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09/01/2013

Rescapé de Sam Pivnik

culture,citation,littérature,livre,biographie,document,témoignage,guerre,shoah,angleterreÀ paraître le 10 janvier 2013.

Auschwitz, la marche de la mort et mon combat pour la liberté

Éditions Fleuve noir - 326 pages

Présentation de l'éditeur : Sam Pivnik est l'un des tout derniers survivants de la Shoah. Un miraculé. Il a à peine 13 ans lorsque les nazis envahissent la Pologne et sa ville, Bedzin, en 1939. Pour la communauté juive, c'est le début de la vie en ghetto, les privations, les humiliations, les violences arbitraires, la peur, les rafles. Puis en 1943, Sam est déporté avec son père, sa mère, ses deux soeurs et ses trois frères cadets au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Il est le seul à échapper aux chambres à gaz. Il n'a que 16 ans. Porté par une volonté de vivre hors du commun, il travaille alors successivement au déchargement des trains à leur arrivée au camp, sur la funeste Rampe de la mort, puis dans la mine de Fürstengrube, avant de connaître les Marches de la mort et de survivre au bombardement accidentel du paquebot Cap Arcona par la RAF... Aujourd'hui âgé de 86 ans, Sam Pivnik raconte son histoire pour la première fois : un témoignage saisissant à destination des générations futures, pour ne jamais oublier que cela a eu lieu, que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants n'en sont jamais revenus.

Ma note :

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Broché : 19,90 euros

Ebook : 13,99 euros

Si le XXe siècle fut riche de découvertes, de progrès, d'innovations en tous genres, il fut également le théâtre d'évènements historiques tragiques incomparables ayant donné naissance à un courant littéraire dont n'importe quel lecteur se serait volontiers passé : la littérature concentrationnaire.

L'homme ayant réussi à repousser les limites de l'atrocité, de l'innommable, il fallait bien un genre littéraire à part entière pour aborder l'expérience des camps. Quelque soixante-dix années après la fin de l'une des horreurs les plus absolues de l'Histoire, l'on ne compte plus les ouvrages qui témoignent de cette sombre période, dont certains sont devenus de véritables classiques parfois étudiés dès le collège, tel Primo Levi avec Si c'est un homme pour n'en citer qu'un.

Outre les révisionnistes et autres négationnistes, ces nombreux livres ont eu leur part de détracteurs arguant du manque de style ou de l'écriture lourde de cette littérature. Attaques auxquelles certains auteurs ont rétorqué très justement que ces écrits n'avaient pas pour ambition d'être des oeuvres littéraires dans l'acception esthétique du terme mais des témoignages puissants de l'abomination, de la souffrance. Et d'ajouter combien il est difficile de trouver les mots justes, combien le langage est, si ce n'est impuissant, du moins limité pour qualifier l'inhumanité, l'irréalité de ces univers abjects. Mais malgré tout, de nombreuses victimes ont tenu à surmonter autant que faire se pouvait les limites du verbe afin de transmettre une idée de leur calvaire, une idée forcément partielle, mais une idée présente, une idée vivante, une idée que l'infamie n'est pas parvenu à anéantir.

C'est dans cette optique de crier la vie que Sam Pivnik livre, entre expérience personnelle et données historiographiques générales, son approche du cauchemar nazi, de la libération, de la création d'Israël et du combat sionniste. Alors certes, Rescapé est un énième témoignage qui n'apporte pas grand chose de plus que ses prédécesseurs si ce n'est, excusez du peu, contribuer, nécessairement, fondamentalement, essentiellement, à ce que l'on appelle le devoir de mémoire.

Un récit tout en retenue, entre défauts d'une mémoire qui ne veut pas trop se souvenir et indispensable pudeur, qui ne peut laisser indifférent.

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Extraits :

Et nous commençâmes à remarquer la fréquence accrue des trains de marchandises qui cliquetaient et ahanaient à l'aiguillage situé à proximité de Modzewojska. Des wagons de fret, en bois, qu'on voyait quotidiennement si l'on vivait près du chemin de fer, transportant du bétail, des porcs, des moutons ou de la volaille vers l'abattoir. Mais ceux-ci étaient différents. Il y avait des cadenas posés sur les portes coulissantes et du barbelé devant les trous d'aération.

...

J'étais à un mois de mon dix-septième anniversaire et je rampais dans une grenier surchauffé dans la pénombre en buvant de l'urine et en écoutant les sanglots de mes frères et soeurs tandis que dehors les Allemands tiraient sur mon peuple.

La fin du ghetto. La fin de tout ?

...

S'il devait se passer quelque chose, c'était maintenant. Notre groupe ne comptait pas beaucoup d'hommes. Mon père avait la cinquantaine - je le prenais pour un vieillard, à l'époque - et moi seize ans. Que pouvions-nous faire ? Foncer sur les rangs SS ? Sauter sur la voie et s'enfuir ? Tout le monde avait une famille - des femmes, des mères, des enfants. Pourtant, lors de notre chaotique embarquement à bord de ce train, on aurait pu tenter quelque chose. Mais il ne se passa rien. Nous attendîmes commes des moutons (...).

...

Si je n'avais pas été si terrifié, si démoralisé, l'efficacité glaçante du lieu m'aurait impressionné. Déhumanisé en moins de deux heures.

...

A Auschwitz comme dans tous les camps de concentration, l'ordre naturel des choses était inversé. Dans l'univers contre-nature du génocide, la pire racaille tenait les rênes ; les fous géraient l'asile.

...

La mesure du temps. On ne se rend pas compte à quel point on en a besoin avant d'en être privé. A l'école, la sonnerie rythmait l'existence. A la maison, il y avait le rituel immuable des repas pris ensemble, même à Kamionka. A l'usine, on pointait en arrivant et en partant. A Auschwitz, il n'y avait pas d'horloge et on travaillait jusqu'à ce qu'on nous dise de cesser, ou qu'on tombe d'épuisement.

...

On était responsable de son matériel, et coupable de sa disparition. Je n'ai vu aucun homme de Bedzin voler quoi que ce soit, mais nous savions tous que nous étions prêts à voler, si les circonstances l'exigeaient, parce que c'était la nature du camp - la loi de la jungle.

...

Je suis abasourdi aujourd'hui de constater la vitesse avec laquelle la routine du Bloc quarantaine devint un mode de vie à part entière.

...

Une femme consciente de ce qui allait se produire se lança dans un strip-tease au profit des SS. Cette femme avait été danseuse avant toute cette folie et deux hommes, l'Unterscharfürher Josef Schillinger et le Rottenfürher Wilhelm Emmerich, furent captivés par ses mouvements giratoires assez longtemps pour qu'elle s'empare du pistolet de Schillinger dans sa gaine et fasse feu plusieurs fois sur les deux Allemands. Puis elle retourna dans la foule des femmes à demi-nues et une bagarre éclata, pendant laquelle la tâche ardue et sans gloire d'évacuer leurs camarades blessés et le Sonderkommando échut aux SS.

Ils gazèrent immédiatement celles qui étaient déjà dans la chambre, et fauchèrent les autres à la mitrailleuse. Je n'ai jamais réussi à retrouver le nom de cette femme, mais elle devint une héroïne pour nous tous, (...).

...

Je possède une photo de moi, prise peu de temps après la fin de la guerre. J'ai dix-huit ans. C'est la seule photo qui ait un vague rapport avec mon enfance. Toutes les autres - du reste, il n'en existait certainement pas beaucoup - avaient été jetées et détruites par les nazis dans leur tentative d'anéantir ma vie et, plus généralement, tout un mode de vie. Sur cette photo mes cheveux ont suffisamment repoussé pour que je puisse tracer une raie dans mes boucles.

"Il a l'air d'aller bien, diraient les révisionnistes d'aujourd'hui dans leur dénégation de l'Holocauste. Si l'on considère ce qu'il est censé avoir traversé."

...

De toutes les émotions qui tourbillonnaient dans nos têtes durant ces premiers jours de liberté, la plus forte était l'instinct de vengeance.

...

L'uniforme SS avait été jeté aux orties, et sa démarche élégante et hautaine avait suivi le même chemin. Il n'y avait plus d'Oberscharfürher, et en lieu et place de celui-ci, il y avait ce vieux Max Schmidt, fils de fermier, qui s'asseyait parmi nous.  (...) Il nous rejoignit à table et bavarda avec nous de choses anodines comme si nous étions tous de vieux copains en pleines retrouvailles d'après-guerre. (...) Son comportement me glaçait le sang. La guerre avait-elle eu lieu ? Auschwitz avait-il jamais existé ? Ces trois dernières années avaient-elle fait des victimes ? C'était invraisemblable.

...

Au fond, je me demandais, en ce début 1945, ce que j'allais faire du reste de ma vie. J'avais déjà vécu les proverbiales neuf vies du chat comme l'assure le dicton, et je n'avais pas encore vingt ans.

...

(...) Harry Truman, devint le premier dirigeant international à reconnaître le nouvel État. Nous n'avions plus qu'à nous battre pour le défendre.

...

Lorsque sa femme lui demanda si on gazait vraiment les gens à Auschwitz-Birkenau, il écrivit : "Au printemps 1942, beaucoup de gens dans la fleur de l'âge passèrent sous les arbres en fleurs de la ferme et de ses dépendances sans avoir aucune prémonition de leur mort prochaine." Comme il est plaisant de noter qu'un des massacreurs les plus efficaces de l'Histoire était aussi - presque - un poète. On pendit Rudolf Höss devant le Bloc II d'Auschwitz I - le Bloc de la mort, où tant de gens avaient péri sur son ordre.

...

L'expérience de l'Holocauste était si douloureuse et destructrice qu'il est probablement impossible à quiconque aujourd'hui de la saisir dans sa totalité.

06/10/2012

Rentrée littéraire : Dessous de Leela Corman

Editions çà et là - 204 pagesdessous.jpg

Présentation de l'éditeur : Dessous décrit la vie tumultueuse de deux soeurs jumelles, Esther et Fanya, issues de la communauté juive du Lower East Side new-yorkais du début du XXe siècle. Leur mère tient un atelier de confection et trompe sans vergogne son mari, un homme effacé. Peu enclines à reprendre le commerce maternel, les deux soeurs s'éloignent du giron familial dès l'adolescence. Fanya est embauchée par une sage-femme avorteuse qui fera son éducation scolaire et politique. Esther, fascinée par les danseuses d'un théâtre burlesque local, prend des cours de danse tout en travaillant comme bonne à tout faire dans la maison close attenante au théâtre. Les chemins des deux soeurs, pourtant très liées l'une à l'autre, vont progressivement diverger. Avec Dessous, Leela Corman décrit les difficultés de cette population immigrante à la veille de la grande dépression, mais brosse surtout le magnifique portrait de deux femmes libres et farouchement indépendantes.

Merci à la bibliothèque en ligne Libfly et aux éditions çà et là de m'avoir donné l'opportunité de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération La voie des indés.

La couverture rappelant l'univers de Marjane Satrapi m'a attirée au premier coup d'oeil. C'est ensuite, davantage encore que le résumé, le fait que ce soit le premier roman graphique de l'auteur qui m'a interpellée ; j'aime ô combien les premières oeuvres.

Dans Dessous, Leela Corman nous plonge dans le Lower East Side New Yorkais du début du XXe siècle et nous embarque par moment dans la Russie de la fin du XIXe. Traitant des moeurs d'une époque en général et de celle de la communauté juive en particulier, c'est avant tout la condition féminine dont l'auteur parle en nous faisant suivre les pas d'Esther et Fanya, jumelles fusionnelles que les hasards de la vie aux apparences anodines vont pourtant séparer. Malgré des existences radicalement opposées, nos deux intenses et puissantes héroïnes conservent une identique ambition : celle de rester maîtresses de leurs destinées, au mépris des conventions et au risque de se perdre en chemin...

De ces destins entrelacés, Leela Corman brosse un portrait de l'émancipation des femmes au cours d'une époque en mouvement et au coeur d'un monde sans concession souvent violent à leur endroit. Pas une des grandes thématiques féministes ne manque à l'appel : éducation, mariage forcé, prostitution, avortement...

Le décor tout de noir et de blanc très Art déco retranscrit parfaitement l'atmosphère de l'époque, symbolise la rudesse de la vie d'alors aussi bien que le caractère austère de la culture évoquée. La documentation pointue sur laquelle s'est appuyée l'auteur est sublimée par des illustrations très détaillées - notamment en ce qui concerne les scènes de rue et les tenues - infiniment esthétiques.

Comme l'Histoire nous l'a déjà conté - et nous le narre encore -, la libération de la femme s'est faite dans la douleur. Pas de surprise donc, Leela Corman, comme pour son trait, construit son fond sur la noirceur. Sûr, l'on ne ressort pas indemne de cet hymne à la liberté, mais qu'il est bon de se faire cabosser quand il s'agit d'humanité ! Entre justesse et sensibilité, cette lecture pleine de sens n'a qu'un seul petit défaut : l'absence de traduction de la plupart des termes yiddish employés, même si cela ne gène en aucun cas la lecture.

21:31 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Culture, Littérature américaine, Littérature juive, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

12/06/2012

Zizi the Kid de David Abiker

Editions France Loisirs - 205 pageszizi the kid.jpg

Présentation de l'éditeur : Dans les années soixante-dix, un petit garçon, David Abiker, se montre déjà très intéressé par le sexe opposé : espionner les clientes de sa mère couturière pendant leurs essayages, s'initier à de nouveaux horizons avec le catalogue des 3 Suisses, explorer la pile de Playboy d'oncle Léon... Pour lui, rien n'est plus merveilleux que ces activités clandestines. Avec humour et légèreté, l'auteur nous fait revivre notre enfance à travers ce récit nourri de souvenirs très personnels.

David Abiker m'avait habituée à des chroniques originales et grinçantes dans Arrêt sur images avant l'interruption de l'émission. Je me suis donc laissée séduire par le nom de l'auteur autant que par le titre pour le moins rigolo qui, expérience faite, est un moyen sûr de trouver avec qui discuter en le lisant en public (à bon entendeur pour ceux qui cherchent des amis...).

Au final, le livre s'est révélé ennuyeux et comme l'indique l'éditeur, ce sont des "souvenirs très personnels". Ils n'ont donc de réel intérêt que pour les personnes concernées, si ce n'est quelques vagues références à la sauce Gloubi Boulga Night dont ont a soupé. C'est aussi assommant, rasant, soporifique que de se coltiner les albums photos et autres projections diapos de la Tante Berthe et de l'Oncle Roger. Tout est dit.

13:00 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Culture, Littérature française, Littérature juive, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

08/01/2012

Rich boy de Sharon Pomerantz

culture,littérature,livre,roman,etats-unis,usaEditions Flammarion - 493 pages

Présentation de l'éditeur : Robert Vishniak est l'enfant chéri d'Oxford Circle, un quartier juif ouvrier de Philadelphie. Beau garçon et intelligent, il pénètre dans le monde fermé des universités de la Nouvelle-Angleterre, où les rejetons de familles riches et influentes côtoient des élèves d'origine plus modeste comme Robert qui doivent travailler pour acheter leurs livres. Cet univers lui ouvre les portes des plus hautes sphères de la société new-yorkaise des années soixante, où tout ce que Robert a appris sur les femmes, la séduction et les peines de coeur s'avère payant. Fresque magistrale sur la lutte des classes, des sexes et des sentiments, Rich boy regarde en face notre désir de réussite et de rédemption, et le prix que nous devons payer pour y arriver. Après Fitzgerald et Gatsby, Bellow et Augie March, Wolfe et son Bûcher des vanités, Sharon Pomerantz dépeint à son tour Manhattan avec toute son avarice, son ambition, son snobisme, ses passions, ses aspirations et son aveuglement. "Ce formidable roman expose les vérités cachées et les hypocrisies contenues dans les notions de classe sociale, d'identité, et dans l'expérience typiquement américaine du self-made man." Booklist

Les auteurs américains n'ont vraiment pas leur pareil pour transcender des sujets usés jusqu'à la moelle. C'est donc captivée du début jusqu'à la fin que j'ai revisité les thèmes du rêve américain, de l'initiation sexuelle et sociale d'un jeune garçon, de la lutte des classes, de l'antisémitisme, de la famille, de la compartimentation de la société américaine, du fric du fric du fric, etc.

Au travers de la vie pour le moins bouleversée et bouleversante de Robert Vishniak, l'on observe sous différents angles le très particulier système américain et l'on s'interroge sur la poursuite d'un bonheur au critères prédéfinis sans prendre en compte l'individualité. Pour l'auteur, qu'on le veuille ou non, l'on n'échappe jamais à ses origines ni aux schémas formatés de la société, particulièrement états-unienne. De quoi réfléchir, nous faire rêver, nous désenchanter mais nous faire sourire malgré tout. Un très beau texte, une vie passionnante, des rebondissements palpitants.

Je suis définitivement une inconditionnelle de la littérature américaine.

21:07 Écrit par charlotte sapin dans Culture, Littérature américaine, Littérature juive, Livre, Première oeuvre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

18/03/2011

La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

culture,littérature,livre,roman,biographie,religion,humourEditions Belfond - 306 pages

Présentation de l'éditeur : Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l'enfance peut commettre bien des ravages... Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du "Tout-Puissant" et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d'une relation complexe, faite d'incompréhension et de pure terreur. Alors, à l'adolescence, Shalom s'est rebellé : gavage de hot dogs, lectures pornos... Et il a attendu, tremblant, le châtiment divin. Mais rien... Aujourd'hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d'émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l'agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ?

Ce livre est une espèce d'autobiographie d'un homme profondément croyant et excessivement coupable en attente de son châtiment d'être non pratiquant voire contre-pratiquant. C'est plus largement une critique de la religion intensive, intolérante et aliénante déguisée sous un énorme blasphème. L'on peut aisément imaginer que Shalom Auslander rencontre "quelques" problèmes avec sa communauté en particulier, avec les religieux de toutes confessions en général. C'est drôle et un peu flippant. Et très instructif en ce qui concerne la religion juive dont j'ignorais l'extrême exigence.

12:01 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Culture, Littérature américaine, Littérature juive, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!