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Gwordia - Page 7

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, deuxième sélection

    Après une première sélection de premiers romans à paraître en cette rentrée littéraire 2013 consultable en un clin d'oeil, voici un deuxième volet de présentation de ces 86 nouvelles plumes tant attendues parce que potentielles promesses de toutes les audaces, de tous les renouveaux littéraires...

    Aux Éditions Christian Bourgois :

    En mer de Toine Heijmans, à paraître le 29 août : Las du quotidien de sa vie de bureau, Donald décide de partir naviguer seul pendant trois mois en mer du Nord. Maria, sa fille de sept ans, le rejoint pour la dernière étape qui doit les ramener du Danemark aux Pays-Bas, où ils retrouveront sa femme. Mer étale, complicité entre le père et la fille: la traversée s'annonce idyllique. Mais rapidement, les nuages noirs se profilent à l'horizon, et Donald semble de plus en plus tourmenté. Jusqu'à cette nuit cauchemardesque où Maria disparaît du bateau alors que la tempête éclate...

     Aux Éditions du Cherche Midi :

    La maladie du roi de Christian Carisey, à paraître le 12 septembre : Versailles, 1686. Le règne du Roi-Soleil vacille. Louis XIV doit mener bataille contre les puissances européennes. Il doit aussi lutter contre une fistule venue s'ajouter aux nombreuses maladies qui attaquent son corps abîmé. Alors que l'ambassadeur du Siam attend d'être reçu, le jeune chirurgien Félix de Tassy est chargé d'opérer le roi. De son intervention dépend la survie du pouvoir. Pendant ce temps, les espions rôdent à Versailles tandis que les Jésuites rêvent de convertir les populations d'Extrême-Orient. À partir de faits réels, Christian Carisey a composé un roman sur la fragilité du pouvoir. On y croise de grands noms de la cour, tels Louvois, Madame de Maintenon, le père La Chaise ou la Palatine, et l'on découvre enfin qui se cache derrière le Masque de fer...

     Aux Éditions de l'Olivier :

    La cravate de Milena Michiko Flasar, à paraître le 29 août : Taguchi Hiro refuse de sortir de sa chambre, de se mêler aux autres, y compris aux siens. Il a 20 ans, il est ce qu’on appelle au Japon un hikikomori. Telle est sa situation lorsqu’il aperçoit, dans le parc en face de chez lui, un homme qui semble passer ses journées assis sur un banc : il porte un costume, une mallette, et surtout une belle cravate. Cet employé modèle s’appelle Ohara Tetsu, il a perdu son emploi, mais ne veut pas l’avouer à son entourage. Taguchi Hiro et Ohara Tetsu finissent par se rencontrer, ils parlent, parlent indéfiniment. Leurs récits se croisent et s’entremêlent : la disparition d’un ami poète fauché par une voiture, le suicide d’une camarade de classe, la vie de famille, la vie scolaire qui n’existe plus, la vie professionnelle brisée nette, le vide après la mort d’un enfant et l’amour d’une épouse. La Cravate est un roman consacré à la pression sociale, celle qui fait éclater les esprits et les êtres. Mais sans militantisme, sans colère. Juste un roman sombre et léger, une succession de miniatures à l’écriture étincelante.

     Aux Éditions Gallmeister :

    Animaux solitaires de Bruce Holbert, à paraître le 29 août : Comté de l'Okanogan, État de Washington, 1932. Russel Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d’un tueur laissant dans son sillage des cadavres d'Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l'entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l'Ouest, là où les hommes qui n'ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n'a pas encore eu raison de la barbarie.  De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d'une vie qu'il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille. À l'instar des romans de Charles Portis ou de Cormac McCarthy, Animaux solitaires mêle avec brio les codes du western et ceux des plus grands romans noirs. Un premier roman remarquable dont on ne pourra oublier le héros mélancolique  qui rêve d'imposer la justice aux confins de la civilisation. Quel que soit le prix à payer.

    Compagnie K de William March, à paraître le 12 septembre : Décembre 1917. Une compagnie de l’US Marines Corps débarque en France et est envoyée au front. Pour la première fois, les hommes de la Compagnie K découvrent la guerre : attaques de nuit, balles qui sifflent, obus qui explosent, ordres absurdes, grondement de l'artillerie, la pluie et le froid, la tentation de déserter. Les cent-treize soldats qui composent cette compagnie prennent tour à tour la parole  pour raconter leur guerre, toutes les guerres. L'un après l’autre, ils décrivent près d'un an de combats, puis le retour au pays pour ceux qui ont pu rentrer, traumatisés, blessés, hantés à jamais par ce qu’ils ont vécu. Inspiré par l'expérience de son auteur, Compagnie K est un roman inoubliable qui s'inscrit dans la droite ligne d'À l'Ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque. William March dresse là un tableau saisissant de la Grande Guerre telle que l'ont vécu les soldats américains. Salué comme un chef-d'œuvre par de nombreux critiques et écrivains, Compagnie K est traduit pour la première fois en français.

    Le Sillage de l'oubli de Bruce Machart, à paraître le 12 septembre : Texas, 1895. Un propriétaire terrien voit la seule femme qu'il a jamais aimée mourir en mettant au monde leur quatrième fils, Karel. Vaincu par la douleur, l'homme entraîne ses enfants dans une vie austère et brutale. Pour lui, seuls comptent désormais ses chevaux de course montés par Karel, et les paris qu’il lance contre ses voisins pour gagner toujours plus de terres. Mais l'enjeu est tout autre lorsqu'un propriétaire espagnol lui propose un pari insolite qui engage l'avenir des quatre frères. Karel s'élance alors dans une course décisive, avec pour adversaire une jeune fille qui déjà l'obsède. Un premier roman éblouissant qui a valu à son auteur d’être comparé à William Faulkner ou Cormac McCarthy.

     Aux Éditions Stock :

    Il Babbo d'Ivan Macaux, à paraître le 21 août : Une semaine sur les routes de France, entre le Var et Paris, dans le sillage d’une vieille bagnole en bout de course. Il Babbo conduit. Sur le siège passager, son fils scrute le rétroviseur où défilent les souvenirs d’enfance, caprices et coups de poker de ce père au destin sinueux et spectaculaire. Qui est-il ce Babbo, cet homme jovial et interlope : idéaliste patenté ou escroc aux heures de bureau ? Et qui est vraiment ce narrateur ? Plus un adolescent, pas tout à fait un homme. Ce voyage, seul à seul, est un moment rare. Père et fils s’observent, se toisent, se cherchent. Le long des départementales, c’est le poids des silences et des non-dits que l’auteur convoie, et l’histoire d’une famille française, en creux, qu’il explore. Au fil des kilomètres, se croiseront l’Afrique et Barbara, Musclor et Stefan Zweig, des généraux soviétiques chez Tati, Lee Harvey Oswald et le porno. Avec vitesse et fantaisie, les souvenirs défilent, et évoquent au passage toute la complexité d’une relation entre un père et son fils. Ivan Macaux livre ici un magnifique premier roman, aux odeurs de grand départ.

    La vie à côté de Mariapia Veladiano, à paraître le 21 août : Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, aux côtés d’un père, médecin et trop absent, et d’une mère qui « a pris le deuil à sa naissance ». Rebecca se tient elle aussi hors du monde, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena. C’est sans compter sur l’impétueuse tante Erminia, qui décide de l’initier au piano. Rebecca va dès lors concentrer sa vie entière dans ses mains… Une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté. Un premier roman bouleversant de subtilité et de pudeur. Avec la légèreté et la férocité d’une fable, La vie à côté brosse le portrait d’une famille corrompue par le mensonge et les tabous. Mariapia Veladiano comble le silence et les bruits étouffés en donnant voix à la différence.

     Aux Éditions Héloïse d'Ormesson :

    Arizona Tom de Norman Ginzberg, à paraître le 22 août : À la fin de sa vie, Ocean Miller revient sur son itinéraire improbable de shérif : il raconte d’abord comment, lui, Juif d’Europe centrale, né sur un paquebot qui ralliait l’Amérique, a atterri dans une bourgade perdue d’Arizona. Puis il se souvient de l’affaire la plus marquante de sa carrière, celle de Tom, sourd-muet de douze ans à peine, qui débarqua à Brewsterville en traînant un cadavre dépecé sur ses talons. Pour le maire et ses acolytes, le garçon était assurément coupable du meurtre. Mais pour Miller, sur le déclin et porté sur le bourbon, l’innocence de ce petit bonhomme ne faisait aucun doute. Pour sauver Tom de la potence, et prouver qu’il a encore un rôle à jouer, Miller se lance dans une enquête haletante pour débusquer le tueur. La rumeur d’un coffre rempli d’or enterré en plein désert le mènera de pièges sanglants en aventures poussiéreuses jusqu’à découvrir l’identité des véritables coupables. Norman Ginzberg signe un western décalé, où l’on croise des personnages tendres et pittoresques. Plongée dans l’univers du Grand Ouest en pleine conquête, avec son lot d’affairistes et de putains au grand coeur, Arizona Tom offre un savoureux récit d’aventures. Les tribulations de ce shérif marginal, du shtetl au saloon, remettent le genre au goût du jour.

     Aux Éditions Flammarion :

    Mobiles de Sandra Lucbert, à paraître le 28 août : Tu crois que je suis en train de rater ma vie ? » C'est la question que se posent, peu ou prou, tous les personnages de Mobiles. Pourtant, ces jeunes gens ont 25, 30 ans tout au plus, l'âge où on est censé avoir l'avenir devant soi. Sauf qu'ils entrent dans la vie active. Et que leur parcours ou leur formation leur ont imposé des ''exigences dont ils découvrent que la société n'a que faire. Ils n'ont plus le sentiment d'être « attendus ». Ils ne savent pas comment s'adapter et pas non plus comment se révolter. Comment trouver sa place dans cette société où le déroulement de la vie active ressemble de moins en moins à une carrière, et de plus en plus à une course d'obstacles ? En s'adaptant, sans doute. Mais cela semble difficile à Marianne, psychologue qui ne parvient pas à trouver son poste, à Pauline, professeur qui ne supporte pas d'enseigner, à Antoine et Méta, thésards d'une thèse qui ne débouche sur rien, à Assia, comédienne sans statut d'intermittente et à Raphaël, cinéaste sans moyens et magasinier à la BNF. Et si on ne s'adapte pas, peut-on tout changer ? Mathias et Emeric, fondateurs d'un squat, se heurtent, eux, à tous les problèmes que posent l'engagement collectif et la création d'une communauté. Comment s'ajuster à ce monde incompréhensible sans renoncer à ce qu'on est ? C'est la question qui est au coeur de ce roman à sept voix, où toutes les trajectoires se combinent et où les situations sont parfois absurdes jusqu'au burlesque.

  • Les livres de l'année écoulée à lire cet été

    1er juillet. Pour le plus grand nombre, les congés approchent, instants privilégiés tant attendus de repos et de plaisir... La lecture prend souvent en ces moments délicieux une place plus importante que le reste de l'année ; occasion donnée de rattraper son retard sur le programme littéraire des derniers mois écoulés.

    Voici une liste, évidemment non exhaustive, des livres chroniqués ici-même qu'il ne fallait pas manquer, avec la part belle accordée aux merveilleux premiers romans. Et comme les vacances sont souvent synonymes de voyages au long cours imposant la nécessité de s'équiper léger, retrouvez très prochainement une sélection de poches à glisser dans vos valises et autres sacs à dos. Bonnes vacances et surtout, bonnes lectures !

     

    Romans

    Les lisières d'Olivier Adam

    Une dernière chose avant de partir de Jonathan Tropper

    Petit art de la fuite d'Enrico Remmert

    La vie rêvée d'Ernesto G. de Jean-Michel Guenassia

    L'amour sans le faire de Serge Joncour

    Trois fois le loyer de Julien Capron

    Juste avant le bonheur d'Agnès Ledig

    Ce que je peux te dire d'elles d'Anne Icart

    Les perles de la Moïka d'Annie Degroote

    La silencieuse d'Ariane Schréder (premier roman)

    Les arbres voyagent la nuit d'Aude Le Corff (premier roman)

    Seuls le ciel et la terre de Brian Leung

    Un été de trop d'Isabelle Aeschlimann (premier roman)

    Rue des voleurs de Mathias Énard

    Le jeu des ombres de Louise Erdrich

    La Vallée des masques de Tarun Tejpal

    À moi seul bien des personnages de John Irving

    Comment trouver l'amour à cinquante ans quand on est parisienne (et autres questions capitales) de Pascal Morin

     

    Biographies romancées ou récits biographiques

    Beauvoir in love d'Irène Frain

    La déesse des petites victoires de Yannick Grannec (premier roman)

    Ciseaux de Stéphane Michaka

    Cosima, femme électrique de Christophe Fiat

    La rive sombre de l'Èbre de Serge Legrand-Vall

    Jours heureux à Flins de Richard Gangloff (premier roman)

    Moi, Jean Gabin de Goliarda Sapienza

     

    Romances

    Les quatre Grâces de Patricia Gaffney (premier roman)

    Le châle de cachemire de Rosie Thomas

    Une Île de Tracey Garvis Graves (premier roman)

    Les roses de Somerset de Leila Meecham

     

    Essais

    Petit éloge du charme d'Harold Cobert

    Une adolescence américaine de Joyce Maynard (premier roman)

    Enig Marcheur de Russel Hoban

    Vous ne connaîtrez ni le jour ni l'heure de Pierre Béguin (premier roman)

     

    Polars, thrillers, romans noirs

    Les accusées de Charlotte Rogan (premier roman)

    Rainbow Warriors d'Ayerdhal

    Enfants de la paranoïa de Trevor Shane (premier roman)

    La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

    Un passé en noir et blanc de Michiel Heyns

     

    Bandes dessinées & romans graphiques

    Thoreau La vie sublime de A. Dan et Maxilien Le Roy

    Un peu de bois et d'acier de Chabouté

    Dessous de Leela Corman

    La tectonique des plaques de Margaux Motin

    Da par Baudoin

    Blast de Manu Larcenet

     

    Jeunesse & young adult

    Lunerr de Frédéric Faragorn

    Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi

    La vraie couleur de la vanille de Sophie Chérer

    Tu seras partout chez toi d'Insa Sané

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, première sélection

    L'été commence à peine que déjà, la rentrée est sur toutes les lèvres. Il n'est évidemment pas question ici de travail mais bel et bien de plaisir. De littérature, évidemment.

    Parmi les 555 romans annoncés dès août - retrouvez les programmes de nombreuses maisons d'édition pour la rentrée littéraire 2013 en un clin d'oeil, recensés progressivement par La lettre du libraire -, 86 seront des premiers romans. Ces premières oeuvres que j'affectionne particulièrement et dont voici un premier aperçu qui sera complété tout au long de l'été. Mon festival du premier roman perso en somme !

    Et si vous donniez une chance aux nouveaux auteurs plutôt qu'aux sempiternelles têtes de gondole lues, relues et pour certaines peu réinventées ? Offrez-vous de l'inattendu, du jamais lu, vous n'êtes jamais à l'abri d'une bonne surprise, à l'image de La couleur des sentiments, La déesse des petites victoires, Le club des incorrigibles optimistes, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ou encore Avant d'aller dormir pour ne citer que certains des plus vendus des premiers romans. Qui sait combien de futurs best sellers se cachent derrière ces nouvelles plumes... ?

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    Aux Éditions Philippe Rey :

    Le bruit de tes pas de Valentina d'Urbano, à paraître le 5 septembre : « La Forteresse », 1974 : une banlieue faite de poussière et de béton, royaume de l’exclusion. C’est là que grandissent Beatrice et Alfredo : elle, issue d’une famille pauvre mais unie, qui tente de se construire une vie digne ; lui, élevé avec ses deux frères par un père alcoolique et brutal. Presque malgré eux, ils deviennent bientôt inséparables au point de s’attirer le surnom de « jumeaux ». Mais ce lien, qui les place au-dessus de leurs camarades, tels des héros antiques, est à la fois leur force et leur faiblesse. Car, parallèlement à la société italienne, touchée par la violence des années de plomb, leur caractère, leur corps et leurs aspirations évoluent. Chez Beatrice, qui rêve de rédemption et d’exil, l’amitié initiale se transforme peu à peu en amour sauvage, exclusif. Chez Alfredo, fragile et influençable, le désespoir s’accentue. Drames familiaux, désoeuvrement, alcool et drogue, tout semble se liguer pour détruire les deux jeunes gens. Et, quand l’héroïne s’insinue dans la vie d’Alfredo, Beatrice, tenace, ne ménage pas ses forces pour le sauver, refusant de comprendre que la partie est perdue. Le bruit de tes pas est le récit de ces quinze années d’amitié et d’amour indéfectibles. Un premier roman âpre d’une sobre poésie, une voix qui perdure longtemps dans l’esprit de son lecteur.

     Aux Éditions Gallimard :

    Comme Baptiste de Patrick Laurent, à paraître le 22 août : Baptiste, jeune informaticien passionné d’Intelligence Artificielle, vient d’apprendre que son père, linguiste renommé, veuf et dépressif, n’est pas son père. En effet, sa mère, morte deux ans plus tôt, a eu recours à une insémination avec donneur. Dès lors, le jeune homme est pris d’un désir frénétique de connaître ce géniteur anonyme, qu’il appelle son Bio. Il se lance dans une quête parsemée d’embûches et de rencontres inattendues. Dans son esprit déferlent la Conscience, le Réel, l’Identité, la Mort, tels les quatre cavaliers de l’Apocalypse... Sur des thèmes très actuels – la perte des repères identitaires liés aux progrès des sciences biologiques, les limites de la paternité et de la filiation… –, Patrick Laurent offre un récit fiévreux, enchaînant les péripéties avec virtuosité sur un arrière-plan métaphysique qui interroge profondément l’imaginaire contemporain.

     Aux Éditions Grasset :

    Immortelles de Laure Adler, à paraître le 2 septembre : Une nuit d’été, la narratrice se réveille, submergée par une vague de souvenirs qu’elle croyait enfoui dans l’oubli. Sous ses yeux défilent alors les vies des trois amies avec qui elle a grandi, trois femmes aux destins poignants, trois parties d’elle aussi, qu’elle rassemble soudain. Il y a Florence, « la collectionneuse » d’hommes, rencontrée à Avignon parmi la foule venue applaudir Vilar et Béjart. Suzanne, l’affranchie avec qui elle part à Barcelone goûter aux plaisirs d’une existence risquée. Il y a Judith, enfin, l’enfant de Buenos Aires, dont le passé remonte jusqu’au ghetto de Varsovie et que le destin a ramenée à Paris. Un hymne à l’amitié féminine.

    Les cent derniers jours de Patrick McGuiness, à paraître le 2 septembre : Un jeune professeur est nommé en Roumanie en remplacement d'un confrère. Nous sommes trois mois avant la chute de Ceausecu, mais cela, il ne le sait pas. Guidé par Leo, un trafiquant au marché noir, il découvre un pays où tout est rare et rationné, de l'électricité à la liberté. Les seules choses qui prospèrent sont l'ennui et les petits arrangements. Tout le monde espionne tout le monde, on ne sait à qui l'on peut faire confiance. Ce roman que Graham Green n'aurait pas renié est celui de la déliquescence des vieilles dictatures qui tombent comme des fruits pourris. Et, au milieu de cette dangereuse morosité, survient l'amour pour une jeune femme qui va tout modifier.

    Georgia de Julen Delmaire, à paraître le 2 septembre : Venance, un jeune Sénégalais, se retrouve travailleur sans papiers dans une France en crise où il n’a pas sa place. Il rencontre, l’espace de quelques nuits, Georgia, une jeune femme toxicomane à la beauté ambigüe. Les deux marginaux se frôlent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur où Georgia va livrer ses secrets, exhumer les trésors dérisoires de son enfance. Georgia parle et, de sa voix jaillissent des paysages : le bocage de sa Normandie natale, le Sud profond, le bayou, les champs de coton infinis. Plus qu’une héroïne, Georgia est une chanson qui passe de bouche en bouche, une paumée sûrement, une sainte peut-être''. Aux côtés des deux protagonistes, une foule de personnages dressent le portrait d’une société où la détresse sociale n’a pas encore tué l’entraide. Veillé par la musique crépusculaire de Joy Division, ce roman est un requiem rock, un oratorio poétique pour tous les corps qui luttent, résistent et finissent par tomber dans l’indifférence d’une époque trop étroite. « La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesman reprend son souffle. La chanson passe de bouche en bouche. L'amour, l'amour nous déchirera à nouveau. »

     Aux Éditions Belfond :

    Le doux parfum du scandale de Annalena McAfee, à paraître le 5 septembre : Deux femmes, deux générations, deux visions du journalisme. Une peinture corrosive du milieu de la presse londonienne portée par un style et une construction remarquables.

     Aux Éditions Buchet/Chastel :

    Sauf les fleurs de Nicolas Clément, à paraître le 22 août : Marthe a douze ans, elle vit à la ferme avec ses parents et son petit frère Léonce. Son père est un homme mutique et violent, mais les bêtes sont là qui réconfortent ; l’amour de la mère et l’enfance de Léonce font tout le bonheur de vivre. Marthe a seize ans, elle rencontre Florent. Les jeux d’enfant ont fait place aux premières amours, à la découverte que les corps et les êtres peuvent aussi être doux. Un jour, Marthe enseignera aux autres la richesse des mots dont le père veut la priver, le bonheur de lire et d’inventer d’autres réalités. Marthe a dix-huit ans, et le drame se produit. Les fleurs sont piétinées, sa vie vole en éclats, mais la catastrophe laisse intact l’amour de son frère et celui des mots : «Aujourd’hui, il me reste peu de mots et peu de souvenirs. J’écris notre histoire pour oublier que nous n’existons plus. »

     Aux Éditions Actes Sud :

    Riviera de Mathilde Janin, à paraître le 21 août : Dans les dernières années d’un XXe siècle frappé par une terrible pandémie qui rend les voyages d’un continent à l’autre périlleux, les amours fiévreuses – à New York, puis à Paris – d’un artiste majeur du rock indépendant et d’une émigrée vénéneuse. Liés par leur amour de la musique, ils consument leur jeunesse au rythme de leurs étreintes passionnées, de leurs excès d’alcool et de drogue. Un premier roman tourmenté, audacieux, dont l’écriture habitée épouse le rythme des palpitations des coeurs et du fracas du monde.

    L'esprit de l'ivresse de Loïc Merle, à paraître le 21 août : La nuit est longue où s’embrase et se soulève “la banlieue”, qui bientôt marchera sur les villes, et renversera le gouvernement dans une Grande Révolte trop vite désenchantée. M. Chalaoui, Clara, le Président : trois destins, trois corps, trois trajectoires individuelles transportent le lecteur dans la chair collective d’une révolution d’après la mort des idéologies. Un premier roman d’une ampleur et d’une ambition rares.

     Aux Éditions Mercure de France :

    Après l'amour d'Agnès Vannouvong, à paraître le 22 août : Lorsque la narratrice se sépare de sa compagne Paola avec qui elle vivait depuis dix ans, sa vie bascule. Collectionnant les amantes, elle part à la recherche effrénée du plaisir et de la jouissance : de Paris à New York, de Rome à Berlin. Pourtant, après l’amour, le manque est inéluctable. Dans cette ronde de la séduction, toutes ces Edwige, Garance, Éva, Delphine et autres conquêtes furtives prolongent l’absence de Paola… La rencontre avec Héloïse amorcerait-elle un tournant ? Mêlant brillamment romantisme et crudité, douceur et violence, Après l’amour est un roman sensuel et sexuel qui explore la fulgurance du désir féminin.

     Aux Éditions du Nil :

    Parce que tu me plais de Fabien Prade, à paraître le 22 août : Quand un vingtenaire désœuvré et sans scrupules tombe amoureux d’une grande belle fille morale. Un premier roman aussi vif que drôle. Théo n’est pas du genre à se faire du souci dans la vie. Il a une vingtaine d’années, sillonne Paris sur son scooter, ne fait presque rien, et ne souhaite qu’une chose : que cela dure. Et voilà qu’un jour, alors qu’il s’empoigne avec une clocharde qui lui demande de l’argent, une jeune fille le reprend sur son comportement. Théo n’en revient pas : d’une part de sa beauté, d’autre part de son culot. Riche, bien élevée, pleine de principes, Diane vient de débouler dans sa vie.

    Le plus beau de tous les pays de Grace McLeen, à paraître le 22 août : Judith et son père appartiennent à une communauté, les Frères, qui vit sous l’autorité de la sainte Bible et se prépare à l’Apocalypse imminente. Souffre-douleur de ses camarades de classe, Judith se réfugie dans sa chambre pour y confectionner un monde miniature qu’elle nomme « Le plus beau de tous les pays ». Un soir, elle fait neiger sur ce petit monde et, le lendemain, découvre par-delà sa fenêtre que la ville est devenue blanche. Un miracle. Et si le Tout-Puissant avait décidé de faire d’elle son instrument ? À travers le regard d’une enfant, Grace McCleen s’interroge sur le bien et le mal, la foi et le doute.

     Aux Éditions Serge Safran :

    Uniques de Dominique Paravel, à paraître le 22 août : Jour de l’Épiphanie, rue Pareille, à Lyon. La vieille Elisa, émigrée italienne, erre entre les rayons du supermarché, Élisée épie sa voisine depuis la fenêtre, Angèle cherche à vendre des forfaits téléphoniques, Violette souffre d’exclusion à l’école, tandis que Jean-Albert procède à des licenciements. Vies fragmentées, parallèles, que rassemble dans son regard d’artiste Susanna, originaire elle aussi de cette rue Pareille qui fait songer à la rue Vilin de Georges Perec. Dans ce premier roman subtil et audacieux, Dominique Paravel met à nu les mécanismes sociaux : discours creux pour justifier les licenciements, robotisation des standardistes, inepties proférées sur l’art contemporain... Uniques se fait satire sociale et révèle la solitude d’êtres brisés par le monde d’aujourd’hui. Une pointe d’humour, quelques échappées oniriques et une sourde révolte apportent aux habitants de la rue Pareille un peu d’espoir, une humanité certaine et peut-être un autre destin.

     

    Aux Éditions Zulma :

    La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson, à paraître le 22 août : « Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage. Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

     Aux Éditions Robert Laffont :

    Absolution de Patrick Flanery, à paraître le 22 août : En Afrique du Sud, de nos jours, Clare Wade, une icône du microcosme littéraire de Cape Town, rencontre Sam, un jeune universitaire chargé d’écrire sa biographie. Tandis qu’elle-même enquête sur la disparition de sa fille Laura, responsable présumée d’attentats à la bombe en 1989, Sam découvre des liens entre la célèbre auteure et l’ancien régime d’apartheid. Mais l’universitaire est lui aussi loin d’avoir tout dit sur sa véritable identité. Entre ambivalence et faux-semblants, ils vont devoir faire tomber les masques pour élucider les drames de leurs existences passées. Quand une célèbre écrivain sud-africaine rencontre un jeune universitaire chargé d'écrire sa biographie... Un duel littéraire fascinant qui tourne au thriller psychologique post-apartheid.

     Aux Éditions Galaade :

    Nuit d'absinthe d'Ayfer Tunç, à paraître le 5 septembre : « Nuit d’absinthe se passe dans les salons feutrés de la bourgeoisie turque, où tout n’est plus qu’apparence. » Une femme d’une quarantaine d’années sonne à la porte de l’un de ses amours de jeunesse et lui demande de l’héberger. Elle qui dans son adolescence a fait sensation en couverture de la presse érotique est restée très belle mais a depuis abandonné sa longue chevelure et s’est rasé la tête. Terrifiée et en état de choc, elle vient de commettre un acte ultime et désespéré. Nuit d’absinthe raconte l’histoire tragique et poignante de la chute et de la rédemption d’une femme broyée par le système. C’est aussi le portrait d’une héroïne à la Madame Bovary qui essaie d’échapper à l’ennui, à son quotidien et à la mort, d’abord avec son grand amour, le superbe Ali, qui finira par la quitter, puis dans un mariage décevant avec un époux médiocre, Osman. Son amertume et son détachement grandissants, et sa haine d’un système qui l’exploite, la conduiront à faire éclater le scandale pour dénoncer hypocrisie et opportunisme, les jeux de pouvoir entre la nouvelle bourgeoisie et les bureaucrates, et le prix à payer pour l’ascension sociale.

    Exil de Jacob Ejersbo, à paraître le 31 octobre : Âgée de quinze ans, Samantha est lycéenne en Tanzanie au début des années 1980. Fille d’immigrés britanniques, elle grandit entre un père ancien agent des forces SAS qui loue désormais ses services aux despotes locaux, et une mère qui s’abîme dans l’ennui et l’alcool. Entre des parents qui prennent peu soin d’elle, Samantha vit une scolarité rebelle et des amours chaotiques. Se dessine peu à peu le portrait d’une jeunesse occidentale en roue libre. Avec Exil, Jakob Ejersbo dresse un tableau sombre du vécu immigrant Nord-Sud en même temps qu’un portrait sans concession de l’Afrique postcoloniale. Dans la lignée de Conrad, il est le peintre du côté obscur de la nature humaine. Son œuvre fait la part belle aux personnages déracinés, exilés, marginalisés, mais toujours porteurs d’un sentiment d’humanité et d’espoir en l’avenir. À travers le destin d’expatriés en Tanzanie, et l’incommunicabilité des êtres qui pousse à la dérive, sa monumentale trilogie sur l’Afrique intercontinentale traite notamment du difficile passage à l’âge adulte.

  • Quand les colombes disparurent de Sofi Oksanen

    culture,citation,littérature,livre,roman,biographie,histoire,finlande,estonie,guerreÉditions Stock La Cosmopolite - 396 pages

    Présentation de l'éditeur : Occupation, résistance et collaboration sont les ressorts de ce roman puissant, dans une Estonie prise tour à tour au piège des communistes et des Allemands. Pour répondre aux errances de l’Histoire, chacun devra choisir un camp, un chemin. Roland, le juste, combat sans relâche l’envahisseur ; son cousin Edgar, véritable caméléon, épouse successivement l’idéologie du pouvoir ; enfin Juudit, sa femme, est écartelée entre son amour sincère pour un officier allemand et l’hypocrisie suffocante d’un mariage raté. Mais qui sera le vainqueur de cette lutte acharnée ? Après Purge, Sofi Oksanen pointe une nouvelle fois la fragilité et la faiblesse de l'homme à l'égard d'une Histoire qui l'écrase et lui survivra toujours.

    Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli avec le concours du FILI (Finnish Literature Exchange).

    Ma note :

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    Broché : 21,50 euros

    Ebook : 14,99 euros

    Un grand merci à MyBOOX et aux Éditions Stock La Cosmopolite pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Après Les vaches de Staline et Purge, Sofi Oksanen revisite une fois encore Histoire de l'Estonie et âme humaine. Comme il fallait s'y attendre, la plus gothique des auteurs scandinaves signe un nouveau roman des plus sombres.

    Dans ce nouvel opus, celle qui reçut en 2010 pas moins que le Prix Femina étranger, le Prix du livre européen et celui du roman Fnac retrace l'occupation tour à tour bolchévique, nazie puis soviétique de ce petit pays balte n'ayant obtenu son indépendance qu'en 1991, que nul ne peut désormais ignorer.

    La narration oscille entre trois personnages pris en otages par les tyrannies successives. Il y a tout d'abord Edgar, opportuniste lâche et ambitieux prêt à tous les compromissions, impostures, contrevérités et autres manoeuvres sordides pour sauver sa peau et satisfaire ses rêves de gloire. Retournant sa veste au gré des changements de pouvoirs et se mentant avant tout à lui-même en voulant falsifier l'histoire, il est directement inspiré d'Edgar Meos, fabulateur faussaire à la solde des Allemands puis payé par le KGB pour écrire des annales estoniennes partisanes. Il y a ensuite Roland, cousin d'Edgar, inconditionnel amoureux de son pays et farouche partisan de l'indépendance, qui résiste héroïquement aux envahisseurs quels qu'ils soient et prend tous les risques par intégrité et humanisme. Et puis il y a Juudit, épouse délaissée d'Edgar et maîtresse d'un officier allemand, qui joue sur tous les tableaux au gré de son coeur un peu, son confort surtout et nourrit avant tout des rêves de fuite.

    Un trio d'un réalisme psychologique saisissant malgré des positionnements un brin caricaturaux quand la nuance entre bourreaux et victimes est bien souvent plus que ténue. Pourtant, rien de simpliste dans l'approche de Sofi Oksanen qui, au travers d'une trinité représentative, touche aux questionnements universels soulevés par un tel contexte : ceux de l'action ou de la passivité, de la trahison (des autres et de soi-même), de la culpabilité, et caetera. Mais comment savoir et surtout comment juger quand il s'agit de sauver des vies à commencer par sa propre peau et que les ennemis du jour sont les amis du lendemain et réciproquement ?

    Entre fiction et réalité, le récit fouille l'intériorité des protagonistes avec une véracité qui confine au devoir de mémoire. Cette fresque romancée donne voix à un peuple meurtri et réécrit avec authenticité les pages manquantes d'une histoire écrasante. Malgré quelques longueurs et une trame opaque loin d'être facilitée par le style récurrent de l'auteur basé sur les aller-retour - ici entre 1941 et 1966 -, ce livre déstabilisant accroche et fascine, entre pudeur et sauvagerie. Exigeant et complexe, il enjoint au public une lecture concentrée, parfois fastidieuse ; à bon entendeur...

    Si, au fil de ses récits, Sofi Oksanen lève le voile sur les mémoires lacunaires de l'Estonie avec délicatesse et discernement, une question demeure : saurait-elle s'extraire de l'Histoire du pays maternel et mettre sa plume au service d'une oeuvre distanciée des blessures par héritage qui l'obsèdent, elle et sa génération ? Parce qu'il faut tout de même parier, malgré son talent, sur une lassitude grandissante de son lectorat face à un sujet et une noirceur récurrents...

    Ils en parlent aussi : Lulamae, Guillaume.

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    L'insomnie des étoiles de Marc Dugain

    La rive sombre de l'Èbre de Serge Legrand-Vall

    Rescapé de Sam Pivnik

    Extraits :

    J'avais acheté aussi un cahier à reliure de moleskine afin d'y tenir mon journal. Mon intention était d'y recueillir des preuves des ravages commis par les bolcheviks. On en aurait besoin, quand la paix viendrait. Je remettrais alors mes documents entre les mains de littérateurs plus compétents que moi, des gens qui écriraient l'histoire de ce combat pour la liberté.

    ...

    Mais, malgré tout, les jours se succédaient et, dans leur continuité, ils formaient un quotidien qui valait toujours mieux que les jours d'extermination.

    ...

    Dans la presse, la liberté avait un cadre noir ; dans mon esprit, elle versait un flot rouge. Laissant les autres papoter, je me suis rendu compte qu'ils vivaient tout d'un coup dans un pays libéré. Comme si nous n'avions jamais connu de combats. Comme si nous étions en temps de paix. Edgar était entré dans une ère nouvelle en un instant. Tout cela était-il vraiment fini ? Le temps des cachettes était-il passé, révolue la vie en cabane forestière ?

    ...

    Edgar porta la main à sa bouche en voyant les taches qui se répandaient sous les coprs gisant dans la cour de la cabane, il eut exactement le même air que lorsque, petit garçon, il avait assisté pour la première fois à l'abattage du cochon. Il venait d'arriver chez nous ; la soeur de ma mère, Alviine, avait envoyé Edgar reprendre des forces à la campagne, car le père avait péri de diphtétrie et l'anémie du fiston l'inquiétait. Edgar s'était évanoui. Mon père et moi étions sûrs qu'une chochotte pareille ne se débrouillerait pas dans une ferme. Il en alla autrement : il se débrouilla à merveille dans les jupes de ma mère. Elle avait obtenu ainsi la compagnie d'un deuxième enfant tant désiré ; ils s'étaient bien trouvés, ces deux malades imaginaires. Chez nous, à la campagne, on appelait ça autrement : des feignasses.

    ...

    Mais pourquoi les Polonais avaient-ils tapissé les murs de leurs cellules, dans le monastère transformé en prison, avec leurs noms et leurs grades, que leurs successeurs recouvriraient avec les leurs ? S'agissait-il de la rage d'écriture inhérente à chaque mortel, du besoin de laisser une trace ici-bas ?

    ...

    "Quand la liberté finira par arriver chez nous, tout le monde deviendra subitement patriote, et combien de nouveaux héros aurons-nous alors ? Mais tant que notre patrie est en danger, ce sont les mêmes qui rampent à genoux et vont dans le sens du courant, qui mordent à de vulgaire appâts et lèchent les bottes de leurs propres traîtres, qui pourchassent nos frères, rien que pour avoir accès aux magasins spéciaux."

    ...

    Le chagrin a rarement des mots.

  • Le Séducteur de Richard Mason

    Éditions Robert Laffont - 339 pagesle séducteur.jpg

    Présentation de l'éditeur : 1907. Piet, un jeune homme doté d'un charme irrésistible, se présente à la porte d'une demeure bourgeoise d'Amsterdam. Il a échappé à la grisaille des provinces pour gagner le quartier de la Courbe d'or. Il aspire désormais à bâtir sa propre fortune. Son atout : il a toujours exercé sur ses semblables, qu'ils soient hommes ou femmes, une puissante attraction sexuelle. Devenu le précepteur du fils des Vermeulen-Sickerts - une famille très en vue de la bonne société néerlandaise -, il s'emploie à percer à jour, grâce à un instinct farouche et aux confidences domestiques, chacun des habitants de cette maison à la rigueur toute protestante. Son élégance, sa délicatesse, sa quête de volupté le conduisent à s'immiscer dans leur vie, enfreignant les usages, transgressant les tabous, éveillant les sens. Pourtant, dans l'euphorie grisante du siècle qui se lève, au milieu des plaisirs et des tentations qu'il a seulement rêvés, Piet découvre que certaines des liaisons qu'il a cultivées peuvent se révéler dangereuses...

    Traduit de l'anglais par Aline Oudoul.

    Ma note :

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    Broché : 21 euros

    Ebook : 15,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Robert Laffont et à Babelio pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Que de livres misant, tout ou partie, sur l'érotisme ! Le (discutable) phénomène Cinquante nuances de Grey aurait-il débridé les plumes des auteurs ? À moins que ce ne soit une spécificité toute britannique puisque Richard Mason, Sud-Africain de naissance, a grandit en Angleterre.

    Quoi qu'il en soit, les scènes sensuelles - pour ne pas dire sexuelles - du Séducteur sont l'incontestable point fort du livre. S'il est difficile d'écrire dans ce registre sans tomber dans la vulgarité ou le ridicule, l'auteur a su trouver la juste tonalité, livrant des scènes aussi esthétiques qu'exaltantes. N'en déplaise cependant aux pudibonds, ce roman n'a rien d'outrageusement licencieux.

    Passée la trempe de ces quelques scènes capiteuses et électrisantes, l'histoire, sans être désagréable, n'a pourtant pas le charme escompté. L'auteur a beau arguer dans la présentation de son livre - en français s'il vous plaît (so sexy !) - que l'idée centrale de son récit est de mettre en scène la Belle Époque, le cadre n'est qu'en filigrane et l'histoire de son héros aurait pu se dérouler en tout temps et en tous lieux. Le charme de l'époque en prend déjà un coup.

    Celui de son protagoniste aussi. Piet, d'extraction modeste et provinciale mais toutefois riche d'une éducation lui permettant de se fondre dans les plus honorables milieux, n'aspire qu'à s'élever dans le monde. Pour se faire, il compte moins sur son sens de l'étiquette que sur son physique avantageux et son talent de séducteur ravageur. Pour faire court, cette sorte de Don Juan du XXe siècle naissant n'est ni plus ni moins qu'un gigolo ambitieux pour ne pas dire arriviste, qui n'hésite pas à payer de sa personne pour parvenir à ses fins. À son opportunisme teinté de libertinage s'ajoutent une suffisance et une inconséquence propre à son jeune âge qui suffisent à gâter son charme. Sans compter que confronté à l'imprévu et aux aléas de l'existence, le jeune enjôleur a une chance aussi insolente qu'improbable qui achève de le rendre tout à fait insupportable. Finalement, Richard Mason illustre le principe sociologiquement démontré selon lequel tout réussi mieux aux gens dotés d'un physique avantageux, bien qu'à force de jouer avec le feu, Piet prend plus qu'à son tour le risque de se brûler les doigts...

    C'est donc avec plus d'exaspération que de plaisir que l'on suit ce Casanova des temps modernes gravir les échelons sans états d'âmes. Et de l'observer manipuler chacun des membres de la famille cossue amstellodamoise pour laquelle il est précepteur. Si l'on peut s'amuser, dans ce tableau de la bourgeoisie de l'époque et de ses moeurs, de l'apologie irrévérencieuse de l'adultère comme gage de sauvetage du couple en naufrage par l'auteur, son approche des troubles obsessionnels compulsifs voire de l'autisme du jeune élève de Piet est quant à elle totalement absurde. Et faire d'un malin qui se joue du linge sale d'une famille comme une autre le messie de ses membres est assez dérangeant et odieux...

    Après ce premier pas dans la bonne société, le jeune loup entend bien poursuivre sa quête de réussite en embarquant à bord d'un paquebot prestigieux. Et de remettre le couvert avec son audace et son ardeur, entre opportunes déveines et invraisemblables aubaines...

    Le "à suivre" final promet un second tome... Encore faudrait-il que le premier ne laisse pas à quai. Les aventures rocambolesques de ce jeune homme ne sont pas déplaisantes mais tout de même assez décevantes. Ce grand drame au sens théâtral manque résolument de crédibilité et de profondeur. Disons que c'est un divertissement léger dont les scènes torrides d'anthologie méritent le coup d'oeil.

    Ils en parlent aussi : Page des libraires, Les Échos.

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    Lolita de Nabokov

    Extrait :

    Piet Barol avait découvert, au détour de l'adolescence, son grand pouvoir de séduction sur la plupart des femmes et sur nombre d'hommes. Il était assez mûr pour en tirer parti, assez jeune pour se montrer impudent et assez expérimenté pour sentir qu'aujourd'hui, cela pourrait se révéler décisif.