Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/02/2013

L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

l'escapade sans retour de sophie parent.jpgVLB Éditeur - 346 pages

Présentation de l'éditeur : Sophie Parent n'avait rien d'une aventurière. Installée depuis des années dans le confort de sa banlieue, elle s'était laissé porter par la vague tranquille de son quotidien. Elle respectait l'ordre social, avait confiance en ses proches, ne mentait pas et avait pour le chaos une aversion intraitable. De l'avis de plusieurs, elle surfait avec adresse sur la grande mer de la vie. C'était deux mois avant que commence sa descente aux enfers... Pourtant, le mercredi 8 décembre 2010, sans l'avoir cherché, Sophie met le doigt sur ce qui la tourmente depuis des mois. Une simple haie dans le jardin, qu'elle croyait belle et fournie, depuis des années, mais qui ne l'était finalement qu'en apparence, l'amène à faire une comparaison troublante avec sa propre vie. À partir de ce moment-là, toutes ces choses qu'elles avec toujours considérées comme de simples irritants deviennent les symptômes d'un mal qui ne cesse de s'aggraver. Jusqu'au jour où elle décide de partir une semaine dans le sud, seule, sans prévenir personne, juste pour souffler un peu et faire le point. Mais quand la remise en question est amorcée, un retour est-il possible ?

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Broché : 16 euros

Poche : 8,40 euros (à paraître le 4 avril 2013)

Un grand merci à VLB Éditeur & aux Éditions Pocket pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

La littérature québecoise et moi, une histoire d'amour encore jamais déçue.

S'il est proverbialement admis que "tout Tchèque doit avoir un violon sous son oreiller", mon approche du Québec par le prisme de ses écrivains m'a convaincue que les marraines fées ont déposé des plumes sous les traversins de la Belle Province. Alors forcément, quand les Éditions Pocket ont suscité la tentation en me proposant d'acheminer depuis cette contrée de belles lettres un livre à la chatoyante jaquette, le seul moyen de m'en délivrer était d'y succomber - adage, quand tu nous tiens...

Si, en raison de quelques maladresses et invraisemblances, L'escapade sans retour de Sophie Parent n'est pas le meilleur de la romance / chick lit - menus défauts dont il est aisé de passer outre et qui n'entâchent nullement le plaisir de lecture -, il est en tout cas la preuve écrite du caractère inepte de la présupposée vacuité du genre.

L'agréable livre de Mylène Gilbert-Dumas n'est pas une simple plongée dans les touchantes aventures d'une jeune quarantenaire ayant décidé de vivre enfin pour elle-même et non plus au service - pour ne pas dire esclave - des autres. Il est également une invite à l'introspection, à la remise en question.

Si Jirô Tanigushi, avec son exceptionnel roman graphique Quartier lointain, nous amenait à nous interroger sur ce que nous ferions différemment si nous avions l'opportunité de tout recommencer à partir de nos quatorze ans, Mylène Gilbert-Dumas quant à elle nous incite à faire un bilan de parcours existentiel afin d'éventuellement réajuster et, pourquoi pas, tout bousculer, pour le temps qui nous reste. Parce que s'il est possible voire inévitable de perdre du temps, il ne faut pas non plus passer à côté de sa vie...

Un livre optimiste qui rappelle qu'il n'est jamais trop tard... Mais que le moment est aussi venu...

Messieurs, gardez-vous bien d'offrir ce roman à votre compagne, méfiez-vous si vous le voyez entre les mains de votre moitié ! Il pourrait bien leur donner des idées...

Ils en parlent aussi : AniouchkaPetitebelgeAu pouvoir des mots, La bouquineuse boulimique.

Vous aimerez sûrement :

Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

La double vie d'Irina de Lionel Shriver

Rien ne va plus, La poursuite du bonheur & L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi de Katherine Pancol

Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

La femme qui décida de passer une année au lit de Sue Townsend

Vacances anglaises, N'oublie pas mes petits souliers et S.O.S. de Joseph Connolly

Extraits :

Prenons un instant pour prendre conscience qu'il n'y a que trois façons de modifier la trajectoire de notre vie, pour le meilleur ou pour le pire : la crise, la chance et le choix.

Sarah Ban Breathnach

...

Tout le monde l'enviait, admirait ses succès, mais personne ne voyait à quel point elle se sentait insignifiante en dedans. Car sa vie ne ressemblait en rien à ce dont elle avait rêvé jadis, quand l'adolescence lui permettait encore d'espérer.

...

Ce n'était pas cette vie-là qu'elle avait voulue.

...

Les rêves de fuite faisaient partie du quotidien de Sophie depuis tellement longtemps qu'elle ne se rappelait plus quand ils avaient commencé.

...

Pourtant, Sophie ne s'était jamais sentie à la hauteur, ni de ce qu'on attendait d'elle ni de ce qu'elle aurait voulu être.

...

Même de nos jours, alors qu'on aimait croire que tous étaient égaux, même chez les femmes les plus indépendantes. Parce que l'égalité, c'était de la politique, c'était dans la vie publique. Dans le privé, dans les foyers, les choses n'avaient pas tellement changé.

...

- Avez-vous lu tous vos livres ?

- Pas encore. Le problème, c'est que j'en achète chaque fois que je mets les pieds dans une librairie. Le bon côté de l'affaire, c'est que j'en ai toujours quelques-uns en attente, ce qui m'assure de ne jamais tomber en panne de lecture.

Elle riait, et ses yeux couvaient la bibliothèque d'un oeil affectueux.

- Quand on arrive à un certain âge, ma fille, on aime bien voir le monde à travers le regard des autres. Ca nous permet de confirmer ou d'infirmer certaines de nos conclusions.

...

- C'est ça, la vie : un fragile équilibre entre l'harmonie et le chaos.

...

Elle se rappelait ses premiers appartements, et le plaisir de faire son nid remontait à la surface. À l'époque, chaque déménagement lui donnait l'occasion de repartir à neuf.

14:18 Écrit par charlotte sapin dans Chick lit, romance, Citation, Culture, Littérature québécoise, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

09/08/2012

La rue des autres de Violaine Leroy

la rue des autres.jpgEditions La Pastèque - 72 pages

Présentation de l'éditeur : Quand elle rencontre le clochard sur son fauteuil roulant, Sacha ne se doute pas que les histoires de celui-ci vont la bouleverser et révéler que derrière les visages des passants se cachent des histoires fortes, tendres ou douloureuses...

Sacha est une jeune libraire un peu à côté de ses pompes et très seule, qui se laisse porter par une vie sans relief. Jusqu'au jour où elle rencontre un étrange petit vieux en fauteuil roulant qui décide de lui narrer sa vie et celles des autres.

Sous des apparences faussement naïves, cette histoire douce-amère bourrée de tendresse nous entraîne sur le chemin de la réflexion en nous rappelant des valeurs humanistes trop souvent bafouées par un monde moderne trop pressé, trop individualiste, trop indifférent et dans lequel la méfiance est le premier sentiment que l'inconnu nous inspire. Et si les menteurs n'étaient que des conteurs qui révèlent la beauté d'une réalité aux airs mornes ?

Ce récit aux ambiances bleu-gris souligne avec une infinie poésie que l'acception est un des remèdes à l'exclusion et la clé de rapports humains plus riches, plus nombreux, plus sensés. Il m'a remémoré ce proverbe africain qui dit qu'un vieillard qui meurt, c'est comme une bibliothèque qui brûle.

Quelques bulles de douceur dans un monde de brutes, c'est le cadeau que l'on se fait en s'offrant cette bd.

00:17 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Culture, Littérature française, Littérature québécoise, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

14/07/2012

Le demi-frère de Louise Tremblay d'Essiambre

Guy Saint-Jean Editeur - 477 pagesle demi-frère.jpg

Présentation de l'éditeur : Un an de bonheur... Toute une année que Raymond Deblois a passée auprès d'Antoinette, son autre amour, dans le Connecticut. Sa femme Blanche enfin écartée et internée, il a pu emmener Anne, sa plus jeune fille, et tenter de rebâtir un foyer. Jason, ce fils d'un autre lit, grandit enfin près de son père... Mais le destin n'est pas tendre avec les Deblois et Blanche a su ramener ses filets : la maison de Montréal est à nouveau pleine de bruits, de fureurs, d'espoirs trahis, d'amours déçues. Charlotte hésite encore à choisir l'homme de sa vie. Emilie, au bord de l'explosion, rêve toujours de voir son ventre s'arrondir. Quant à Anne, elle vit très mal ce retour précipité : parviendra-t-elle à prendre son envol sans qu'on lui brise les ailes ? Ses premières amours lui révéleront bien des surprises... Et Jason, la pièce manquante de ce puzzle, n'a pas dit son dernier mot...

Je m'aperçois plus que tardivement que je n'ai jamais chroniqué le quatrième et dernier tome de la saga québecoise Les soeurs Deblois. Occasion m'est donc donnée de rattraper mon omission et de remettre en avant cette superbe tétralogie, idéale lecture pour accompagner l'été.

Le demi-frère fait suite et fin à Charlotte, Emilie et Anne (oui, oui, comme les trois soeurs Brontë, ce qui a achevé de me convaincre de lire ce roman-fleuve, en plus du fait que le premier tome porte mon prénom). Et quel dénouement ! Les tourments s'apaisent enfin et l'on découvre les chemins pris par l'ensemble des individus dont on a suivi les parcours chaotiques.

Alors certes, d'aucuns trouveront l'ensemble et surtout ce dernier tome un tantinet doucereux, mais un livre, pour être bon, doit-il forcément être sérieux et triste de bout en bout ? La happy end doit-elle forcément souffrir d'une image ringarde ? D'autant que les protagonistes, tous autant qu'ils sont, méritent bien un peu de sérénité après tout ce que l'on a traversé avec eux au fil des tomes.

Pour ma part, l'ensemble est une totale réussite. Les personnages sont touchants, les intrigues sont captivantes et l'on regrette presque qu'il n'y ait pas plus de quatre volets.

Au risque de me répéter, les auteurs québécois n'ont vraiment pas leur pareil pour les histoires de familles. Si, jusqu'à présent, ma référence indétrônable en la matière est la trilogie Le goût du bonheur (Gabrielle, Adélaïde, Florent) de Marie Laberge, Louise Tremblay d'Essiambre la suit de peu. Le petit plus de ces livres résidant dans le charme des expressions québécoises, aussi dépaysantes que grisantes.

10:52 Écrit par charlotte sapin dans Culture, Littérature québécoise, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

06/06/2012

Quelques adieux de Marie Laberge

quelques adieux.jpgEditions Anne Carrière - 395 pages

Présentation de l'éditeur : Il est des amours lumineux. Il en est d'autres obscurs, irrémédiables, au bord desquels on est pris de vertige et dont on sait qu'ils nous briseront. François n'aurait jamais cru qu'il vivrait les deux - et qu'il les vivrait en même temps. Que l'un et l'autre lui sembleraient aussi essentiels, aussi inséparables que les deux moitiés d'un même fruit. Anne l'incandescente, la violente, fuit l'amour, s'en défend comme s'il contenait sa mort. Elisabeth y consent cœur et bras ouverts, sans jamais considérer le prix d'un tel abandon. Pour tous trois, François, Anne, Elisabeth, l'amour scande des rythmes effrénés ou apaisés, mais toujours déchirants.

Marie Laberge m'avait littéralement conquise (comme tout ce que j'ai lu en provenance du Québec pour l'instant) avec sa formidable trilogie Le goût du bonheur : Gabrielle, Adelaïde, Florent. C'est donc confiante et certaine de passer un bon moment que je me suis lancée dans ce livre autrement plus concis que ce à quoi l'auteur m'avait habituée.

Le moins que je puisse dire est que mes attentes ont été comblées. Une fois de plus, Marie Laberge a su créer des personnages bouleversants, mettre en scène des secrets lourds et m'amener à m'interroger sur la façon donc je réagirais en pareille situation. Emotion et sensualité sont les promesses tenues par ce roman tout en douceur.

Extraits :

Et je me demande si la foudroyant attirance que nous avons subie, de tous les malentendus, de tous les pièges de la vie, n'est pas l'un des plus cruels. A cause de lui, après que j'en fus sortie, j'ai gardé pour longtemps, peut-être pour toujours, de l'effroi envers ce que l'on appelle l'amour.

Gabrielle Roy

...

Il ressuscite l'enfance, ses blessures, ses espoirs insensés, et parle de la pureté indicible, de l'absolu contenus en chaque enfant ; et il parle de la lutte sauvage que la société mène à cette pureté. Les étudiants, si proches encore de cette enfance reniée, écoutent en ayant l'impression qu'on leur rend un droit d'être et de souffrir qui leur fut longtemps refusé, sous prétexte d'innocence. A travers Salinger, ils récupèrent leur droit à l'émotion extrême, au sentiment si peu disparu qu'être adulte exige un renoncement à un certain absolu, une sorte de passage affreux par la brûlure des compromissions.

...

La vie, de toute façon, la vie, cette fragile construction, n'en ferait qu'à sa tête et le laisserait tomber un jour, lâchement. Il le savait et il n'en éprouvait aucun regret, non, aucun regret, mais un profond désespoir.

...

Anne ne disait jamais rien à Claudine, sachant très bien que sa mère saurait tout : il y avait une complicité entre ces deux-là qu'aucun lien fraternel ne saurait briser. Le "secret" pour Claudine consistait en une chose que l'on devait taire à tous et dire à sa mère. Claudine ne savait cacher que ses propres secrets, ceux des autres, elle en faisait bon marché, sans scrupules ni mauvaise conscience.

...

"L'amour est comme un cancer, un chancre, une masse sournoise qui se nourrit d'elle-même, grossit, grandit, et finit par nous dévorer. On meurt et on se demande si finalement, on n'aurait pas mieux fait d'haïr seulement ou de rester indifférent. L'amour est une félicité, vous avez raison, un poison d'une douceur sans nom, mais tous les poisons finissent par nous tordre les boyaux, ne le savez-vous pas ? Si tant de bonheur pouvait aller sans souffrance, j'y souscrirais immédiatement... mais l'ultime cadeau de la vie est une souffrance indicible, parce que l'amour meurt, le corps vieillit, nous abandonne lâchement et la maladie, l'inévitable humilité, nous gagne. Dites-moi, à quoi sert de tant aimer ? A quoi sert de tant donner ?

...

La vérité vaut tous les tourments.

Camus

00:53 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature québécoise, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

14/02/2011

Magasin général de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp

Editions Casterman

Tome 1 - Marie - 80 pages

Tome 2 - Serge - 71 pages

Tome 3 - Les hommes - 79 pages

Tome 4 - Confessions - 69 pages

Tome 5 - Montréal - 75 pages

Tome 6 - Ernest Latulippe - 72 pages

Tomes 7 & 8 à paraître

Présentation de l'éditeur : L’histoire de Magasin général se déroule dans un village du Québec rural à partir du début des années 40. Elle gravite autour d’un personnage féminin, Marie, veuve avant l’heure et héritière du principal commerce local (le « Magasin général » qui donne son titre au récit), que l’irruption d’un étranger dans la petite communauté va progressivement réconcilier avec le bonheur ; bonheur d’aimer, bonheur d’être aimé(e), mais pas exactement de la manière que l’on pourrait imaginer…

littérature,livre,bande dessinée,BD,québeclittérature,livre,bande dessinée,BD,québeclittérature,livre,bande dessinée,BD,québec

littérature,livre,bande dessinée,BD,québeclittérature,livre,bande dessinée,BD,québeclittérature,livre,bande dessinée,BD,québec

Cette saga québécoise est tout simplement une pure merveille. L'on est plongé dans le quotidien de la toute petite communauté de Notre-Dame-des-Lacs, rythmé par les saisons et la bigoterie. Alors quand un étranger arrive, tout est chamboulé dans ce microcosme et surtout dans la vie de Marie, dont l'histoire est racontée en voix off par son défunt mari. Au fil des tomes, l'on est tour à tour ému et agacé par les personnages de cette communauté qui peut se révéler aussi envahissante que solidaire. C'est plein d'humour, d'amour, de rudesse, de tendresse, de secrets et de révélations... Bref, d'humanité ; le tout super bien dessiné et coloré des expressions de ce français outre-atlantique au charme indéfinissable.

Tu t'es tu rendu compte quand même que tout ce que je lis et qui se passe au Québec est génial (cf Marie Laberge et Louise Tremblay d'Essiambre) ? Je suis pas déçue pantoute par toutes ces découvertes ! Si t'as pas encore commencé, faut t'y mettre tabernacle !

10:17 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Culture, Littérature française, Littérature québécoise, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!