Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/11/2013

Le cercle des confidentes de Jennifer McGowan

le cercle des confidentes.pngTome 1 - Lady Megan

En librairie depuis le 4 septembre 2013.

Éditions Macadam Milan - 430 pages

Présentation de l'éditeur : Lorsque Meg Fellowes, 17 ans, voleuse et comédienne de la troupe de la Rose d'Or, est arrêtée, elle sait que la sentence va être la mort. C'est ce à quoi les voleurs sous le règne d'Élisabeth 1re d'Angleterre doivent s'attendre. Pourtant, on lui propose une alternative : accepter de faire partie d'un groupe de demoiselles d'honneur très spéciales : des espionnes. Avec ses nouvelles compagnes, Jane, Anna, Béatrice et Sophia, Meg doit protéger la couronne des intrigues de la cour. En ces temps troublés, mille complots guettent la jeune reine protestante. Grâce à son sens inné de la comédie et à sa mémoire extraordinaire, Meg doit espionner la délégation espagnole, composée de fervents catholiques, opposés à Élisabeth, dont le séduisant Rafe, comte de Martine, qui vient d'arriver à la cour. Mais dans le paysage complexe de ce début de règne, la jeune fille comprend vite que les frontières entre ennemis et alliés sont mouvantes et qu'elle ne peut se fier à personne. Si elle entend sauver la vie de sa reine et retrouver sa propre liberté, elle devra aussi démasquer le meurtrier d'une autre demoiselle d'honneur, mystérieusement assassinée quelques mois avant son arrivée...

Traduit de l'américain par Marie Cambolieu.

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Broché : 15,20 euros

Ebook : 9,99 euros

Un grand merci aux Éditions Macadam pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première et de devenir blogueuse partenaire de leur collection.

C'est seulement après une brillante carrière dans le marketing que Jennifer McGowan a décidé de se lancer dans sa première entreprise littéraire. Une expérience professionnelle qui lui a sans doute permis d'enrichir sa formidable imagination d'une connaissance pointue de sa cible. Loin donc de se contenter d'une histoire simple et classique pour son tout premier livre, Jennifer McGowan a opté pour une saga jeunesse en forme de mashup littéraire.

Si l'on peut, d'un simple coup d'oeil à la couverture du premier tome de cette série, le cataloguer sans conteste dans la rubrique du roman historique, il serait réducteur de le cantonner à cela. Comme l'a appris l'auteur dans son précédent métier, les jeunes lecteurs veulent lire comme ils vivent. Si la technologie d'aujourd'hui leur permet d'être de véritables encyclopédies de l'histoire de la musique et de tous ses courants - pour ne citer que cet exemple -, il faut qu'il en aille de même côté lecture. Cela passe en partie par le support numérique. Cela passe aussi par le mélange des genres et par la vitesse narrative qui ne doit en aucun cas laisser l'occasion de s'ennuyer et donc de zapper. C'est là que Lady Megan, premier opus du Cercle des confidentes, se révèle être résolument moderne. L'histoire de ces cinq jeunes femmes au service de la reine Elisabeth Ire alors débutante, tout historique qu'elle soit (la couverture tient évidemment toutes ses promesses !), n'en est pas moins classable aux rubriques espionnage, suspens, apprentissage, aventure, thriller ou romance. De quoi satisfaire tous les jeunes lecteurs contemporains ; tout du moins les jeunes lectrices si l'on se réfère au sexe des personnages principaux - cinq espionnes pour une reine aussi centrale autour de laquelle tout tourne, que secondaire puisque peu présente dans ce premier volume -, la modernité s'embarrassant encore trop souvent, malheureusement, du genre...

Et de suivre ces cinq adolescentes pour le moins indépendantes et intrépides, douées de caractères bien trempés et de talents exceptionnels, en charge de protéger le royaume d'Angleterre et de résoudre un meurtre tout en vivant leurs premiers élans amoureux. Ces James Bond girls à la mode élisabethaine, forcément différentes les unes des autres pour faciliter l'identification la plus large possible, doivent épouser la raison d'État et déjouer les faux semblants, les incidents, les tromperies, les trahisons, les machinations et autres complots.

Entre politique, amour, amitié et loyauté, l'histoire démarre sur les chapeaux de roues et le lecteur en vient rapidement à douter de tout le monde. Immédiatement addictives, les pages se tournent de plus en plus vite et au sortir de cette première partie, le premier sentiment après le regret de l'avoir déjà finie est l'impatience de pouvoir lire la suite. Réaction s'il en est par excellence face à un succès d'écriture ; attention, page turner !

S'il est intéressant de connaître a priori la véritable histoire d'Angleterre pour le plaisir de détecter les éléments authentiques de la trame, ce n'est cependant par nécessaire à la bonne compréhension du texte. Mais il y a fort à parier que nombres de béotiens montreront a posteriori un intérêt pour cette époque...

L'écrivain fait preuve d'un réel talent pour les descriptions (décors, costumes, atmosphère...) qui, loin d'être pesantes, catapultent subtilement le lecteur en plein XVIe siècle. Mais sa véritable force réside sans doute dans sa faculté à maîtriser son histoire. Qu'il s'agisse des enjeux diplomatiques ou des intrigues amoureuses, les scènes de tension palpable sont habilement menées et saisissantes aussi bien physiquement qu'émotionnellement. La parcimonie avec laquelle sont dispensés les indices met les nerfs du lecteur à rude épreuve mais les révélations, sans cesse surprenantes, arrivent toujours à point nommé. Peut-être certaines transitions temporelles sont-elles un peu rapides - il y a parfois plusieurs mois d'écoulés entre deux chapitres - mais ce n'est, somme toute, qu'un détail.

Bref, Lady Megan est le premier des cinq tomes annoncés d'un bootleg littéraire prometteur campé au coeur de l'Angleterre élisabéthaine, dont chaque opus sera consacré à l'une des drôles de dames de l'incomparable fille d'Henri VIII. Fidèle à l'Histoire qui ne finit pas toujours bien, cette fiction, emplie de personnages brillants et attachants ou obscurs et perfides, est intelligente, fascinante et haletante. Elle offre des portraits crédibles - puisque réel pour celui qui concerne la reine et d'autres encore... - de femmes puissantes et audacieuses dans une époque où la condition féminine n'était pas des plus enviables. Une prouesse ingénieuse et délicieuse pour un premier roman qui s'adresse aux jeunes tout autant qu'aux grands de plus en plus nombreux à succomber à la passion de la littérature young adult. Ne reste plus qu'à souhaiter que les livres à paraître soit à la mesure de ce premier ! À suivre...

Vous aimerez sûrement :

La tétralogie d'Anna Godbersen (Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses), Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi, Hunger Games de Suzanne Collins, Enfants de la paranoïa de Trevor Shane, Le chirurgien ambulant de Wolf Serno, La sœur de Mozart de Rita Charbonnier, Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh, Le châle de cachemire de Rosie Thomas, Sashenka de Simon Montefiore, Les perles de la Moïka d'Annie Degroote, Les roses de Somerset de Leila Meacham, la trilogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent), Orgueil et préjugés, Emma, Northanger Abbey, Raison et sentiments, Lady Susan & Mansfield Park de Jane Austen, La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, Seuls le ciel et la terre de Brian Leung, La calèche de Jean Diwo ou Mille femmes blanches de Jim Fergus.

Extraits :

La voix de sir William n'exprimait ni mépris ni pitié. Seule sa fourberie se manifestait. Il savait pertinemment que j'étais incapable de déchiffrer les rondeurs des caractères sur le feuillet - et sans doute s'en trouvait-il satisfait. Il me garderait ainsi un peu plus longtemps à sa botte. Cecil n'appréciait guère d'instruire une petite voleuse dépenaillée qui l'avait dupé une fois, presque deux. Il m'aurait sûrement laissée croupir au cachot si la reine n'avait pas formulé la demande explicite de me voir intégrer son cercle de confidentes. Il n'en avait d'ailleurs pas fait mystère : c'était Elizabeth et elle seule qui m'avait choisie pour entrer à son service. Cecil ne m'aimait pas, n'avait aucune confiance en moi et ne voulait pas de moi à Windsor. Je ne pouvais guère le lui reprocher. J'aurais moi aussi préféré me trouver ailleurs. Ma vie de voleuse me manquait : je me languissais de l'exaltation de la traque, de la sensation de mes butins entre mes doigts : le velouté du satin, la froideur lisse de l'argent.

...

Grand-Père m'avait peut-être refusé le don de lecture, mais il m'en avait transmis d'autres, comme celui de l'écoute, de la diction, du jeu et de la persuasion.

...

Pendant que les autres dames et demoiselles au service de la reine se consacraient aux travaux d'aiguille, aux révérences, aux processions, aux pas de danse, à l'étiquette et aux commérages, notre petite troupe se retrouvait chaque jour en ce lieu pour une instruction "approfondie" réservée à notre secte secrète. C'est là, claquemurées dans cette salle isolée où se mêlaient le bruissement des étoffes, le froissement des pages et la voix sifflante de notre sévère professeur, que cinq jeunes filles apprenaient à espionner pour le compte d'Elizabeth.

L'idée avait de quoi séduire, ou même enthousiasmer. N'était-ce pas une fabuleuse aventure que de servir la plus extraordinaire souveraine de toutes les nations, de mettre audace et panache au service de la Couronne ?

...

Un instant s'écoula, puis un autre. Je déglutis puis risquais enfin un autre regard à mon auguste interlocutrice. Et ce que je vis... me stupéfia.

En cet instant, la Reine Elizabeth d'Angleterre, au faîte de sa jeunesse et de sa force, ma parut soudain aussi vieille et étiolée que mon grand-père l'avait été sur son lit de mort. Comme un masque terne, la lassitude retombait sur son visage et ses yeux luisaient d'une morne sagesse que je ne pouvais espérer comprendre. Comme pour me marquer de son royal décret, elle posa une main solennelle sur mon épaule.

- Tous les hommes constituent une menace pour une femme, Meg, qu'elle soit servante ou souveraine, déclara-t-elle. En particulier ceux en qui nous aimerions par dessus tout place notre confiance. Ne l'oublie jamais.

...

Nos mensonges les plus convaincants sont ceux qui nous semblent vrais.

23:13 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature américaine, Littérature jeunesse, young adult, Livre, Roman historique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

04/05/2013

Si j'étais un livre de José Jorge Letria et André Letria

Éditions La joie de lire - 60 pagessi j'étais un livre.jpg

Présentation de l'éditeur : Une réponse à la première personne : « Si j'étais un livre... » Que ferions-nous sans le livre et la lecture ? Une question qu’il est toujours bon de rappeler. Un hymne à la lecture sous toutes ses formes.

Traduit du portugais par Dominique Nédellec.

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Album cartonné : 14 euros

Un grand merci à Babelio et aux Éditions La joie de lire pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

Mon ressenti au sortir d'une lecture est rarement mitigé. Pour faire simple, pour ne pas dire simpliste, j'aime ou je n'aime pas. Mais l'analyse de Si j'étais un livre nécessite d'être nuancée...

La lectrice passionnée que je suis a pris un plaisir énorme à la découverte de cet album jeunesse délicat et intelligent. Souligné par des dessins d'une élégance épurée, le texte, tout en finesse, est un hymne sincère et profond à la lecture ainsi qu'à l'objet livre (n'en déplaise aux défenseurs acharnés du numérique). Cet album illustré ne peut que trouver écho retentissant chez les liseurs et les bibliophiles.

Mais.

Si j'étais un livre est un ouvrage destiné aux enfants, préconisé par l'éditeur dès 8 ans. C'est là où, à mon sens, le bât blesse. D'une part, je trouve qu'il est un peu trop facile pour cet âge techniquement parlant. Cela étant dit, les niveaux de lecture sont très variables d'un enfant à un autre alors pourquoi pas... En revanche et quelle que soit la maîtrise de "déchiffrage" du lecteur en herbe, le texte ne m'apparaît pas vraiment adapté à une cible relativement débutante en la matière. Il me semble qu'à ce stade de l'apprentissage, il est nécessaire de donner envie au lecteur, de le divertir. Or, lire sur le lire n'est pas franchement ludique, ni franchement captivant quand il est encore trop tôt d'un point de vue de l'expérience pour avoir de la distance sur cette passion.

En conclusion, cet album magnifique est davantage destiné aux grands amoureux de la lecture et du livre qui souhaitent transmettre leur engouement. Mais pas sûr que l'intensité soit partagée...

Ils en parlent aussi : Metaphorebookaddict, Laura.

Vous aimerez sûrement :

Six milliards de visages de Peter Spier

Extraits :

Si j'étais un livre, je demanderais qu'on ne se serve pas de moi seulement pour décorer les étagères.

...

Si j'étais un livre, j'aimerais être lu jusqu'à pas d'heure par quelqu'un qui, en silence, m'appellerait "mon ami".

...

Si j'étais un livre, je n'aimerais pas qu'on me lise seulement par obligation ou pour suivre la mode.

...

Si j'étais un livre, j'aimerais rendre les gens heureux à toute heure et en tout lieu.

...

Si j'étais un livre, j'aurais toujours le doux parfum d'un jour sans date, d'un jour unique !

...

Si j'étais un livre, je voudrais être une arme efficace et douce pour tuer à jamais le désir de guerre.

...

Si j'étais un livre, j'aimerais entendre quelqu'un dire : "ce livre a changé ma vie".

23:55 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature jeunesse, young adult, Littérature portugaise, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

03/05/2013

Coup de foudre à Austenland de Shannon Hale

coup de foudre à austenland.jpgSortie ce jour en librairie.

Éditions Charleston - 260 pages

Présentation de l'éditeur : Jane Hayes est une jeune New Yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret : son obsession secrète pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l’adaptation de la BBC de Pride and Prejudice. Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant : aucun homme n’est à la hauteur de la comparaison. Quand une riche parente lui laisse en héritage un séjour de trois semaines dans un centre chic pour les Austen-addicts, les fantasmes de Jane impliquant une rencontre fortuite avec un héros tiré tout droit de l’époque de la Régence deviennent un peu trop réels. Cette immersion dans cet Austenland réussira-t-elle à débarrasser Jane de son obsession pour lui permettre de rencontrer un vrai Mr Darcy ?

Traduit de l'anglais par Julia Taylor.

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Broché : 17 euros

Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

Combien sommes-nous à avoir été contaminée par nos lectures, notamment celles de Jane Austen ? Forcément, après de telles histoires, difficile pour ces messieurs de souffrir la comparaison d'avec un Darcy ou encore un colonel Brandon ! Mais de là à parasiter complètement sa vie sentimentale, il y a un pas...

Jane Hayes, elle, est de ces femmes dont l'idéalisation absolue les empêche de profiter concrètement de leurs histoires de coeur ; contrarie même toute relation tant elles versent dans une analogie pathologique.

Face à cet état de fait plutôt inquiétant pour l'avenir amoureux de la jeune femme, sa grand-tante Carolyn décide, avant de passer l'arme à gauche, de coucher Jane sur son héritage d'une façon plutôt inattendue : afin de la désintoxiquer, de la débarrasser de son obsession pour le ténébreux Darcy sous les traits du sexy Colin Firth, elle l'envoie en séjour à Austenland.

Austenland, c'est une maison d'hôtes, un jeu de rôle grandeur nature. Mais qui sont les acteurs et qui sont les invités ? Cette immersion dans l'univers austenien permettra-t-elle à Jane d'être davantage ancrée dans la réalité ? C'est ce que Shannon Hale nous propose de découvrir avec beaucoup de suspens, d'humour et d'émotions.

Cette comédie romantique dont l'intrigue vise à libérer la protagoniste de ses fantasmes a véritablement chatouillé les miens. Alors concrètement, où se trouve ce fameux Austenland ? Et si ça n'existe pas encore, pour quand est-ce prévu ? Non, parce que là, j'ai une envie urgente, furieuse, de porter de jolies toilettes, de sacrifier au rituel du thé, de jouer au whist et de me lancer dans les préparatifs du prochain bal !

En somme, une lecture très amusante... mais dangereusement addictive. L'univers de la grande dame des lettres anglaises n'en finit décidément pas d'inspirer de nombreux auteurs, pour notre plus grand plaisir !

La seule faiblesse de ce texte est sa jaquette. Cette couverture illustrée résolument marquée modernité version chick lit manque cruellement à mon sens d'une forte évocation victorienne. Mais gageons que le bandeau rouge flashy signé Stéphanie Meyer clamant haut et fort "Adorable ! Le meilleur hommage à Jane Austen !" saura pallier cette légère défaillance. La célèbre auteur de Twilight s'est d'ailleurs lancée dans la production cinématographique de ce livre, qui devrait sortir fin 2013, courant 2014 sur les écrans. Avis aux adeptes des adaptations.

La vraie cerise sur le gâteau, du haut de mon impartiale subjectivité, étant la présence dans le rabat de la troisième de couv' de MON commentaire SIGNÉ ! Plus près de toi ma Jane Austen...

Bref, je ne vous dirai pas si Jane est soignée mais moi, cette lecture m'a rendue complètement malade. JE. VEUX. ALLER. À. AUSTENLAND. Et pas qu'une fois ! Si le concept existait, je ne me contenterais pas de ne vivre qu'Orgueil et préjugés par procuration. À moi toutes les aventures de toutes les héroïnes de Lady Austen, à commencer par Persuasion, Sanditon et Mansfield Park. Mais en attendant ou à défaut, Coup de foudre à Austenland est un délicieux dérivatif qui saura réenchanter un instant toutes les Janéites et convaincre les béotiennes de partir à l'assaut de la version originale, unique et irremplaçable.

Ils en parlent aussi : Julie, Lady K, Moonshine, Pandora.

Vous aimerez sûrement :

Sanditon de Jane Austen et tous ses romans.

Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

Les filles de Mr Darcy d'Elizabeth Aston

La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

Extraits :

À Colin Firth,

Vous êtes un type génial, mais je suis mariée,

Je pense que nous devrions seulement être amis.

...

À trente ans passés, une femme était bien trop vieille pour perdre son temps à rêver d'un personnage de fiction ayant vécu deux cents ans plus tôt au point de laisser ses fantasmes prendre le pas sur sa vie réelle et amoureuse.

...

Quelques années auparavant, elle avait tenté de commencer une psychothérapie et, même si elle avait ensuite décidé que ce n'était pas fait pour elle, elle en était arrivée à une conclusion : dès son plus jeune âge, elle avait appris à aimer grâce à Jane Austen. Malgré son immaturité, elle avait compris que, dans le monde d'Austen, un simple flirt n'existait pas. Chaque histoire d'amour devait mener au mariage, chaque flirt n'était qu'un moyen pour trouver un partenaire avec qui passer le reste de sa vie. Donc, pour Jane, chaque fois qu'une histoire se terminait et qu'il restait un petit espoir - même infime -, c'était aussi douloureux qu'un divorce. Un peu extrême, non ?

...

Vous êtes une jeune femme célibataire et ne devrez donc jamais être seule avec un homme sans chaperon, sauf à l'extérieur tant que vous êtes en mouvement, à cheval, à pied ou en calèche. Pas de contact physique à l'exception des obligations liées aux bonnes manières, comme par exemple prendre la main d'un homme lorsqu'il vous aide à descendre d'une calèche ou son bras lorsqu'il vous accompagne à la salle à manger pour le diner. Vous ne parlerez de rien de personnel ou d'intime. J'ai cru comprendre, par mes conversations avec d'anciennes clientes, que, lorsqu'une romance naît dans ce cadre très restrictif, elle n'en est que plus passionnée.

...

Les ruptures avaient effacé tous les bons moments. Dans sa mémoire, les rires disparaissaient, les personnalités de ses divers petits amis se fondaient les unes dans les autres, les vacances et week-ends se brouillaient et lui semblaient avoir duré deux minutes. Toute la relation se condensait et se reformait dans son esprit pour ne plus comporter que la fin.

...

Plus elle trouvait d'anachronismes, plus il lui était difficile de prétendre que toute cette histoire n'était autre chose que la réalisation d'un fantasme pour célibataire pathétique.

...

Si Jane avait été le genre de personne à chercher des signes dans ce qui l'entourait, elle aurait dit que la pièce semblait trembler d'anticipation, comme si quelque chose d'important se préparait. Mais elle n'était pas comme ça.

...

- Alors, vous êtes capable de deviner la valeur, le mérite et la noblesse d'une personne d'un simple regard ? demanda Jane qui avait de plus en plus de mal à garder son calme.

- Vous non ? répondit-il avec une lueur de défi dans le regard. Pouvez-vous vraiment m'affirmer que, dès les premiers instants où vous avez rencontré chaque personne présente dans cette pièce, vous n'avez pas formé de jugement sur leur caractère que jusqu'à présent vous n'avez pas remis en doute ?

Elle eut un petit sourire.

- Vous avez raison, monsieur. Cependant, j'espère bien que, dans un cas du moins, ma première impression s'avèrera erronée.

...

Ces derniers temps, j'ai l'impression de ne plus savoir qui je suis et je pensais qu'en venant ici j'arriverais peut-être à me retrouver.

...

Quelqu'un à embrasser et qui lui donnait l'impression d'être belle et sexy. Quelqu'un qui n'insistait pas pour qu'elle lui donne plus que ce qu'elle était prête à donner, qui lui permettait de vivre des moments de perfection, qui lui donnait envie de sourire au lieu de sans cesse se projeter dans un futur qui n'arriverait jamais.

...

Après toutes les heures qu'elle avait passées à rêver de vivre au temps de Jane Austen, voilà qu'elle y était et qu'elle ne rêvait que de normalité. Quelle ironie !

...

Les fantasmes sont l'opium des femmes.

19:15 Écrit par charlotte sapin dans Chick lit, romance, Citation, Culture, Littérature américaine, Littérature jeunesse, young adult, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

18/04/2013

Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi

À paraître le 19 avril 2013.ferrailleurs des mers.jpg

Éditions Au Diable Vauvert - 394 pages

Présentation de l'éditeur : Fin du XXIe siècle, ère post-pétrole, les États-Unis sombrent dans le tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferailleur, dépouille avec d'autres adolescents les carcasses de vieux pétroliers pour récupérer des métaux qu'ils revendent pour survivre. Mais un jour, il découvre un voilier naufragé ultramoderne qui renferme des richesses phénoménales et une belle jeune fille en très mauvaise posture. Nailer va-t-il la sacrifier pour partager le trésor avec les siens, ou la sauver et vivre les aventures maritimes dont il rêve depuis toujours ? Finaliste du National Book Award, Prix Locus du premier roman jeunesses, best-seller aux USA, un phénoménal roman d'aventures pirates !

Traduit de l'américain par Sara Doke.

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Broché : 18 euros

Ebook : 9,99 euros

Un grand merci aux Éditions Au Diable Vauvert pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

Décidément, je suis en pleine découverte des maîtres de la SF. Après avoir fait connaissance avec l'un des écrivains français phares du genre - Ayerdhal - par le biais du jubilatoire thriller Rainbow Warriors, j'ai découvert l'auteur de la science fiction américaine qui s'est imposé comme la star de cette branche de la littérature en deux ans.

Pour son tout premier livre La fille automate, composé sur fond d'anticipation géopolitique des plus réalistes façon William Gibson, Paolo Bacigalupi a été récompensé par une avalanche de prix comme il n'y en avait plus eu depuis 2011, L'Odyssée de l'espace. Prix Hugo du meilleur roman, Nébula, Locus et Campbell 2010 - les plus hautes distinctions de la SF américaine -, Prix Planète-SF des blogueurs 2012 et Prix Bob Morane 2013 dans la catégorie Traductions, il est également sélectionné pour le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Une autre Terre remis aux Imaginales d'Épinal.

Avec Ferrailleurs des mers, l'auteur que l'on qualifie de "révélation de la SF américaine des dix dernières années" ne démérite pas puisqu'il a déjà vendu plus de 100 000 exemplaires aux USA, reçu les Prix Michael Printz jeunes adultes et Locus du premier roman jeune adulte 2011 et s'est classé finaliste de la plus prestigieuse distinction littéraire outre-atlantique : le National Book Award.

Ce second livre, premier tome d'un dyptique dont le second tome Les cités englouties est annoncé en France pour novembre 2013, est captivant. Repertorié dans la catégorie Young Adult ô combien porteuse depuis quelques années, il est à même de passionner les lecteurs de tous âges, à l'image des sagas Harry Potter, Twilight ou encore Hunger Games pour n'en citer que quelques-unes.

Tout à la fois roman d'aventure, d'anticipation et d'initiation, Ferrailleurs des mers se déroule sur un continent états-unien bien loin de la puissance alimentant les chimères d'aujourd'hui. Ce monde à l'atmosphère aussi excitante qu'inquiétante est une vision sombre, potentiellement réaliste, pour ne pas dire lucide, de l'avenir de l'humanité.

Aux côtés de Nailer, héros courageux et futé, le lecteur plonge au coeur de ce nouvel ordre établi où règnent piraterie, misère et violences en tous genres. Dans cet univers original, les événements s'enchaînent et de multiples dangers rôdent. Nailer, aidé de ses amies et de créatures mutantes vont devoir trouver comment rebondir.

Au gré de ces circonstances extra-ordinaires, les jeunes lecteurs pourront s'associer à la construction émotionnelle du protagoniste adolescent amené à répondre à des questions existentielles contemporaines sur des sujets aussi variés que la violence, la séparation, l'abandon, la trahison, la survie, l'amour, l'amitié, l'ambition et bien d'autres encore.

Bacigalupi réussit ici à bâtir un récit addictif, à créer un monde étonnant et une action saisissante qui "contraint" à un rythme de lecture soutenu tant il est indispensable de connaître la fin. Un moment d'évasion haletant pour jeunes et grands.

Possibilités de rencontrer l'auteur les 17, 22, 23 et 24 mai à Paris, du 18 au 20 mai à Saint-Malo au Festival Étonnants Voyageurs et le 21 mai à Montpellier pour une dédicace à la librairie Sauramps. Il sera l'invité de François Angelier sur France Culture le 18 mai.

Ils en parlent aussi : Laure.

Vous aimerez sûrement :

Lunerr de Frédéric Faragorn

Julian de Robert Charles Wilson

Hunger Games de Suzanne Collins

Seuls de Gazotti et Vehlmann

Enfants de la paranoïa de Trevor Shane

Peste de Chuck Palahniuk

Enig marcheur de Russel Hoban

Y : le dernier homme de Brian-K. Vaughan et Pia Guerra

Extraits :

Les équipes de lourds découpaient des panneaux d'acier avec des chalumeaux à l'acétylène et les balançaient par-dessus bord. Les panneaux tombaient comme des feuilles de palmier et s'écrasaient sur le sable de la plage, où d'autres équipes attendaient pour les traîner au-delà de la limite qu'atteindrait la marée haute. Des équipes de légers comme celle de Nailer récupéraient la bigaille, les petites pièces comme le cuivre, le bronze, le nickel, l'aluminium et l'acier inoxydable. D'autres chassaient les poches de pétrole et les cuves à écoper. C'était une vraie fourmilière grouillante d'activités dévolues à la transformation de l'ossature du bâtiment échoué en quelque chose d'utilisable dans le monde nouveau.

...

C'était comme si le Dieu Ferrailleur était descendu parmi les vaisseaux, tailladant et hachant, découpant en morceaux les énormes structures d'acier, avant de laisser leurs cadavres s'étaler derrière lui. Et, où que reposent ces immenses tankers, des gangs de ferrailleurs comme celui de Nailer grouillaient comme des mouches. Arranchant la viande de métal et ses ossements. Traînant la chair du vieux monde le long de la plage pour rejoindre les centres de pesage et les hauts fourneaux  de recyclage qui brûlaient 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour le profit de Lawson & Carlson, l'entreprise qui transformait la sueur et le sang des ferrailleurs en argent liquide.

...

Bapi possédait un poste représentant un clipper de chez Liberskind, Brown & Mohanraj. Il était attaché à son calendrier et montrait un vaisseau dont les paravoiles de haute altitude étaient entièrement déployées - des voiles qui, selon Bapi, pouvaient atteindre les jet-streams et tirer un clipper au-dessus d'une mer d'huile à plus de cinquante-cinq noeuds, survolant les vagues sur ses hydrofoils, déchirant la houle et l'eau vers l'Afrique et l'Inde, vers les Européens et le Nippon.

21:34 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature américaine, Littérature jeunesse, young adult, Livre, SF, fantasy, fantastique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!

06/02/2013

Journal d'un dégonflé de Jeff Kinney

journal d'un dégonflé.jpgÀ paraître le 7 février 2013.

Tome 6 - Carrément claustro !

Éditions du Seuil - 223 pages

Présentation de l'auteur : Si le père Noël ne récompense que les enfants sages, Greg n'aura pas de cadeau cette année... Greg Heffley est dans le pétrin. Le collège a été vandalisé et il est le premier suspect ! Pourtant, il est innocent. Enfin, presque... L'enquête avance, et Greg n'est pas loin de se faire attraper. Mais une tempête de neige s'abat sur la ville, et les Henffley se retrouvent coincés chez eux. Quand la neige aura fondu, Greg sait qu'il devra faire face à une avalanche de problèmes... En attendant, quelle punition pourrait être pire que de rester enfermé avec sa famille pendant toutes les vacances de Noël ?

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Natalie Zimmermann.

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Broché : 11,50 euros

Un grand merci aux Éditions du Seuil pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

Pas moins de six tomes, quatre-vingts millions d'exemplaires vendus dans le monde et trois adaptations cinématographiques. Si j'avais bel et bien observé en librairie les effets du phénomène, je n'avais jamais pris le temps de plonger le nez dans cette série incontournable mettant en scène l'ado ordinaire le plus célèbre de la planète.

Après avoir rattrapé mon retard, mon impression - impression d'adulte du haut de son âge semi canonique ayant pris l'habitude et le goût des sagas jeunesse répondant aux attentes de lecteurs plus mûrs que la cible primo-convoitée - mon injuste première impression disais-je aurait été : mouaif.

Sauf que. Certains titres jeunesse ne sont parfois "que" ce qu'ils sont, à savoir des livres uniquement à destination de jeunes lecteurs. En me remémorant ce principe premier et en plaçant ce livre entre les mains de mes neveux (9 et 11 ans), alors là, ça fonctionne complètement ! Par nature lecteurs mais pas trop, ils ont tout de suite adhérés.

La recette magique de ce Greg qui pourrait être le frère du Petit Nicolas ? La forme de son carnet de bord - parce que journal intime, c'est un truc de fille : un roman dessiné. Combien de débats/conflits adultes/enfants éclatant en librairie sur le thème "j'aime pas lire", "non, tu ne prends pas une bd, tu prends un vrai livre"...?

Exit ces aberrants plaidoyers ! Avec Le journal d'un dégonflé, tout le monde est content, il y a du texte et des dessins. De quoi satisfaire les parents qui pensent que l'écrit mis en bulle n'est pas vraiment de la lecture et les enfants allergiques aux textes non illustrés. Un excellent compromis qui évite de dramatiquement ériger l'acte d'achat et de lecture en conflit familial.

Les habitués retrouveront donc dans ce nouvel opus Greg, 12 ans, qui poursuit la narration de son quotidien en phrases et en illustrations ! Sa famille, ses amis, les cours, les filles... Tout y passe. D'aventures en mésaventures, ce journal n'est pas seulement la vie d'un jeune ado au jour le jour, c'est un véritable miroir générationnel qui permet à ses contemporains de s'identifier, de comprendre que ce qu'ils vivent est parfois fun, parfois moins, à la fois unique et universel. Bref, ça parle de grandir sur un ton léger et n'oublions pas qu'à cet âge, il est bon d'avoir un copain, même en papier, pour nous accompagner dans cette période aussi palpitante que bouleversante. Étant clair que les parents et autres vieux ne comprennent rien à rien, il est bien entendu que ce n'est pas sur eux que la jeunesse va s'appuyer...

Mais Le journal d'un dégonflé, c'est avant toute chose une histoire profondément drôle. Avec un héros sarcastique pétri de mauvaise foi et jamais le dernier pour faire des bêtises et autres gaffes, il serait difficile de faire autrement... De quoi chasser la sinistrose et faire de la lecture un agréable moment de franche et intelligente rigolade, sans jamais tomber dans la vulgarité.

Vous aimerez sûrement :

Les Arpents d'Alan Wildsmith

Lunerr de Frédéric Faragorn

Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh

Eloïse de Kay Thompson

Toufdepoil de Claude Gutman

Le gentil petit diable & La sorcière de la rue Mouffetard de Pierre Gripari

21:35 Écrit par charlotte sapin dans Culture, Littérature américaine, Littérature jeunesse, young adult, Livre, Roman épistolaire, journal | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!