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19/03/2013

Sayonara Gangsters de Genichiro Takahashi

À paraître le 20 mars 2013.sayonara gangsters.jpg

Books Éditions - 223 pages

Présentation de l'éditeur : La vie tranquille d’un professeur de poésie est bouleversée par sa rencontre avec un groupe de terroristes : les « gangsters ». Il entame alors un trépidant périple littéraire. Au cours de ce voyage, le lecteur fait de mémorables rencontres, parmi lesquelles : la muse du poète, « Livre de Chansons » ; un réfrigérateur flambant neuf, réincarnation de Virgile ; Henri IV, un matou bibliophile amateur de lait-vodka. Entre science-fiction, traité philosophique, poésie, roman noir et autobiographie, Sayonara Gangsters est une œuvre d’une originalité sidérante, souvent drôle voire hilarante, parfois incroyablement émouvante.

Ma note :

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Broché : 18 euros

Un grand merci à Books Éditions pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

En général, je commence les notes des livres que je n'ai pas achevés par le numéro de page auquel j'ai interrompu ma lecture. Je ne parlerais pas ici d'abandon en page 113 puisque je sais que je finirai, au moment opportun, le livre de Genichiro Takahashi.

Sayonara Gangsters est de ces livres, tel Enig marcheur de Russel Hoban, qui ne se lisent pas d'une traite. Complexes, ils se dégustent, se remachent, phrase après phrase, avec lenteur et attention pour être sûr de n'en pas louper la substantifique moelle... qui finit pourtant toujours pas m'échapper... J'ai beau entendre et comprendre l'engouement pour la littérature nippone, mes diverses tentatives m'ont fait comprendre que ce n'était pas ma came ; ces récits se heurtent à mon esprit par trop cartésien.

Malgré tout, dès les premières pages, j'ai été fascinée autant que troublée par cette narration follement poétique. Ou lyriquement dingue. L'atmosphère surréaliste m'a imméditament conduite à la comparaison d'avec Boris Vian. D'une même plume fantasmagorique dissimulée sous de réalistes apparences laissant à penser au lecteur qu'il est victime d'hallucinations littéraires, l'auteur transmet beaucoup. Mais quoi ? Le sens profond est aussi certain qu'indéfinissable. Je ne saurais que dire si ce n'est qu'il semble évident que les inconditionnels de Murakami Ryû, d'Haruki Murakami ou du Vernon Sullivan de nos latitudes seront séduits par ce livre inclassable d'une ahurissante originalité.

Ce texte inédit en France a paru en 1982 au Japon. Lauréat du prestigieux Prix Gunzo, il est rapidement devenu culte dans l'Empire du Soleil Levant et a érigé Takahashi comme l'une des figures du renouveau des lettres japonaises. À quelque trois décennies d'écart, parviendra-t-il à s'imposer auprès du lectorat français ? Pour ma part, je continuerai à piocher dans ce texte et il ne sera pas dit qu'il m'échappera définitivement !

Ils en parlent aussi : Sha.

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Extraits :

Et c'est ainsi que nous avons commencé à nous nommer les uns les autres.

Nous demandons à la personne dont nous désirons qu'elle nous nomme de nous donner un nom.

C'est notre manière de faire la cour.

J'ai donné mille noms et les ai perdus mille fois. J'ai circulé sans nom quelques temps avant de rencontrer Livre-de-Chansons.

À force de donner des noms, on devient prudent.

...

La première fois où Livre-de-Chansons m'a embrassé, Henri IV nous regardait attentivement dans son panier en clignant des yeux.

Henri IV est un affreux matou géant noir qui boit des cocktails lait-vodka avant de s'endormir à nos pieds.

...

Quand Livre-de-Chansons est toute nue, on a l'impression qu'elle porte encore un dernier jupon.

"C'est ridicule ! Quand je me mets nue, je suis vraiment nue, mais quand tu te mets nu tu n'as pas du tout l'air nu", affirme Livre-de-Chansons avec sa logique toute aristotélicienne.

...

Il est très triste de sentir quand on fait l'amour que nos corps sont simplement des machines à faire l'amour.

Je me sens épanoui quand je fais l'amour avec Livre-de-Chansons.

Faire l'amour est un dialogue.

12:27 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Essai, Littérature japonaise, Livre, Poésie, Roman, SF, fantasy, fantastique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

07/06/2012

A nous deux, Paris ! de J.P. Nishi

à nous deux paris.jpgEditions Philippe Picquier - 189 pages

Présentation de l'éditeur : Quand un jeune Japonais découvre dans ses pérégrinations humoristiques et ironiques les travers de la vie parisienne. Il scrute et déchiffre en images notre quotidien dans ses moindres détails, comme le ferait un Florent Chavouet à Tokyo, et apprend à ses risques et périls les charmes de la France que nous découvrons dans ce livre comme dans un miroir.

Quelle déception ! Je m'attendais à retrouver dans ce manga prometteur le Paris qui me manque tant avec la pointe d'humour symbolisant le fossé entre la réalité parisienne et le fantasme qu'ont les Japonais de la ville-lumière.

Ce n'est que vaguement le cas. Ce n'est pas drôle, le dessin est décevant, les situations sont absurdes et semblent davantage émaner d'un garçonnet qu'être le fruit d'un mangaka d'une trentaine d'années.

Gros échec dont le concept initial aurait pu faire une perle. Le dessinateur-scénariste, de son vrai nom Taku Nishimura, nous offre un approche sociologique très personnelle de notre capitale mais sans parvenir à transcender l'idée.

11:23 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Bio/autobiographie, Culture, Littérature japonaise, Livre, Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

04/06/2012

Les bébés de la consigne automatique de Murakami Ryû

les bébés de la consigne.jpgEditions Philippe Picquier - 522 pages

Présentation de l'éditeur : Hashi et Kiku, deux bébés abandonnés dans une consigne de gare, passent leur petite enfance dans un orphelinat. La recherche de leur identité les entraînera dans les bas-fonds de Tōkyō, où Hashi se prostitue avant de devenir un chanteur de rock adulé tandis que Kiku, champion de saut à la perche, se retrouve en prison pour parricide. Le roman suit en parallèle les destins des deux frères, décrivant le mécanisme qui les pousse à revivre sans cesse le traumatisme de leur enfance, racontant comment ces enfants purs et attachants passent du statut de victimes à celui de bourreaux. Dans un style déroutant mêlant l'horreur au comique, la poésie à des images de bande dessinée, avec une imagination foisonnante évoquant les romans de Gabriel Garcia Marquez, Murakami nous offre une vision de cauchemar du Japon de cette fin de siècle, et un reflet à peine déformé de notre monde moderne qui abandonne ses Enfants tristes. Mais les héros de Murakami, descendants de Nimier, Salinger ou Fitzgerald, ne se suicident plus, ils assassinent.

Ce n'est pas cette lecture qui me réconciliera avec la littérature japonaise. Je pense que ce roman signe mon refus définitif de me lancer à l'assaut d'autre chose qu'un manga pour ce qui est de la production littéraire du pays du soleil levant.

Souvent, l'idée de départ me séduit, mais le traitement ne m'accroche pas. L'irrationnel, l'hyper-violent, le sordide, le cruel sont trop inhérents à cette littérature ; tout du moins s'agissant du peu que j'en ai lu. Je suis quand même allée jusqu'au bout parce que malgré tout, l'auteur est parvenu à éveiller suffisamment de curiosité pour me pousser à savoir comment les deux anti-héros allaient évoluer, mais ce fut laborieux. Et décevant. Je m'attendais à davantage de sociologie et de psychologie mais rien n'est vraiment justifié. La décadence semble gratuite, absurde.

Finalement, tout ce que j'ai vraiment apprécié dans ce livre, c'est la couverture. Les éditions Picquier sont comme la collection Motifs : un vrai régal pour les yeux (mais un petit sacrifice pécuniaire puisque ce sont des poches relativement chers).

Extrait :

- Idiot, pourquoi te soucier de ce qui se passera dans plusieurs années ? Il faut être fou pour trembler de peur à l'idée de mourir pendant qu'on est vivant.

11:18 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature japonaise, Livre, Polar, thriller, roman noir | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

20/11/2011

Les années douces vol.1 de Jirô Taniguchi

les années douces.jpgEditions Casterman - 200 pages

Présentation de l'éditeur : Dans le café où elle a ses habitudes, Tsukiko, âgée de trente-sept ans, fait la connaissance d'un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu'elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais. Elle est célibataire, il vit seul. Complices, ils prennent l'habitude de se retrouver, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d'improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légères, une connivence s'établit, puis une véritable affection. En adaptant le roman de Hiromi Kawakami, Les Années douces, Jirô Taniguchi s'essaie avec brio au thème de la rencontre amoureuse. Un récit intimiste et délicat, tissé de bonheurs fugaces et d'enchantements saisis au vol.

Raaaaahhhhh ! Pourquoi faut-il toujours que les auteurs que j'admire profondément me prouvent qu'ils ne sont que des hommes, par conséquent faillibles. J'ai connu cette déception avec chacune de mes perles littéraires (roman ou bd) mais cela reste à chaque fois le même déchirement.

J'avais donc complètement vénéré Quartier lointain, j'avais littéralement adoré Le journal de mon père et là, BAM ! Je me suis tellement ennuyée à la lecture du premier volume de Les années douces que je ne chercherai même pas à connaître la suite et fin en empruntant (hors de question évidemment de l'acquérir, c'est la crise, le plan de rigueur, nous dit-on) le second volet. C'est lentissime, l'on ne sait vraiment pas où l'auteur veut nous amener et ce jusqu'à la dernière case. Pas même un brin de suspens qui nous pousserait à nous ruer sur le deuxième opus. L'on se contente d'observer le morne croisement de deux existences ennuyeuses. Je n'ai vraiment pas retrouvé le Taniguchi qui m'a séduite par la finesse de ses personnages et des émotions. Bouh !

19:18 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Culture, Littérature japonaise, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

25/04/2011

Le journal de mon père de Jirô Taniguchi

Editions Casterman - 274 pagesculture,littérature,bande dessinée,BD,manga,biographie,japon

Présentation de l'éditeur : Contrairement à l’impression suggérée par son titre, Le Journal de mon père n’est pas un récit autobiographique. Jirô Taniguchi a simplement “planté” son scénario à Tottori, sa ville natale, où il a tant de repères et de souvenirs. Le héros de cette histoire s’appelle Yoichi Yamashita et travaille à Tokyo dans une agence de design. Apprenant la mort de son père, il revient après une très longue absence à Tottori, la ville qui l’a vu grandir. Au cours d’une veillée funèbre très arrosée, le passé des années 50 et 60 ressurgit : l’incendie qui a ravagé la ville et la maison familiale, le dur labeur pour la reconstruction, le divorce de ses parents, ses souffrances d’enfant… Lors de cette veillée, chaque membre de la famille apporte un éclairage nouveau sur la personnalité de ce père que Yoichi tenait jusque-là pour responsable du désastre familial. Le fils réalise finalement, mais trop tard, qu’il a sans doute été le seul responsable de leur douloureuse incompréhension.

Après le subjugant Quartier lointain, je me suis replongée avec excitation dans l'oeuvre de Taniguchi, espérant bien ne pas être déçue dans ma seconde impression. Verdict ? Monsieur Jirô Taniguchi est le maître incontesté du souvenir, de la nostalgie, de la mélancolie, de l'hommage.

Sous des airs autobiographiques (seuls les lieux et temps de retour sont issus de la vie de l'auteur), le mangaka nous entraîne sur les pas d'un homme qui ne revient sur les lieux de son enfance qu'à la mort de son père. Ce père qu'il a fuit et pour lequel il a entretenu de la rancoeur pendant toutes ces années de séparation. Mais pendant la veillée, la famille et les amis du père offre un nouvel éclairage sur l'homme et sur l'histoire familiale au fils. Une découverte tardive d'autant plus émouvante.

Comme dans Quartier lointain et sans air moralisateur aucun, Taniguchi nous amène à réfléchir sur notre existence et à repenser notre passé pour, peut-être, mieux envisager notre avenir.

08:37 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Bio/autobiographie, Culture, Littérature japonaise, Livre, Manga, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!