planète, en espérant que l'ignare en question accèdera, enfin, à cette donnée d'une culture pas si générale que ça...

* : le 20 juillet 1969, le commandant du vol spatial Apollo 11 Neil Armstrong ainsi que Buzz Aldrin ont exploré pendant plus de deux heures et pour la première fois la surface de la Lune alors que leur co-équipier Michael Collins était resté en orbite.

08.07.2009

Chronique de l'effort #24

Parfois le rêve devient réalité.

07.07.2009

Y'a des jours comme ça...

... ou la vie vous sourit.

C'est ainsi qu'hier, environ cinq minutes montre en main après avoir transformé l'essai de ma reconversion professionnelle (suite au prochain épisode de la Chronique de l'effort), j'ai gagné deux places de concert du Black Summer Festival !

Non seulement j'adore les concerts mais celui-ci se tenait dans ma salle préférée : le Cabaret Sauvage, un magnifique chapiteau avec terrasse-barbecue. Et cerise sur le gâteau, ce rendez-vous inattendu en terre musicale inconnue était fan-tas-ti-que ! Pourtant en lisant le descriptif, l'expérience s'annonçait particulière puisqu'il s'agissait de mbira-pop (?) et de rythmes afro-péruviens (donc).

Au final, j'ai découvert Chinowiso, une chanteuse originaire du Zimbabwe et exilée à Londres, chantant la résistance, dénonçant la violence et défendant la liberté d'expression et le groupe Novalima composé de DJ's et de musiciens pour une ambiance de feu très cuba-salsa ! Les chanteuses des deux groupes étaient très touchantes et vraiment généreuses et l'ensemble des musicos étaient sensationnels.

Merci le Cabaret Sauvage et Facebook pour ce joli cadeau !

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Les Cousins sur le pont - © photo : Philippe Cibille

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Le bar sauvage - © photo : Nadia Benchallal

17.06.2009

25 things about me

Règle : écrire vingt-cinq choses aléatoires sur soi (faits, buts, habitudes...)

  1. Quand je suis dans un état second, je développe le Syndrôme d’Asperger et ne peux m’empêcher de trouver des rapports mathématiques en toutes choses pour faire du calcul mental
  2. Quand je suis toute seule chez moi, j’adore manger comme une grosse sale
  3. J’ai un réel problème avec le concept de fin
  4. Plus je connais les gens, plus j’aime mon chat
  5. J’aurais adoré faire partie d’une groupe de zicos
  6. Extérieur : exubérante et dure, intérieur : timide et hyper-sensible
  7. J’ai une tendance fétichiste avec les livres, je n’en emprunte jamais à la bibliothèque, je « dois » les posséder, je ne les prête qu’exceptionnellement, ils s’entassent en piles dans tous les recoins de mon espace réduit parisien
  8. Je suis entomophobe
  9. J’adore changer régulièrement mes meubles de place et la décoration (accumulation ?) sur mes murs est en constante évolution
  10. J’ai du mal à profiter de plaisirs énormes sur le moment, je les savoure plutôt rétrospectivement, en revanche je m’émerveille continuellement de petits riens
  11. Je pense que l’Homme est naturellement mauvais et que les exceptions à cette règle sont trop rares
  12. Je voudrais vivre en communauté avec les exceptions ci-dessus mentionnées, que chacun contribue selon ses capacités aux besoins du groupe et que ce micro-système n’exploite et n’exclue personne
  13. J’adore le reggae mais je déplore l’homophobie latente du milieu et le côté mystique rattaché à un être suprême ; pour moi, la seule suprématie est celle de la Nature et des éléments et s’il existe bel et bien une Force supérieure, je crois que l’homme fait une fois de plus preuve de fatuité en croyant qu’il a été fait à son image
  14. J’adore les animaux et même si mon cat sera toujours le number one, mon souvenir le plus puissant est un interminable et extra-ordinaire tête à tête avec un magnifique gorille dos argenté à Prague
  15. Je trouve que l’école devrait apprendre des choses essentielles aux futurs adultes comme la diététique/cuisine, la gestion d’un budget…
  16. Je regrette qu’il soit si difficile, encore bien souvent dans nos sociétés, d’être une femme
  17. Comment est-il possible d’être si organisée limite maniaque dans le cadre du boulot et d’être si bordélique chez soi ?
  18. Je partage tout… sauf mon chocolat et mes chips
  19. Je m’interroge souvent sur la méthode à suivre pour arrêter de me poser sans cesse 10 000 questions
  20. Pourquoi ce n’est jamais moi qui gagne au Loto ou à l’Euromillion ? (parce que je ne joue jamais)
  21. J’imagine souvent ce qu’aurait été ma vie si j’avais fait tel choix plutôt que tel autre
  22. Je me demande si le fait de me sentir comme un poisson dans l’eau dans (presque) n’importe quel milieu est un cruel manque de personnalité ou une formidable faculté d’adaptation et d’ouverture
  23. Je ne m’ennuie jamais quand je suis seule ; j’ai d’ailleurs besoin d’avoir quotidiennement mon moment rien qu’à moi
  24. Je ne tends jamais l’autre joue ; on me trahit une fois, pas deux
  25. Quand un homme me regarde, je vérifie toujours que ma braguette n’est pas ouverte, que je ne suis pas sortie en chaussons, que… que… que…, avant de me dire que peut-être c’est parce qu’il me trouve jolie

04.05.2009

Chronique familiale #2

Et puis des fois, tu te dis que c'est pas possible, que tu as été adoptée.

Non parce que quand tu célèbres ta première année de professionnelle sobriété et te vois piteusement intronisée chômeuse longue durée - un 1er avril, c'est bien plus cocasse !

Qu'à huit jours de cette peu reluisante commémoration, tu te dois de remettre les "réjouissances" pour "célébrer" le jour de ta naissance, placé cette année sous le funeste signe du changement fatidique de dizaine.

Qu'il se trouve qu'accessoirement cet anniversaire est concomitant à celui de ta maman - ce qui, accessoirement bis repetita, fait de toi le définitivement plus beau cadeau de circonstance et ça, tout le monde peut pas en dire autant.

Que ta maman parce que c'est une maman "t'interdit formellement" de lui offrir d'autre présent que ta présence - sponsorisée par elle-même (et la Seuneuceufeu) - parce qu'elle "exige" que tu gardes les sous que tu n'as pas, "et pis que toute façon, elle n'ouvrira aucun paquet des fois que tu t'entêtes".

Que pile-poilement, tu avais été contactée précédemment par le gentil William de l'agence Wellcom qui, si tu consultes la rubrique Clients actifs du site, travaille pour BoD (Books on Demand), leader européen du marché de la publication numérique de livres proposant aux auteurs, aux éditeurs et à d'autres professionnels des prestations de publication, d'impression et de distribution.

Que cet éditeur online basé en Allemagne souhaite développer son marché en France, que, pour se faire, il a confié son budget à l'agence précédemment évoquée et que dans ce cadre, le gentil William doit convaincre des personnes de se faire publier, de préférences des personnes pouvant relayer à moindre coût le concept et donc des blogueurs.

Et que grâce aux heureux hasards de la prospection du gentil William, le blogueur, c'était moi.

J'ai pu recevoir quelques tirages de mon livre, juste à temps pour les festivités et n'avoir pas les mains vides pour ma M'man adorée.

Sauf que là. Là ! LÀ !

J'insiste sur l'adverbe de lieu parce que c'est le moment crucial. D'ailleurs, c'est étonnant non, que le langage commun ait une fois de plus assimilé une aberration, bien qu'il soit vrai qu'il n'est plus tout à fait à un galvaudage près ?! Non parce que quand on dit "là" dans ce sens-là, en vérité vraie, l'on souhaite exprimer l'idée d'un moment précis. Lors donc, pourquoi un adverbe de lieu et pas une locution de temps, palsembleu ? Mais je digresse...

Là, donc.

Et bien, c'est "à cet instant précis" de l'histoire que je m'interroge sur mes liens de sang - puisque telle était la lointaine introduction.

Parce que quand tu arrives dans ton fond de province de faits divers (Emile Louis, Docteur Petiot, Michel Fourniret et les autres) avec dans ta valise le cadeau inespéré en lieu et place du nouillesque collier.

Qu'avant de festoyer - modérément si besoin est de le rappeler puisqu'il s'agit de la célébration d'un cap générationnel... -, tu passes rendre visite à la fratrie.

Que tu constates chez cette fratrie une certaine solidarité matérialisée par le manifeste achat de ton bouquin.

Que la fratie t'interroge sur le présent que tu as destiné à ta chère mère.

Que tu réponds qu'attendu que tu as reçu des consignes strictes d'économie, tu as, d'une façon moins narcissique qu'obéissante, décidé d'offrir ton recueil avec une mièvre dédicace d'une fifille à sa manman.

Que la fratrie soupire d'une mine contrite en te disant que, ah, merde, elle avait eu la même idée, que bon, elle va changer.

Qu'a priori tu vis dans le même monde que ta fratrie, que de surcroît tu as reçu la même éducation, que de fait tu trouves complètement hallucinant qu'il puisse être envisagé que ce ne soit pas toi-même qui offre ton propre livre à ta maternelle, mais que tu ne trouves rien à dire, sauf limite t'excuser de causer des désagréments de dernière minute, parce que manifestement ton interlocuteur ne mesure aucunement son toupet.

Ben tu te dis que t'as pas les mêmes gènes.

04.04.2009

Ecriture jetable de Charlotte Sapin

book.jpgEditions Books on Demand - 236 pages

Quatrième de couv' : Chroniques décapantes, réflexions graves ou farfelues, exercices de style... Cette compilation des meilleurs textes issus des deux blogs de l'auteur nous fait découvrir la vie auto-biographico-romancée d'une trentenaire tour à tour ordinaire et singulière.

Non, cher lecteur, tu ne rêves pas. Aujourd'hui, je ne parle pas d'un livre parmi tant d'autres, je parle de MON bouquin ! Incredible, isn't it ? Alors, comme d'aucuns pourraient penser que c'est une sorte de poisson d'avril à retardement, voici la preuve en quelques liens :

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Alapage.com, c'est la classe et les frais de port sont gratuits.
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Amazon.fr, c'est la méga classe et les frais de port sont gratuits. Par contre, ils ont un peu de mal avec le principe de l'impression à la commande, du coup, ils indiquent toujours que l'article est en rupture de stock. Entre nous, comment est-il possible d'être en rupture de stock quand du stock, ben y'en a pas ? M'enfin bref... Et puis aussi, ils sont lents parce qu'ils n'ont toujours pas mis le visuel ni les infos de l'éditeur sur la page (là, l'image, je l'ai ajoutée en tant que cliente !).
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Bod.fr, c'est mon éditeur. Sans vouloir être vache, mieux vaut ne pas commander sur leur site. Primo, parce qu'ils ne font pas les 5 % de remise et segundo parce qu'ils demandent la modique somme de 8,03 € pour la livraison, soit plus de la moitié du prix de mon livre. Ils sont fous... Surtout que je ne touche rien sur ces frais de port astronomiques...
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Chapitre.com, c'est toujours la classe et les frais de port sont gratuits. J'attends toujours qu'ils mettent le visuel en ligne mais bon...
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Placedeslibraires.fr, c'est la grande classe. Ils listent toutes les librairies par région auprès desquelles il est possible de commander mon "oeuvre". Ma plus grande déception : ma région natale - la Bourgogne - n'a aucun point de vente qui me référence...
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155, rue Saint Honoré - 75001 Paris
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15, boulevard Raspail - 75007 Paris - Là, c'est la méga classe internationale parce qu'il faut bien le dire, Gallimard, c'est un peu mon éditeur préféré.
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203, rue de la Convention - 75015 Paris - Re-méga classe internationale parce qu'il s'agit d'une librairie Gallimard qui a, de surcroît - je le sais pour avoir vécu presque juste à côté -, un charme fou : des petits commentaires sur certaines piles de livres, des bouquins jusqu'au plafond, des coins et recoins, des marches, des petites allées... Bref, le paradis des fétichistes bibliophiles.
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7,9,11 place de Clichy - 75017 Paris
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116, rue St-Maur - 75011 Paris - Je n'y ai jamais mis les pieds mais comme c'est passablement près de chez moi, je m'engage à venir dédicacer le livre à toute personne le commandant dans ce point de vente (à condition de se rencarder préalablement via ce blog naturellement, je ne suis pas devin).

La prochaine fois, je vous raconterai comment le petit miracle de l'édition de mes textes s'est produit. En attendant... comment vous dire ? ... Achetez-le !

03.02.2009

Mrs Dalloway de Virginia Woolf

mrs dalloway.jpgEditions Gallimard - 321 pages

Quatrième de couv' : Le roman, publié en 1925, raconte la journée d'une femme élégante de Londres, en mêlant impressions présentes et souvenirs, personnages surgis du passé, comme un ancien amour, ou membres de sa famille et de son entourage. Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, le mouvement et l'immobilité. La qualité la plus importante du livre est d'être un roman poétique, porté par la musique d'une phrase chantante et comme ailée. Les impressions y deviennent des aventures. C'est pourquoi c'est peut-être le chef-d'oeuvre de l'auteur - la plus grande romancière anglaise du XXe siècle.

D'aucuns suivant un tant soit peu les écrits futiles de ce présent blog - ainsi que ceux de son prédécesseur - savent qu'il m'est impossible de ne pas achever la lecture d'un livre commencé, aussi mauvais soit-il - selon des critères qui n'engagent naturellement que la subjectivité de mes goûts.

Mais ne pas renoncer ne signifie pas ne pas différer. C'est ainsi qu'après avoir amorcé, sous l'impulsion d'Au secours Mrs Dalloway de Mary Dollinger, le plus célèbre des romans de Virginia Woolf, j'ai lâchement remis et remis et remis la lecture de cette oeuvre majeure qui n'avait pas eu le don de faire opérer sa magie sur moi.

Pas moins de deux années plus tard et faute de mieux, je me suis lancée le défi d'enfin terminer les quelque trois cents pages. La conclusion, bien que cette traversée littéraire ne fut pas aussi laborieuse que cela, est que si je suis une amoureuse de la littérature anglaise, je préfère résolument à toute autre celle du XIXe (Austen, Brontë, Hardy, Eliot...).

Je dois bien dire que j'ai quelque peu de mal à comprendre pourquoi il est dit en jaquette qu'il s'agit d'un "grand monologue intérieur". J'y ai vu pour ma part une succession de monologues intérieurs, mais nullement exclusifs à l'héroïne. Cela dit, l'écriture est tellement complexe, alambiquée, fastidieuse... que jamais je n'aurai la prétention de dire que j'ai tout compris.

Si j'aime les syntaxes recherchées et le verbe élaboré, je dois reconnaître qu'en la matière, comme pour Proust, trop, c'est trop. Un excès de complexité annihile l'indispensable naturel de l'écriture et ôte tout plaisir à la lecture, qui devient un défi grammatical à relever. Et pour moi, lire doit être avant tout un délice et non un exercice.

Je ne me cantonnerai naturellement pas à cette seule approche, histoire de donne sa chance au "produit" (des recommandations ?...) et pense me pencher sur la vie à la fois palpitante et tragique de l'auteur...

Extraits :

Elle aurait de beaucoup préféré être de ces gens qui, comme Richard, faisaient les choses pour elles-mêmes ; alors qu'elle, se disait-elle en attendant de traverser, la moitié du temps, elle ne faisait pas les choses tout simplement, pour elles-mêmes ; mais afin que les gens pensent ceci ou cela ; et c'était complètement idiot (...) car personne ne s'y laissait prendre une seconde. Ah, si elle avait pu refaire sa vie !

...

Elle savait ce qui lui manquait. Ce n'était pas la beauté ; ce n'était pas l'intelligence. C'était quelque chose de central qui irradie ; une certaine chaleur qui crève les surfaces et rend frémissant le froid contact entre un homme et une femme, ou entre des femmes.

...

Bon, je me suis bien amusé ; et c'est fini, se dit-il, en levant les yeux vers les corbeilles suspendues de géraniums pâles. Et le voilà réduit en poudre, son moment d'amusement, car il l'avait plus ou moins fabriqué de toutes pièces, il le savait bien ; il l'avait inventée, cette aventure avec la jeune femme ; il l'avait fabriquée, comme on se fabrique les trois quarts de sa vie, se dit-il, et comme on se fabrique soi-même ; il avait fabriqué cette jeune femme ; il avait créé ce moment charmant, avec quelque chose en plus. Mais chose bizarre, et vraie : on ne pouvait rien partager de tout cela - et cela se réduisait en poudre.

...

Quelle affreuse soirée ! Il était d'humeur de plus en plus maussade, et pas seulement à cause de l'incident ; à cause de tout. Et il ne pouvait même pas la voir ; mettre les choses au point ; avoir une explication avec elle. Il y avait toujours du monde - elle continuerait comme s'il ne s'était rien passé. C'était cela qui était exaspérant chez elle - cette froideur, cette insensibilité, quelque chose de très profond chez elle, il l'avait senti à nouveau en lui parlant ce matin ; quelque chose d'impénétrable. Pourtant, Dieu sait qu'il l'aimait. Elle avait le don de vous mettre les nerfs en pelote, oui, de vous les rouler en tire-bouchon.

...

C'était affreux, criait-il, affreux, affreux !

Et pourtant, le soleil répandait sa chaleur. Et pourtant, on finissait par se remettre. Et pourtant, la vie savait ajouter à un jour un autre jour.

...

Ces bandits, les dieux, ne gagneront pas entièrement la partie - son idée était que les dieux, qui ne perdaient pas une occasion de meurtrir, contrecarrer, gâcher les vies humaines, étaient pris à contre-pied, si, malgré tout, vous vous conduisiez avec classe. (...) Par la suite, elle était devenue un peu moins affirmative ; elle en était venue à la conclusion que les dieux n'existaient pas ; on ne pouvait en vouloir à personne ; et elle avait adopté la religion des athées, consistant à faire le bien pour l'amour du bien.

...

On ne peut pas mettre des enfants au monde dans un monde tel que celui-ci. On ne peut pas perpétuer la souffrance, contribuer à la reproduction de ces animaux libidineux, qui n'ont pas d'émotions durables, rien que des caprices et des vanités qui les font dériver trnaôt par-ci, tantôt par-là.

...

Elle avait besoin d'être soutenue. Ce n'était pas qu'elle fût faible. Mais elle avait besoin qu'on la soutienne.

13.01.2009

Chronique amoureuse #16

Parce l'amour s'affranchit de toute considération pécuniaire et parce que, comme le dit Larcenet, la poésie rachète tout, voici mon plus sincère bien que modeste présent. Joyeux anniversaire.

C'est par un soir de mai
Que je l'ai rencontré
Par un ciel plein de lune
L'amant aux lèvres brunes
Et depuis ce moment
Je fus prise vraiment
Une adorable flamme
S'alluma dans mon âme.

Patrick Chamoiseau

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par delà l'attente
Par delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent.

Paul Eluard

Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et se confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi".

Montaigne à La Boétie

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