Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/01/2013

Dalí par Baudoin

culture,bande dessinée,bd,bio,littérature,livre,peinture,artÉditions Dupuis / Centre Pompidou - 160 pages

Présentation de l'éditeur : À l'occasion de la grande rétrospective que le Centre Pompidou consacre à l'oeuvre de Salvador Dalí, Edmond Baudoin nous entraîne sur les traces de l'étrange et génial artiste, dont il parcourt la vie et l'oeuvre de son trait virtuose. Peintre légendaire et énigmatique, figure du surréalisme, ami de Buñuel et de Garcia Lorca, Salvador Dalí est considéré comme l'une des icônes de l'art du XXe siècle. S'invitant dans l'univers fantasque et débridé de Dalí, Baudoin nous en offre sa vision personnelle. Initiant un dialogue intime, par-delà le temps, avec ce créateur de génie, il nous offre un album rare, dont la parfaite cohérence entre le fond et la forme a valeur d'évidence.

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Album cartonné souple : 22 euros

Un grand merci à mon ami Vincent pour ce joli cadeau de Noël, présent dans ma wish list sans qu'il ait jamais eu l'occasion de la consulter, ce qui prouve sa pertinence.

Nietzsche, Schiele, Picasso, Thoreau, bientôt Gauguin, maintenant Dalí... Les bio-graphiques deviennent décidemment légion !

Si habituellement les biopics du neuvième art sont de fidèles portraits chronologiques, Dalí par Baudoin est avant tout - comme son nom l'indique - une interprétation par le dessinateur de la vie et l'oeuvre de l'un des plus grands créateurs artistiques du XXe siècle. Une approche émotionnelle et psychanalytique atypique et passionnante qui n'en reste pas moins didactique.

Pour ce faire, Baudoin se met en scène en compagnie d'une jeune femme et tous deux, dans un dialogue intimiste, s'interrogent. Car cette bd, à l'image de l'incipit "qui était ce type ?", n'est pas une réponse mais une magistrale question visant à répondre à l'énigme Dalí. En conciliant l'approche biographique traditionnelle au regard personnel, Baudoin livre un éclairage aussi original que captivant de l'excentrique peintre.

Alors évidemment, cette foultitude de faits entremêlés d'interrogations et hypothèses personnelles sont autant de réponses qu'il est possible d'en donner au sujet d'une personnalité aussi complexe que celle de l'incomparable Salvador.

Mégalo, fou, narcissique, paranoïaque, ambigü... Les épithètes sont nombreux. Quels qu'ils soient, l'on découvre avant tout un homme passionné, curieux insatiable, touche-à-tout. Difficile de faire un portrait de cet être multiple et torturé. Extravagant incontestablement. En quête de vérité, d'immortalité, désireux de s'émanciper de tout et de trouver sa voie, ce qu'il fera par le biais de sa fascinante méthode paranoïaque-critique ayant donné naissance à une oeuvre-reflet de l'inconscient unique, onirique, étrange, fantasque, suprenante, dérangeante, choquante... mais surtout, identifiable entre mille.

Si, à l'issu de ce livre, le mystère demeure, il n'est en tout cas plus absolu et l'on comprend mieux l'un des artistes les plus populaires au monde. De son enfance à Gala en passant par ses acolytes et ses pérégrinations, un éclairage est donné sur sa vie mouvementée et l'on appréhende plus aisément son art cathartique et non-conformiste, intimement lié à ses blessures, ses obsessions, ses angoisses, ses contradictions.

Outre la singulière construction narrative, le réel tour de force de Baudoin réside dans son dessin. Il parvient avec maestria à livrer une interprétation du trait et de l'univers du génie espagnol sans jamais l'imiter. Il le réinvente sans le dénaturer en s'appuyant sur les images emblématiques (montres molles, rhinocéros...) qu'il n'était tout bonnement pas concevable d'omettre. Cette mise en abyme fantaisiste loin de toute trahison lui permet d'être dans la justesse sans se départir de son identité propre. Ceux qui y verront une médiocre contre-façon n'auront rien compris.

Mon seul regret, a priori, résidait dans l'absence quasi totale de couleurs, peu représentative à mon sens de Dalí. Mais si l'on considère a posteriori que les rares explosions chromatiques sont rattachées à Gala, muse entre toutes, le parti pris des aplats charbonneux parfaitement maîtrisés - marque de fabrique de l'auteur - prend tout son sens.

Dalí par Baudoin est, en somme, une plongée graphique vibrante, enrichissante et insolite dans l'univers de l'homme à la drôle de moustache, qui prouve, si besoin était, que la bande dessinée est un met de choix et de poids tant du point de vue de la création artistique que de la ressource documentaire. Une oeuvre qui ravira à n'en pas douter le fans comme les béotiens de l'incontournable et très controversé mystique corpusculaire.

Ils en parlent aussi : Benjamin, Sebso, Marie, David.

Vous aimerez sûrement :

Thoreau La vie sublime de A. Dan et Maximilien Le Roy

Egon Schiele Vivre et mourir de Xavier Coste

Nietzsche Se créer liberté de Maximilien Le Roy et Michel Onfray

Olympe de Gouges et Kiki de Montparnasse de Catel & Bocquet

En cuisine avec Alain Passard de Christophe Blain

Brassens ou la liberté de Clémentine Deroudille et Joann Sfar

Extraits :

culture,bande dessinée,bd,bio,littérature,livre,peinture,art

culture,bande dessinée,bd,bio,littérature,livre,peinture,art

culture,bande dessinée,bd,bio,littérature,livre,peinture,art

culture,bande dessinée,bd,bio,littérature,livre,peinture,art

23:57 Écrit par charlotte sapin dans Art, Bande dessinée, Bio/autobiographie, Citation, Culture, Expos, Littérature française, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!

19/07/2011

I am sterdam

Globe-trotter, ça ne s'improvise pas. D'aucuns pensent que l'exploration de lointaines contrées nécessite une certaine préparation, tant sur les plans matériel que psychologique. Et ils n'ont pas tort. Mais permettez-moi d'ajouter que c'est une vision quelque peu restrictive de la réalité du voyageur.

culture,voyage,expo,peinture

Car oui, disons-le haut et fort (ndlr : ne voir ici que la formulation d'une expression populaire et non un placement publicitaire de la plateforme accueillante), la découverte d'un territoire limitrophe ou quasi n'est pas non plus une sinécure et peut occasionner de bouleversantes surprises chez l'utilisateur.

Tout ceci concerne évidemment le voyageur novice qui, aussi incroyable que cela puisse paraître à l'heure de la mondialisation et du tourisme de masse, existe irréductiblement. J'en sais quelque chose, j'en suis.

Ainsi, quand tu voyages peu (ndlr : j'insiste, c'est possible) voire pas, tu ignores certaines règles du taillage de route.

Par exemple, comme tu n'es pas à proprement parler une traveleuse et que de surcroît, tu n'as habituellement pas le standing (financier s'entend) de la first, tu ignores que durant le voyage, comme en avion, on va te servir un repas ET un petit goûter PLUS boissons à volonté. Du coût, tu te trimballes depuis le départ une maxi bouteille d'eau bien pleine donc bien lourde en sus de ton paquetage et tu te fourvoies inutilement (diététiquement et pécuniairement) juste avant le départ au Mc Crado de la gare du Nord.

De même, au retour, tu arrives deux heures à l'avance à la gare parce que tu n'en peux plus de te colter ton sac et d'affronter le vent glacial et la pluie estivaux typiquement amtellodamois ; gare envahie qui ne te laisse que peu d'options pour ta posture d'attente : debout (raahh) ou assis par-terre sur du carrelage (brrr). Tu optes pour le sol sale et froid pendant une petite vingtaine de minutes, tu passes devant une salle lounge pour te rendre aux toilettes où tu dépenses les cinquante cents réglementaires pour y accéder. Tu repasses devant une salle lounge pour retrouver ton sol sale et froid et au bout de cinq minutes, tu te dis que tu vas aller demander à la salle lounge combien il faut payer pour le confort de l'attente. C'est là que le calvaire devient un rêve bleu, je n'y crois pas, c'est merveilleux. Parce qu'au moment où tu baragouines, dans un mauvais anglais de Français qui ne voyage que peu ou pas donc, pour savoir quelles sont les conditions pour accéder au salon, l'hôtesse t'annonces qu'il te suffit de posséder des billets de première, ce qui, ô miracle, est le cas. Et de te répandre dans les canapés, devant les écrans ou sur internet ou en lisant la presse, à siroter les boissons à volonté, pissant gaiement dans des gogues rutilants, en te félicitant de cette nouvelle découverte concernant le voyage grand luxe...

Mais tout ceci ne concerne que le voyage au sens transport du terme. La découverte in situ de cet ailleurs qui n'est pas chez toi constitue également une source d'étonnements à répétition.

Tu es donc interdite de constater que le Hollandais a inventé les toilettes qui font jamais plouf.

Tu es déconcertée par la circulation massive de trams et de vélos aux règles suffisamment impénétrables pour te donner de multiples occasions ainsi qu'à ton acolyte, de vous sauver l'un l'autre la vie.

Tu es passablement déroutée par ton premier petit-déj' en découvrant que dans cette contrée, les croissants ont un goût de bretzel.

Tu es interloquée par la difficulté à s'habituer aux sonorités d'une autre langue :

Où va-t-on maintenant ?

Rue leader price. (leidsestraat, donc)

Enfin, tu es estomaquée par le nombre de fois où tu passes pour un guignol. Comme cette fois où, dans un restaurant, tu tentes d'expliquer que tu ne comprends pas la carte en langue locale et pour ce faire, tu commences par dire que "i am french..." et de te voir répondre du tac-au-tac "congratulation".

Mais définitivement, le plus déroutant quand tu quittes ton "chez toi", c'est bien d'y remettre les pieds. En particulier à Paris, en d'autres termes Gogoland, par exemple à l'hôtel La croix de Malte que tu payes la peau des fesses, qui est minuscule, sale et dont la fenêtre donne sur un parking deux roues.

Ndlr : sinon, Amsterdam, c'est génial, c'est beau, c'est paisible, bref, ça vaut grave le détour.

09:06 Écrit par charlotte sapin dans Art, Expos, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

16/05/2011

Brassens ou la liberté de Clémentine Deroudille et Joann Sfar

Editions Dargaud - 322 pagesbrassens ou la liberté.jpg

Présentation de l'éditeur : À l occasion de l'exposition consacrée à Georges Brassens qui se tiendra à la Cité de la musique, les deux commissaires, Clémentine Deroudille et Joann Sfar, réalisent un livre événement. Articulant textes, illustrations et très nombreuses pages de bande dessinée, cet imposant ouvrage est tant la biographie ultime de Brassens que le catalogue augmenté de l'exposition, puisqu'il présente des documents inédits des photos, des manuscrits, etc. exhumés pour la première fois depuis la mort du chanteur en 1981. Joann Sfar s'est emparé de cette somme extraordinaire pour dessiner l'oeuvre, la vie et la philosophie du grand chanteur populaire qu est toujours Georges Brassens.

A tous les amoureux du célèbre libertaire que le succès dérangeait, voici LE livre à vous offrir (ou vous faire offrir). Une documentation riche, de nombreuses photos, des illustrations croustillantes de Sfar... Tout est réuni pour se (re)plonger avec délectation dans la fascinante existence et la pensée hors norme de cet homme extra-ordinaire. Ses idées - parfois dérangeantes, souvent contestées - restent un terreau fertile à la remise en question de la société et de l'âme humaine. Un poète, un penseur, un trublion à (re)découvrir de toute urgence.

Extrait :

Chez les écrivains que j'ai aimés, je les ai aimés parce que ce que je trouvais chez eux je l'avais déjà en moi et je l'ignorais (...)

09:38 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Beaux livres, Bio/autobiographie, Citation, Culture, Expos, Livre, Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | Pin it!

08/04/2011

Métamorphose en bord de ciel de Mathias Malzieu

métamorphose en bord de ciel.jpgEditions Flammarion - 157 pages

Présentation de l'éditeur : Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques le propulsent au sommet de la gloire. Jusqu'à ce qu'un médecin qui le soigne pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable. Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu'il appelle " la Betterave ". Lors d'une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l'hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de voler rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose le pacte suivant : "Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, ruais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l'amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter." Dans la tradition de ses contes pour grands enfants, Mathias Malzieu nous raconte l'histoire merveilleuse d'un homme qui veut tuer la mort et tutoyer les cieux. Ce faisant il nous livre une réflexion rare sur le pouvoir de la vie, et de l'amour.

Après ma découverte concluante de Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, il n'a pas fallu que la représentante des éditions Flammarion insiste beaucoup pour me convaincre de choisir de recevoir ce titre en service de presse pour le lire et bien sûr le recommander. Bien entendu, j'aurais préféré recevoir l'édition de luxe illustrée par des peintres et plasticiens émérites et donnant lieu à une exposition jusqu'au 1er mai à la Galerie l'art de rien (M° Abesses ou Anvers - Paris 18 - 01 42 52 75 84), mais bon, on ne peut pas tout avoir.

Mathias Malzieu confirme donc avec ce nouvel ouvrage, si besoin était, son incomparable talent pour conter le merveilleux, le fantastique, l'onirique, le poétique, bien que le tragique. Il sait incontestablement mettre de la lumière dans le sombre. Mystérieux, envoûtant.

10:28 Écrit par charlotte sapin dans Art, Beaux livres, Culture, Expos, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

30/09/2009

J'étais l'origine du monde de Christine Orban

Editions Albin Michel - 138 pagesorban.jpg

Quatrième de couv' : "Que pouvait-il me demander de plus ? L'inimaginable, il l'a pourtant imaginé. Il ne m'a pas dit : 'Je veux peindre ton sexe, les jambes ouvertes.' Non, ce fut dit différemment. Mais dit. Comment a-t-il osé ? Comment ai-je pu accepter ?" En 1866, Gustave Courbet peignait "L'origine du monde", oeuvre sulfureuse et teintée de mystère, longtemps tenue à l'abri des regards indiscrets. Christine Orban fait revivre sous sa plume Joanna Hifferman, modèle imaginaire de ce tableau unique, fruit d'une démarche artistique poussée à l'extrême et de la folie amoureuse d'un homme. Après avoir livré son corps, c'est le trouble d'un choix que la femme vient exposer crûment. Que sont la honte et la pudeur face au génie ?

En novembre 2006, le voisinage de la Galerie Helenbek de Nice a fait interdire l'exposition en vitrine d'un tableau hommage à Gustave Courbet, représentant un sexe féminin. Les assauts de pudeur de la population niçoise face à cette oeuvre ont bien démontré que le temps, dont on dit qu'il efface les blessures, n'agit pas de même avec la pruderie, la pudibonderie des âmes puritaines. Je conseille vivement à ces retardataires d'un bon siècle dont l'esprit est le plus mal placé, tout autant qu'aux autres, la lecture de ce magnifique livre qui dépeint une fiction que je me plais à imaginer vraie, en véritable amoureuse de la passion et non de la pornographie.Le démon des mots Charlotte Sapin

Extraits :

La nuit tombait, je me suis éloignée de quelques pas vers la mer plate des fins de journée, un vent léger jouait avec ma robe et mes cheveux. Gustave m'a suivie et il est resté à mes côtés à regarder l'horizon comme moi. Après un long silence, il m'a dit : "Je vais vous aimer." Et il est reparti près du feu.
L'Origine de monde est-elle née, dans son esprit, ce soir-là ?

Il m'a laissée seule avec ces mots ; à moi de décider l'usage que je voulais en faire. A moi de savoir si je voulais être aimée par lui ou pas.

L'amour m'effraie. On monte très haut dans le ciel et on n'est jamais sûr de rien, juste de la chute. J'avais donné ma candeur, mes rêves à un homme qui n'en avait rien fait. Je pensais être guérie, et pourtant les paroles de Gustave m'ont troublée. Cette simple promesse d'amour dénotait une singulière connaissance de soi et de son propre génie.
Je pensai que seul Dieu, en nous plaçant ce soir-là sur une plage, l'un en face de l'autre, savait la suite de l'histoire : j'étais naïve. Courbet avait choisi sa proie. Il n'était pas près de la lâcher. Il avait trouvé le modèle dont il rêvait pour faire reculer les bornes de son art. L'évidence pour cet homme rustre et profond n'était pour moi encore qu'un motif d'étourdissement.

...

Dans l'intimité de l'amour, cette vérité fugace, je peux montrer, donner beaucoup de moi, mais aucun homme ne m'avait demandé encore d'être la figure peinte, le symbole désigné et fixé à jamais de cet abandon.

L'amour charnel c'est un souffle de vie sans postérité.

J'étais prête à offrir mes jambes ouvertes sur un sofa à Gustave, pas à Courbet.

11:44 Écrit par charlotte sapin dans Art, Citation, Culture, Expos, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!