01.10.2009

Data Vibe

A tous les fondus de télé-réalité musicale nostalgiques de feue la Star Academy ou impatients de la prochaine Nouvelle Star, vivez votre deuil ou prenez votre mal en patience avec la deuxième saison de Support Me. Cette série, produite par la web tv créée en 2008 Konbini, est consacrée a des personnalités - perso, moi, je les connais pas... - diverses.

La précédente saison était dédiée au skateboarder professionnel David Mertelleu. Rien à voir donc avec un quelconque substitut de Nouvelle Pop Star Academy.

Certes.

Sauf que.

Le second volet de cette web série se focalise sur Data.

AH AH ! comme dirait Emilie, la grande gagnante de l'histoire secrète que tout le monde a regardé en loucedé.

Donc pour tous ceux qui comme moi ne saurait rien de ce Data, il s'agit d'un jeune dj/producteur électro parisien très buzzé, en pleine ascension, qui a été suivi quotidiennement pendant plus d'un an dans sa tournée internationale, ses lives, ses meetings presse, ses déjeuners parentaux, ses plans galères, ses chambres d'hôtels, ses moments de solitude, le lancement de son premier album Skywriter dont le titre phare semble être One in a million, etc. Au final, ça donne un documentaire en dix épisodes où l'on découvre la vie d'un artiste, un gens tout à fait normal en dehors de la scène qui fait plein de vannes et de mauvais esprit, sans langue de bois.

Bref, c'est croustillant comme le promet ce teaser.

konbini

Article sponsorisé

30.09.2009

J'étais l'origine du monde de Christine Orban

Editions Albin Michel - 138 pagesorban.jpg

Quatrième de couv' : "Que pouvait-il me demander de plus ? L'inimaginable, il l'a pourtant imaginé. Il ne m'a pas dit : 'Je veux peindre ton sexe, les jambes ouvertes.' Non, ce fut dit différemment. Mais dit. Comment a-t-il osé ? Comment ai-je pu accepter ?" En 1866, Gustave Courbet peignait "L'origine du monde", oeuvre sulfureuse et teintée de mystère, longtemps tenue à l'abri des regards indiscrets. Christine Orban fait revivre sous sa plume Joanna Hifferman, modèle imaginaire de ce tableau unique, fruit d'une démarche artistique poussée à l'extrême et de la folie amoureuse d'un homme. Après avoir livré son corps, c'est le trouble d'un choix que la femme vient exposer crûment. Que sont la honte et la pudeur face au génie ?

En novembre 2006, le voisinage de la Galerie Helenbek de Nice a fait interdire l'exposition en vitrine d'un tableau hommage à Gustave Courbet, représentant un sexe féminin. Les assauts de pudeur de la population niçoise face à cette oeuvre ont bien démontré que le temps, dont on dit qu'il efface les blessures, n'agit pas de même avec la pruderie, la pudibonderie des âmes puritaines. Je conseille vivement à ces retardataires d'un bon siècle dont l'esprit est le plus mal placé, tout autant qu'aux autres, la lecture de ce magnifique livre qui dépeint une fiction que je me plais à imaginer vraie, en véritable amoureuse de la passion et non de la pornographie.Le démon des mots Charlotte Sapin

Extraits :

La nuit tombait, je me suis éloignée de quelques pas vers la mer plate des fins de journée, un vent léger jouait avec ma robe et mes cheveux. Gustave m'a suivie et il est resté à mes côtés à regarder l'horizon comme moi. Après un long silence, il m'a dit : "Je vais vous aimer." Et il est reparti près du feu.
L'Origine de monde est-elle née, dans son esprit, ce soir-là ?

Il m'a laissée seule avec ces mots ; à moi de décider l'usage que je voulais en faire. A moi de savoir si je voulais être aimée par lui ou pas.

L'amour m'effraie. On monte très haut dans le ciel et on n'est jamais sûr de rien, juste de la chute. J'avais donné ma candeur, mes rêves à un homme qui n'en avait rien fait. Je pensais être guérie, et pourtant les paroles de Gustave m'ont troublée. Cette simple promesse d'amour dénotait une singulière connaissance de soi et de son propre génie.
Je pensai que seul Dieu, en nous plaçant ce soir-là sur une plage, l'un en face de l'autre, savait la suite de l'histoire : j'étais naïve. Courbet avait choisi sa proie. Il n'était pas près de la lâcher. Il avait trouvé le modèle dont il rêvait pour faire reculer les bornes de son art. L'évidence pour cet homme rustre et profond n'était pour moi encore qu'un motif d'étourdissement.

...

Dans l'intimité de l'amour, cette vérité fugace, je peux montrer, donner beaucoup de moi, mais aucun homme ne m'avait demandé encore d'être la figure peinte, le symbole désigné et fixé à jamais de cet abandon.

L'amour charnel c'est un souffle de vie sans postérité.

J'étais prête à offrir mes jambes ouvertes sur un sofa à Gustave, pas à Courbet.

29.09.2009

La preuve de l'existence du Yéti !

S'il vous en souvient, j'ai évoqué il y a quelques temps, le sujet, entre autres créatures fantastiques, de l'abominable homme des neiges, également appelé Big Foot. Bref, le Yéti.

Il y était question des croyants et des sceptiques - bien que le Yéti ne soit pas une religion -, de la possibilité de son existence selon certains témoignages et d'un cochon à gagner pour le témoignage le plus probant de sa présence réelle dans nos contrées.

Et bien voilà, c'est fait, la preuve est incontestablement apportée :

Yeti2.png

Le 4x4 Yéti de Skoda existe bel et bien. Des espaces les plus sauvages à l'affluence des villes, rien ne l'effraie ! Sa puissance et son agilité rendent le Yéti totalement polyvalent. Aussi à l'aise dans les contreforts escarpés des Pyrénées que dans l'espace réduit d'une place d'un parking encombré, le Yéti est toujours partant pour toutes les aventures dans lesquelles vous voudrez l'emmener. Boîte automatique, airbag genous, système park assist, système AFS, toit panoramique, système Varioflex, avantage coffre ne sont pas les sept erreurs mais bien les sept différences qui surclassent "l'animal". Couleur, motorisation, finition... Créature polymorphe, le Yéti se prête à toutes vos envies.

Belle bête !

27.09.2009

D'amour et d'eau fraîche de T.C. Boyle

boyle.jpgEditions Grasset - 723 pages

Quatrième de couv' - Marginocity : c'est le nom de la communauté créée en ce début des années 1970 par un nommé Sender, quelque part en Californie, pour vivre près de la nature et pratiquer l'amour libre. Un modèle qui n'est pas du goût des autorités locales : à force de taxes impayées, de latrines qui débordent et de drogue au grand jour, les rebelles sont priés de vider les lieux... Heureusement, Sender a hérité d'un terrain en Alaska. C'est là qu'il décide d'installer ses "frères et soeurs". Mais l'idéal hippie se révèle moins facile à mettre en oeuvre lorsqu'il fait -15° ou -20° chaque nuit, dans un pays où les trappeurs ont une toute autre conception de la vie saine et naturelle... Pourtant, les uns et les autres s'apprivoiseront peu à peu. Et de cette rencontre improbable naît une histoire délirante et drôle, riche en rebondissements, à travers laquelle l'auteur d'América et d'Un ami de la terre poursuit sa radiographie de l'Amérique moderne.

Voici un livre divertissant d'un auteur prolixe aux allures de rock star.

Divertissant au sens noble du terme puisque les grands classiques et les oeuvres posant des problèmes métaphysiques n'ont pas le monopole de la qualité littéraire.

Divertissant donc tout autant que laid et tragique. Aux travers de personnages attachants, chacun se souviendra de ses élans de flower power fantasmés lors de mémorables rébellions d'adolescents en crise - ce qui étaient d'ailleurs foncièrement paradoxal m'enfin passons. Mais bientôt apparaît le revers de la chimère : derrière l'idéal de vie se cache un milieu ancré dans des conceptions rétrogrades de machisme et de sexisme et les valeurs de solidarité, de fraternité et de partage prônées connaissent de tristes limites.

Mouais... En écrivant ça, je me suis déprimée toute seule. Finalement, tout n'est qu'utopie car l'homme, naturellement mauvais, est un être vil, égocentré par essence. Mais que le mérite de l'auteur n'en pâtisse pas : l'histoire est accrocheuse et l'analyse pertinente. Parfait pour agrémenter son temps libre.

26.09.2009

La course au mouton sauvage d'Haruki Murakami

Editions du Seuil - 374 pagesmouton.jpg

Quatrième de couv' : La vie du narrateur, jeune cadre publicitaire à Tokyo, n'a rien d'exceptionnel. Jusqu'au jour où, pour avoir utilisé une photographie où figure un mouton d'une espèce rare, il est approché par une puissante organisation d'extrême droite. Le voici contraint de retouver l'animal - doué, il est vrai, de pouvoirs extraordinaires. Comme toujours chez Murakami, le réel repose sur des fondations délicieusement instables...

Immédiatement rebutée par un style métaphysico-philosophique particulièrement indigeste, j'ai, comme à mon habitude du moins en ce qui concerne les livres, décidé de m'accrocher et de prendre le temps de m'imprégner de la nouveauté. Grand bien m'en a pris puisqu'après une petite centaine de pages un peu lourdes, l'intrigue avait eu raison de ma curiosité, la trame prometteuse m'avait captivée. Sauf que.

Suis-je hermétique au fantastique, ai-je un esprit par trop rationaliste ? Toujours est-il qu'arrivée au bout de la dernière ligne d'un texte parti en vrille complète 100 pages avant la fin, la seule réaction qui me vint à l'esprit fut : so what ? Soit je suis absolument trop stupide pour comprendre la profondeur de l'oeuvre auquel cas mon honneur bafoué de lectrice fait appel à un éclairage, soit il n'y a vraiment rien à comprendre.

La morale étant que j'ai lutté des semaines pour relever le défi de ne pas raccrocher un texte pas accrocheur et qu'au final, j'ai la sensation d'être une buse.

Deux points positifs toutefois dans ce livre : un talent indiscutable pour la description et une titraille, certainement typique de cette littérature, mais qui semble complètement loufoque pour l'occidentale que je suis.

25.09.2009

Au secours Mrs Dalloway de Mary Dollinger

dollinger.jpgJacques André Editeur - 258 pages

Quatrième de couv' : Clare Fournier, jeune anglaise bourgeoisement installée avec mari (radin), enfants (insupportables) et chien (apathique), voit un jour son excentricité toute britannique refaire surface et perturber son quotidien ennuyeux. Entraînée malgré elle dans des péripéties qu'elle nous raconte avec un humour terriblement anglo-saxon, à mi-chemin entre P.G. Wodehouse et W. Allen, elle s'engage sur les traces de Mrs Dalloway, l'héroïne angoissée de V. Woolf, et entreprend la rédaction d'un best-seller dont les personnages se rebellent à leur tour...

Cet archétype de la mise en abîme est un alliage parfait d'oppositions, jonglant de la réalité à l'idéal fantasmé ou encore de la gravité à la légéreté. Cette subtile recette qui vous entraîne dans le sillage tourbillonnant d'une femme en pleine renaissance n'en est que plus savoureuse. Bizarrement, j'en retiens moins le message de vie que les précieuses remarques quant au métier d'écrivain... Mais la réussite d'un livre ne tient-elle pas dans la capacité à faire se projeter le lecteur, d'une manière ou d'une autre ?

Seule fausse note pour la fétichiste du livre que je suis, la reliure un peu rigide oblige le lecteur à casser la tranche... Sacrilège ! Mais au final, j'ai opéré cette concession avec plaisir.Le démon des mots Charlotte Sapin

La lecture de ce livre m'a remis en mémoire une rencontre estivale d'avec un jeune anglais autour d'un apéritif. Alors que je l'initiais au vin français, j'achevais le service et par la même occasion la bouteille en remplissant son verre. Tentant tant bien que mal de lui expliquer qu'en France, quand nous finissions une bouteille, nous nous exclamions "Marié ou pendu avant la fin de l'année", je lui demandais s'il existait un proverbe équivalent outre-Manche. Et lui de me répondre "ow yes, quand nous fini le bouteille, nous dire Oh shit !"... J'adore.

24.09.2009

Himalaya Vaudou de F. Bernard et J.-M. Rochette

Editions Drugstore - 109 pages

Scénario : Fred Bernard - Dessins : Jean-Marc Rochette

Présentation de l'éditeur : Scandale ! Les grands de ce monde (hommes politiques, capitaines d’entreprises, diplomates, etc.), censés assurer l’équilibre et la bonne marche de nos sociétés, se transforment peu à peu en... animaux. Alors forcément, un léger vent de panique commence à souffler. Or cette étrange série de mutations est revendiquée par un gourou très médiatisé, retiré depuis peu au coeur de l’Himalaya et que l’opinion publique connaît sous le sobriquet de « Père Noël ». Lancés à sa recherche pour rapporter le scoop du siècle, trois émissaires triés sur le volet – un célèbre présentateur de JT cachant sa calvitie, un journaliste baroudeur tendance écolo et une star de télé-réalité fraîchement démoulée – vont découvrir le plus incroyable des secrets...

Comme on l'oublie souvent, la rentrée litt

éraire est aussi celle de la BD. Car oui, qu'on se le dise une bonne fois pour toutes, la littérature graphique n'a rien de seconde zone. C'est un art, c'est dire ! Mais, tel son homologue non iconographique, la bande

dessinée connaît une profusion de nouveautés parmi lesquelles il semble bien difficile d'opérer un choix. D'où éclairage singulier, mise en lumière particulière :

Himalaya Vaudou est sorti le 16 septembre en librairie et disponible, entre autres sites, sur celui de son éditeur. A première vue, rien de bien folichon. Si l'on s'en tient au pitch de l'éditeur, c'est une histoire farfelue et si l'on se penche un tant soit peu sur les personnages, l'on constate que le méchant gourou est noir et que les trois héros qui doivent sauver le monde sont des hommes. Clichés, j'écris votre nom.

Mais à y regarder d'un peu plus près, l'on découvre que la critique, souvent objet d'elle-même, est pour le coup meilleur porte-parole que la maison d'édition. Ainsi, Livres-Hebdo souligne que "le scénario est plus sophistiqué qu'il n'y paraît...". Bien. DBD parle d'un "plaidoyer hilarant sur la sauvegarde de notre bonne vieille planète""le dessin colle parfaitement à l'ambiance apocalyptique tarée de cette fable enneigée". Bien bien. Enfin Scenario.com plébiscite cette Bd "totalement décalée et abberrante dans la façon dont se déroule l'histoire mais très pertinente dans les réflexions qu'elle ne manque pas de susciter eu égards aux thèmes d'actualité développés". Parfait.

Loin d'une simple histoire de sorcellerie métamorphique, il s'agit en vérité d'une histoire originale qui oscille entre humour satirique et réflexion sur le monde moderne. C'est "un cri de colère et d'incompréhension enflant avec les années : que font concrètement les

décideurs et dirigeants du monde entier en matière de protection de la nature, et donc des hommes ?!"

Avis donc aux fans de BD drôles et intelligentes concernés par l'incontournable problématique environnementale, il y a de la forme ET du fond !

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21.09.2009

Une enfance créole de Patrick Chamoiseau

Edition Gallimard - 186 pages

Tome I - Antan d'enfancechamoiseau.jpg

Quatrième de couv' : Patrick Chamoiseau nous donne ici ses souvenirs d'enfance. Enfance prise dans l'En-ville de Fort-de-France, dans le giron de la merveilleuse Man Ninotte qui ne cesse d'organiser la vie familiale avec un art de vivre et de survivre dont le cocasse et la poésie nous charment. Sous le regard du négrillon se révèle la société créole chatoyante, complexe, aux origines multiples, symbolisée par une ville qui lui ressemble. Il y vivra ses premières expériences : les jeux, la rue, les marchés, le cinéma et aussi la négritude, l'injustice sociale, le racisme. Chronique d'une enfance martiniquaise écrite dans une langue réinventée, Antan d'enfance allie l'art du conteur créole à celui des maîtres de la littérature classique.

Pawol pa ni koulè. Les mots n'ont pas de couleurs.

Et pourtant, ceux de Patrick Chamoiseau dans Une enfance créole I, Antan d'enfance ont le parfum délicieux de la Martinique. Malgré une plongée dans un monde bien loin de la métro(politaine) que je suis, Chamoiseau parvient à éveiller ce sentiment de nostalgie avec des parfums, des couleurs, des atmosphères... que je ne peux qu'imaginer et ce, si facilement grâce aux mots-ventés du poète à mi-chemin entre deux langues, entre deux mondes, entre deux histoires, entre deux vies.

Et encore deux tomes à découvrir : tome II Chemin-d'école, tome III A bout d'enfance.

Extraits :

On ne quitte pas l'enfance, on la serre au fond de soi. On ne s'en détache pas, on la refoule. Ce n'est pas un processus d'amélioration qui achemine vers l'adulte, mais la lente sédimentation d'une croûte autour d'un état sensible qui posera toujours le principe de ce que l'on est. On ne quitte pas l'enfance, on se met à croire à la réalité, ce que l'on dit être réel. La réalité est ferme, stable, tracée bien souvent à l'équerre - et confortable. Le réel (que l'enfance perçoit en ample proximité) est une déflagration complexe, inconfortable, de possibles et d'impossibles. Grandir, c'est ne plus avoir la force d'en assumer la perception. Ou alors c'est dresser entre cette perception et soi le bouclier d'une enveloppe mentale. Le poète - c'est pourquoi - ne grandit jamais ou si peu.

...

Man Ninotte ne disait mot, ne levait pas la tête, semblait en voyage vers un morne d'en elle-même.

18.09.2009

Le don de moelle osseuse

Depuis le 14 et jusqu’au 20 septembre, l’Agence de la biomédecine a organisé pour la quatrième année consécutive, en partenariat avec l’Établissement français du Sang, les centres hospitaliers et les associations, la Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, déclaré Grande cause nationale 2009 par le gouvernement.

Cette nouvelle édition, qui met naturellement les donneurs à l’honneur puisque leur engagement généreux et humaniste permet de sauver des vies, se veut résolument interactive en faisant appel à la mobilisation des internautes. Ces derniers ont créé pour l’occasion quatre-vingt-trois vidéos de sensibilisation (http://www.dondemoelleosseuse.fr/videos/) et tous les autres peuvent voter pour le spot qu’ils préfèrent et/ou participer à la création de l’hymne aux donneurs de moelle osseuse. Il est également désormais possible de créer sa page personnelle afin de mobiliser son entourage.

L’objectif est simple : informer, sensibiliser mais surtout convaincre de faire don de soi. Le but est de recruter 17 600 nouveaux donneurs d’ici à la fin de l’année.

Pourquoi donner sa moelle osseuse ?

Parce que c’est sauver une vie.

Parce que c’est le seul espoir de guérison pour des malades atteints de leucémies et d’autres maladies graves du sang moins connues et dont la fratrie n’est pas compatible (quand elle existe).

Parce que la pénurie ne fait qu’augmenter du fait de la prise en charge de nouveaux patients plus âgés.

Qui peut devenir donneur ?

Toutes les personnes en bonne santé âgées de 18 à 50 ans.

Comment devenir donneur ?

Il suffit de s’inscrire d’un simple clic sur www.dondemoelleosseuse.fr, de répondre à un entretien médical et d’effectuer un prélèvement sanguin pour déterminer son groupe tissulaire.

Alors certes, d’aucuns diront qu’étant donné qu’on ne peut donner qu’une fois (exceptionnellement deux), ils préfèrent garder ce seul espoir au cas où leurs frères et sœurs tomberaient malades. Mais il n’existe qu’une chance sur quatre d’être compatible avec sa fratrie ; la plupart des greffes se font grâce à un donneur non apparenté. Il est donc crucial de développer une solidarité extra-familiale pour que chacun multiplie ses chances.D’aucuns diront également que la ponction dans les os du bassin ou du sternum est douloureuse alors bon… Mais cette intervention s’effectue sous anesthésie générale. Et qu’est-ce qu’une souffrance passagère quand il s’agit de soulager une souffrance permanente ?

Bref, à votre bon cœur… Enfin, votre bonne moelle !

17.09.2009

Là où vont nos pères de Shaun Tan

shaun tan.jpgEditions Dargaud - 120 pages

Quatrième de couv' : Pourquoi tant d'hommes et de femmes sont-ils conduits à tout laisser derrière eux pour partir, seuls, vers un pays mystérieux, en endroit sans famille ni amis, où tout est inconnu et l'avenir incertain ? Cette bande dessinée silencieuse est l'histoire de tous les immigrés, tous les réfugiés, tous les exilés, et un hommage à ceux qui ont fait le voyage... Shaun Tan est l'auteur et l'illustrateur de nombreux livres, tous primés dans le monde entier. En 2001, il a reçu le prix du Meilleur artiste aux World Fantasy Awards pour l'ensemble de son oeuvre. Il travaille également pour les studios Pixar (Toy Story, Les Indestructibles...) et Blue Sky (L'Âge de Glace...).

Prix du meilleur album au festival d'Angoulême 2008, ce livre est un véritable chef-d'oeuvre. Sans un mot, d'un trait incomparable qui place le dessin au moins à l'égal de la photo sépia, Shaun Tan nous narre en une centaine de pages les histoires de tous les migrants du monde. En cinq chapitres, l'on apprend l'identique parcours de tous les déracinés : le départ qui marque la séparation d'avec son pays mais surtout d'avec sa famille, le voyage, l'arrivée, l'enregistrement au bureau d'immigration, l'installation, les difficultés (communication, codes, coutumes...), la solitude loin des proches et face à l'indifférence de beaucoup... Et puis la première main tendue... Et puis un travail... L'intégration... Les retrouvailles... Et puis faire de ce monde nouveau son monde et tendre la main à son tour...

Même si la terre promise n'est pas sans rappeler New York et certaines scènes célèbres d'Ellis Island, elle se veut un endroit imaginaire. L'intention de l'auteur est la même à l'évocation des pays "abandonnés". Les cadres (architecture, faune, flore...), les us, même les raisons poussant à l'exode (guerre, génocide, esclavage...) sont évoqués de manière métaphorique pour une identification la plus universelle possible.

Alors certes, l'on est davantage dans la fantasmagorie que dans la réalité d'une majorité d'exilés. Ici, c'est une espèce d'El Dorado où n'existent pas les Brice Hortefeux, Eric Besson et autres xénophobes, ni les problèmes de travail, ni le repli sur soi, ni l'impossible regroupement des familles, ni l'expulsion... ni... ni... ni... Mais ça donne envie d'y croire et c'est déjà ça.