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  • Une dernière chose avant de partir de Jonathan Tropper

    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis,usaÀ paraître le 7 mai 2013.

    Éditions Fleuve Noir - 333 pages

    Présentation de l'éditeur : Silver a une vie de rêve, une épouse et une fille qu'il adore, un foyer chaleureux et une carrière de rock star en plein essor. Ah non, ça c'était avant... Silver a 44 ans, il est divorcé et vit des royalties de son unique tube. Rock star déchue et père lamentable, il passe ses journées avec ses deux acolytes aussi paumés que lui au bord de la piscine du Versailles, la résidence pour hommes divorcés dans laquelle il a atterri. Son ex-femme est sur le point de se remarier quand sa fille Casey, 18 ans, lui confie qu'elle est enceinte. Pourquoi à lui plutôt qu'à sa mère ? Parce que vu le soin qu'il met à gâcher son existence, il ne risque pas de lui faire la morale. Lorsque Silver s'effondre, terrassé par une attaque, le diagnostic est sans appel : s'il ne se fait pas opérer, c'est un aller simple pour la morgue. Mais sa vie mérite t-elle vraiment d'être vécue ? Au grand dam des siens, Silver refuse l'intervention. Le peu de temps qui lui reste à vivre, il veut le consacrer à renouer avec Casey et à devenir un homme meilleur. Alors évidemment, il faut s'attendre au pire.

    Traduit de l'américain par Christine Barbaste.

    Ma note :

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    Broché : 19,90 euros

    Ebook : 13,99 euros

    Un grand merci à Entrée livre et aux Éditions Fleuve Noir pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    De la littérature américaine que j'affectionne particulièrement, Jonathan Tropper est l'un des romanciers que j'apprécie le plus, à la quasi mesure de John Irving - les personnes me connaissant un tant soit peu mesurent l'intensité de cette comparaison.

    Aimer un auteur, c'est d'abord aimer son verbe, son style, ses intrigues. Si l'on en dévore évidemment la bibliographie, l'on peut aussi en conserver dans un petit carnet des citations ; voire les apprendre par coeur pour les utiliser à bon escient au détour d'une conversation. Quand l'on tombe à ce point en amour d'un écrivain, l'on surveille naturellement de près, à l'évidente condition qu'il soit encore vivant, son actualité éditoriale pour avoir en main le jour J son nouvel ouvrage. Voilà pourquoi je ne m'explique toujours pas que la parution d'Une dernière chose avant de partir ait totalement échappé à la vigilance de mes radars. Quelle ne fut donc pas ma surprise d'en découvrir l'existence à quelque quatre semaines de la date officielle ! Et mon plaisir de me le voir offrir en avant-première, réduisant d'autant une attente déjà écourtée par mon inattention.

    Depuis Le livre de Joe, chacun des livres de Tropper a été un véritable enchantement. De Perte et fracas à C'est ici que l'on se quitte en passant par Tout peut arriver, pas une fausse note, ni même un bémol, si ce n'est l'incompréhensible absence de traduction en français de Plan B, le tout premier roman du prosateur - je jette ici ma bouteille non pas à la mer mais au Fleuve Noir... Et ce n'est pas de ce nouvel opus tropperien que viendra le premier couac ! Une dernière chose avant de partir est tout ce qu'il y a de plus à la hauteur des espérances des aficionados et saura assurément convertir les non-initiés.

    Fidèle conteur de la lose, incomparable enchanteur de la galère, Jonathan Tropper offre au lecteur son nouvel anti-héros, Silver, sur un plateau d'argent. Rockeur déchu, mari plaqué et père minable, sa femme va se remarier, sa fille à peine majeure est enceinte, il vit dans un motel pourrave entouré de piteux potes et arrondit les fins de mois à la Banque du sperme. Alors quand on lui apprend, après son attaque, qu'il a le choix entre le billard ou le corbillard, il décide de plaquer sa lamentable existence en utilisant le temps qui lui reste à être un homme meilleur...

    Un vaste programme aussi irrésistible qu'émouvant. Émaillé de son art consommé de la réplique, le récit de Tropper explore une fois encore toutes les facettes de l'individu : de l'honneur à la lâcheté, de la force à la faiblesse, du devoir à l'irresponsabilité, etc. C'est parce que Tropper semble connaître la nature humaine à la perfection qu'il parvient à élaborer des textes vrais et vraiment bons.

    Alors certes, l'on retrouve de livre en livre la recette du Loser magnifique et de nombreux thèmes sont récurrents (crise de couple, familiale ou existentielle, maladie, dépression, deuil...). Pour autant, aucune redite, Tropper se réinvente à chaque histoire et transcende les sujets les plus dramatiques pour en faire des aventures désopilantes, décalées mais jamais loufoques. Son authentique talent est de traiter les choses profondes avec légèreté et de trouver l'étincelle de vie, la lueur d'optimisme dans les situations les plus désespérées. Pour ce faire, il bouleverse le lecteur en visitant l'entière palette des émotions.

    Bref, on ne s'en lasse pas. La littérature américaine n'a nul besoin d'un nouveau souffle mais Jonathan Tropper est si époustouflant qu'il relève le défi de se singulariser dans un paysage littéraire riche et varié. Il est urgent de le (re)découvrir !

    Vous aimerez sûrement :

    Les livres de John Irving : Je te retrouverai, Un mariage poids moyen...

    Rien ne va plus de Douglas Kennedy

    Rainbow Warriors d'Ayerdhal

    Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier

    En moins bien et Pas mieux d'Arnaud Le Guilcher

    L'Agrément de Laure Mézarigue

    Vacances anglaises, N'oublie pas mes petits souliers et S.O.S. de Joseph Connolly

    Le dernier testament de Ben Zion Avrohom et L.A. Story de James Frey

    Les témoins de la mariée de Didier Van Cauwelaert

    Homo erectus de Tonino Benacquista

    Extraits :

    Mais tout ça appartient au passé et aujourd'hui, c'est mardi, huit ans et d'innombrables erreurs plus tard. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Silver a maintenant quarante-quatre ans, il n'a plus vraiment la forme, et il est déprimé - encore qu'il se demande si, quand on a toutes les bonnes raisons de l'être, on peut encore appeler ça "dépression". Peut-être en ce cas est-on tout bêtement triste, accablé d'un sentiment de solitude ou de la conscience douloureuse et permanente du vide laissé par tout ce qu'on a perdu, sans espoir de le retrouver un jour.

    Et donc, puisque nous sommes mardi, Silver et Jack se rendent à leur séance de branlette.

    ...

    Jack lui décoche un petit sourire rusé, celui qui sous-entend Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même. Celui qui, en général, donne envie à Silver d'enfoncer son index dans l'orbite de Jack et de l'enrouler derrière le nez pour le faire ressortir par l'autre orbite, créant ainsi une poignée bien pratique pour lui arracher la gueule.

    ...

    Cela fait un bail maintenant qu'il est seul, plus de sept ans. À un moment donné, la solitude devient moins un mal qui vous ronge qu'une habitude. Avec le temps, on cesse de contempler son téléphone en s'étonnant de ne pas savoir qui appeler, on arrête d'aller chez le coiffeur, de faire du sport, de penser que demain sera le premier jour du reste de notre vie. Parce que demain sera comme aujourd'hui, qui est comme hier, et hier, on s'est pris une sacrée claque qui nous a laissés à genoux. La seule façon de demeurer sain d'esprit, c'est de faire une croix sur tout espoir d'amélioration.

    ...

    Regardez leurs yeux, regardez comme ils bougent, comme ils rient. Ils débordent de cet... appétit sexuel que les hommes n'ont pas encore saccagé. Elles nous aiment encore. Elles ont au moins mille baises devant elles avant de se transformer en femmes aigries et cyniques qu'elles finiront toutes par devenir.

    ...

    Quand on vit seul, on a tout le temps de réfléchir. On ne parvient pas forcément à des conclusions, car la sagesse repose avant tout sur l'intelligence et la conscience de soi, et non sur un trop-plein de temps libre dont on ne sait que faire. En revanche, on devient très fort dans l'art de s'empêtrer dans les méandres du désespoir en moitié moins de temps qu'il n'en faudrait à une personne normale.

    ...

    Quand on se sait mourant, le regard opère une mise au point, et tout nous apparaît avec une netteté inédite. Comme si le monde, décrassé et astiqué, se mettait à resplendir, que ses moindres détails, ainsi mis en exergue, collaient à notre flux de conscience et qu'à force d'être sollicité dans toutes les directions à la fois, notre cerveau n'abritait plus qu'un magma d'associations libres.

    ...

    Y a-t-il une réelle différence entre être et ser croire comblé ?

    ...

    Nous sommes tous des clichés, songe Casey. Nous nous conformons tous à des scénarios qui ont été écrits et joués bien avant que nous décrochions le rôle.

    ...

    Il voudrait que sa vie dure éternellement et que ce soit déjà terminé afin de savoir ce qui va se passer ensuite.

    ...

    Elle sait ce qu'est la solitude. Il le voit, comme seul le peut quelqu'un qui l'a connue aussi, à cette imperceptible crispation dans son expression, qui vient de trop de repas et de séances ciné en solitaire, de trop de temps consacré à de vaines introspections, à regretter un passé impossible à défaire. C'est quelqu'un qui est prêt à être aimé, pense-t-il.

  • Coup de foudre à Austenland de Shannon Hale

    coup de foudre à austenland.jpgSortie ce jour en librairie.

    Éditions Charleston - 260 pages

    Présentation de l'éditeur : Jane Hayes est une jeune New Yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret : son obsession secrète pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l’adaptation de la BBC de Pride and Prejudice. Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant : aucun homme n’est à la hauteur de la comparaison. Quand une riche parente lui laisse en héritage un séjour de trois semaines dans un centre chic pour les Austen-addicts, les fantasmes de Jane impliquant une rencontre fortuite avec un héros tiré tout droit de l’époque de la Régence deviennent un peu trop réels. Cette immersion dans cet Austenland réussira-t-elle à débarrasser Jane de son obsession pour lui permettre de rencontrer un vrai Mr Darcy ?

    Traduit de l'anglais par Julia Taylor.

    Ma note :

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    Broché : 17 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Combien sommes-nous à avoir été contaminée par nos lectures, notamment celles de Jane Austen ? Forcément, après de telles histoires, difficile pour ces messieurs de souffrir la comparaison d'avec un Darcy ou encore un colonel Brandon ! Mais de là à parasiter complètement sa vie sentimentale, il y a un pas...

    Jane Hayes, elle, est de ces femmes dont l'idéalisation absolue les empêche de profiter concrètement de leurs histoires de coeur ; contrarie même toute relation tant elles versent dans une analogie pathologique.

    Face à cet état de fait plutôt inquiétant pour l'avenir amoureux de la jeune femme, sa grand-tante Carolyn décide, avant de passer l'arme à gauche, de coucher Jane sur son héritage d'une façon plutôt inattendue : afin de la désintoxiquer, de la débarrasser de son obsession pour le ténébreux Darcy sous les traits du sexy Colin Firth, elle l'envoie en séjour à Austenland.

    Austenland, c'est une maison d'hôtes, un jeu de rôle grandeur nature. Mais qui sont les acteurs et qui sont les invités ? Cette immersion dans l'univers austenien permettra-t-elle à Jane d'être davantage ancrée dans la réalité ? C'est ce que Shannon Hale nous propose de découvrir avec beaucoup de suspens, d'humour et d'émotions.

    Cette comédie romantique dont l'intrigue vise à libérer la protagoniste de ses fantasmes a véritablement chatouillé les miens. Alors concrètement, où se trouve ce fameux Austenland ? Et si ça n'existe pas encore, pour quand est-ce prévu ? Non, parce que là, j'ai une envie urgente, furieuse, de porter de jolies toilettes, de sacrifier au rituel du thé, de jouer au whist et de me lancer dans les préparatifs du prochain bal !

    En somme, une lecture très amusante... mais dangereusement addictive. L'univers de la grande dame des lettres anglaises n'en finit décidément pas d'inspirer de nombreux auteurs, pour notre plus grand plaisir !

    La seule faiblesse de ce texte est sa jaquette. Cette couverture illustrée résolument marquée modernité version chick lit manque cruellement à mon sens d'une forte évocation victorienne. Mais gageons que le bandeau rouge flashy signé Stéphanie Meyer clamant haut et fort "Adorable ! Le meilleur hommage à Jane Austen !" saura pallier cette légère défaillance. La célèbre auteur de Twilight s'est d'ailleurs lancée dans la production cinématographique de ce livre, qui devrait sortir fin 2013, courant 2014 sur les écrans. Avis aux adeptes des adaptations.

    La vraie cerise sur le gâteau, du haut de mon impartiale subjectivité, étant la présence dans le rabat de la troisième de couv' de MON commentaire SIGNÉ ! Plus près de toi ma Jane Austen...

    Bref, je ne vous dirai pas si Jane est soignée mais moi, cette lecture m'a rendue complètement malade. JE. VEUX. ALLER. À. AUSTENLAND. Et pas qu'une fois ! Si le concept existait, je ne me contenterais pas de ne vivre qu'Orgueil et préjugés par procuration. À moi toutes les aventures de toutes les héroïnes de Lady Austen, à commencer par Persuasion, Sanditon et Mansfield Park. Mais en attendant ou à défaut, Coup de foudre à Austenland est un délicieux dérivatif qui saura réenchanter un instant toutes les Janéites et convaincre les béotiennes de partir à l'assaut de la version originale, unique et irremplaçable.

    Ils en parlent aussi : Julie, Lady K, Moonshine, Pandora.

    Vous aimerez sûrement :

    Sanditon de Jane Austen et tous ses romans.

    Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

    Les filles de Mr Darcy d'Elizabeth Aston

    La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

    Extraits :

    À Colin Firth,

    Vous êtes un type génial, mais je suis mariée,

    Je pense que nous devrions seulement être amis.

    ...

    À trente ans passés, une femme était bien trop vieille pour perdre son temps à rêver d'un personnage de fiction ayant vécu deux cents ans plus tôt au point de laisser ses fantasmes prendre le pas sur sa vie réelle et amoureuse.

    ...

    Quelques années auparavant, elle avait tenté de commencer une psychothérapie et, même si elle avait ensuite décidé que ce n'était pas fait pour elle, elle en était arrivée à une conclusion : dès son plus jeune âge, elle avait appris à aimer grâce à Jane Austen. Malgré son immaturité, elle avait compris que, dans le monde d'Austen, un simple flirt n'existait pas. Chaque histoire d'amour devait mener au mariage, chaque flirt n'était qu'un moyen pour trouver un partenaire avec qui passer le reste de sa vie. Donc, pour Jane, chaque fois qu'une histoire se terminait et qu'il restait un petit espoir - même infime -, c'était aussi douloureux qu'un divorce. Un peu extrême, non ?

    ...

    Vous êtes une jeune femme célibataire et ne devrez donc jamais être seule avec un homme sans chaperon, sauf à l'extérieur tant que vous êtes en mouvement, à cheval, à pied ou en calèche. Pas de contact physique à l'exception des obligations liées aux bonnes manières, comme par exemple prendre la main d'un homme lorsqu'il vous aide à descendre d'une calèche ou son bras lorsqu'il vous accompagne à la salle à manger pour le diner. Vous ne parlerez de rien de personnel ou d'intime. J'ai cru comprendre, par mes conversations avec d'anciennes clientes, que, lorsqu'une romance naît dans ce cadre très restrictif, elle n'en est que plus passionnée.

    ...

    Les ruptures avaient effacé tous les bons moments. Dans sa mémoire, les rires disparaissaient, les personnalités de ses divers petits amis se fondaient les unes dans les autres, les vacances et week-ends se brouillaient et lui semblaient avoir duré deux minutes. Toute la relation se condensait et se reformait dans son esprit pour ne plus comporter que la fin.

    ...

    Plus elle trouvait d'anachronismes, plus il lui était difficile de prétendre que toute cette histoire n'était autre chose que la réalisation d'un fantasme pour célibataire pathétique.

    ...

    Si Jane avait été le genre de personne à chercher des signes dans ce qui l'entourait, elle aurait dit que la pièce semblait trembler d'anticipation, comme si quelque chose d'important se préparait. Mais elle n'était pas comme ça.

    ...

    - Alors, vous êtes capable de deviner la valeur, le mérite et la noblesse d'une personne d'un simple regard ? demanda Jane qui avait de plus en plus de mal à garder son calme.

    - Vous non ? répondit-il avec une lueur de défi dans le regard. Pouvez-vous vraiment m'affirmer que, dès les premiers instants où vous avez rencontré chaque personne présente dans cette pièce, vous n'avez pas formé de jugement sur leur caractère que jusqu'à présent vous n'avez pas remis en doute ?

    Elle eut un petit sourire.

    - Vous avez raison, monsieur. Cependant, j'espère bien que, dans un cas du moins, ma première impression s'avèrera erronée.

    ...

    Ces derniers temps, j'ai l'impression de ne plus savoir qui je suis et je pensais qu'en venant ici j'arriverais peut-être à me retrouver.

    ...

    Quelqu'un à embrasser et qui lui donnait l'impression d'être belle et sexy. Quelqu'un qui n'insistait pas pour qu'elle lui donne plus que ce qu'elle était prête à donner, qui lui permettait de vivre des moments de perfection, qui lui donnait envie de sourire au lieu de sans cesse se projeter dans un futur qui n'arriverait jamais.

    ...

    Après toutes les heures qu'elle avait passées à rêver de vivre au temps de Jane Austen, voilà qu'elle y était et qu'elle ne rêvait que de normalité. Quelle ironie !

    ...

    Les fantasmes sont l'opium des femmes.

  • Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi

    À paraître le 19 avril 2013.ferrailleurs des mers.jpg

    Éditions Au Diable Vauvert - 394 pages

    Présentation de l'éditeur : Fin du XXIe siècle, ère post-pétrole, les États-Unis sombrent dans le tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferailleur, dépouille avec d'autres adolescents les carcasses de vieux pétroliers pour récupérer des métaux qu'ils revendent pour survivre. Mais un jour, il découvre un voilier naufragé ultramoderne qui renferme des richesses phénoménales et une belle jeune fille en très mauvaise posture. Nailer va-t-il la sacrifier pour partager le trésor avec les siens, ou la sauver et vivre les aventures maritimes dont il rêve depuis toujours ? Finaliste du National Book Award, Prix Locus du premier roman jeunesses, best-seller aux USA, un phénoménal roman d'aventures pirates !

    Traduit de l'américain par Sara Doke.

    Ma note :

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    Broché : 18 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Au Diable Vauvert pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Décidément, je suis en pleine découverte des maîtres de la SF. Après avoir fait connaissance avec l'un des écrivains français phares du genre - Ayerdhal - par le biais du jubilatoire thriller Rainbow Warriors, j'ai découvert l'auteur de la science fiction américaine qui s'est imposé comme la star de cette branche de la littérature en deux ans.

    Pour son tout premier livre La fille automate, composé sur fond d'anticipation géopolitique des plus réalistes façon William Gibson, Paolo Bacigalupi a été récompensé par une avalanche de prix comme il n'y en avait plus eu depuis 2011, L'Odyssée de l'espace. Prix Hugo du meilleur roman, Nébula, Locus et Campbell 2010 - les plus hautes distinctions de la SF américaine -, Prix Planète-SF des blogueurs 2012 et Prix Bob Morane 2013 dans la catégorie Traductions, il est également sélectionné pour le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Une autre Terre remis aux Imaginales d'Épinal.

    Avec Ferrailleurs des mers, l'auteur que l'on qualifie de "révélation de la SF américaine des dix dernières années" ne démérite pas puisqu'il a déjà vendu plus de 100 000 exemplaires aux USA, reçu les Prix Michael Printz jeunes adultes et Locus du premier roman jeune adulte 2011 et s'est classé finaliste de la plus prestigieuse distinction littéraire outre-atlantique : le National Book Award.

    Ce second livre, premier tome d'un dyptique dont le second tome Les cités englouties est annoncé en France pour novembre 2013, est captivant. Repertorié dans la catégorie Young Adult ô combien porteuse depuis quelques années, il est à même de passionner les lecteurs de tous âges, à l'image des sagas Harry Potter, Twilight ou encore Hunger Games pour n'en citer que quelques-unes.

    Tout à la fois roman d'aventure, d'anticipation et d'initiation, Ferrailleurs des mers se déroule sur un continent états-unien bien loin de la puissance alimentant les chimères d'aujourd'hui. Ce monde à l'atmosphère aussi excitante qu'inquiétante est une vision sombre, potentiellement réaliste, pour ne pas dire lucide, de l'avenir de l'humanité.

    Aux côtés de Nailer, héros courageux et futé, le lecteur plonge au coeur de ce nouvel ordre établi où règnent piraterie, misère et violences en tous genres. Dans cet univers original, les événements s'enchaînent et de multiples dangers rôdent. Nailer, aidé de ses amies et de créatures mutantes vont devoir trouver comment rebondir.

    Au gré de ces circonstances extra-ordinaires, les jeunes lecteurs pourront s'associer à la construction émotionnelle du protagoniste adolescent amené à répondre à des questions existentielles contemporaines sur des sujets aussi variés que la violence, la séparation, l'abandon, la trahison, la survie, l'amour, l'amitié, l'ambition et bien d'autres encore.

    Bacigalupi réussit ici à bâtir un récit addictif, à créer un monde étonnant et une action saisissante qui "contraint" à un rythme de lecture soutenu tant il est indispensable de connaître la fin. Un moment d'évasion haletant pour jeunes et grands.

    Possibilités de rencontrer l'auteur les 17, 22, 23 et 24 mai à Paris, du 18 au 20 mai à Saint-Malo au Festival Étonnants Voyageurs et le 21 mai à Montpellier pour une dédicace à la librairie Sauramps. Il sera l'invité de François Angelier sur France Culture le 18 mai.

    Ils en parlent aussi : Laure.

    Vous aimerez sûrement :

    Lunerr de Frédéric Faragorn

    Julian de Robert Charles Wilson

    Hunger Games de Suzanne Collins

    Seuls de Gazotti et Vehlmann

    Enfants de la paranoïa de Trevor Shane

    Peste de Chuck Palahniuk

    Enig marcheur de Russel Hoban

    Y : le dernier homme de Brian-K. Vaughan et Pia Guerra

    Extraits :

    Les équipes de lourds découpaient des panneaux d'acier avec des chalumeaux à l'acétylène et les balançaient par-dessus bord. Les panneaux tombaient comme des feuilles de palmier et s'écrasaient sur le sable de la plage, où d'autres équipes attendaient pour les traîner au-delà de la limite qu'atteindrait la marée haute. Des équipes de légers comme celle de Nailer récupéraient la bigaille, les petites pièces comme le cuivre, le bronze, le nickel, l'aluminium et l'acier inoxydable. D'autres chassaient les poches de pétrole et les cuves à écoper. C'était une vraie fourmilière grouillante d'activités dévolues à la transformation de l'ossature du bâtiment échoué en quelque chose d'utilisable dans le monde nouveau.

    ...

    C'était comme si le Dieu Ferrailleur était descendu parmi les vaisseaux, tailladant et hachant, découpant en morceaux les énormes structures d'acier, avant de laisser leurs cadavres s'étaler derrière lui. Et, où que reposent ces immenses tankers, des gangs de ferrailleurs comme celui de Nailer grouillaient comme des mouches. Arranchant la viande de métal et ses ossements. Traînant la chair du vieux monde le long de la plage pour rejoindre les centres de pesage et les hauts fourneaux  de recyclage qui brûlaient 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour le profit de Lawson & Carlson, l'entreprise qui transformait la sueur et le sang des ferrailleurs en argent liquide.

    ...

    Bapi possédait un poste représentant un clipper de chez Liberskind, Brown & Mohanraj. Il était attaché à son calendrier et montrait un vaisseau dont les paravoiles de haute altitude étaient entièrement déployées - des voiles qui, selon Bapi, pouvaient atteindre les jet-streams et tirer un clipper au-dessus d'une mer d'huile à plus de cinquante-cinq noeuds, survolant les vagues sur ses hydrofoils, déchirant la houle et l'eau vers l'Afrique et l'Inde, vers les Européens et le Nippon.

  • La femme du tigre de Téa Obreht

    Éditions Calmann-Lévy / Livre de poche - 427 pagesla femme du tigre.jpg

    Présentation de l'éditeur : Dans un pays des Balkans qui se remet d'un siècle de guerres, Natalia est chargée de vacciner les pensionnaires d'un orphelinat. Autour d'elle, tout n'est que superstitions. Les épidémies seraient des malédictions, les morts, des forces vives. Natalia rattache ces croyances absurdes aux contes que lui a transmis son grand-père. Mais l'histoire la plus extraordinaire, celle de la femme du tigre, il l'a emportée dans la tombe. En confrontant présent, souvenirs et légendes, Natalia comprendra les errements des générations passées, et les travers de la sienne.

    Traduit de l'anglais par Marie Boudewyn.

    Ma note :

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    Broché : 20,80 euros

    Poche : 7,10 euros

    Un grand merci aux Éditions du Livre de poche pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Abandon en page 191. N'ayant jusqu'alors jamais été déçue par la sélection Prix des lecteurs du Livre de poche donc ce titre fait partie pour le cru 2013, j'ai repoussé au maximum mes limites de lecture pour rentrer dans le premier roman de cette jeune auteur serbo-américaine.

    Téa Obreht a beau être la plus jeune lauréate de l'Orange Prize 2011, avoir reçu le Prix Pages des Libraires 2011, figurer sur la liste du New Yorker des "vingt auteurs de moins de quarante ans à suivre" et les critiques d'ici ou là ont beau être plus élogieuses les unes que les autres, las ! Impossible pour moi d'être absorbée par ce récit.

    D'aucuns le qualifient d'émouvant, de drôle, de magique... D'autres saluent l'adresse narrative de l'auteur, son souffle, sa profondeur... De ce texte mêlant passé et présent, faits historiques et légendes traditionnelles, je n'ai pas réussi à détecter l'ambition de l'auteur de redonner une unité à une région décomposée et divisée par les conflits. J'ai trouvé l'ensemble assez décousu, sans véritable fil conducteur si ce n'est excitant du moins donnant un minimum envie de tourner la page. Bref, je me suis ennuyée. Si Téa Obreht possède de réelles dispositions d'écriture, elle manque à mon humble avis d'un certain sens de l'intrigue.

    Peut-être ce livre n'est-il pas arrivé au bon moment dans mon chemin de lectrice ? Peut-être lui redonnerai-je une chance ? Peut-être n'est-il tout simplement pas à mon goût...

    Ils en parlent aussi : Kathel, Yspaddaden, Lady K.

    Extrait :

    "Tu ne trouves pas ça magique ? Tout le monde dort sauf nous."

  • La maison d'hôtes de Debbie Macomber

    la maison d'hôtes.jpgÀ paraître le 15 mars 2013.

    Éditions Charleston - 350 pages

    Présentation de l'éditeur : Après la mort tragique de son mari, Jo-Marie décide de changer de vie et reprend une maison d'hôtes dans la petite ville de Cedar Cove : la Villa Rose. Sa première cliente, Abby, a survécu à un accident de voiture, dans lequel sa meilleure amie a trouvé la mort. Elle n'a jamais eu le coeur à retourner dans la ville où elle est née, jusqu'à ce jour, dix ans après l'accident. Josh, le second client, doit prendre en charge son beau-père, un vieil homme à présent, avec qui il ne s'est jamais entendu. Derrière les portes de la jolie maison d'hôtes, ces personnages inoubliables trouveront l'amour, le pardon et la possibilité d'un nouveau départ. Un roman chaleureux et touchant sur les destinées humaines, à lire bien douillettement sous sa couette, avec des personnages que l'on rêverait d'avoir comme amis, dans une ville où l'on aimerait vivre, et une intrigue délicieusement captivante.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Florence Bertrand.

    Ma note :

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    Broché : 19,90 euros

    Ebook : 12,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

    Une maison d'hôtes. Un concept qui a le vent en poupe depuis quelques années. Mais la Villa Rose n'est pas un simple bed & breakfast comme tant d'autres. C'est un lieu magique où les cœurs brisés, les âmes en peine parviennent, grâce à l'étrange alchimie du lieu, à se reconstruire, à rebondir après que la vie les a jetés à terre. Mieux encore, ce havre de paix se situe dans une bourgade idyllique dans laquelle on aimerait vivre tant ses habitants sont accueillants, prévenants, amicaux et plus si affinités... Tout est orchestré pour que l'on se sente bien à Cedar Cove en général, à la Villa Rose en particulier.

    Sans tomber dans un absurde et peu crédible déni des difficultés intrinsèques à l'existence, l'histoire prouve qu'il ne faut jamais abandonner la partie, que l'espoir ne doit jamais s'éteindre car même si les blessures sont inévitables, tout finit toujours par s'arranger et les inexorables fins ne sont que préambules à d'autres commencements.

    Davantage encore qu'un écrin de sérénité emplie d'une atmosphère chaleureuse, le roman de Debbie Macomber est une leçon d'optimisme. En ces temps moroses - que l'on parle du contexte général ou simplement de météo -, ce n'est vraiment pas un luxe ; j'irais même jusqu'à dire que c'est une indispensable médication qui mériterait d'être remboursée par la Sécurité sociale. De la littéra-peuthique, en somme ! Bref, un concentré de bonnes ondes à ne pas manquer.

    Alors d'accord, c'est assez convenu, l'on sait exactement - ou presque - où l'on va... Mais à l'ère de l'incertitude angoissante globalisée, qui oserait dire qu'il n'a pas besoin d'une petite dose de tranquillité, de sécurité, de convictions ? Et c'est exactement ce que fait La maison d'hôtes : ce roman console, apaise. L'on sort complètement rasséréné de ce roman choral touchant. Ce ne sont pas de simples personnages attachants que l'on quitte en refermant ce livre, ce sont de véritables amis, une famille.

    Le maître mot de cette histoire étant l'optimiste, nul adieu en perspective mais un simple au revoir puisque La maison d'hôtes n'est que le premier volet de six tomes constitutifs de la saga Retour à Cedar Cove... Il y a fort à parier que les prochains épisodes de cette romance seront aussi parfaitement maîtrisés par celle qui compte comme l'une des reines incontestées du roman féminin.

    L'interview de Debbie Macomber par les Lectrices Charleston.

    Ils en parlent aussi : Pauline, Artémis, Callixta, Fangtasia, Mle Alice.

    Vous aimerez sûrement :

    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

    Les roses de Somerset de Leila Meacham

    Rien ne va plus, La poursuite du bonheur & L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extrait :

    L'adolescente insouciante d'autrefois est morte (...). Sa vie entière a changé après l'accident - et même sa personnalité. Avant, elle était sociable, amicale, elle aimait s'amuser. Elle est devenue réservée, sombre, silencieuse.