05.07.2008

Le combat ordinaire de Manu Larcenet

Editions Dargaud

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Décidément, Manu Larcenet n'a pas son pareil pour faire de l'autobiographie romancée à peine dissimulée. En parallèle de la fantastique série Le retour à la terre, où il aborde ses problèmes existentiels de manière légère et drôle, l'on retrouve dans la série Le combat ordinaire, comme le fait John Irving dans son oeuvre, des sujets récurrents ; en l'occurrence des angoisses comme la peur de l'engagement ou la panique de devenir père. Mais cette fois-ci, Larcenet nous dresse un auto-portrait plus vrai parce que plus profond. La tonalité grave, perfectionnée au fil des albums, érige un quasi nouveau genre : la philosophie illustrée alliant la Dessin à la Pensée. Parfois, la bande dessinée comble ses lacunes rédactionnelles par de magnifiques illustrations. Ici, il n'en est rien. Le texte est aussi riche que le trait, le style est transcendé et c'est ce qui en fait une grande oeuvre.

Ordinateur mon ami de Lewis Trondheim

ordinateur mon ami.jpgEditions Dargaud - 48 pages

Quatrième de couv' : Quand il y a plus de vingt ans, nous jouions avec fièvre au premier ping pong électronique, pensions-nous une seconde que nous serions ridicule aux yeux de la nouvelle génération, pitoyables pour la génération suivante et misérables pour celle d'après ? Mais la fierté d'avoir été les premiers Homo Electronicus ne nous sera jamais enlevée. Pionniers nous fûmes, et pionniers nous resterons. Nous avons su où se dessinait l'Avenir. Une humanité où tous les hommes regardent enfin dans la même direction, celle de leur écran d'ordinateur.

Sans être follement drôle, ce tome 2 des Formidables aventures sans Lapinot force le sourire. L'accumulation de vécus, communs à tout utilisateur d'ordinateur, pousse immanquablement à l'identification et crée presque - je dis bien presque - la nostalgie de l'ère d'avant le Web 2.0 dont nous sommes les précurseurs, que les plus vieux ne pénétrent définitivement pas et que les plus jeunes ne peuvent concevoir.

Désoeuvré de Lewis Trondheim

Editions L'Association, coll. éprouvette - 77 pages désoeuvré.jpg

Entre autres achats bédéesques compulsifs, j'ai enrichi ma collection de Trondheim de deux tomes de la série Carnet de Bord. Je pourrais aborder une fois de plus, comme en témoigne ma catégorie Bande dessinée, le génie de l'auteur et patati et patata. Mais aujourd'hui est un jour nouveau dans l'ère de ma fan-attitude trondheimesque ou ma trondheimite aiguë, au choix. Oui, l'auteur de génie, incontestablement vénéré au fil des lecture a commis LE faux pas dans mon esprit on ne peut plus objectif de lectrice détenant la vérité absolue de la critique.

A la lecture de Désoeuvré, ma déception a été grande, mais finalement, je suis contente. Contente de prouver à mon lectorat que non, je ne suis pas rémunérée par l'auteur pour dithyrambie propagandiste. Et heureuse de constater que non, vraiment non, la perfection n'existe pas, nul n'est infaillible, je peux déculpabiliser.

Désoeuvré donc est une nouvelle crise d'angoisse du névrosé number one de la littérature illustrée - car oui, une fois pour toute la BD, de qualité j'entends, EST de la littérature. Ici, L.T. s'interroge sur le bien vieillir, ou plutôt son contraire, des auteurs de bande dessinée. Sa réflexion, véritable étude sociologique de niche, analyse au cas par cas pour établir l'inéluctable statistique qui nourrira son anxiété. Sauf que, véridique ou pas, la recherche bédéifiée est une accumulation de sucre cassé sur le dos des membres de la corporation. Bref, ça balance grave et personnellement, je trouve ça de moyen bon goût.

Pour faire un parallèle, je dirais que Désoeuvré est à la BD ce que 99 Francs est au roman : une in-joke qui n'aurait pas du sortir du milieu autorisé.

05.04.2008

Approximativement de Lewis Trondheim

Editions Cornélius - 149 pages581376070.jpg

Un de plus et non des moindres ! Après Moins d'un quart de seconde pour vivre, Carnet de bord tome 3 et Les petits riens - Le syndrome du prisonnier, j'ai à nouveau plongé sans modération dans une oeuvre de mon chouchou de la BD.

Que dire sans me répéter ? Géniales illustr'... déjà fait. Humour décapant... déjà dit. Ah si, je pourrais insister sur le fait que les formats spéciaux sont très ergonomiques, les couvertures toujours magnifiques et le papier mirifique (bon, là j'exagère, c'était pour la rime mais c'est quand même mieux choisi qu'hygiénique)... en revanche, tout ceci n'est pas du tout économique !

Alors ouais, ouais c'est génial, ouais c'est drôle, ouais ça détend. MAIS. Je tiens à souligner que malgré toutes ses qualités, Monsieur Trondheim n'est pas infaillible. Comme tout autre, il n'est pas à l'abri d'un ratage caractérisé ; preuve par l'exemple : concernant ce recueil, le choix du titre est complétement aberrant. Approximativement. Comment peut-on décemment, quand on dépeint de manière si juste, si précise, si tel quel les choses de la vie et les petits cheminements personnels - pour ne pas dire les délires intérieurs -, opter pour un tel intitulé ?

Non mais vraiment...

Allez, un petit cadeau d'actualité pour la route :

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04.03.2008

Le Syndrome du Prisonnier de Lewis Trondheim

Editions Delcourt, coll. Shampooing - beaucoup de pages pas numérotées581376070.jpg

Quatrième de couv' : Un livre avec beaucoup de pas grand-chose.

Certes, l'angoisse et le cynisme sont moins palpables que dans Moins d'un quart de seconde pour vivre ou Carnet de bord tome 3. Mais avec quelle pertinence, avec quelle justesse Trondheim nous dépeint-il les petits tracas, Les petits riens, du quotidien accompagnés des histoires intérieures, des "egotrips", que tout un chacun ne manque pas de se raconter, sans jamais vraiment l'avouer. L'auteur a su mettre en pratique avec talent l'incipit de cet album :

Mais ce qui compte vraiment, c'est d'accumuler les trésors de l'instant présent... Un jour, ils te serviront.

Shigeru Mizuki 

... le tout, avec cette infatigable plume passant aussi facilement du crobard simpliste au croquis le plus minutieux.

Vivement le prochain ! Et au regard de sa biblio..., l'embarras du choix sera ENOOOORME !

17.01.2008

Six milliards de visages de Peter Spier

2c10bc170236135cd333e657c20a0dcd.gifEditions L'école des loisirs - 43 pages

Présentation de l'éditeur : Sur Terre, il y a plus de six milliards de personnes... et pas deux qui soient exactement semblables ! Le racisme, d'où vient-il en premier ? De l'ignorance ? De la peur de ceux qui ne sont pas pareils ? Allons-y ! Regardons, apprenons, comprenons et luttons, dit Peter Spier avec son charmant album. Pendant des pages et des pages bourrées de détails, il présente aux enfants toutes sortes de gens de toutes tailles, de toutes couleurs, avec des vêtements très différents, des habitudes de vie tropicale, occidentales, asiatiques, etc... Il y a des pages que l'on regarde pendant des heures...

A l'époque où l'on m'a offert ce magnifique ouvrage (une vingtaine d'années...), il s'intitulait Quatre milliards de visages, mais le message reste le même. Avec des textes accessibles et de splendides illustrations, l'auteur a su ériger son livre en un outil incroyable d'apprentissage de la tolérance. Cette invitation au voyage devrait indiscutablement figurer dans toutes les bibliothèques de notre relève générationnelle.

08.01.2008

Carnet de bord tome 3 de Lewis Trondheim

Editions L'Association, coll. Côtelette - 55 pagesea860d6a96e2ff0e2766a826824406a0.jpg

Après le fabuleux Moins d'un quart de seconde pour vivre, Trondheim m'a réenchantée une nouvelle fois ; c'est décidé, je vais tout acheter (au compte goutte...).

Ce carnet autobiographillustré retrace les vacances en Espagne et le déménagement du dessinateur, de ce ton comico-cyniquo-réaliste qui fait tout son charme.

Cette lecture, fruit d'une délicate attention de Noël, est pour le moins tombée à point nommé, étant moi-même en pleine migration résidentielle. Nulle subjectivité pour autant, la qualité tant graphique que rédactionnelle est au rendez-vous pour un pur moment de détente.

03.12.2007

Melting pot pourri

Dans la catégorie 36 15 ma vie : aujourd'hui, je porte un collant en laine. Ca ne m'était pas arrivé depuis à peu près l'enfance et franchement, c'est trop bon.

Les collants, forcément, ça me fait penser aux gambettes. Je ne peux donc que vous faire partager ce jeu de jambes exceptionnel.

Et puis comme je suis dans la vidéo, je vous laisse visionner celle-ci que je trouve très drôle. 

27.11.2007

Mafalda bis repetita

a8e82bab8a90285d7f2a537595738792.jpgDans la série coïncidence. Je lis Mafalda depuis très longtemps et je tiens mon blog depuis environ 18 mois. J'aurais donc pu faire l'article sur la désopilante petite bonne femme depuis une éternité. Mais non. C'est hier que l'envie m'en a prise.

Et ce matin, en feuilletant de manière désinvolte le dernier numéro d'A Nous Paris, je tombe sur l'article suivant :

Les aventures de Mafalda

De Quino et Juan Padron. Le dvd collector : 17,99 €.

La doyenne des citoyennes

Imaginez une série mettant en scène une petite fille intelligente, dotée d'une conscience politique, qui rêve de devenir interprète aux Nations unies, et qui tente de faire comprendre à ses parents bornés qu'il serait bon de changer le monde. Non vous n'êtes pas dans une nouvelle série créée pour surfer sur la vague altermondialiste, ou pour imiter le succès de Persepolis... mais bel et bien dans une série dont le personnage principal a été inventé en 1964 par le dessinateur argentin Quino. Eh oui, Mafalda a bien 43 ans et elle n'a pas pris une ride ! Il faut dire que, pour cela, Mafalda a un secret - non, pas le Botox - mais un humour universel qui ne vieillit pas. Pour vous en rendre compte par vous-même, nous vous conseillons donc vivement l'acquisition de ce DVD-collector regroupant seize épisodes animés, entièrement sans paroles, et qui pourtant parlent aux grands par leur humanisme et finesse d'esprit, et ravissent les petits grâce à leur style efficace et leurs personnages hauts en couleurs comme Manolito le petit capitaliste acharné, Felipe le voisin dépressif, Susanita la desperate housewive programmée, ou Guille le petit frère à tototte de Mafalda. En bonus : un épisode inédit, et un livret rappelant l'histoire de la bande dessinnée d'origine, une biographie de son créateur Quino, ainsi que quelques unes de ces citations. A noter : pour l'achat de ce DVD collector, un euro sera reversé à l'Unicef qui a depuis longtemps fait de Mafalda un de ses emblèmes en matière de protection des droits de l'enfance.

Si la ponctuation du journaliste laisse un peu à désirer, l'info est intéressante et parfaitement adaptée à l'actualité de mon blog. Et même à l'actualité tout court puisque, grrr, il va falloir commencer à penser aux cadeaux de Noël...

26.11.2007

Mafalda de Quino

Créée en 1964, Mafalda est une petite fille argentine issue de la classe moyenne qui exprime, au fil des strips, sa visiond25fd0a740fbd4639bd633f7a5dd94b8.jpg toute personnelle du monde qui l'entoure, avec un précoce cynisme du haut de son enfantine naïveté.

Résolument politique, la bande dessinée éponyme est un concentré d'humour très subtil empli de personnages aussi caricaturaux qu'attachants. Du capitaliste effréné à la revendicatrice socialiste en passant par le fils de commerçant obsédé par l'argent, l'aspirante indépendante-soumise anti-tout, l'anxieux procrastinateur ou le mégalomane rêveur, sans oublier une famille très stéréotypée, tout est réuni pour offrir des planches aussi drôles que désespérément lucides sur l'Humanité et son avenir.

Incontestablement adressée aux adultes, cette bd pourra néanmoins servir de support éducatif aux enfants disons d'une dizaine d'années, ne serait-ce que pour développer leur second degré. Pas moins de 14 albums pour s'exercer !

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