22.12.2009

Au cas où...

... il y aurait une âme généreuse souhaitant me couvrir de cadeaux, voici mes wish lists Amazon :

 

En vous remerkiant. Ou pas.

21.12.2009

Les Rois du crime d'Alexandre Bonny

Le Grand banditisme français

Editions First - 335 pagesrois du crime.jpg

Quatrième de couv' : Quoi de plus romanesque que les vies trépidantes et pleines de rebondissements des grandes figures du banditisme ? Quoi de plus étonnant que le quotidien de criminels français dont les frasques ont fait la Une des journaux ? Les Rois du crime : quinze portraits de gangsters français qui ont marqué le XXe siècle, de René la Canne à Antonio Ferrara ; quinze trajectoires fascinantes. Quinze gangsters français, quinze destins hors du commun. Plongez, avec Alexandre Bonny, dans les secrets de ces personnalités hors du commun qui fascinent autant qu'elles effraient ; pénétrez dans les arcanes d'un monde interlope et découvrez la part de vérité qui se cache derrière ces destins exceptionnels...

Après Bonne à tout faire, Brel par Leloir, Tant que je serai noire et Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, me voilà immergée grâce à Babelio dans les méandres de la société mal famée française.

Si le premier coup d'oeil laisse à supposer que l'on va relire à peu de chose près ce que l'on a déjà entendu mille fois à l'occasion des rediffusions de Faites entrer l'accusé, il n'en est rien à la lecture effective du document dans lequel on découvre les portraits des vieux de la Vieille du grand banditisme. L'on y croise bien évidemment les célèbres Jasques Mesrine et Antonio Ferrara mais bien d'autres encore et n'ayant pas moins de "panache" de la première moitié du XXe siècle. Le tout rédigé dans un argot typique de ce milieu interlope, qui n'est pas sans rappeler la patte d'Alphonse Boudard dans Les Trois mamans du petit Jésus.

Fortement recommandé à tous les aficionados du fait divers.

10.12.2009

Mon Gras et moi de Gally

gally.jpgdiantre ! éditions - 80 pages

Quatrième de couv' : Elle est grosse, très grosse, et entretient depuis toujours des rapports existentiels avec son gras. Elle croque avec humour ) double tranchant sa lutte contre ses bourrelets, les orgies de barres diététiques, et le regard d'autrui. Source de bien-être zygomatique, cette bd couvre 100 % des apports journaliers recommandés en matière drôle... Histoire de ne pas laisser le lecteur sur sa faim !

 

03.12.2009

Love de Hélène Bruller

Editions Glénat - 64 pageslove.jpg

Quatrième de couv' : Mes amis, je vous aime. Surtout quand vous êtes nuls.

Présentation de l'éditeur : Toujours aussi iconoclaste, Hélène Bruller brosse le portrait décapant de son entourage. Elle évoque ici ses amis, ses proches et par le biais de ces exemples concrets, dresse la typologie des profils sociaux des actifs urbains de notre monde contemporain. Un portrait partial, subjectif et corrosif, où tout le monde reconnaîtra ses voisins, ses collègues de bureau ou sa famille... Et quand tout ce petit monde gravite autour d'une seule et même personne qui cherche à mettre en contact les uns et les autres, ça fait des étincelles ! Bref, Hélène Bruller n'a rien perdu de sa verve caustique légendaire et de son sens du détail qui tue et personne ne sera épargné !

Hélène Bruller est une vraie salope. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est elle.

Ce que j'affirme en revanche, c'est qu'elle le reste. Si le précédent opus affichait clairement la couleur, celui-ci laissait supposer un certain adoucissement du personnage pour le moins tranché. Que nenni ! L'auteur se fait toujours plus assassine mais jamais plus avec les autres qu'avec elle-même et c'est certainement ce qui ne la rend pas définitivement antipathique. Parce qu'il faut bien le dire, ses mises à mort sont fantastiquement drôles.

Ici, l'intelligente et subtile construction des strips érige le livre en quasi scénar' qu'on voudrait bien voir interprété au théâtre. Ca fonctionnerait sans doute tout autant que cette talentueuse bd. A bon entendeur...

29.11.2009

La nouvelle pornographie de Lewis Trondheim

newporno.jpgEditions L'Association - 24 pages

Parce que le conceptuel n'est pas forcément impénétrable.

Parce que la pornographie ne se cantonne pas à un étalage chirurgical outrancier d'organes génitaux.

Parce que rien n'égale le pouvoir de l'imagination.

Parce qu'il faut sans cesse revisiter l'origine du monde.

Parce que les mots sont inutiles à qui connaît le langage universel.

Et juste, parce que c'est drôle.

trondheim.jpg

09.11.2009

L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

Editions Grasset - 637 pageszafon.jpg

Quatrième de couv' : Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, "ville des prodiges" marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets "enterrés dans l'âme de la ville" : L'Ombre du vent.

Difficile de ne pas être subjugué par ce chef d'oeuvre. L'intrigue parfaite est agrémentée d'une richesse lexicale exceptionnelle et d'une infinie poésie, véritable pied de nez aux ténébres fantastiques de la trame et aux sombres âmes des mystérieux protagonistes. La tendresse se mêle à la haine. La joie à la peine. La littérature à la vie. Non seulement le talentueux narrateur vous emmène là où vous n'auriez jamais envisagé aller mais de surcroît, le roman se déroule jusqu'à son paroxysme non pas tel que vous l'auriez souhaité mais tel que vous n'auriez jamais souhaiter l'imaginer ou tel que vous n'auriez jamais imaginé le souhaiter. Tenter d'en dire plus ne serait que faire affront à l'indicible talent que je suis ravie de compter parmi mes références littéraires.

En un mot : lisez-le. Ceci n'est pas une exhortation à lire ce bijou littéraire mais une recommandation faite avec ferveur.

06.11.2009

Kiki de Montparnasse de Catel & Bocquet

kiki.jpgEditions Casterman - 374 pages

Scénario : José-Louis Bocquet - Dessin : Catel

Quatrième de couv' : Jamais Kiki ne fera la même chose trois jours d'affilée, jamais, jamais, jamais !

Présentation : Dans le Montparnasse de bohème et de génie des années 1920, Kiki réussit à s'extraire de la misère pour devenir l'une des figures les plus charismatiques de l'avant-garde de l'entre-deux-guerres. Compagne de Man Ray auquel elle inspirera ses photos les plus mythiques, elle sera immortalisée par Kisling, Foujita, Per Krohg, Calder, Utrillo ou Léger. Mais si Kiki est la muse d'une génération qui cherche à évacuer la gueule de bois de la Grande Guerre, elle est avant tout une des premières femmes émancipées de ce siècle. Au-delà de la liberté sexuelle et sentimentale qu'elle s'accorde, Kiki s'impose par une liberté de ton, de parole et de pensée qui ne relève d'aucune école autre que celle de la vie...

Grandeur et décadence de LA muse des années folles. En effet, de son vrai nom Alice Ernestine Prin, Kiki, tour à tour chanteuse, danseuse, gérante de cabaret, peintre et actrice de cinéma, fut surtout l'égérie et l'amante des plus grands artistes de l'époque (Soutine, Modigliani, Picasso, Cocteau, Breton, Eluard...) qu'elle réunit dans son giron, passant ainsi de la petite bâtarde miséreuse provinciale à la Reine de Montparnasse... Avant de mourir seule, décatie, ravagée par la drogue et l'alcool (une fin aussi abrupte que la façon dont elle est traitée dans l'ouvrage : seulement 10 pages sur presque 400 !).

Bien plus qu'un grand destin retracé, ce livre est également un premier pas dans l'histoire de l'art de cette époque. Entre Dadaïstes et Surréalistes, les noms célèbres défilent mais il faudra, pour en savoir davantage, se reporter aux biographies de fin d'ouvrage ou à d'autres sources puisqu'ici, les maîtres ne sont pas appréhendés dans leur être, leur profondeur ou leur art, mais uniquement dans leur rapport, parfois furtif, d'avec Kiki.

Mais ce livre est avant tout le cri d'une femme. Le cri d'une femme qui veut exister dans une époque qui le lui interdit. Le cri d'une femme qui doit se vendre pour survivre. Le cri d'une femme qui jusqu'au bout, même abandonnée, ne de départira jamais de sa gouaille.

Seule erreur à mon avis, celle de traiter l'ouvrage en noir et blanc. L'on peut en effet s'interroger sur ce choix de la forme alors que le fond nous parle de photo, de peinture.

Au final, ça se lit bien mais ce n'est pas un incontournable. Disons que c'est une bonne ébauche pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur cette époque. Artistique or not.

05.10.2009

Le Chat du Rabbin de Joann Sfar

Editions Dargaud

Tome 1 : La Bar-Mitsva, préface de Eliette Abécassis

Tome 2 : Le Malka des Lions, préface de Fellag

Tome 3 : L'Exode, préface de Georges Moustaki

Tome 4 : Le Paradis terrestre, préface de Jean "Moebius" Giraud

Tome 5 : Jérusalem d'Afrique, préface de Philippe Val

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Présentation de l'éditeur : Pendant félin de Socrate le demi-chien, le Chat du Rabbin essaye de répondre à une question fondamentale : peut-on apprendre la torah à un chat, fut il doué de parole ? La réponse est une fable savoureuse, d'une intelligence rare qui réjouira les amateurs d'Orient, de jolies femmes et de métaphysique. Sfar, qui est né lui-même dans une famille juive, met en scène une communauté juive du début du XXe siècle, à Alger. Dans un décor luxuriant de tissus, carrelages et tapis orientaux, il plante un héros qui semble sorti d'une poubelle : un chat écorché, anguleux, l'air d'avoir avalé un sac de clous - hilarant. Têtu comme une bourrique et pas toujours avenant (bien que capable de tendresses renversantes), il a aussi avalé ce qui se fait de mieux en matière de raisonnement vicelard, thèse, antithèse, etc. Le résultat est une sorte de conte initiatique d'une grande beauté, où l'on apprend bien des choses sur l'usage de la parole, de la vérité et du mensonge. Une merveille de subtilité, d'émotion et d'ironie.

Quand on commence par le vrai commencement que d'aucuns zappent souvent, l'on espère que la suite sera aussi délectable que les excellentes préfaces.

C'est le cas.

D'ailleurs, cette savoureuse aventure philosophique aux brillantes digressions théologiques est une telle réussite que le film d'animation devrait sortir très prochainement. Prêteront leux voix aux personnages hauts en couleurs François Morel (le chat), Maurice Bénichou (le rabbin), Hafsia Herzi (Zlabya) ainsi que Jean-Pierre Kalfon ou encore Marguerite Abouët (auteur d'Aya de Yopougon dont le tome 5, c'est à noter, est à paraître le 5 novembre et l'adaptation cinématographique est dans le pipe).

C'est pédagogique, c'est farfelu, c'est profond... Bref, c'est drôlement génial, génialement drôle et les dessins sont fantastiques.

30.09.2009

J'étais l'origine du monde de Christine Orban

Editions Albin Michel - 138 pagesorban.jpg

Quatrième de couv' : "Que pouvait-il me demander de plus ? L'inimaginable, il l'a pourtant imaginé. Il ne m'a pas dit : 'Je veux peindre ton sexe, les jambes ouvertes.' Non, ce fut dit différemment. Mais dit. Comment a-t-il osé ? Comment ai-je pu accepter ?" En 1866, Gustave Courbet peignait "L'origine du monde", oeuvre sulfureuse et teintée de mystère, longtemps tenue à l'abri des regards indiscrets. Christine Orban fait revivre sous sa plume Joanna Hifferman, modèle imaginaire de ce tableau unique, fruit d'une démarche artistique poussée à l'extrême et de la folie amoureuse d'un homme. Après avoir livré son corps, c'est le trouble d'un choix que la femme vient exposer crûment. Que sont la honte et la pudeur face au génie ?

En novembre 2006, le voisinage de la Galerie Helenbek de Nice a fait interdire l'exposition en vitrine d'un tableau hommage à Gustave Courbet, représentant un sexe féminin. Les assauts de pudeur de la population niçoise face à cette oeuvre ont bien démontré que le temps, dont on dit qu'il efface les blessures, n'agit pas de même avec la pruderie, la pudibonderie des âmes puritaines. Je conseille vivement à ces retardataires d'un bon siècle dont l'esprit est le plus mal placé, tout autant qu'aux autres, la lecture de ce magnifique livre qui dépeint une fiction que je me plais à imaginer vraie, en véritable amoureuse de la passion et non de la pornographie.Le démon des mots Charlotte Sapin

Extraits :

La nuit tombait, je me suis éloignée de quelques pas vers la mer plate des fins de journée, un vent léger jouait avec ma robe et mes cheveux. Gustave m'a suivie et il est resté à mes côtés à regarder l'horizon comme moi. Après un long silence, il m'a dit : "Je vais vous aimer." Et il est reparti près du feu.
L'Origine de monde est-elle née, dans son esprit, ce soir-là ?

Il m'a laissée seule avec ces mots ; à moi de décider l'usage que je voulais en faire. A moi de savoir si je voulais être aimée par lui ou pas.

L'amour m'effraie. On monte très haut dans le ciel et on n'est jamais sûr de rien, juste de la chute. J'avais donné ma candeur, mes rêves à un homme qui n'en avait rien fait. Je pensais être guérie, et pourtant les paroles de Gustave m'ont troublée. Cette simple promesse d'amour dénotait une singulière connaissance de soi et de son propre génie.
Je pensai que seul Dieu, en nous plaçant ce soir-là sur une plage, l'un en face de l'autre, savait la suite de l'histoire : j'étais naïve. Courbet avait choisi sa proie. Il n'était pas près de la lâcher. Il avait trouvé le modèle dont il rêvait pour faire reculer les bornes de son art. L'évidence pour cet homme rustre et profond n'était pour moi encore qu'un motif d'étourdissement.

...

Dans l'intimité de l'amour, cette vérité fugace, je peux montrer, donner beaucoup de moi, mais aucun homme ne m'avait demandé encore d'être la figure peinte, le symbole désigné et fixé à jamais de cet abandon.

L'amour charnel c'est un souffle de vie sans postérité.

J'étais prête à offrir mes jambes ouvertes sur un sofa à Gustave, pas à Courbet.

27.09.2009

D'amour et d'eau fraîche de T.C. Boyle

boyle.jpgEditions Grasset - 723 pages

Quatrième de couv' - Marginocity : c'est le nom de la communauté créée en ce début des années 1970 par un nommé Sender, quelque part en Californie, pour vivre près de la nature et pratiquer l'amour libre. Un modèle qui n'est pas du goût des autorités locales : à force de taxes impayées, de latrines qui débordent et de drogue au grand jour, les rebelles sont priés de vider les lieux... Heureusement, Sender a hérité d'un terrain en Alaska. C'est là qu'il décide d'installer ses "frères et soeurs". Mais l'idéal hippie se révèle moins facile à mettre en oeuvre lorsqu'il fait -15° ou -20° chaque nuit, dans un pays où les trappeurs ont une toute autre conception de la vie saine et naturelle... Pourtant, les uns et les autres s'apprivoiseront peu à peu. Et de cette rencontre improbable naît une histoire délirante et drôle, riche en rebondissements, à travers laquelle l'auteur d'América et d'Un ami de la terre poursuit sa radiographie de l'Amérique moderne.

Voici un livre divertissant d'un auteur prolixe aux allures de rock star.

Divertissant au sens noble du terme puisque les grands classiques et les oeuvres posant des problèmes métaphysiques n'ont pas le monopole de la qualité littéraire.

Divertissant donc tout autant que laid et tragique. Aux travers de personnages attachants, chacun se souviendra de ses élans de flower power fantasmés lors de mémorables rébellions d'adolescents en crise - ce qui étaient d'ailleurs foncièrement paradoxal m'enfin passons. Mais bientôt apparaît le revers de la chimère : derrière l'idéal de vie se cache un milieu ancré dans des conceptions rétrogrades de machisme et de sexisme et les valeurs de solidarité, de fraternité et de partage prônées connaissent de tristes limites.

Mouais... En écrivant ça, je me suis déprimée toute seule. Finalement, tout n'est qu'utopie car l'homme, naturellement mauvais, est un être vil, égocentré par essence. Mais que le mérite de l'auteur n'en pâtisse pas : l'histoire est accrocheuse et l'analyse pertinente. Parfait pour agrémenter son temps libre.

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