28.11.2007

Chronique écolière #2

023cafd643b0a7a8b0d1753d6fac87a8.jpgComment j'ai sacralisé la (une des...) pire honte de ma vie.

Au temps de l'école primaire, j'organisais chaque année mon goûter d'anniversaire et me rendais avec plaisir à celui de mes petits camarades. Ce jour-là, les festivités du jour étaient en l'honneur d'Elisa N., dont je ne garde aucun souvenir (des festivités, pas d'Elisa) si ce n'est un.

Après les très probables traditionnels jeux, histoire de nous mettre en appétit, vint l'heure des sacro-saints gâteau-bougies-bonbons-sodas-et cetera qui font vomir la moitié des enfants pour le plus grand plaisir des mamans. En pleine gloutonnerie, me voilà prise d'une grosse envie pressante. Je me dirige tout naturellement vers les toilettes mais veille à ne pas verrouiller la porte rapport à un traumatisme estival antérieur. Je fais donc mes affaires et me mets en quête de papier. Un coup d'oeil circulaire m'apprend que les rouleaux se trouvent dans le placard qui surplombe le trône. N'ayant pas plus de huit ans, il m'est nécessaire d'escalader les toilettes pour accéder aux carrés d'hygiène. Je m'exécute tout en prenant soin de ne pas remonter ma culotte et mon pantalon afin de ne pas les souiller.

Me voici donc grimpée sur les WC, cul nu et dos à la porte... qui, rappelons-le, n'était pas fermée. C'est évidemment à cet instant précis que mes imbéciles de copains ont décidé de me faire une petite farce... et de se retrouver nez à fesses.

Comme qui dirait : "la honte de ma vie".

Et puis, a posteriori, j'ai réalisé que non. Le recul m'a permis de comprendre qu'il ne s'agissait nullement d'une mauvaise blague à mon endroit mais plutôt de la reconnaissance, que dis-je, la vénération qui m'est légitimement due. En fin de compte, tous ces jeunes innocents voulaient décrocher la lune... et la lune, c'était moi !

13.11.2007

Chronique écolière #1

Bon alors comme on a pas le droit d'être en panne d'inspiration, en pleine flemme d'écriture et que je me fais enguirlander parce que j'écris rien... me revoilà, ô public ingrat. Mais comme tu es exigeant et que personnellement, je tiens une petite forme rédactionnelle, je tombe dans la facilité en inaugurant une nouvelle rubrique, fruit de mon vécu, ce qui ne veut pas dire que tout soit toujours exactement la vérité. Je ne précise qu'au cas où tu ferais partie de ces gens stupides qui ne comprennent rien à rien aux exercices de style de type extrapolation, exagération et autre hyperbole de la réalité. Voilà, ça, c'est fait.

Donc Chronique écolière... Moteur... Action ! Ou ma vie en sixième 8.

59c5a1954b94c59da0fce6cf29607f9e.jpgLes premiers pas au collège sont difficiles. Outre les horreurs que les frères et soeurs aînés se poilent à rependre dans nos pauvres esprits naïfs, le passage d'une maîtresse attentionnée à une ribambelle de professeurs n'est pas chose aisée. Sans compter la domination des grands de la cour qui exercent sauvagement leur ascendant et la pression sociale qui s'immisce progressivement dans les méandres de ta cervelle de bisounours : comment faire comprendre à ta mère que non, vraiment, le cartable en cuir, c'est ringard ou à ton père que, sans vouloir te manquer de respect, si je mets mes moon boots au moindre flocon de neige, je suis cataloguée bouffonne à vie. Bref, le collège est un apprentissage abrupt qui passe par la phase "tout est la honte de ma vie". Respirer y compris.

Donc quand vient le jour de ton premier cours de Techno, que le prof arrive en retard, que toute la classe - qui se connaît très peu, forcément, c'est la rentrée ! - attend docilement - ben ouais, on sort de l'école primaire - dans la cour, que le prof attendu arrive enfin, qu'il se plante devant toi alors que tu l'as jamais vu de ta vie et qu'il te sort "ooohhh, mais tu es la petite Sapin" en te serrant dans ses bras - devant tout le monde donc -, ben c'est pas compliqué : tu meurs.

Mais ce qu'il y a de bien dans les morts de la honte, c'est que tu ressuscites toujours.