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16/05/2011

Brassens ou la liberté de Clémentine Deroudille et Joann Sfar

Editions Dargaud - 322 pagesbrassens ou la liberté.jpg

Présentation de l'éditeur : À l occasion de l'exposition consacrée à Georges Brassens qui se tiendra à la Cité de la musique, les deux commissaires, Clémentine Deroudille et Joann Sfar, réalisent un livre événement. Articulant textes, illustrations et très nombreuses pages de bande dessinée, cet imposant ouvrage est tant la biographie ultime de Brassens que le catalogue augmenté de l'exposition, puisqu'il présente des documents inédits des photos, des manuscrits, etc. exhumés pour la première fois depuis la mort du chanteur en 1981. Joann Sfar s'est emparé de cette somme extraordinaire pour dessiner l'oeuvre, la vie et la philosophie du grand chanteur populaire qu est toujours Georges Brassens.

A tous les amoureux du célèbre libertaire que le succès dérangeait, voici LE livre à vous offrir (ou vous faire offrir). Une documentation riche, de nombreuses photos, des illustrations croustillantes de Sfar... Tout est réuni pour se (re)plonger avec délectation dans la fascinante existence et la pensée hors norme de cet homme extra-ordinaire. Ses idées - parfois dérangeantes, souvent contestées - restent un terreau fertile à la remise en question de la société et de l'âme humaine. Un poète, un penseur, un trublion à (re)découvrir de toute urgence.

Extrait :

Chez les écrivains que j'ai aimés, je les ai aimés parce que ce que je trouvais chez eux je l'avais déjà en moi et je l'ignorais (...)

09:38 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Beaux livres, Bio/autobiographie, Citation, Culture, Expos, Livre, Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | Pin it!

02/05/2011

La propagande dans la BD par Fredrik Stromberg

culture,littérature,livre,bande dessinée,BD,politique,religion,éducation,histoireEditions Eyrolles - 175 pages

Présentation de l'éditeur : Comme tout média, la bande dessinée reflète son époque. Comme tout média, elle est capable du meilleur comme du pire. Mais plus que tout autre média, la bande dessinée est populaire, elle a le fascinant pouvoir de convaincre par sa nature même, en particulier un jeune public à l'esprit encore peu critique et disposé à recevoir toutes les opinions, surtout les moins nuancées. Rien d'étonnant donc que ceux qui font tourner le monde en aient un petit peu profité : ainsi le peuple a-t-il été convaincu que les noirs étaient de grands enfants, les Juifs des traîtres et des manipulateurs, que les super-héros allaient botter les fesses d'Hitler, et autres vérités du genre : la bande dessinée est la cause de la délinquance juvénile, la guerre est amusante et sans danger, la marijuana rend inévitablement fou ou encore se faire avorter conduit à la damnation éternelle... Ce livre offre au lecteur un voyage dans le temps et dans l'espace, du siècle dernier jusqu'à nos jours, des Etats-Unis, à l'Europe en passant par la Chine, le Japon ou Cuba... Traitant du racisme et de la xénophobie, mais aussi de politique, de religion, de questions de société, de la dialectique homme/femme, La Propagande dans la BD est une captivante histoire en images, illustrée de planches de BD parmi les plus controversées, scandaleuses, atypiques et engagées jamais publiées.

La BD. La bande dessinée. Tout un art, fusse-t-il le neuvième. C'est vrai que c'est chouette. L'on en dit souvent qu'elle est divertissante mais elle est tout aussi grave, profonde, émouvante, etc. Ce n'est pas parce qu'elle se départit difficilement de la vision réductrice encore trop généralisée selon laquelle "c'est le pendant statique du dessin animé", "c'est enfantin", "c'est gentillet", qu'elle est inoffensive.

C'est ce que ce livre nous démontre sur un ton ironique à souhait. De tous temps, les mouvements à doctrine (politiques, religions, systèmes éducatifs...) ont usé de ce medium pour faire passer leurs messages. Et aussi discutables soient ces derniers, l'enrobage aux airs édulcorés facilitait l'adhésion. Si l'on se souvient de ceux des régimes le plus souvent totalitaires que l'on pouvait trouver dans nos livres d'histoire, l'on méconnaît généralement les propagandes éducatives qui sont exceptionnelles en leurs genres.

Ce beau livre nous permet de nous plonger dans des époques pas si lointaines dont le manichéisme semble parfois surréaliste. Et pourtant, ces véritables témoignages historiques ont bel et bien eu leurs temps.

08:46 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Beaux livres, Culture, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

08/04/2011

Métamorphose en bord de ciel de Mathias Malzieu

métamorphose en bord de ciel.jpgEditions Flammarion - 157 pages

Présentation de l'éditeur : Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques le propulsent au sommet de la gloire. Jusqu'à ce qu'un médecin qui le soigne pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable. Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu'il appelle " la Betterave ". Lors d'une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l'hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de voler rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose le pacte suivant : "Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, ruais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l'amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter." Dans la tradition de ses contes pour grands enfants, Mathias Malzieu nous raconte l'histoire merveilleuse d'un homme qui veut tuer la mort et tutoyer les cieux. Ce faisant il nous livre une réflexion rare sur le pouvoir de la vie, et de l'amour.

Après ma découverte concluante de Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, il n'a pas fallu que la représentante des éditions Flammarion insiste beaucoup pour me convaincre de choisir de recevoir ce titre en service de presse pour le lire et bien sûr le recommander. Bien entendu, j'aurais préféré recevoir l'édition de luxe illustrée par des peintres et plasticiens émérites et donnant lieu à une exposition jusqu'au 1er mai à la Galerie l'art de rien (M° Abesses ou Anvers - Paris 18 - 01 42 52 75 84), mais bon, on ne peut pas tout avoir.

Mathias Malzieu confirme donc avec ce nouvel ouvrage, si besoin était, son incomparable talent pour conter le merveilleux, le fantastique, l'onirique, le poétique, bien que le tragique. Il sait incontestablement mettre de la lumière dans le sombre. Mystérieux, envoûtant.

10:28 Écrit par charlotte sapin dans Art, Beaux livres, Culture, Expos, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

23/01/2009

Brel par Leloir

brel.jpgEditions Fetjaine - 128 pages

Quatrième de couv' : "Ce livre, nous l'attendions depuis longtemps. Je l'espérais depuis le jour de ma rencontre avec Jean-Pierre Leloir." France Brel. Durant quinze ans, depuis l'arrivée de Jacques Brel à Paris en 1957 jusqu'au début des années 70, Jean-Pierre Leloir a été le photographe privilégié et l'ami de Brel. Cet album exceptionnel, comprenant de très nombreux documents inédits en couleurs, est le témoignage de ces quinze années de complicité.

Dans le cadre de l'opération Babelio qui m'avait, durant la précédente édition, gratifié du livre Bonne à tout faire de Saira Rao, j'ai cette fois-ci eu le privilège de recevoir deux magnifiques livres en belle édition. Brel par Leloir est l'un d'eux.

Je n'ai pas l'habitude d'acquérir de beaux grands livres albums qui font si joli dans la bibliothèque et que l'on prend plaisir à feuilleter. Le coût de la culture et l'épaisseur de ma bourse m'incitent davantage à privilégier le poche épais qui rentabilise le prix du mot. Le cadeau, extra-ordinaire, n'en fut que plus appréciable. Et apprécié.

Au-delà des clichés magnifiques de celui qui fut l'un des plus grands poètes amoureux écorchés mais au sarcasme à nul autre pareil du siècle passé et de l'émouvante déclaration d'amitié d'un photographe à son modèle, l'on trouve le parti-pris très engagé, très éthique d'un professionnel quant à sa fonction ; éthique qui semble cruellement manquer aux gens du métier de notre époque. Les sublimes portraits restent évidemment le coeur de cet ouvrage, nous prouvant, si besoin était, qu'une vraie gueule incroyablement expressive, de laquelle transpire intelligence, sincérité et engagement, est à n'en pas douter la plus proche définition de la beauté, plutôt que la plastique mathématique parfaite.

Un hommage à ne pas manquer pour tous ceux qui, avec délectation, continuent à faire vivre - peut-il jamais mourir ? - le mythe Brel.

Extrait :

Quand Georges Brassens chantait ses compositions, j'avais l'impression qu'il les avait écrites pour moi : La Mauvaise Réputation, Les Bancs publics, Le Gorille... Nous étions quelques centaines de milliers, de ma génération, à en être convaincus. Avec Brel, ça a tout de suite été pareil : dès le début, je ressens une communion de pensée, une foi très relative en l'humanité, une soif de liberté, une indépendance, une méfiance à l'égard des bonimenteurs de toutes sortes.

...

Je me souviens précisément de ce premier contact. Brel me jauge, me demande si je suis un "guette-au-trou", l'un de ces journalistes-photographes qui s'intéressent à la vie privée des vedettes, ceux que l'on appelle aujourd'hui les "paparazzis".

- "Vous allez me poser des questions ?", me demanda-t-il. "Parce que si c'est le cas, plutôt que d'évoquer la couleur de mes chaussettes, je préférerais que l'on parle de l'affaire de l'Observatoire : qu'en pensez-vous ?"

L'histoire remonte à quinze jours : dans le nuit du 15 octobre, François Mitterrand, ancien ministre, a échappé à un attentat. L'affaire est fumeuse ; très vite le rumeur s'est propagée qu'il aurait lui-même commandité l'opération, pour mettre en cause les partisans de l'Algérie française. De Gaulle n'est revenu au pouvoir que depuis quelques mois. Evidemment, cette conversation me plaît beaucoup...

...

On le critiquait sur son physique. Je me souviens d'un article dans un quelconque Paris-Jour de l'époque qui s'interrogeait sur la laideur des nouveaux chanteurs : à Philippe Clay, on reprochait son côté désossé, son visage en lame de couteau ; à Gainsbourg son nez crochu, ses yeux mi-clos, ses oreilles décollées ; à Brel sa dentition de Fernandel. La laideur était bien sûr dans le regard de celui qui avait écrit l'article. Brel, je le trouvais beau, formidablement expressif, séduisant par sa gestuelle, son émotion à fleur d'épiderme.

...

Je suis ému en revoyant ces clichés. Je l'aimais. Je l'aimais, voilà, je ne trouve pas d'autre mot. L'amour entre hommes, ça existe. Quant à lui, je pense qu'il m'aimait bien.

...

(...) lorsqu'il chantait devant son public, il ne voyait personne : il était totalement concentré sur son spectacle, dans une sorte de transe qui, en amont, lui donnait des spasmes - les fameuses crises de vomissements avant de monter sur scène. Il sortait de scène épuisé.

...

A une exception près, je ne me suis jamais retrouvé dans les coulisses avec Brel. Je n'y étais pas invité, je ne tentais pas de forcer le passage. Ce qui m'intéresse, c'est l'artiste dans l'exercice de son métier : le chanteur en train de chanter, le musicien en train de musiquer.

(...) Pourtant il m'arrivait parfois de me retrouver en coulisses : je me souviens d'un concert du Jazz At The Philharmonic, je papotais avec Jean-Marie Périer, nous avions tous deux nos appareils au cou, soudain une porte s'ouvre et apparaît Ella Fitzgerald en bigoudis et en combinaison. Ni Jean-Marie ni moi n'avons eu, on s'en doute, l'inélégance ne fût-ce que d'armer nos appareils. D'autres ne se seraient pas gênés. Donc je vous confirme n'avoir aucun cliché de Brel en train de dégueuler ses tripes avant d'entrer sur scène.

11:01 Écrit par charlotte sapin dans Art, Beaux livres, Bio/autobiographie, Citation, Culture, Littérature française, Livre, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!