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16/05/2011

Chronique amoureuse #19

Et puis tu as le mec qui te laisse refouler du goulot.

Non pas que j'ai tendance à puer du bec (j'insiste), mais comme tout un chacun, après une soirée arrosée, enfumée et une courte nuit de sommeil en (a priori) délicieuse compagnie, j'ai tendance à me réveiller avec la bouche pâteuse et l'haleine fétide.

Cette fois-là, je n'avais pas planifié de découcher et n'avais donc prévu aucun kit de survie (culotte de rechange, brosse-à-dents, laque). Devant me rendre sur les bancs de l'amphithéâtre de la fac de droit que je fréquentais alors (plus qu'occasionnellement), je me devais au moins de me laver les dents (l'absence de changement de sous-vêtements étant moins repérable). Je demande donc tout naturellement à mon hôte de me prêter sa brosse-à-dents... et essuie un refus catégorique au motif que :

- Non, vraiment, je peux pas, c'est trop personnel, tu comprends mon père est dentiste.

- Et ben heureusement qu'il est pas gynéco, on se serait drôlement ennuyés sinon.

N'empêche que dans ce cas, je serais sûrement rentrée directement chez moi la veille au soir et aurais probablement évité de nombreuses déconvenues. A commencer par les regards pincés des personnes auxquelles je me suis adressée ce matin-là.

10:11 Écrit par charlotte sapin dans Chronique amoureuse | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!

11/05/2011

Chronique amoureuse #18

Et puis un jour, tu découvres que certains fantasmes doivent le rester.

Non mais c'est vrai quoi, j'entends déjà ricaner dans les chaumières et fuser les petites réflexions du genre "Ca alors ! Comme ça il ne faut pas réaliser tous ses fantasmes ? Tu m'en diras tant !". N'empêche qu'avant qu'on te dise ou que tu découvres par toi-même que boire beaucoup et vite ne fera pas que ta soirée sera géniale vite mais qu'elle sera plus courte, ben tu ne le savais pas. Pour les fantasmes et la question de leur réalisation (ou non), c'est pareil. Alors profil bas s'il te plaît.

Savoir conserver le fantasme intact, donc. Telle est la question. Ou plutôt la réponse. Car oui, qu'on se le dise, se contenter des petits sourires échangés en coin avec le Monsieur vestiaires de la piscine d'un camping du fin fond du Cher l'été de tes quinze ans plutôt que d'envoyer une lettre à la piscine d'un camping du fin fond du Cher l'été de tes quinze ans adressée au "Jeune homme des vestiaires" pour lui déclarer ta flamme, t'évitera de découvrir que derrière l'image du petit mec belle gueule bien gaulé qui enflamme tes nuits adolescentes se cache un lourdaud fan de foot à l'accent berrichon à couper au couteau*. CQFD.

*la rédaction décline toute responsabilité quant aux préjugés honteux visant les lourdauds, les fans de foot et la culture berrichonne.

03:48 Écrit par charlotte sapin dans Chronique amoureuse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

28/11/2010

Chronique amoureuse #17

Et puis il y a le mijauré.

Contrairement à ce que l'on peut penser, le mijauré n'est pas le gars sur lequel on a flashé, que l'on poursuit de ses assiduités pour enfin le faire succomber à son charme et qui résiste. Non, le mijauré tombe en pamoison dès l'instant où une relation commune vous présente. De bonne éducation avec un QI tout à fait enviable, il ne fait pas le lourdeau mais ne vous lâche pas pour autant d'une semelle. Il vous paie des verres dans le bar de votre rencontre, il vous fait la discussion, il vous flatte... Bref, il se révèle à vous sous ses meilleurs aspects pour vous séduire. Et vous le laissez faire parce qu'en plus d'être courtois et intelligent, il n'a pas hérité d'un physique disgrâcieux. C'est vous à ce moment-là qui faites un peu la chichiteuse ; la jeu de la séduction a tellement de bon.

Quand vient le moment de partir en discothèque, vous vous dites que c'en est fini du jeu du chat et de la souris et qu'une fois entre les murs du dancefloor, l'ambiance feutrée et le brouhaha aidants, vous allez enfin céder aux avances un poil trop obséquieuses de votre soupirant.

Mais le mijauré pense qu'il doit vous mériter. Et de continuer à vous payer des verres (à ce rythme, vous devenez passablement éméchée...), de vous faire la discussion (même si vos capacités de concentration et d'écoute sont doublement altérées par les décibels et l'alcool) et de vous faire une démonstration de ses aptitudes à onduler son corps en vous faisant un show sur un plot. Là, vous commencez un poil à vous impatienter et vous allez même jusqu'à penser que vous vous êtes monté un gros film, que ses pas de danse vous rappelle vaguement votre pote homo et qu'il ne se passera rien parce qu'il est gay. Vous décidez donc de mettre votre radar en marche pour dénicher le meilleur plan de secours possible et amorcez la transition très rapidement ; privilège de fille. C'est là que votre prétendant cérémonieux, se sentant menacé, décide de passer - enfin ! - la seconde. Le temps de quelques frotti-frottas engageants et c'est déjà le moment de quitter la piste (ben oui, c'est qu'il a vraiment pris son temps le bougre !). Vous affrontez donc, de manière aussi stoïque que possible, les lumières pour vous diriger vers la sortie et rejoindre le carrosse de votre chevalier servant qui, lui, est bien plus frais que vous parce qu'en plus d'être bien élevé, il est très responsable et donc sobre puisqu'il conduit.

Arrivés au bas de chez vous, il remet le couvert de la discussion (raaahhh !) afin de procéder au rituel du remerciement pour l'excellente soirée passée et patati et patata. Ni une ni deux, vous remettez quand à vous le rituel des frotti-frotta engageants, auquel votre partenaire se prête très volontiers et proposez de "prendre un dernier verre".

C'est à cet instant précis que le mijauré fait son grand come-back en vous disant qu'il n'est pas un garçon facile. Oh. My. God. C'est là que tu te rends compte de ta véritable erreur. La méprise ne portait pas sur ses orientations sexuelles mais sur sa prétendue grande classe. La vraie élégance aurait été de prendre au pied de la lettre l'expression "prendre un dernier verre", de monter le boire en tout bien tout honneur et de reporter subtilement la suite des événements unilatéralement attendue ce soir-là. Au lieu de ça, Môsieur le mijauré vous fait passer pour la gourgandine de service qu'on voit venir avec ses gros sabots et ses expressions convenues et vous plante.

Moralité, la pétasse allumeuse qui vous abandonne avec votre frustration n'est pas toujours celle que l'on croit.

09:28 Écrit par charlotte sapin dans Chronique amoureuse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

20/07/2009

On a marché sur ma Lune

Si j'emprunte à Hergé l'un de ses plus célèbres titres tintinesque, en le détournant quelque peu, c'est uniquement pour renvoyer à l'actualité du jour qui me rappelle une anecdote personnelle, mais nullement classée X, n'en déplaise aux voyeurs. De l'utilité du titre d'appel...

Donc, en ce jour du quarantième anniversaire du plus célèbre petit pas pour l'homme*, je souhaite partager à nouveau mon souvenir le plus mémorable d'avec le satellite naturel de notre chère planète, en espérant que l'ignare en question accèdera, enfin, à cette donnée d'une culture pas si générale que ça...

* : le 20 juillet 1969, le commandant du vol spatial Apollo 11 Neil Armstrong ainsi que Buzz Aldrin ont exploré pendant plus de deux heures et pour la première fois la surface de la Lune alors que leur co-équipier Michael Collins était resté en orbite.

00:15 Écrit par charlotte sapin dans Actualités, Chronique amoureuse, Moi, Science, Télévision, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

13/01/2009

Chronique amoureuse #16

Parce l'amour s'affranchit de toute considération pécuniaire et parce que, comme le dit Larcenet, la poésie rachète tout, voici mon plus sincère bien que modeste présent. Joyeux anniversaire.

C'est par un soir de mai
Que je l'ai rencontré
Par un ciel plein de lune
L'amant aux lèvres brunes
Et depuis ce moment
Je fus prise vraiment
Une adorable flamme
S'alluma dans mon âme.

Patrick Chamoiseau

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par delà l'attente
Par delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent.

Paul Eluard

Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et se confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi".

Montaigne à La Boétie

11:12 Écrit par charlotte sapin dans Chronique amoureuse, Citation, Culture, Moi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!