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08/06/2010

Femmes de Mihail Sebastian

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Suivi de Fragments d'un carnet retrouvé

Editions de L'Herne - 248 pages

Quatrième de couv' : "Pourquoi Emilie Vignou garda sa virginité jusqu'au soir où elle fit la connaissance d'Irimia C. Irimia, je ne saurais le dire. Paresse ou manque d'imagination... Tout aurait dû s'opposer à cette chasteté à prolongations. L'exemple de ses amies, les moeurs libres de son quartier, sa vie amère, sans joie. Lorsque je la rencontrai, elle était une jeune fille d'une vingtaine d'années, lourde, raide, le regard terne, le visage anguleux. Je me demandais parfois comment elle avait pu être autrefois, dans son enfance, mais, en dépit de tous mes efforts, je ne parvenais pas à me la figurer..." Avatar de l'auteur, Stefan est un homme qui aime passionnément les femmes dans toute leur complexité humaine, alliage précieux de défauts et de qualités ; il ne les aime pas seulement pour les jeux du lit bien qu'ils lui soient essentiels ; d'ailleurs ce sont elles, le plus souvent, qui le veulent, qui le prennent... Sebastian nous livre ici une singulière galerie de portraits de femmes, gracieuses et papillonnantes, qui peuvent aussi accéder à la grandeur tragique, sans avoir l'air d'y toucher.

Bonne à tout faire, Brel par Leloir, Tant que je serai noire, Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Les rois du crimes, La vie d'une autre... Autant de belles découvertes, cela défiait toutes les probabilités. Ainsi, à l'occasion de la nouvelle opération Masse critique de Babelio, j'ai fait, sans grand entrain, mes premiers pas dans la littérature roumaine.

Il s'agit ici d'une sorte de journal intime présentant les différentes conquêtes de l'auteur-avatar. Mais contrairement à la sensation inhérente à la découverte de n'importe quel carnet secret, à savoir l'envie de le compulser en toute indiscrétion car c'est par définition interdit, ce carnet-là ne donne pas vraiment envie de poursuivre sa lecture même si certains personnages sont attachants. C'est plat, c'est terne. Bref, c'est décevant.

Et la deuxième partie, Fragment d'un carnet retrouvé, est pire encore.

Ce qui a le plus retenu mon attention dans cet ouvrage est l'impression en encre bleue, très inhabituelle, c'est dire.

Songez-y bien : il faut désormais que mon coeur,

S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur.

(Scène IV, Acte I, Andromaque de Racine)

...

Faire durer ! Voyez-vous, cela a du être dans mes rapports avec Andrei, mais également avec tout le monde et avec la vie même, mon erreur la plus grave.  Faire durer ! Je suis prise d'effroi à l'idée que quelque chose peut être anéanti, qu'un objet, un être humain, un sentiment ou juste une habitude peut disparaître du jour au lendemain ;  je ne suis obsédée, dans le passage des choses, que par leur éternité possible, par le signe qui pourrait les arrêter, les faire demeurer.

10:39 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Littérature roumaine, Livre, Roman, Web | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!