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17/07/2012

Le chirurgien ambulant de Wolf Serno

Editions De Fallois - 792 pagesculture,citation,littérature,livre,roman,médecine,histoire,religion

Présentation de l'éditeur : Espagne, XVIe siècle, monastère de Campodios. Sentant sa mort prochaine, l'abbé Hardinus convoque Vitus, son protégé, qu'il a découvert, abandonné, alors qu'il était encore un nourrisson. Afin que le jeune homme connaisse ses origines, il lui remet un indice : un tissu damassé, visiblement d'origine anglaise. Et voilà, pour Vitus, le début d'une quête semée d'embûches, de rencontres, et l'occasion de pratiquer son art, la chirurgie, sur les routes de l'Europe de la Renaissance. Tous les ingrédients du roman historique d'aventures sont ici réunis, pour le plus grand plaisir du lecteur : personnages pittoresques - nains, Tziganes, saltimbanques, corsaires -, évocation de l'Inquisition, complots, rebondissements incessants... Un vrai bonheur de lecture.

Au gré des aventures d'un jeune homme en quête de son identité, c'est toute l'Europe du XVIe siècle que dépeint l'auteur avec, certes quelques inexactitudes, mais surtout beaucoup de talent. J'ai été véritablement embarquée par ce roman d'aventure historique qui est tout à fait dans la tendance d'Inquisitio.

Moines cisterciens, brigands, inquisiteurs, gitans, charlatans, gentilshommes, corsaires, pirates et bien d'autres encore sont les personnages hauts en couleurs qui jalonnent l'apprentissage du médecin en herbe. Les péripéties sont nombreuses et si l'ensemble est plein de bons sentiments, quelques scènes relatives aux tortures du tribunal inquisitorial ou à l'empirisme médical sont assez insoutenables bien que passionnantes et instructives.

Le rythme est trépidant au point qu'une fois la lecture amorcée, il m'a été systématiquement bien difficile de m'arracher au plaisir de la lecture. L'arrivée du point final est comme toujours avec les livres que j'apprécie un petit deuil à surmonter. Ici, ce processus est grandement facilité par l'existence d'une suite que je ne me refuserai certainement pas : Le chirurgien de Campodios.

Bref, ce roman est agréablement dépaysant tant par l'époque évoquée que par les contrées traversées, il offre un éclairage enrichissant sur la religion et la médecine et nous tient en haleine grâce à des rebondissements menés tambour battant.

Extraits :

"Sauf le hunier au mât de misaine, toutes les voiles doivent être arrisées dans dix minutes, sinon le chat à neuf queues dansera une matelote sur le dos des hommes !"

...

Cette faculté qu'il avait de se dominer était l'une de ses particularités. Elle le faisait paraître plus âgé qu'il ne l'était.

...

"J'ai appris qu'il y a des gens auprès desquels on vit et dont, malgré tout, on ne sera jamais proche. Et il y en a d'autres qu'on connaît à peine et qui ont pourtant une place dans votre coeur."

...

Mais, pour en finir avec les idées sur la croisade de l'intérieur : là aussi, cela partait à l'origine des meilleures intentions, ramener tous ceux qui pensaient autrement sur la voie de la vraie foi, mais l'Eglise n'a pas tardé à s'apercevoir qu'il pouvait être lucratif de ne pas pardonner au soi-disant pécheur, mais de lui prendre ses biens. Et tout cela pourquoi ? Notre Mère l'Eglise, au-dessus de tout soupçon, et ses champions de Dieu, devant lesquels nous blêmissons de crainte respectueuse, parce que nous supposons qu'ils possèdent un peu de rayonnement divin, notre Mère l'Eglise donc est en vérité profondément mauvaise. Un simple mortel ne peut pas être aussi mauvais, aussi méchant, aussi corrompu. L'Eglise n'est pas l'oeuvre de Dieu, mais celle des hommes. Car ce sont des hypocrites et des assassins qui l'incarnent. Personne n'est plus éloigné de Dieu que l'Eglise.

21:30 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature allemande, Livre, Roman, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

01/07/2012

Roman de l'au-delà de Matthias Politycki

roman de l'au-delà.jpgEditions Jacqueline Chambon - 134 pages

Présentation de l'éditeur : Il est parfois des matins où l’air déjà tiédi, la lumière dorée augurent bien de la journée. C’est ainsi que le Pr Schepp, entrant dans son bureau d’humeur joyeuse, reste figé d’effroi en découvrant, assise à sa table de travail, sa femme immobile, inanimée, morte. Une mort qui le ramène quarante ans en arrière, à l’époque de leurs fiançailles. Influencés sans doute par le tableau d’Arnold Böcklin, ils avaient fait un serment : le premier qui mourrait attendrait l’autre sur le rivage, afin de rejoindre ensemble l’Île des morts. Mais à mesure que les heures passent, alors que déjà les ombres s’allongent et qu’une odeur douceâtre envahit sournoisement la pièce, le professeur, toujours plongé dans le manuscrit que corrigeait son épouse, découvre, atterré, une femme tout autre qu’aimante, une étrangère. Qui ne l’attendra plus dans l’au-delà.

Voilà ce que j'appelle un roman époustouflant. Dans ce conte onirique où se mêlent l'étrange et l'inquiétant, Matthias Politycki nous conduit, avec une infinie poésie et un soupçon de cruauté, sur des sentiers métaphysiques au frontière de la folie.

Impossible pour le lecteur de ne pas se laisser surprendre en permanence par la narration atypique, la structure gigogne des intrigues aux rebondissements aussi incessants qu'inattendus et le dénouement imprévu et pour le moins déroutant. Ce grand final prêtera d'ailleurs à interprétation selon les lecteurs, mais je n'en dis pas plus...

Au fil de cet étonnant récit, l'on s'interroge sur l'amour, la mort, la réalité telle qu'on la perçoit et telle qu'elle est vraiment et les mensonges que l'on se fait à soi-même et aux autres pour ne pas bouleverser l'existence. Mais ne l'est-elle pas, ne doit-elle pas l'être de toute façon ? Et peut-on vraiment connaître ceux avec qui l'on partage notre existence ou n'en a-t-on jamais qu'une représentation qui nous arrange ?

De quoi soulever bien des questions, chercher bien des réponses et surtout, vous mettre un brin mal à l'aise. Un roman singulier qui sort résolument du lot.

11:35 Écrit par charlotte sapin dans Culture, Littérature allemande, Livre, Première oeuvre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

07/06/2012

Les grandes découvertes de Jacob de Christophe Hein

les grandes découvertes de jacob.jpegEditions Castor Poche Flammarion - 318 pages

Présentation de l'éditeur : Jacob est un garçon très occupé. Il a des idées bien arrêtées sur le comportement des adultes. Il est entouré d'amis plutôt étonnants ! Il y a Broutou, l'âne, qui ne sait pas grand-chose mais qui pense beaucoup, le Faux-Prince, pianiste virtuose au pouvoir merveilleux, Petite-Plume d'Aigle, l'inventeur presque génial, et aussi Cathy qui adore les chevaux et Panadel le clochard qui connaît Paris comme sa poche. Ensemble, les six amis vivent de folles aventures, possibles et impossibles...

Avertissement : livre issu de l'exhumation de ma bibliothèque d'enfant ; disponible uniquement d'occasion.

Ce roman jeunesse est un vrai petit bonheur pour les enfants capables de lire seuls et en mesure d'appréhender le second degré. Au gré des aventures de Jacob et de sa bande de drôles d'amis, de nombreux jolis messages sont délivrés avec beaucoup de fantaisie et de poésie : l'importance de l'amitié, le caractère non honteux de l'amour, le pouvoir et la beauté de rêver, de communiquer, la chance et non le ridicule de la différence... En somme, il s'agit dun livre intelligent mais aussi propice au développement de l'imagination puisque le fantasque et le farfelu sont loin d'être exclus.

Comme le révèlent certaines citations ci-dessous, ce livre mérite aussi d'être parcouru par les grandes personnes qui ont par trop perdu leur âme d'enfant et/ou qui ont tendance à oublier que les petits d'hommes sont aussi des personnes à part entière, qui ont des sentiments, des idées, des personnalités, des caractères... qui ont besoin d'être écoutés, entendus, considérés.

Un joli moment de lecture qui favorise l'évasion, la détente, le développement, la douceur, bref, l'émission d'ondes positives.

Extraits :

Devant lui, dans l'herbe, était étendu un homme tout déguenillé. Il avait un manteau tout reprisé. Ses poches étaient bourrées à craquer, et il avait sur la tête un chapeau tout cabossé orné d'une fleur de coquelicot.

C'était Panadel le clochard.

Les clochards vivent partout dans le monde. Ils sont partout chez eux. Ils n'ont pas d'argent. Ils ne possèdent rien, pas même un peigne. Rien que quelques chiffons. Mais ça leur est égal. Ils n'ont besoin de rien. Simplement ils n'ont qu'une envie : ils veulent vivre et être libres. Ils aiment se promener toute la journée, se coucher dans l'herbe et se dorer au soleil. Ils sont tout le temps en vacances. Si vous leur parlez, ils vous diront qu'ils sont les rois de la terre. Il y a quelque chose de vrai dans ce qu'ils disent.

...

- Quand on veut absolument arriver à quelque chose et qu'on s'en donne la peine, on y arrive. Même si on n'y comprend rien et que personne ne veut y croire.

...

- C'est pourtant la vérité. Tous ces adultes, tous ces hommes, toutes ces femmes, que tu connais, ont un jour été de petits garçons et de petites filles. Ils ont été aussi grands que toi, aussi courageux, aussi peureux. Ils ont eu des amis gentils et méchants. Ils ont ri. Ils ont pleuré. Il leur est arrivé parfois de se sentir bien seuls.

Jacob me regarda.

- Alors, dis-moi pourquoi presque tous les adultes font toujours semblant d'être depuis toujours de grandes personnes ?

- Je ne sais pas Jacob.

- Ils font comme s'ils avaient toujours su tout faire.

- Je sais, répliquai-je, mais ils n'ont pas toujours été comme ça. Il leur est arrivé de montrer qu'ils ne savaient pas tout faire. Ils ont adoré passer la journée à rêvasser. C'était il y a bien longtemps. On a peine à y croire, et c'est pourtant la vérité. Et c'est vrai qu'il est parfois difficile de croire à la vérité. Je n'y peux rien, c'est comme ça.

...

- Je crois qu'il faudrait que les adultes rient ou pleurent un peu plus souvent. Malheureusement beaucoup ont oublié qu'ils ont été jeunes un jour. Et c'est très grave. Ca fait qu'ils sont incapables de comprendre les enfants. Ils les grondent, leur parlent méchamment. Ils savent tout juste dire : fais ci, fais ça, touche pas à ça ! Arrête ! Comme si on avait le droit de traiter les enfants comme des chiens.

Jacob me regarda. Que pouvais-je ajouter ? Il avait raison. Les adultes qu'il décrivait existent. Heureusement qu'il y en a d'autres qui n'ont pas oublié qu'ils ont un jour été enfants. Si l'on fait une bêtise, ils se mettent à rire et disent : "Allez, ce n'est pas grave, ça peut arriver à tout le monde. Pour un perdu, deux retrouvés." Ce sont les plus gentilles personnes.

...

- C'est-à-dire, euh, que, euh, qu'il fait faire des sacrifices pour son métier. L'un te promet monts et merveilles. L'autre te trompe. Tout ça, ce sont des sacrifices et des devoirs. Tu ne peux pas imaginer les bêtises que les gens sont obligés de faire pour exercer leur métier.

...

Jamais un rêve n'est trop grand. Il rentre partout, même dans la plus petite chambre d'enfant. Il n'appartient qu'à moi, et je ne le perdrai jamais.

...

Il n'y a contre l'amour aucune médication possible. Et les amours malheureuses sont des cas désespérés.

...

- Tu me plais.

- Oh ! j'en suis heureux, dis-je, et puis-je savoir pourquoi ?

- Parce que tu t'es rendu compte que tu me dérangeais et que tu es parti aussitôt. La plupart des adultes savent faire la remarque quand les enfants les dérangent, mais ils sont incapables de se rendre compte qu'ils peuvent aussi déranger les enfants.

23:48 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature allemande, Littérature jeunesse, young adult, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

28/07/2011

Rentrée littéraire : Feu de camp de Julia Franck

A paraître le 7 septembre 2011feu de camp.jpg

Editions Flammarion - 330 pages

Présentation de l'éditeur : Berlin-Est, fin des années soixante-dix : une jeune femme dont la beauté classique et la tranquille détermination suscitent partout la curiosité a obtenu de passer à l'Ouest avec ses deux enfants Aleksej et Katja. Après avoir affronté les mille et une menaces et humiliations qu'infligeait la RDA à ces candidats au départ, voici Nelly Senff au pays de l'abondance et de la liberté. Mais l'Ouest, c'est d'abord pour les réfugiés la promiscuité d'une chambre partagée avec des inconnus au camp de Berlin Marienfelde et un avenir incertain. Sans compter les interrogatoires soupçonneux et sans fin de la CIA. Feu de camp est un témoignage captivant de l'Allemagne contemporaine, un vrai bonheur d'écriture et un roman bouleversant du début à la fin.

Abandon en page 152. Oui, étrange de laisser tomber aussi loin. Ce roman n'a rien de déplaisant si ce n'est la dureté du sujet. Je n'avais tout simplement pas envie, au moment précis où je l'ai lu, de continuer à lire quelque chose d'aussi grave dans sa tonalité. Il vaut certainement le détour mais mauvais timing entre nous.

08:20 Écrit par charlotte sapin dans Culture, Littérature allemande, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it!

30/03/2010

Tous mes voeux d'Anne Weber

Editions Actes Sud - 143 pagestous mes voeux.jpg

Quatrième de couv' : L'amour, tout le monde en parle, presque tout le monde le fait, et nul n'est à l'abri de ses extravagances. Au départ, un homme au passage duquel personne ne se retourne dans la rue, un être pâle, exagérément discret et qui paraît, pour tout dire, parfaitement insignifiant. Mais contre toute attente, cet homme se révèle être l'incarnation du prince charmant : épris d'amour, attentionné, courtois, bref, il est l'homme que l'héroïne, car il y en a une, attendait. Tous leux voeux ne seront pas exaucés pour autant. Le jeu subtil de l'écrivain confirmée qu'est Anne Weber, ainsi que sa légèreté pour relater des choses graves, transforment cette chronique d'un amour explosif en une oeuvre romanesque raffinée et profonde. Et si la vengeance était un plat qui se mange en riant ? Tous mes voeux est un conte cruel plein de surprises, d'esprit et de lumière.

Mouais... Forcément, l'éditeur n'allait pas mettre sur la jaquette "bullshit". Mais pour moi, ce roman est plat, n'a rien d'original, si ce n'est un pseudo-procédé narratif que l'auteur partage avec l'héroïne de son roman raté qui a fini à la poubelle. Sinon, ce n'est que l'histoire banale d'une femme qui se fait avoir par un homme marié ou qui se laisse avoir tellement elle a des oeillères. L'histoire de deux tâches quoi. L'on observe la bêtise et la bassesse des deux parties sans que rien de fantasque ne vienne casser le scénario vieux comme Erode.

Ce n'est pas forcément dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures...

09:34 Écrit par charlotte sapin dans Culture, Littérature allemande, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!