Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/07/2012

Face cachée de Sylvain Runberg et Olivier Martin

Editions Futuropolis - 152 + 152 pages

Présentation de l'éditeur : Satoshi travaille comme financier dans une société à Tokyo. Sa vie est uniquement rythmée par le travail. Les journées sont longues, et il ne peut rejoindre sa famille (en banlieue) que durant les week-end. Il passe ses nuits dans un capsule hôtel, parfois en compagnie de Mayumi, la jeune secrétaire de 26 ans. Au bureau, tout le monde ignore leur liaison. Marquée par le divorce de ses parents, Mayumi rêve d'un grand et bel amour. Mais Janichi, le collègue arriviste et jaloux de Satoshi s'intéresse de très près à cette jeune fille et finit par deviner que les deux collègues sont amants. Il découvre également que le couple de Satoshi bat de l'aile, et compte bien en tirer profit. Mais les apparences sont encore bien plus trompeuses. Et Satoshi cache des choses qui pourraient s'avérer encore plus dangereuses pour lui si elles venaient à être sues. Sylvain Runberg et Olivier Martin se lancent dans un long manga intimiste digne des meilleurs auteurs japonais. Un récit psychologique qui nous plonge au coeur d'une société nippone, où les convenances et les apparences servent souvent à cacher des situations dramatiques...

face cachée.jpgface cachée 2.jpg

Se lancer dans le manga quand on est originaire de France et de Belgique, c'est s'exposer potentiellement à la vindicte populaire tant les amoureux du genre sont d'exigeants puristes. Mais pour Sylvain Runberg et Olivier Martin, relever ce défi semble n'être qu'une simple formalité ; preuve en est le Silver Award du 4e Prix International du Manga 2011 décerné au premier volet de ce troublant diptyque.

D'un classique triangle amoureux, les auteurs nous entraînent dans une observation scrutatrice de la société nipponne moderne. Entre pression socio-professionnelle, faux-semblants, solitude, adultère et blessures intimes, les fausses pistes sont nombreuses et il est bien impossible d'anticiper le dénouement de cette histoire tragique. Le scénario brillant est surprenant et réhaussé par un traitement somptueux au lavis qui renforce l'élégance, le mystère et la profondeur du récit. Une narration subtile et poignante au coeur d'un Japon ultra-codifié et lissé où les aspérités individuelles, à force d'être gommées, ne demandent qu'à se révéler, qu'à exploser...

Attention à ne pas se laisser décourager par le premier tome qui ménage tant le suspens qu'il nous laisse gravement sur notre faim.

00:42 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Culture, Littérature belge, Littérature française, Livre, Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

07/06/2012

A nous deux, Paris ! de J.P. Nishi

à nous deux paris.jpgEditions Philippe Picquier - 189 pages

Présentation de l'éditeur : Quand un jeune Japonais découvre dans ses pérégrinations humoristiques et ironiques les travers de la vie parisienne. Il scrute et déchiffre en images notre quotidien dans ses moindres détails, comme le ferait un Florent Chavouet à Tokyo, et apprend à ses risques et périls les charmes de la France que nous découvrons dans ce livre comme dans un miroir.

Quelle déception ! Je m'attendais à retrouver dans ce manga prometteur le Paris qui me manque tant avec la pointe d'humour symbolisant le fossé entre la réalité parisienne et le fantasme qu'ont les Japonais de la ville-lumière.

Ce n'est que vaguement le cas. Ce n'est pas drôle, le dessin est décevant, les situations sont absurdes et semblent davantage émaner d'un garçonnet qu'être le fruit d'un mangaka d'une trentaine d'années.

Gros échec dont le concept initial aurait pu faire une perle. Le dessinateur-scénariste, de son vrai nom Taku Nishimura, nous offre un approche sociologique très personnelle de notre capitale mais sans parvenir à transcender l'idée.

11:23 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Bio/autobiographie, Culture, Littérature japonaise, Livre, Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

02/05/2011

Nanami de Nauriel, Corbeyran et Amélie Sarn

Editions Dargaud

Tome 1 - Le théâtre du vent - 82 pages

Tome 2 - L'inconnu - 80 pages

Tome 3 - Je crois que je t'aime - 47 pages

Tome 4 - Le prince noir - 64 pages

Présentation de l'éditeur : Après la découverte d'un livre étrange et dangereux, Nanami n'a plus qu'une idée en tête : le rendre à son propriétaire. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance d'Allessandro, prof de théâtre aveugle, et de l'effrayante bande des Black Rose. Cette rencontre va l'entraîner dans un monde mystérieux, un monde sur lequel elle a un pouvoir qu'elle ne soupçonne pas...

nanami.jpgnanami 2.jpg

nanami 3.jpgnanami 4.jpg

Voilà typiquement le genre de série super sympa, dont l'histoire me captive et me tient en haleine mais que je n'ai absolument pas envie d'encenser. Non mais c'est vrai, sous prétexte que je suis prise par l'histoire et que je veux absolument savoir comment ça va évoluer et comment ça va finir, je devrais attendre sagement sans faire part de mon agacement à l'égard des auteurs ?

Sans déconner, maintenant c'est quasiment systématique dans l'univers bédé. Exit les one shot, on fait traîner en longueur en nous servant des séries interminables. Sauf que moi je dis, si c'est possible de faire patienter au moins un an un lecteur pour un pavé de 600 pages, en BD c'est no way vu que tu mets tout au plus une heure pour la lire. Ben là c'est pas un an que l'on patiente pour Nanami : premier album, 2006 ; quatrième album, 2011 et c'est même pas la fin ! Sans blague, moi je dis : au boulot les feignasses quoi !

Si l'on note la présence de Corbeyran (que j'ai beaucoup aimé également dans Metronom' et Sept jours pour une éternité) sur les trois premiers albums, son absence sur le quatrième peut laisser penser à un désaccord sur l'évolution de l'histoire et que son abandon du projet entraîne une véritable galère scénaristique pour conclure d'où six looooongues années pour une histoire inachevée.

Donc bon ben Corbeyran reviens ! Ou Nauriel et Sarn, lâchez-vous !

... Mais vite !

09:19 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Culture, Littérature jeunesse, young adult, Livre, Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

25/04/2011

Le journal de mon père de Jirô Taniguchi

Editions Casterman - 274 pagesculture,littérature,bande dessinée,BD,manga,biographie,japon

Présentation de l'éditeur : Contrairement à l’impression suggérée par son titre, Le Journal de mon père n’est pas un récit autobiographique. Jirô Taniguchi a simplement “planté” son scénario à Tottori, sa ville natale, où il a tant de repères et de souvenirs. Le héros de cette histoire s’appelle Yoichi Yamashita et travaille à Tokyo dans une agence de design. Apprenant la mort de son père, il revient après une très longue absence à Tottori, la ville qui l’a vu grandir. Au cours d’une veillée funèbre très arrosée, le passé des années 50 et 60 ressurgit : l’incendie qui a ravagé la ville et la maison familiale, le dur labeur pour la reconstruction, le divorce de ses parents, ses souffrances d’enfant… Lors de cette veillée, chaque membre de la famille apporte un éclairage nouveau sur la personnalité de ce père que Yoichi tenait jusque-là pour responsable du désastre familial. Le fils réalise finalement, mais trop tard, qu’il a sans doute été le seul responsable de leur douloureuse incompréhension.

Après le subjugant Quartier lointain, je me suis replongée avec excitation dans l'oeuvre de Taniguchi, espérant bien ne pas être déçue dans ma seconde impression. Verdict ? Monsieur Jirô Taniguchi est le maître incontesté du souvenir, de la nostalgie, de la mélancolie, de l'hommage.

Sous des airs autobiographiques (seuls les lieux et temps de retour sont issus de la vie de l'auteur), le mangaka nous entraîne sur les pas d'un homme qui ne revient sur les lieux de son enfance qu'à la mort de son père. Ce père qu'il a fuit et pour lequel il a entretenu de la rancoeur pendant toutes ces années de séparation. Mais pendant la veillée, la famille et les amis du père offre un nouvel éclairage sur l'homme et sur l'histoire familiale au fils. Une découverte tardive d'autant plus émouvante.

Comme dans Quartier lointain et sans air moralisateur aucun, Taniguchi nous amène à réfléchir sur notre existence et à repenser notre passé pour, peut-être, mieux envisager notre avenir.

08:37 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Bio/autobiographie, Culture, Littérature japonaise, Livre, Manga, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

21/02/2011

Appt. 44 de Dara

culture,littérature,bande dessinée,BD,manga,livreEditions Ankama - 148 pages

Présentation de l'éditeur : Un appartement, quatre colocataires, deux chats... Saurez-vous démasquer l'alien ? Quatre jeunes inconnus emménagent en colocation à Paris. Le moral est au beau fixe, mais il se passe des choses étranges... Chats marchant au plafond, somnambulisme ou autres apparitions de kouign amann... Mais qui est l'intrus venu semer le trouble dans cet appartement ?

L'auteur est Français et le sens de lecture se fait dans le sens conventionnel occidental, pourtant, il s'agit bel et bien d'un manga. A quoi le reconnaît-on ? Tout d'abord à son graphisme mais j'ajouterais, d'un point de vue extrêmement partial et subjectif, à la vacuité de l'histoire et aux personnages clichés. Pour autant, ça se lit. Disons que c'est un bon intermède entre deux lectures plus conséquentes tant au point du vue du fond que de la forme. Malheureusement, contrairement à ses homologues japonais, l'auteur (l'éditeur ?) ne "respecte" pas le rythme relativement rapide des parutions de ce genre. Ce premier tome d'une série annoncée de quatre a déjà paru depuis plus de huit mois et aucune annonce concernant la sortie du second. Mauvaise stratégie je pense.

18:04 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Culture, Littérature française, Livre, Manga | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!