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rentrée littéraire - Page 3

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, cinquième sélection

    Si je me fie aux mots clés que vous utilisez pour arriver sur le blog, vous êtes nombreux à vous intéresser aux premiers romans de la rentrée littéraire 2013. Un intérêt - voire une passion - partagé qui me plaît autant qu'elle doit, ne serait-ce qu'un peu, rassurer ces nouvelles plumes fébriles qui s'apprêtent à sauter dans leur premier grand bain littéraire.

    Après plusieurs sélections (première, deuxième, troisième & quatrième), voici un nouvel aperçu des premiers romans français ou étrangers à paraître très prochainement. De nombreux échantillons en guise d'avant-goût de ce qui se trame dans la sphère littéraire et qui ne seront pas encore les derniers... C'est dire si la rubrique Premier Roman a plus que de quoi sustenter les plus curieux des lecteurs qui pourront peut-être se targuer, d'ici quelques années, d'avoir compté parmi les découvreurs de tel ou tel talent. Parce que c'est ce que l'on souhaite à chacun de ces nouveaux écrivains : qu'ils rencontrent leur public.

     Aux Éditions Gallimard :

    Arden de Frédéric Verger, à paraître le 22 août : L’histoire se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale en Marsovie, riche principauté d’Europe centrale. Alexandre de Rocoule, gérant du luxueux hôtel d’Arden, homme à femmes dont la gaieté a quelque chose de féroce, et Salomon Lengyel, veuf sérieux et solitaire, sont liés par une passion commune : l’opérette. Depuis 1917, ils ont écrit ensemble une quantité impressionnante de pièces en trois actes, inachevées car ils ne sont jamais d’accord sur la scène finale. Pendant qu’ils travaillent sans relâche, la bête nazie rôde autour de la Marsovie sur laquelle elle ne va pas tarder à poser la patte. Les persécutions de Juifs commencent. Le danger devient pressant pour Salomon et pour sa fille Esther, revenue auprès de son père et dont Alex tombe amoureux. Et si la composition d’une dernière opérette était le seul moyen de leur sauver la vie ? Il est rare de voir aussi harmonieusement mêlés dans un premier roman l’intelligence, l’humour et la sensualité. Les scènes se déploient dans une profusion d’images éblouissantes, de détails comiques ou touchants, tandis que les rebondissements ne manquent pas dans le livret sanglant qui se joue en 1944 en Europe centrale.

    La dernière lettre de Rimbaud de Frank Charpentier à paraître le 10 octobre : De quoi est-il question au fond, quand on parle de Rimbaud ou quand on le lit, si c’est encore vraiment le cas ? Rimbaud a écrit, Rimbaud n’a plus écrit. Mythe et légende douloureuse d’un génie poétique précoce et fulgurant, à la Mozart ; et puis le désert, le commerce, les trafics, – et la fin tragique, l’amputation, la mort. Tout a été dit là-dessus, « littéralement et dans tous les sens ». Imagerie diverse ou adoration plus ou moins aveugle d’une « belle gloire d’artiste et de conteur emportée », et finalement, presque toujours, célébration oblige, indifférence à l’essentiel : affaire classée. Exit. Et si c’était un contresens complet ? Et s’il n’avait pas cessé… pas cessé d’écrire sa vie, d’un bout à l’autre, tout au long d’un parcours proprement géographique, et de la signer, de surcroît, secrètement, par son nom, ou plutôt par ses initiales, A.R., en se plaçant, consciemment ou non, sous ce signe constant ? Quel signe, d’ailleurs ? Celui de Noé ? Celui de Jonas ? D’un autre encore ? Se serait-il délibérément, retour de plus en plus initial, mis « à penser sur la première lettre de l’alphabet », et lequel ? Le narrateur s’en souviendra – et ça le mènera à une découverte bel et bien inouïe.

    Aux Éditions Buchet/Chastel :

    Partition silencieuse d'Ea Sola, à paraître le 29 août : Une atmosphère mystérieuse imprègne ce récit qui retrace le destin d’une famille respectée de Saigon, déchirée par une guerre fratricide. Avec un fulgurant et tendre amour l’auteur fait vivre chaque personnage et les terres du Vietnam, meurtries par la guerre.

    Aux Éditions Stéphane Million :

    Ragondin d'Olivier Darrioumerle, à paraître le 3 octobre : Un roman dont l'action se déroule à Naples et dont le héros principal est Pantecana (fils de pute en napolitain) resté orphelin. La maquerelle Maria Santa, qui a entendu la Vierge lui demander de recueillir l'orphelin, voit s'accomplir un miracle. Le lendemain de cette action, Maria Santa voit sa prière de devenir patronne d'une pâtisserie exaucée.

    Aux Éditions Don Quichotte :

    Spiridons de Camille von Rosenschild, à paraître le 3 octobre :  Un premier roman qui se caractérise par un mélange d’humour et de macabre, et par des aventures inquiétantes et cocasses mettant en scène des êtres hors-normes – les spiridons – âmes défuntes aux allures de vivants. Un jeune auteur nourri à l’œuvre de Tim Burton. À dix-huit ans, sans famille, ni diplôme, ni argent, Victor part à Moscou sur un coup de tête. Le jeune homme s’y voit déjà mener une vie de bohème. Hélas, à peine arrivé dans une ville où la violence du climat est l’égale de celle des hommes, il échappe de justesse aux mains meurtrières d’une petite brute mafieuse. Son salut lui vient d’Olga, vieille Tzigane qui l’arrache à la misère en lui proposant de l’héberger. Mais rien n’est gratuit : tandis qu’une vague de disparitions inquiétantes frappe la ville enneigée et que le commun des mortels hésite à arpenter les rues, Victor doit s’acquitter, à l’abri d’un minuscule bureau, d’une tâche mystérieuse. Et quand son hôtesse meurt, elle lui laisse sur les bras son encombrant cadavre, ainsi que cinq prisonniers aux étranges manières... Ils s’appellent Ferdinand, Soledad, Piotr, Anatoli Gueorguevitch et Viviane. Ils ont le teint blafard des agonisants. Écoutez-les : ils ne respirent pas... Touchez leur peau : elle est inconsistante. Demandez-leur de vous suivre : ils seront incapables de s’orienter dans l’espace. Mais parlez-leur de la mort : ils vous en raconteront les moindres détails. Eux, ce sont les spiridons. Qui donc les a rappelés parmi les vivants ? Et pour accomplir quoi ? Quel est ce moine qui rôde autour d’eux et dont la simple évocation les plonge dans la terreur ? Forcé de faire confiance à ces âmes défuntes dont il ignore tout, guidé par leur escorte aussi attachante que tragique, Victor devra fuir jusque dans les Carpates, échapper à une horde de meurtriers en soutane, et découvrir, au cours d’une épopée fantastique, les terribles secrets du monde tzigane.

    Aux Éditions LC :

    Des enfants de Laurent Audret, à paraître le 3 octobre : Des enfants est un texte qui perturbe, ce genre de texte qu’on lit une fois, que l’on repose, que l’on n’oublie pas. Et puis, il y a cette envie irrésistible de le reprendre, alors, on le reprend, on le relit, on avale chaque page, chaque mot est pesé, ressenti, chaque évocation devient image, on voit, on sent, on vit. Et on a peur. Parce qu’il est hors du commun. Laurent Audret nous livre une poésie noire effroyablement enivrante. Une expérience littéraire comme il en existe peu. Un conte barbare.

    Aux Éditions Intervalles :

    Les heures pâles de Gabriel Robinson, à paraître le 23 septembre : Pendant presque 20 ans, un flic exemplaire mène une double vie avec une autre femme et un autre enfant, à quelques kilomètres de chez lui. Quand le scandale éclate, son fils, journaliste, mène l’enquête.

    Le monde selon Cheng de Stéphane Reynaud, à paraître le 22 août : Les tribulations de Cheng, un Chinois ficeleur d'asperges, à travers un monde où tout est devenu low cost.

    Aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux :

    Le livre des sources de Gérard Pfister, à paraître le 12 septembre : 50 ans séparent la mort de maître Eckhart en 1328 et le Grand Schisme d'Occident en 1378. Serge Bermont, un professeur, enquête au début des années 1930, alors que le nazisme progresse en Allemagne. En 1936, il découvre les manuscrits de l'abbaye de Waldkirch. Il est assassiné le 15 septembre 1942 par la Gestapo de Strasbourg. En 1989, sa femme poursuit ses investigations.

    Aux Éditions Bourin :

    Bovary21 de Georges Lewi, à paraître le 29 août : L’enjeu - Qui serait Mlle Bovary en 2013 ? Bovary21 est le pseudonyme d’une jeune femme de 27 ans, la septième en ligne directe d’Emma Bovary, morte au même âge. Blogueuse reconnue, elle s’abîme dans le surendettement et raconte sur sa page la déchéance qui risque de la conduire au suicide. On est au tout début du XXIe siècle. Bovary21 fait du marketing pour une grande marque de soda. Un certain Charles est son boss, Rodolphe un banquier d’affaires qui va valoriser son blog, et Léonie, une féministe qui l’entraîne à New York. Bovary21 poste ses dernières confessions intimes. Ses 78 000 « amis » peuvent-ils la sauver ? La jeune femme est-elle condamnée au même destin que sa lointaine aïeule ? Une critique cinglante du marketing et une peinture de moeurs acide et drolatique au pays enchanté des followers et autres réseaux sociaux.

    Aux Éditions Léo Scheer :

    Septembre ! Septembre ! d'Emmanuelle Maffesoli, à paraître le 11 septembre : Entre impasses affectives et rébellions conformistes, la quête parodique d’un jeune homme pour l’ancrage poétique dans le monde. Pierre vient d’emménager à Paris, engagé comme documentaliste chez Radio France. Il tourne en rond, en proie à des rêves lourds et à une sorte d’inquiétude. C’est alors qu’il fait la connaissance de sa voisine de palier, Rebecca, et de son compagnon, Dan, un thésard chétif et provocateur. Pierre pense trouver là quelque chose qui l’accroche, lui parle. C’est le début d’une amitié et d’une série de rencontres avec autant de chroniqueurs, philosophes, bobos et marginaux. Mais il y a quelque chose de pourri dans ce tableau de la fin d’été au cœur de la ville-lumière. Les illusions se fissurent. Septembre est là, et l’orage gronde. Roman satirique, Septembre ! Septembre ! met en scène des personnages empêtrés dans les énoncés théoriques, les discours universitaires et les monologues de ceux qui font profession de critiques. Ici, tous les prêcheurs de résistance bien-pensants – journalistes, intellectuels et professeurs – en prennent pour leur grade.

    Aux Éditions Perrin :

    Corpus equi de Diane Ducret, à paraître le 29 août : L'histoire douloureuse et vraie du compagnonnage exceptionnel d'une jeune femme et de son cheval. Un récit poignant, un style superbe. « Il est un lieu précis de l'existence où l'ombre et le corps se rejoignent. Ce moment-là il faut le saisir, marcher face au soleil, mettre le pied à l'étrier qui s'offre à vous, triompher de la gravité, galoper sans soucis de gloire ou de fortune, à l'ère mécanique ne pas aller bien vite peut-être, mais libre. » Il est des rencontres dont la chaleur suffit à emplir toute une vie et dont le deuil vous laisse estropié à jamais. On peut vous dire à quinze ans que vous ne remarcherez jamais plus, et se retrouver pourtant à trente debout sur un cheval au galop, dont le corps sacré et vibrant vous guérit de ces années de désespoir. Telle est la vertu de l'alliance millénaire entre l'homme et sa plus noble conquête, où brillèrent Bellérophon et Pégase, Alexandre et Bucéphale, comme d'autres couples mythiques évoqués ici en miroir d'une destinée d'aujourd'hui. Le cheval y est la métaphore du retour à l'enfance, de la douleur éprouvée et surmontée, du refus de la fatalité.

    Aux Éditions Viviane Hamy :

    Itinéraire d'un poète apache de Guillaume Staelens, à paraître le 19 septembre : Le parcours initiatique de Nick Stanley dans l'Amérique de la seconde moitié du XXe siècle. Après avoir quitté un milieu familial étriqué, il se marginalise en rejetant la société de consommation, le militarisme et l'ultra-mondialisme.

    Aux Éditions Le Passeur :

    Le clown et la geisha d'Alexandre Naos, à paraître le 29 août : Un homme, au ban de sa société futuriste et déliquescente, se livre à un autre avant de monter sur scène ; il est clown et va bientôt proposer son spectacle (muet) avec sa compagne. Il raconte son histoire, étonnante, une sorte de descente aux enfers ponctuée d’événements dramatiques ou truculents. Ce récit fait preuve d’une vivacité et d’une acuité qui laissent le lecteur pantois, le menant à la frontière du réel et de la conscience, où tout semble devenir possible. Dans un style acéré très imagé et théâtral, dérision et ironie viennent contrebalancer avec force la profondeur des sujets abordés, lesquels pourraient bien, prochainement, devenir les nôtres… Un monologue sidérant, en forme d’hommage à La Chute d’Albert Camus, et une charge contre la modernité et la décadence, servie par une écriture tranchante.

    Aux Éditions du Murmure :

    Les forteresses de l'oubli de Serge Moncomble, à paraître le 1er octobre : Ce roman décrit, sans pathos, la perte et la perdition de celui qui, enfant d'orphelin, porte en lui l'ignorance de sa propre ascendance. Cet apatride d'une terre identifiée partage avec Genet ces souvenirs communs forgés par les nourrices du Morvan, institution salvatrice et terrible à la fois. Un voyage vers l'altérité, vers la main tendue et jamais reçue.

    Aux Éditions Daphnis et Chloé :

    Un buisson d'Amarante d'Adrien Sarrault, à paraître le 5 septembre : Lorsque Amaury débarque à Paris dans sa classe préparatoire scientifique, il n'a de français que son passeport. Né à Phnom-Penh, il a grandi à Tanger. Cette différence nourrit un syndrome de l'imposteur chez lui qui le poursuivra tout au long de sa carrière. Grandes écoles, MBA, start-up, comités de direction, il trace son chemin dans un système de castes...

    Aux Éditions de la Martinière :

    Clichy de Vincent Jolit, à paraître le 22 août : En 1929, Aimée, secrétaire au dispensaire où exerce le Docteur Louis, est chargée par ce dernier de dactylographier le manuscrit de Voyage au bout de la nuit. Ce roman montre au-delà de la vie d'une femme dans l'entre-deux-guerres, la gestation puis la vie de l'oeuvre jusqu'aux résultats du Goncourt de 1932, et se penche sur le processus de création d'une intrigue.

    Aux Éditions Le Passage :

    Une femme dangereuse de Jérôme Prieur, à paraître le 22 août : Tuer quelqu’un, c’est moins simple qu’on ne croit. Surtout quand cela ne vous est jamais arrivé. Et puis tuer une femme, je ne me serais pas douté que c’était plus difficile à faire qu’à imaginer. Avant de me débarrasser d’elle, il fallait déjà que je la retrouve. Elle avait disparu, elle s’appelait Madeleine. J’avais trois jours devant moi, trois jours et trois nuits pour remonter le temps. Je marcherais sur ses pas, je guetterais son ombre. Je n’aurais qu’à suivre les traces qu’elle avait dû semer. Ne passons-nous pas chacun nos vies à en faire autant ? J’étais prêt à voir ce que ses yeux avaient vu, à sentir son souffle, à toucher son empreinte. Je fouillerais sa vie, je remuerais ses souvenirs, j’aimerais ses amies. Elles me mèneraient jusqu’à elle, j’en étais sûr. J’étais prêt à courir le risque que mon passé m’explose au visage.

    Aux Éditions Michel de Maule :

    Contre-destin de Flora Steine, à paraître le 22 août : La saga d'une famille italienne dans l'Italie du XXe siècle. La destinée des pères, qui ont su tirer profit de la révolution industrielle, contraste avec celle des descendants, riches et oisifs. Seule Gaia, la narratrice, veut inventer le sien.

    Aux Éditions Calmann-Lévy :

    L'entre-temps de René Guitton, à paraître le 21 août : Le petit Alex né dans un camp d'internement perdu au fond du Maroc est devenu un homme. Un homme plus vieux que ne l'a jamais été son père, marin, qui l'a façonné et fasciné. Il lui a appris les bateaux, les avions, la contemplation du rayon vert des couchers de soleil, l'ouverture aux autres, et la loyauté. C'est d'ailleurs par loyauté envers sa mère et son père qu'Alex revient en terre natale : depuis trop longtemps séparés, ses parents doivent être enfin réunis, en France. Et l'enfant devenu adulte se nourrit du souvenir de Rose, sa mère, jeune modiste italienne, sauvage et envoûtante, de ses grands-parents épris de liberté, de Yemna la juive, de Mina la musulmane, de sa tante d'Amérique, de ses cousins d'Afrique... Dans ce roman sensible et fort, écrit avec pudeur et élégance, s'enchevêtrent les alliances perverses de la Seconde Guerre mondiale qui précipitent Rose en captivité. Malgré la tragédie du monde qui s'écroule, le bonheur d'être ensemble l'emporte sur la cruauté. Au fil d'un « tu » timide et délicat à la voix sobre et retenue, le fils s'adresse au père, dans une quête des origines visant à saisir enfin quelques parcelles du mystère de la filiation.

    Aux Éditions Rivages :

    Les voyages de Daniel Ascher de Déborah Lévy-Bertherat, à paraître le 21 août : Une année particulière commence pour Hélène, quand elle s'installe à Paris pour étudier l'archéologie. Elle est logée par son grand-oncle Daniel, un vieux globe-trotter excentrique qu'elle n'apprécie guère. Il est l'auteur, sous le pseudonyme de H.R. Sanders, de La Marque noire, une série de romans d'aventures qu'elle n'a même pas lus. Son ami Guillaume, fanatique de cette série, l'initie à sa passion. Mais pour Hélène le jeu des lectures ouvre un gouffre vertigineux. Elle découvre en Daniel un homme blessé, écartelé entre deux identités et captif d'un amour impossible. Elle exhume de lourds secrets de famille remontant aux heures sombres de l'Occupation. Pendant ce temps, les lecteurs de H.R. Sanders attendent le vingt-quatrième volume de la série, dont les rumeurs prétendent qu'il sera le dernier. En explorant avec finesse les blessures d'une mémoire tentée par le vertige de l'imaginaire, Déborah Lévy-Bertherat rend ici hommage aux sortilèges ambigus de la fiction.

    Aux Éditions Sonatine :

    Liberté sans condition de Seth Morgan, à paraître le 22 août : Joe Baker est un junkie. ll chante dans un bar de strip-tease de San Francisco et vit avec une prostituée, Kitty. Entraîné dans une affaire de vol armé qui tourne mal, Joe se retrouve derrière les barreaux. Loin d'être en sécurité, il est en réalité plus en danger que jamais entre des codétenus cinglés, des gangs impitoyables et des gardiens imprévisibles. Il a mis la main sur un objet convoité...

    Aux Éditions Philippe Picquier :

    Le restaurant de l'amour retrouvé d'Ito Ogawa, à paraître le 6 septembre : Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, quatrième sélection

    Pour poursuivre la mise en lumière des 86 nouvelles plumes qui se jettent dans le grand bain de la rentrée littéraire 2013 consultable en un clin d'oeil aux côtés d'auteurs aguerris, voici, après une première, une deuxième & une troisième sélection, un quatrième aperçu des premiers romans français ou étrangers à paraître dès la mi-août. Deviendront-ils les classiques et autres incontournables des années à venir ou encore seront-ils l'amorce d'une nouvelle vague littéraire ? La seule façon de le savoir est de leur laisser une chance en les lisant, eux qui n'ont pas l'aubaine de bénéficier de plans de com' réservés aux Nothomb, Musso et autres Lévy qui n'en ont pourtant guère besoin...

    Aux Éditions Buchet/Chastel :

    Dans la gueule du loup d'Olivier Bellamy, à paraître le 29 août : En 1936, commence l’une des purges staliniennes les plus sanglantes de l’histoire bolchévique. C’est le moment que choisit Serge Prokofiev pour revenir en URSS et s’y installer avec sa famille. C’est le moment aussi où il écrit et compose Pierre et le loup, son célèbre conte musical pour enfants. Le Mozart russe s’est jeté ’dans la gueule du loup’. Il n’en sortira plus jamais jusqu’à sa mort. Dans ce roman drôle et cruel, l’auteur imagine les circonstances et les conséquences dramatiques de cette décision. A travers le destin d’un homme, c’est l’histoire de la première moitié du XXe siècle que nous revivons. Le Paris brillant et cosmopolite, la guerre, l’implacable machine soviétique. C’est aussi le portrait saisissant d’un compositeur de génie qui traverse les flammes de l’enfer pour tutoyer le divin. Et celui d’une femme libre qui paiera cher le prix de son amour absolu. C’est enfin le chemin de croix que parcourt tout artiste entre le Bien et le Mal.

    Aux Éditions Castor Astral :

    Rome, 1215 : le comte, le pape et le prêcheur de Sonia Pelletier-Gautier, à paraître le 12 septembre : À l'occasion du 4e concile du Latran réuni à Rome en 1215, Dominique de Guzman se rend à Rome pour tenter de convaincre le pape Innocent III de reconnaître l'ordre qu'il vient de créer à Toulouse, et qu'il a l'intention de nommer l'ordre des prêcheurs.

    Aux Éditions L'âge d'homme :

    Le Pyromane de Thomas Kryzaniac, à paraître le 29 août : Le Pyromane est un roman sur l’absence du feu. Dans la capitale européenne, un homme est envahi par des visions apocalyptiques. Il pressent la venue d’un grand incendie et se perçoit comme un intermédiaire entre le monde et les flammes. Partout il voit des signes qui viennent le conforter dans l’idée du drame à venir. Mais le cataclysme si proche se fait attendre ; sans cesse repoussé, il nargue le héros et  ne tarde pas à le plonger dans un profond désespoir. Ce scribe malgré lui voudrait préserver la mémoire de son temps mais coupable par nature, le moindre de ses actes tend vers la catastrophe. Il reste cloîtré chez lui, prisonnier devant sa gazinière. Aidé par son voisin, un peintre obsédé par les saintes catholiques, il va échafauder un plan pour contrer l’incendie et échapper à son emprise. Comme un écho à l’attente de Dieu, le feu s’annonce pour mieux s’esquiver ; on devine sa fureur, mais toujours il se dérobe. Il est le principal moteur de l’intrigue : présent sous chaque phrase, il lui donne son souffle, brûle les contours pour ne laisser que des chairs calcinées. Dans les décombres, on retrouve une succession de chapitres, figés dans la cendre comme peuvent l’être les lointaines momies de Pompéi. Tout se passe autour d’un appartement ; on entend au loin une Europe à l’agonie, sa rumeur alimente le trouble du héros. Et le précipite vers sa perte. Oscillant entre la malédiction et la farce, le roman se développe dans un état intermédiaire ; un purgatoire alsacien qui précéderait l’effondrement général.

    La lune assassinée de Damien Murith, à paraître le 12 septembre : « Le village, comme une teigne, avec ses maisons basses que mangent les vents, avec ses granges vides où l’on se pend, avec ses bêtes maigres, avec l’odeur du moisi qui rampe le long des ruelles, avec son auberge où l’on boit sa rage, sa haine, avec son clocher qui griffe la croûte grasse du ciel, et son cimetière, rectangle jaune et gris où reposent les os, avec ses chemins de poussière, ses sentiers de misère où poussent la ronce et l’ortie, et plus loin, l’usine, de briques, de fer, de sueur, avec la peur de l’autre, l’étranger à qui l’on entrouvre la porte, une lame cachée dans le dos, et le diable qui rôde, la nuit, sur les toits, et les chapelets qui s’égrènent, au coin des poêles, on prie la Sainte Vierge car dehors, les ombres guettent, avec ses gens, usés, râpés, cassés, la figure creuse, la douleur muette, traînant derrière eux un siècle d’âmes vaines, et encore plus loin, tout autour, la plaine, à l’infini, comme les restes d’une promesse. » Une histoire simple, violente et inactuelle, qui déploie ses sortilèges aussi sûrement qu’un poison se répand, en une succession de miniatures acérées, dans un climat hanté par la nuit et la sensualité. Nous sommes ici en présence d’une première œuvre remarquable.

    Aux Éditions Alma :

    Tartes aux pommes et fin du monde de Guillaume Siaudeau, à paraître le 14 août : Dans une ville de province aux faux airs de Far West un garçon tendre et curieux découvre qu’il n’est pas le seul à se sentir isolé. Un garçon et une fille s’éprennent tandis que la caissière cherche laborieusement le code-barres d’une boîte de maquereaux. Il s’attache à un collègue en manutentionnant des palettes de conserves pour animaux. Puis il remercie la propriétaire de son petit appartement pour la tarte aux pommes qu’elle lui apporte. En un mot il apprécie la vie telle qu’elle est. Mais, s’il a bien compris que les chiens ne volent pas – contrairement aux claques – il ignore encore l’usage que l’on peut faire d’un revolver. Avec un sens de l’économie du récit sidérant, Guillaume Siaudeau nous raconte le sourire aux lèvres l’épopée ordinaire d’un doux rêveur qui se lance dans la plus belle des aventures, celle qu’il appelle « le monde et moi ».

    Aux Éditions Anne Carrière :

    Jardinière du Seigneur d'Yves Lériadec, à paraître le 3 octobre : Un jeune étudiant tombe éperdument amoureux d'une jeune fille chargée de la décoration florale d'une église du Quartier Latin. Mais la demoiselle décide de consacrer sa vie à Dieu et le jeune homme part visiter le monde pour essayer d'oublier sa bien-aimée.

    Aux Éditions La Baconnière :

    Cette malédiction qui ne tombe finalement pas si mal (roman brutal et improbable) de Florian Eglin, à paraître le 29 août : Aventures de Solal Aronowicz, jeune factotum dans une école privée en Suisse. Coincé dans une vie qu'il n'aime pas, alcoolique et prétentieux, il va se tirer d'affaire en se détruisant superbement. Ainsi il va perdre un oeil puis un rein, puis son coeur dans des situations rocambolesques, souvent hilarantes.Coincé dans une vie qu’il n’aime pas, alcoolique et prétentieux, il va se tirer d’affaire en se détruisant superbement. Le livre s’ouvre sur une scène des plus étonnantes dans un supermarché huppé un matin de semaine. Il s’y fait harceler par une vieille qu’il a tenté de jeter à terre pour rentrer en premier dans le supermarché; elle finit par mourir à petit feu sous les pales d’une tondeuse. La vieille le maudit et le ton est donné !

    Aux Éditions Arléa :

    Consolation de Nathalie Aumont, à paraître le 29 août : Soit une famille, parents aimants, fratrie de trois, une fille, deux garçons, grands adolescents, presque adultes, prêts pour le beau départ dans la vie. Le bonheur simple, sans histoire. Survient le drame : un des fils, promis à une carrière de pilote de chasse dans l’armée, se tue dans un accident de voiture en rejoignant la maison familiale. Après la sidération des premières heures, la douleur submerge tout. Raconté par le menu, jour après jour, année après année, le deuil, ou plutôt la façon de s’en accommoder, nous est restitué avec pudeur et émotion par la soeur, la narratrice. Chacun réagit comme il peut : la mère, dévastée, le père, muet, le frère et la sœur taraudés par cette question, pourquoi lui et pas nous ? Face à la révolte et à l’impuissance de ceux qui restent, la narratrice oppose un récit tremblant, mais qui, peu à peu, s’apaise et va vers la consolation. Le temps, implacable, fait son travail et rend la douleur moins vive, sans l’effacer, bien sûr, peut-on jamais se remettre de la mort d’un enfant, d’un frère ? Le temps passe et œuvre à cette vie qui, vaille que vaille, continue, avec la naissance des petits-enfants, pour lesquels le disparu devient un nom, une photo, quelques mots.

    Aux Éditions des Busclats :

    Retour à Patmos de Patricia Emsens, à paraître le 22 août : Jean est mort et Marie, sa femme, se rend pour la première fois sans lui à Patmos. Patmos, c’était la maison de Jean, son enfance, ses amis, que Marie va retrouver non sans une certaine crainte. Dès l’arrivée sur l’île, les souvenirs l’assaillent : sa rencontre avec Jean, leur vie, la maladie, sa passion folle pour Pierre, metteur en scène et amant insaisissable avec lequel elle a partagé travail et amour avant que Jean n’entre dans sa vie puis à nouveau, plus tard. Et alors qu’elle avance, incertaine dans cette revisitation du passé, Pierre arrive, rejoignant à Patmos son frère et ses neveux en vacances. Comme dans une tragédie antique, le destin brouille les cartes, et l’île est un théâtre où se joue la dernière scène d’une histoire qui attendait sa fin.

    Aux Éditions du Cherche Midi :

    Va où la peur te mène d'Andrée Ammirati, à paraître le 22 août : En Italie, au début du XXe siècle, Gabriele et Adriano fuient la misère et le fascisme. Ils quittent leur village, où les chemises noires font régner la terreur, pour Plascassier, dans le sud de la France. Là, ils espèrent retrouver la tranquillité. Mais ils ont emmené avec eux leurs secrets, et le passé ne tarde pas à refaire surface.

    Aux Éditions De Borée:

    Le vieux cartable de Roger Cavalié, à paraître le 6 septembre : Dans les années cinquante, un enfant de paysan, Julien, intègre le Cours Complémentaire Jasmin pour préparer le concours d’entrée à l’École Normale d’Instituteurs d’Agen et, faute d’internat au sein du collège, il séjourne chez Joséphine, une pension de famille fréquentée par des personnages hauts en couleurs. L’amour, l’amitié, l’espièglerie mais aussi la déception, le doute et le ressentiment marqueront les cinq années de collège de Julien sans pour autant compromettre sa réussite scolaire.

    La dernière pluie de Catherine Hervouët des Forges, à paraître le 27 septembre : La grande histoire d’amour d’Aline n’était qu’un tissu de mensonges ! Qu’à cela ne tienne, Aline plaque tout : son boulot et la France ; destination l’Afrique pour se ressourcer et enquêter sur la disparition de l’énigmatique Raphaëlle, belle-soeur de son amie Valérie. Elle découvre un continent fascinant à l’atmosphère et aux coutumes singulières où magie et sorcellerie imprègnent le quotidien. De nombreux personnages ont croisé la route de Raphaëlle, parmi eux, le Premier ministre, homme puissant et craint, à la trouble séduction. Aline pourra-t-elle poursuivre sa quête ? Saura-t-elle résister au pouvoir d’envoûtement d’un homme et de son pays ?

    Aux Éditions Daphnis et Chloé :

    Macao men de Jean-Gabriel Guillet, à paraître le 10 octobre : Hercule Tambour et Eliot Sherman ont le poker dans le sang. Joueurs professionnels, ils ont pour eux la jeunesse, l’argent facile, les filles, le pouvoir et le sentiment que le monde leur appartient. Alors quand un joueur un peu fou aborde Hercule dans un casino du sud de la France pour lui parler de la partie du siècle, les deux amis ne se posent pas de question. Quelques semaines plus tard, ils sont à Macao, ville-phare du vice asiatique, où se font et se défont de colossales fortunes. Mais la Chine a ses propres codes et la déchéance y est aussi rapide que le succès. Jusqu’où seront-ils prêts à parier ? Et si toute cette aventure n’était que le fruit d’une manipulation psychologique complexe dont les enjeux vont bien au-delà de quelques billets ? À travers le tableau acide d’une jeunesse aussi brillante que décadente, un voyage surprenant dans les entrailles du jeu et de l’Asie.

    Aux Éditions Chèvre Feuille étoilée :

    Le dernier diabolo de Samira Negrouche, à paraître le ? : Premier roman de Samira Negrouche, il retrace la rencontre de deux femmes, entre deux âges. Elles viennent toutes deux du Sud. Alors que l'une se projette dans l'avenir, l'autre se remémore son passé.

    Aux Éditions Gallimard :

    Upsilon scorpii de Marie Modiano (fille de Patrick), à paraître le 26 septembre

    Aux Éditions Dialogues :

    L'âme chevillée au corps d'Ève Lerner, à paraître le 10 octobre : C’est donc un récit autobiographique, qui tient à dépasser l’introspection pour analyser de façon plus générale le langage et les comportements humains. L’âme chevillée au corps est une ode aux mots et au langage. J’entreprends aujourd’hui, avec un décalage temporel important, de répertorier les expressions familiales qui ont nourri mon enfance, l’ont égayée, ont éveillé en moi cet intérêt, cet amour pour les mots qui m’agite encore. Je le fais sans désir d’analyse, juste pour montrer l’extraordinaire inventivité langagière des classes pauvres, en garder la mémoire, avec la conscience de l’importance d’avoir été pétrie d’images, d’hyperboles, d’antinomies, d’avoir été enrichie, structurée peut-être, par la verve de ce foisonnement de langue en constante ébullition. Cette langue, bourgeonnante, a tissé le roman familial et la trame de l’écriture.

    Aux Éditions Don Quichotte :

    36 heures de la vie d'une femme (parce que 24, c'est pas assez) d'Agnès Bihl, à paraître le 17 octobre : 36 heures… ou les débordements d’une galerie de rencontres imaginaires ou non, tour à tour drôles, émouvantes, inquiétantes, révoltantes. Pleure pas, Casanova. Ils débarquent les mains dans les poches, la cigarette au bec et le sourire aux lèvres. Valmont, Casanova, deux faces de la même plaie, dragueurs impénitents, charmeurs impertinents. Mais même chez ces Don Juan, parfois le cœur a ses prisons que la raison ignore… Bon dieu, mon vieux. Je suis mort par étourderie, mardi soir à 21 h 15. Mes funérailles sont chics, j’ai vraiment de la chance. Ma femme, mes enfants, mon frère, mes amis sont tous au rendez-vous ; je les vois défiler les uns derrière les autres et pleurer ma mémoire… Les cons. Toubib or not toubib ? Quand un psy renommé, mais hélas surmené, se tue au travail pour sauver ses patients, il se peut qu’il devienne un serial docteur. À force de soigner, ça fini par saigner… ce sont les risques du métier. Le baiser de la concierge. Je me souviens de ces gamins que je n’ai jamais rencontrés. François. Myriam. Et Serge. Une adresse ? Rue Bleue. Une date ? 1942. Un Crime ? Être juif. Trois mômes, trois garnements qui jouaient au shérif avec leurs étoiles jaunes, dans la cour d’un immeuble où régnait une dame qui aimait les enfants… La Manif. Mon cher Jésus, j’espère que tu vas bien. Figure-toi qu’avec les Bénévoles du Bienheureux Calvaire des Fœtus Suppliciés, nous allons dès demain, et la main dans la main, porter Ta Sainte Parole et honorer Ton Nom. C’est bien la première fois que je vais manifester, je me sens toute émue. Que de préparatifs… mon dieu. Tu ne te rends pas compte. Tout pour plaire. Cake : nom masculin. 1/Gâteau garni de raisins secs et fruits confits. 2/Garçon dénué d’intelligence, bête à manger du foin. 3/Synonymes : blaireau, patate, andouille, corniaud. Ou quand une brève de comptoir révèle surtout des rêves de cons.

    Aux Éditions des Équateurs :

    Les Mutilés de Marianne Vic, à paraître le 14 août : C est la lecture d une annonce nécrologique qui donne à Lucyle Storm le courage de quitter une vie sans intérêt et d affronter ses racines. Les Mutilés sont ses aïeux qui traversèrent un siècle ensanglanté par les brûlures de l Histoire marqués dans leurs chairs et leurs âmes. C est aussi sa s ur, la préférée, amputée des quatre membres à 20 ans. Lucyle, enfin, enfant privée d amour, adulte mal-aimée qui ne sait pas aimer. Jeune femme de trente ans ensevelie sous la pesanteur familiale et les secrets trop bien gardés. Secrets qu elle va affronter, questionner en convoquant ses fantômes intimes. Ce premier roman porte un regard sans concessions sur ses contemporains qui ne savent plus ni aimer, ni mourir, dont s échappent cependant quelques instants volés de grâce. Au-delà des blessures physiques, l auteur s attarde essentiellement sur les mutilations mentales, celles qui empêchent de vivre et dont on peut se défaire en fouillant les passés, celui de sa propre enfance et celui de ses ancêtres. Purger la mémoire familiale afin d échapper à la fatalité des répétitions. D une écriture sculptée, Marianne Vic nous livre le récit d un combat qui est aussi une prière aux vivants et à la littérature.

    Aux Éditions Le Dilettante :

    L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas, à paraître le 21 août : Un voyage low-cost... dans une armoire Ikea ! Une aventure humaine incroyable aux quatre coins de l'Europe et dans la Libye post-Kadhafiste. Une histoire d'amour plus pétillante que le Coca-Cola, un éclat de rire à chaque page mais aussi le reflet d'une terrible réalité, le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle, sur le chemin des pays libres. Il était une fois Ajatashatru Lavash Patel (à prononcer, selon les aptitudes linguales, «j'arrache ta charrue» ou «achète un chat roux»), un hindou de gris vêtu, aux oreilles forées d'anneaux et considérablement moustachu. Profession : fakir assez escroc, grand gobeur de clous en sucre et lampeur de lames postiches. Ledit hindou débarque un jour à Roissy, direction La Mecque du kit, le Lourdes du mode d'emploi : Ikea, et ce aux fins d'y renouveler sa planche de salut et son gagne-pain en dur : un lit à clous. Taxi arnaqué, porte franchie et commande passée d'un modèle deux cents pointes à visser soi-même, trouvant la succursale à son goût, il s'y installe, s'y lie aux chalands, notamment à une délicieuse Marie Rivière qui lui offre son premier choc cardiaque, et s'y fait enfermer de nuit, nidifiant dans une armoire... expédiée tout de go au Royaume-Uni en camion. Digne véhicule qu'il partage avec une escouade de Soudanais clandestins. Appréhendés en terre d'Albion, nos héros sont mis en garde à vue. Réexpédié en Espagne comme ses compères, Ajatashatru Lavash Patel y percute, en plein aéroport de Barcelone, le taxi floué à qui il échappe à la faveur d'un troisième empaquetage en malle-cabine qui le fait soudain romain... et romancier (l'attente en soute étant longue et poussant à l'écriture). Protégé de l'actrice Sophie Morceaux, il joue une nouvelle fois la fille de l'air, empruntant une montgolfière pour se retrouver dans le golfe d'Aden puis, cargo aidant, à Tripoli. Une odyssée improbable qui s'achèvera festivement en France où Ajatashatru Lavash Patel passera la bague au doigt de Marie dans un climat d'euphorie cosmopolite. Sur le mode rebondissant des périples verniens et des tours de passe-passe houdinesques, voici donc, pour la première fois dans votre ville, L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, un spectacle en Eurovision qui a du battant, du piquant et dont le clou vous ravira. Non, mais.

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, troisième sélection

    Après une première et une deuxième sélection des premiers romans à paraître en cette rentrée littéraire 2013 consultable en un clin d'oeil, voici le troisième volet de présentation des 86 plumes jamais lues qui deviendront, peut-être et c'est bien tout le mal qu'on leur souhaite, les best seller de demain...

    Aux Éditions de la Martinière :

    Pour Invalides, changer à Opéra de Stéphane Ronchewski, à paraître le 22 août : Un contrôleur de la RATP encore en formation qui se réjouit d’avoir des collègues et même un chef d’équipe. Un drôle de type qui a envie de manger des huîtres dès 8 heures du matin et pour qui aucun couloir de métro ne ressemble à un autre. Gras et heureux, nous dit-il aux premières lignes du roman. La bouffe et la baise comme leitmotiv. Rêver à tout ce qui pourrait le remplir enfin. Il y a aussi la peinture, le cinéma, la littérature russe. Les choses se compliquent. Qu’est-il donc venu faire là ? Quelle place cherche-t-il à y valider ? Intermittent du spectacle gagnant sa vie confortablement, c’est Pôle emploi qui lui a suggéré cette formation. Il a saisi cette occasion d’oeuvrer six pieds sous terre dans un costume vert (ce qui est un comble pour un comédien) tout en divisant ses revenus par quatre. "Je m’offrais le luxe inouï de changer de vie. Je changeais absolument de conversation, d’esthétique, de femmes, de costume, de peau. Je m’aérais la tête beaucoup plus sûrement que si j’avais été dans les Alpes. Je changeais de caste, je quittais le monde". Pour Invalides, changer à Opéra est un premier roman plein de sincérité, de générosité et d'humour. La voix de son narrateur allie fantaisie et gravité pour nous dire l’intersection des mondes et la difficulté à trouver sa place.

    Aux Éditions Stock :

    Palladium de Boris Razon, à paraître le 21 août : « Tu sais, je n’arrive pas à comprendre où et quand commençait la réalité, ce sarcophage où je suis enfermé, les résultats médicaux, le rien de ma vie. Et cet autre monde, ces autres mondes où je vivais. J’étais plongé dans des nuits multiples, comme des labyrinthes d’où je devais m’extraire. Je devais trouver la sortie. Je la savais en moi, quelque part. »

    Aux Éditions Belfond :

    Chambre 2 de Julie Bonnie, à paraître le 14 août : La naissance : le plus beau moment de la vie et pourtant... Lorsqu'elle ouvre les chambres de la maternité où elle travaille comme puéricultrice, Béatrice doute de l'existence qu'elle a choisie. Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes. Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d'autres encore, compagnons d'une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale.  Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l'hôpital. Un hommage poignant au corps des femmes, et un regard impitoyable sur ce qu'on lui impose.

     Aux Éditions Fayard :

    Aime la guerre ! de Paulina Dalmayer, à paraître le 2 septembre : En 2010, guidée par Kessel et Bouvier, Hanna s’envole vers l'Afghanistan. Kaboul offre mille sujets : corruption et désert institutionnel, trafic, bavures des armées régulières et coups tordus confiés à des sociétés privées. Mais enquêter implique de côtoyer aussi les aventuriers qu’un autre genre d’ambition attire vers les régions du monde sous tension. Or Hanna aime les hommes aux manches retroussées. Qu’ils aient un revolver dans la poche et dorment sur un matelas rempli de billets ne la dérange pas. À compter de sa rencontre avec Robert, ancien mercenaire, et Bastien, ancien agent de renseignement, le séjour d’Hanna prend une autre tournure. Les deux hommes n’entravent en rien son goût extrême pour la vérité, son plaisir diabolique à relever les contradictions. Au contraire, il suffit d’entrer dans leur sillage pour tout voir, tout comprendre, même à leur insu. Mais près d’eux Hanna découvre que son penchant pour les hommes odieux et formidables cache une fascination pour le mode de vie qu’impose un pays en guerre. Quand les pires moments sont aussi les meilleurs. Quand on a l’impression de danser sur un volcan. Alors ne faudra-t-il pas qu’elle s’en détache ? Que l’intelligence l’emporte sur l’instinct ? Ce qu’ils vivent est homérique. Mais elle est la seule à en avoir pleinement conscience et à pouvoir le raconter. Si la passion pour la guerre ne cesse jamais de troubler la narratrice, au moins lui permet-elle d’en révéler toutes les facettes. La guerre et ceux qui la font, l’orchestrent ou en meurent, la guerre dont Paulina Dalmayer décrit l’énergie archaïque avec le raffinement intellectuel de la Mitteleuropa.

    Lamb de Bonnie Nadzam, à paraître le 4 septembre : Dans la banlieue de Chicago, là où les impasses résidentielles s’achèvent sur le mur qui protège l’autoroute, Tommie, onze ans, des dizaines de taches de rousseur et une mère qui ne la surveille pas, rencontre Lamb, la cinquantaine et qui traverse une mauvaise passe. On ne saurait parler d’amitié entre deux êtres séparés par une telle différence d’âge. D’emblée Lamb endosse le rôle d’une sorte de jeune grand-père, ou de vieil oncle, un peu pontifiant, un peu donneur de leçons. Mais, des leçons, la fillette n’en a sans doute pas reçu assez, et elle écoute Lamb avec plaisir lorsqu’ils se donnent rendez-vous après l’école pour manger un hot-dog. C’est lui qui suggère qu’ils quittent la ville tous les deux. Il a un chalet dans la montagne, loin, au-delà des grandes plaines du Midwest, où ils pourront vivre au grand air. Elle le soupçonne parfois d’affabuler, pourtant un beau jour ils partent bel et bien. Elle n’a rien dit à ses parents mais ce n’est pas grave. Ce sera leur secret à tous les deux. Ils ne devaient passer que quelques jours ensemble, ils resteront au chalet plusieurs semaines. Parfois Tommie doit se cacher dans l’atelier, afin que les rares visiteurs qui troublent leur retraite n’aillent surtout pas se faire des idées. Et, seule, dans le froid, elle tente de se persuader que Lamb, en toutes circonstances, n’agit que pour son bien.

    Aux Éditions du Seuil :

    Le Produit de Kevin Orr, à paraître le 22 août : Le narrateur, âgé d’une trentaine d’années, vit à Paris. Son obsession, c’est le Produit. Il s’efforce de ne pas y songer, mais sans cesse revient en lui la sensation de manque. Il faudrait pouvoir penser à autre chose. Changer d’air. Départ pour New York, chez un couple d’amis qui font office de parents adoptifs depuis l’enfance. Ils sont un peu effrayés de le trouver dans cet état, ils le connaissent pourtant depuis longtemps. Quelques jours à la campagne, au bord de l’Hudson, puis retour à New York, puis Paris de nouveau. Comment se délivrer de ce satané Produit ? Le livre est le journal de bord de cette souffrance créée par le manque, peu à peu compensée par l’écriture. Notamment celle de morceaux romanesques où l’on échappe miraculeusement mais provisoirement à l’obsession du Produit. La littérature prend alors une dimension cathartique, elle seule semble à même de sauver l’auteur, dans une langue nerveuse, irritée, violente, presque syncopée.

    Idiopathie. Un roman d'amour, de narcissisme et de vaches en souffrances, à paraître le 22 août : Idiopathie idjopati n. f. : Maladie ou état qui apparaît spontanément ou dont la cause est inconnue. Qui va mal dans le roman de Sam Byers ? Tout le monde, à commencer par Katherine, qui n’aime rien ni personne, et surtout pas elle-même. La trentaine, coincée dans un job minable, enchainant les déceptions amoureuses, elle se demande s’il n’est pas temps de tirer un trait sur le bonheur en général. Ou bien Daniel, son ex, qui vit confortablement avec sa nouvelle petite amie et occupe un poste important dans une unité de recherche biologique. La vie en rose, peut-être, mais sous la perfection des apparences, quelque chose cloche sérieusement. Ou encore Nathan, qui fut leur ami et qui se remet d’un séjour en hôpital psychiatrique, épisode douloureux dont sa mère s’est emparée sans scrupule pour écrire un témoignage en passe de devenir un best seller. Idiopathie est une comédie cinglante qui dresse le portrait d’une génération – les trentenaires des années 2000 – et d’une société à la dérive. Styliste hors pair et maître dans l’art de l’autodérision, Sam Byers dissèque les failles d’une époque qui se laisse aller à la mélancolie, même si ce n’était guère mieux avant.

    Aux Éditions Buchet/Chastel :

    La fabrique du monde de Sophie Van Der Linden, à paraître le 22 août : Et je me vois là, dans tout ça. Une petite chinoise de dix-sept ans, une paysanne, partie à l'usine parce que son grand frère entrait à l'université. Quantité des plus négligeables, petite abeille laborieuse prise au piège de sa ruche. Enfermée là pour une éternité. Aujourd'hui en Chine. Mei, jeune ouvrière de dix-sept ans vit, dort et travaille dans son usine. Elle rêve aussi. Confrontant un souffle romantique à l'âpre réalité, La Fabrique du monde est une plongée intime dans un esprit qui s'éveille à l'amour, à la vie et s'autorise, non sans dommage, une perception de son individualité.

    Aux Éditions Kero :

    Ta gueule ! On tourne de Jade-Rose Parker, à paraître le 29 août : Un premier roman alerte et drôle qui brosse un portrait hilarant, tendre et gentiment moqueur du monde du cinéma. Michel, Karen et François sont trois amis en constat d'échec. Michel rêve de devenir réalisateur mais son scénario est refusé pour la énième fois. Karen, séduisante jeune femme, enchaîne castings et projets minables tandis qu'elle aspire à une carrière d'actrice hollywoodienne. Quant à François, ses montages financiers frauduleux l'ont mené à la faillite, sa femme l'a quitté, et il s'apprête à se pendre dans son appartement bourgeois dont les meubles ont été saisis. Ces trois-là n'ont plus rien à perdre et c'est forts de ce capital qu'ils s'associent dans une entreprise insensée : kidnapper les six plus grandes stars du cinéma pour les obliger à jouer dans le film de Michel, dont Karen sera la vedette et François, le producteur. Un plan en béton. Mais tout ne se passera pas comme ils l'avaient prévu : entre revendication syndicale, caprice de star, manipulation, séduction et rivalité, le tournage tourne au cauchemar !

    Aux Éditions Calmann-Lévy :

    As-tu jamais rêvé que tu volais ? d'Austin Ratner, à paraître le 21 août : Autriche, 1928. Un jeune homme de vingt-deux ans est injustement accusé du meurtre de son père. Il est la proie d’un système judiciaire gangrené par la corruption et la montée inexorable du nazisme. Albert Einstein et Thomas Mann se portent garants de sa personne. Sigmund Freud est appelé à la barre. La parodie de procès qui s’ensuit va ébranler l’Europe. Bouffée d’espoir et d’onirisme dans un monde hostile et destructeur, ces mots sont ceux qu’adresse depuis sa geôle le jeune Philippe à sa fiancée alors que l’envie de mettre fin à ses jours le taraude. Plongé dans les ténèbres de l’iniquité, de la culpabilité et de la haine de soi, il échappe à la mort grâce à une mobilisation internationale. La vie rejaillit alors plus puissante que jamais, et Philippe s’y accroche, déterminé à s’élancer vers la lumière, cette lumière qu’il emploiera comme d’autres utilisent un pinceau. Il trouvera asile en France, croisera la route de Gide, des surréalistes, avant de s’enfuir pour les États-Unis où l’attend un destin fabuleux – ses collaborations avec Marilyn Monroe, Alfred Hitchcock ou Salvador Dalí sont entrées dans la mémoire collective. De cette force de rebond naîtra l’artiste : Philippe Halsman, photographe de génie, qui mettra son expérience personnelle au service de son art, en faisant sauter les plus grands de son temps. Avec une précision psychologique et une finesse infinies, Austin Ratner nous immerge dans l’enfer personnel de Philippe Halsman. Mêlant la fiction et la littérature aux détails historiques et biographiques, As-tu jamais rêvé que tu volais ? rend un hommage vibrant à l’un des photographes les plus doués au monde.

    Aux Éditions Belles Lettres :

    Manhattan Volcano, fragments d'une ville dévastée de Pierre Demarty, à paraître le 23 août :

    « Le 24 août 79, le Vésuve entre en éruption et ravage Pompéi, faisant plusieurs milliers de morts. Dix-neuf siècles plus tard, un certain mardi matin de septembre 2001, c'est une autre éruption, celle de la violence humaine, qui réduit en poussière une partie de la ville de New York. De ces deux catastrophes que sépare la nuit des temps, dissemblables par nature mais similaires à bien d’autres égards, le souvenir a été conservé par une multitude de témoignages. Dans le cas du Vésuve, aucun sans doute n’est si précis ni éloquent que celui de Pline le Jeune, qui dans deux lettres à l’historien Tacite relate en détail le ciel déchiré par les « immenses langues de feu » du volcan, le « torrent » du brouillard de cendres qui s’abat sur les habitants terrorisés de Pompéi, et la mort exemplaire de son oncle Pline l’Ancien. Reprenant la forme épistolaire choisie par Pline, et se situant tout autant que lui à la frontière ténue du vrai et de la fiction, Manhattan Volcano est un récit du 11 Septembre tel que l’a vécu un jeune Français parti un beau jour à la conquête de New York et qui, sitôt arrivé dans la ville de ses rêves, s’est retrouvé par le plus terrible des hasards confronté à l’inimaginable. Dans quatre lettres adressées à ses proches, datées aussi bien d’avant que d’après le 11 Septembre, depuis le vif de l’événement jusqu’à aujourd’hui même, douze ans après les faits, il tente de raconter l’irracontable – et, ce faisant, interroge la valeur même de la mémoire, sa véracité, sa fidélité, sa nécessité mais aussi ses impasses. Qu’a-t-il vraiment vu, au fond, à New York ce jour-là ? Comment saisir, à l’échelle individuelle, un événement dont l’ampleur dépasse toute dimension humaine ? Pline le Jeune, désirait, en racontant l’éruption du Vésuve, en perpétuer le souvenir, lui donner « en quelque sorte l’assurance de vivre éternellement ». Manhattan Volcano, par-delà les siècles, fait écho à cet irrépressible besoin de mémoire vive face au néant de la destruction : témoignage édifiant de « choses vues », méditation intime et nostalgique, hantée de doutes et d’interrogations, ces lettres composent in fine, plutôt qu’un requiem, un chant d’amour, plein de bruit et de fureur, adressé à la plus volcanique des grandes cités de notre temps, qui à l’image de Pompéi, survit et renaît toujours de ses cendres par la grâce de ceux qui la racontent. »

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, première sélection

    L'été commence à peine que déjà, la rentrée est sur toutes les lèvres. Il n'est évidemment pas question ici de travail mais bel et bien de plaisir. De littérature, évidemment.

    Parmi les 555 romans annoncés dès août - retrouvez les programmes de nombreuses maisons d'édition pour la rentrée littéraire 2013 en un clin d'oeil, recensés progressivement par La lettre du libraire -, 86 seront des premiers romans. Ces premières oeuvres que j'affectionne particulièrement et dont voici un premier aperçu qui sera complété tout au long de l'été. Mon festival du premier roman perso en somme !

    Et si vous donniez une chance aux nouveaux auteurs plutôt qu'aux sempiternelles têtes de gondole lues, relues et pour certaines peu réinventées ? Offrez-vous de l'inattendu, du jamais lu, vous n'êtes jamais à l'abri d'une bonne surprise, à l'image de La couleur des sentiments, La déesse des petites victoires, Le club des incorrigibles optimistes, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ou encore Avant d'aller dormir pour ne citer que certains des plus vendus des premiers romans. Qui sait combien de futurs best sellers se cachent derrière ces nouvelles plumes... ?

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    Aux Éditions Philippe Rey :

    Le bruit de tes pas de Valentina d'Urbano, à paraître le 5 septembre : « La Forteresse », 1974 : une banlieue faite de poussière et de béton, royaume de l’exclusion. C’est là que grandissent Beatrice et Alfredo : elle, issue d’une famille pauvre mais unie, qui tente de se construire une vie digne ; lui, élevé avec ses deux frères par un père alcoolique et brutal. Presque malgré eux, ils deviennent bientôt inséparables au point de s’attirer le surnom de « jumeaux ». Mais ce lien, qui les place au-dessus de leurs camarades, tels des héros antiques, est à la fois leur force et leur faiblesse. Car, parallèlement à la société italienne, touchée par la violence des années de plomb, leur caractère, leur corps et leurs aspirations évoluent. Chez Beatrice, qui rêve de rédemption et d’exil, l’amitié initiale se transforme peu à peu en amour sauvage, exclusif. Chez Alfredo, fragile et influençable, le désespoir s’accentue. Drames familiaux, désoeuvrement, alcool et drogue, tout semble se liguer pour détruire les deux jeunes gens. Et, quand l’héroïne s’insinue dans la vie d’Alfredo, Beatrice, tenace, ne ménage pas ses forces pour le sauver, refusant de comprendre que la partie est perdue. Le bruit de tes pas est le récit de ces quinze années d’amitié et d’amour indéfectibles. Un premier roman âpre d’une sobre poésie, une voix qui perdure longtemps dans l’esprit de son lecteur.

     Aux Éditions Gallimard :

    Comme Baptiste de Patrick Laurent, à paraître le 22 août : Baptiste, jeune informaticien passionné d’Intelligence Artificielle, vient d’apprendre que son père, linguiste renommé, veuf et dépressif, n’est pas son père. En effet, sa mère, morte deux ans plus tôt, a eu recours à une insémination avec donneur. Dès lors, le jeune homme est pris d’un désir frénétique de connaître ce géniteur anonyme, qu’il appelle son Bio. Il se lance dans une quête parsemée d’embûches et de rencontres inattendues. Dans son esprit déferlent la Conscience, le Réel, l’Identité, la Mort, tels les quatre cavaliers de l’Apocalypse... Sur des thèmes très actuels – la perte des repères identitaires liés aux progrès des sciences biologiques, les limites de la paternité et de la filiation… –, Patrick Laurent offre un récit fiévreux, enchaînant les péripéties avec virtuosité sur un arrière-plan métaphysique qui interroge profondément l’imaginaire contemporain.

     Aux Éditions Grasset :

    Immortelles de Laure Adler, à paraître le 2 septembre : Une nuit d’été, la narratrice se réveille, submergée par une vague de souvenirs qu’elle croyait enfoui dans l’oubli. Sous ses yeux défilent alors les vies des trois amies avec qui elle a grandi, trois femmes aux destins poignants, trois parties d’elle aussi, qu’elle rassemble soudain. Il y a Florence, « la collectionneuse » d’hommes, rencontrée à Avignon parmi la foule venue applaudir Vilar et Béjart. Suzanne, l’affranchie avec qui elle part à Barcelone goûter aux plaisirs d’une existence risquée. Il y a Judith, enfin, l’enfant de Buenos Aires, dont le passé remonte jusqu’au ghetto de Varsovie et que le destin a ramenée à Paris. Un hymne à l’amitié féminine.

    Les cent derniers jours de Patrick McGuiness, à paraître le 2 septembre : Un jeune professeur est nommé en Roumanie en remplacement d'un confrère. Nous sommes trois mois avant la chute de Ceausecu, mais cela, il ne le sait pas. Guidé par Leo, un trafiquant au marché noir, il découvre un pays où tout est rare et rationné, de l'électricité à la liberté. Les seules choses qui prospèrent sont l'ennui et les petits arrangements. Tout le monde espionne tout le monde, on ne sait à qui l'on peut faire confiance. Ce roman que Graham Green n'aurait pas renié est celui de la déliquescence des vieilles dictatures qui tombent comme des fruits pourris. Et, au milieu de cette dangereuse morosité, survient l'amour pour une jeune femme qui va tout modifier.

    Georgia de Julen Delmaire, à paraître le 2 septembre : Venance, un jeune Sénégalais, se retrouve travailleur sans papiers dans une France en crise où il n’a pas sa place. Il rencontre, l’espace de quelques nuits, Georgia, une jeune femme toxicomane à la beauté ambigüe. Les deux marginaux se frôlent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur où Georgia va livrer ses secrets, exhumer les trésors dérisoires de son enfance. Georgia parle et, de sa voix jaillissent des paysages : le bocage de sa Normandie natale, le Sud profond, le bayou, les champs de coton infinis. Plus qu’une héroïne, Georgia est une chanson qui passe de bouche en bouche, une paumée sûrement, une sainte peut-être''. Aux côtés des deux protagonistes, une foule de personnages dressent le portrait d’une société où la détresse sociale n’a pas encore tué l’entraide. Veillé par la musique crépusculaire de Joy Division, ce roman est un requiem rock, un oratorio poétique pour tous les corps qui luttent, résistent et finissent par tomber dans l’indifférence d’une époque trop étroite. « La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesman reprend son souffle. La chanson passe de bouche en bouche. L'amour, l'amour nous déchirera à nouveau. »

     Aux Éditions Belfond :

    Le doux parfum du scandale de Annalena McAfee, à paraître le 5 septembre : Deux femmes, deux générations, deux visions du journalisme. Une peinture corrosive du milieu de la presse londonienne portée par un style et une construction remarquables.

     Aux Éditions Buchet/Chastel :

    Sauf les fleurs de Nicolas Clément, à paraître le 22 août : Marthe a douze ans, elle vit à la ferme avec ses parents et son petit frère Léonce. Son père est un homme mutique et violent, mais les bêtes sont là qui réconfortent ; l’amour de la mère et l’enfance de Léonce font tout le bonheur de vivre. Marthe a seize ans, elle rencontre Florent. Les jeux d’enfant ont fait place aux premières amours, à la découverte que les corps et les êtres peuvent aussi être doux. Un jour, Marthe enseignera aux autres la richesse des mots dont le père veut la priver, le bonheur de lire et d’inventer d’autres réalités. Marthe a dix-huit ans, et le drame se produit. Les fleurs sont piétinées, sa vie vole en éclats, mais la catastrophe laisse intact l’amour de son frère et celui des mots : «Aujourd’hui, il me reste peu de mots et peu de souvenirs. J’écris notre histoire pour oublier que nous n’existons plus. »

     Aux Éditions Actes Sud :

    Riviera de Mathilde Janin, à paraître le 21 août : Dans les dernières années d’un XXe siècle frappé par une terrible pandémie qui rend les voyages d’un continent à l’autre périlleux, les amours fiévreuses – à New York, puis à Paris – d’un artiste majeur du rock indépendant et d’une émigrée vénéneuse. Liés par leur amour de la musique, ils consument leur jeunesse au rythme de leurs étreintes passionnées, de leurs excès d’alcool et de drogue. Un premier roman tourmenté, audacieux, dont l’écriture habitée épouse le rythme des palpitations des coeurs et du fracas du monde.

    L'esprit de l'ivresse de Loïc Merle, à paraître le 21 août : La nuit est longue où s’embrase et se soulève “la banlieue”, qui bientôt marchera sur les villes, et renversera le gouvernement dans une Grande Révolte trop vite désenchantée. M. Chalaoui, Clara, le Président : trois destins, trois corps, trois trajectoires individuelles transportent le lecteur dans la chair collective d’une révolution d’après la mort des idéologies. Un premier roman d’une ampleur et d’une ambition rares.

     Aux Éditions Mercure de France :

    Après l'amour d'Agnès Vannouvong, à paraître le 22 août : Lorsque la narratrice se sépare de sa compagne Paola avec qui elle vivait depuis dix ans, sa vie bascule. Collectionnant les amantes, elle part à la recherche effrénée du plaisir et de la jouissance : de Paris à New York, de Rome à Berlin. Pourtant, après l’amour, le manque est inéluctable. Dans cette ronde de la séduction, toutes ces Edwige, Garance, Éva, Delphine et autres conquêtes furtives prolongent l’absence de Paola… La rencontre avec Héloïse amorcerait-elle un tournant ? Mêlant brillamment romantisme et crudité, douceur et violence, Après l’amour est un roman sensuel et sexuel qui explore la fulgurance du désir féminin.

     Aux Éditions du Nil :

    Parce que tu me plais de Fabien Prade, à paraître le 22 août : Quand un vingtenaire désœuvré et sans scrupules tombe amoureux d’une grande belle fille morale. Un premier roman aussi vif que drôle. Théo n’est pas du genre à se faire du souci dans la vie. Il a une vingtaine d’années, sillonne Paris sur son scooter, ne fait presque rien, et ne souhaite qu’une chose : que cela dure. Et voilà qu’un jour, alors qu’il s’empoigne avec une clocharde qui lui demande de l’argent, une jeune fille le reprend sur son comportement. Théo n’en revient pas : d’une part de sa beauté, d’autre part de son culot. Riche, bien élevée, pleine de principes, Diane vient de débouler dans sa vie.

    Le plus beau de tous les pays de Grace McLeen, à paraître le 22 août : Judith et son père appartiennent à une communauté, les Frères, qui vit sous l’autorité de la sainte Bible et se prépare à l’Apocalypse imminente. Souffre-douleur de ses camarades de classe, Judith se réfugie dans sa chambre pour y confectionner un monde miniature qu’elle nomme « Le plus beau de tous les pays ». Un soir, elle fait neiger sur ce petit monde et, le lendemain, découvre par-delà sa fenêtre que la ville est devenue blanche. Un miracle. Et si le Tout-Puissant avait décidé de faire d’elle son instrument ? À travers le regard d’une enfant, Grace McCleen s’interroge sur le bien et le mal, la foi et le doute.

     Aux Éditions Serge Safran :

    Uniques de Dominique Paravel, à paraître le 22 août : Jour de l’Épiphanie, rue Pareille, à Lyon. La vieille Elisa, émigrée italienne, erre entre les rayons du supermarché, Élisée épie sa voisine depuis la fenêtre, Angèle cherche à vendre des forfaits téléphoniques, Violette souffre d’exclusion à l’école, tandis que Jean-Albert procède à des licenciements. Vies fragmentées, parallèles, que rassemble dans son regard d’artiste Susanna, originaire elle aussi de cette rue Pareille qui fait songer à la rue Vilin de Georges Perec. Dans ce premier roman subtil et audacieux, Dominique Paravel met à nu les mécanismes sociaux : discours creux pour justifier les licenciements, robotisation des standardistes, inepties proférées sur l’art contemporain... Uniques se fait satire sociale et révèle la solitude d’êtres brisés par le monde d’aujourd’hui. Une pointe d’humour, quelques échappées oniriques et une sourde révolte apportent aux habitants de la rue Pareille un peu d’espoir, une humanité certaine et peut-être un autre destin.

     

    Aux Éditions Zulma :

    La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson, à paraître le 22 août : « Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage. Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

     Aux Éditions Robert Laffont :

    Absolution de Patrick Flanery, à paraître le 22 août : En Afrique du Sud, de nos jours, Clare Wade, une icône du microcosme littéraire de Cape Town, rencontre Sam, un jeune universitaire chargé d’écrire sa biographie. Tandis qu’elle-même enquête sur la disparition de sa fille Laura, responsable présumée d’attentats à la bombe en 1989, Sam découvre des liens entre la célèbre auteure et l’ancien régime d’apartheid. Mais l’universitaire est lui aussi loin d’avoir tout dit sur sa véritable identité. Entre ambivalence et faux-semblants, ils vont devoir faire tomber les masques pour élucider les drames de leurs existences passées. Quand une célèbre écrivain sud-africaine rencontre un jeune universitaire chargé d'écrire sa biographie... Un duel littéraire fascinant qui tourne au thriller psychologique post-apartheid.

     Aux Éditions Galaade :

    Nuit d'absinthe d'Ayfer Tunç, à paraître le 5 septembre : « Nuit d’absinthe se passe dans les salons feutrés de la bourgeoisie turque, où tout n’est plus qu’apparence. » Une femme d’une quarantaine d’années sonne à la porte de l’un de ses amours de jeunesse et lui demande de l’héberger. Elle qui dans son adolescence a fait sensation en couverture de la presse érotique est restée très belle mais a depuis abandonné sa longue chevelure et s’est rasé la tête. Terrifiée et en état de choc, elle vient de commettre un acte ultime et désespéré. Nuit d’absinthe raconte l’histoire tragique et poignante de la chute et de la rédemption d’une femme broyée par le système. C’est aussi le portrait d’une héroïne à la Madame Bovary qui essaie d’échapper à l’ennui, à son quotidien et à la mort, d’abord avec son grand amour, le superbe Ali, qui finira par la quitter, puis dans un mariage décevant avec un époux médiocre, Osman. Son amertume et son détachement grandissants, et sa haine d’un système qui l’exploite, la conduiront à faire éclater le scandale pour dénoncer hypocrisie et opportunisme, les jeux de pouvoir entre la nouvelle bourgeoisie et les bureaucrates, et le prix à payer pour l’ascension sociale.

    Exil de Jacob Ejersbo, à paraître le 31 octobre : Âgée de quinze ans, Samantha est lycéenne en Tanzanie au début des années 1980. Fille d’immigrés britanniques, elle grandit entre un père ancien agent des forces SAS qui loue désormais ses services aux despotes locaux, et une mère qui s’abîme dans l’ennui et l’alcool. Entre des parents qui prennent peu soin d’elle, Samantha vit une scolarité rebelle et des amours chaotiques. Se dessine peu à peu le portrait d’une jeunesse occidentale en roue libre. Avec Exil, Jakob Ejersbo dresse un tableau sombre du vécu immigrant Nord-Sud en même temps qu’un portrait sans concession de l’Afrique postcoloniale. Dans la lignée de Conrad, il est le peintre du côté obscur de la nature humaine. Son œuvre fait la part belle aux personnages déracinés, exilés, marginalisés, mais toujours porteurs d’un sentiment d’humanité et d’espoir en l’avenir. À travers le destin d’expatriés en Tanzanie, et l’incommunicabilité des êtres qui pousse à la dérive, sa monumentale trilogie sur l’Afrique intercontinentale traite notamment du difficile passage à l’âge adulte.

  • Petit art de la fuite d'Enrico Remmert

    Éditions Philippe Rey - 236 pagesculture,littérature,livre,roman,citation,italie,rentrée littéraire

    Présentation de l'éditeur : Trois trentenaires turinois se retrouvent embarqués dans un voyage improbable du nord au sud de l’Italie : Vittorio, violoncelliste torturé et hypocondriaque ; Francesca, sa fiancée de toujours au bord de la rupture ; Manuela, leur amie loufoque, gogo-danseuse et monitrice d’auto-école à ses heures perdues (ou l’inverse)... Rapidement, avec l’ex de cette dernière aux trousses, le voyage dans la poussive Baronne à doubles commandes devient une course-poursuite, une épopée déjantée et douce-amère où chacun se révèle. Au fil des kilomètres et des rencontres, les liens se nouent et se dénouent, les événements prennent une dimension initiatique, les choix s’expliquent et les masques tombent. Dans ce récit à trois voix, servi par une écriture inventive, Enrico Remmert brosse avec justesse le tableau d’une jeunesse déboussolée mais avide de rêves. Entre humour et gravité, ironie mordante et poésie, il signe un roman réjouissant.

    Ma note :

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    Broché : 18 euros

    Ebook : 12,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Philippe Rey pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Trois jeunes gens paumés prêts à sauter sur le moindre concours de circonstances pour s'évader, c'est le casting de ce road movie ; rien que de très classique jusque-là. Ajouter à leur fuite en avant une course poursuite endiablée, des rencontres insolites et des aventures inattendues, là encore, on ne sort pas des ficelles du genre.

    Alors, à quoi bon lire cette énième épopée rocambolesque et mouvementée plantée dans une Italie certes majestueuse mais, pour enfoncer le clou, déjà maintes fois arpentée ?

    Tout simplement parce que Remmert parvient à transcender une idée de départ somme toute assez banale grâce à une écriture virtuose qui nous conduit hors les sentiers battus du "livre sur la route".

    Plus qu'une virée déjantée, ce périple imprévu - que les protagonistes vont choisir de prolonger -, est l'occasion pour chacun de mettre sa vie en pause, de faire une parenthèse existentielle durant laquelle ils vont pouvoir lâcher la pression, faire le point, se découvrir eux-mêmes et entre eux, prendre des décisions qui vont tout changer (ou non) et se (re)construire.

    Une expédition dont on dévore les pages, tourneboulés d'émotions puissantes, entre rire et larmes, évidence et étonnement, sérénité parfois, inquiétude souvent, mais toujours avec bienveillance et empathie. Servie par des chapitres courts, des dialogues tantôt pénétrants, tantôt cocasses et des envolées poétiques saisissantes, l'histoire est rythmée, intelligente, belle, drôle. C'est tout à la fois urgent et délicat, ciselé à la perfection, surprenant.

    Le récit de ce drame effréné entre humour et mélancolie fait alterner les voix de Francesca, son fiancé Vittorio et son amie Manu, dont les relations sont absolument croustillantes ; un parti pris narratif qui offre une analyse idiosyncrasique de certaines scènes, traduisant à la perfection l'incipit :

    De chaque récit il existe trois versions : la tienne, la mienne et la vérité.

    L'on plonge ainsi dans l'intimité de chacun, découvrant au fur et à mesure le pourquoi des tourments de ces jeunes gens terriblement contemporains. De jeunes adultes bousculés par leur époque, plus si jeunes mais pas encore vieux, à cet âge entre deux eaux, où l'hésitation, les doutes, les craintes sont à leur apogée. Englués dans leur quotidien, entre poids du passé et questionnements sur l'avenir, ces trois héros normaux, à la fois simples et complexes, ambigus et pétris de contradictions, sont tout simplement en quête de cet inaccessible bonheur. Des humains en somme ; que l'on aime parce qu'ils nous ressemblent.

    L'évolution psychologique et relationnelle de ce trio de largués de la vie est fascinante, touchante et souvent désopilante. Sous couvert d'action, l'écrivain livre une réflexion douce-amère sur la connaissance de soi, des autres, les blessures que l'on se trimballe, les complications que l'on se crée... et surtout un joli message d'espoir...

    La fuite n'est pas un antidote. Elle est un art et Enrico Remmert en est le maître. De sa plume jubilatoire, il nous fait tailler la route pour nous conduire sur les chemins de traverse de nos émotions et de nos aspirations et on en redemande ! C'est sans doute parce que l'auteur est également scénariste et réalisateur de courts métrages qu'il a une écriture aussi fluide, orale autant que visuelle, parfaitement séquencée. L'on a qu'une envie, c'est d'en voir une adaptation cinématographique qui ne pourrait que bigrement bien fonctionner.

    Bref, Petit art de la fuite est de ces livres qui font du bien à l'âme et qui vous font réfléchir dans le bon sens.

    Après Vous ne connaître ni le jour ni l'heure de Pierre Béguin et La Silencieuse d'Ariane Schréder dont je parlerai très prochainement à l'occasion de sa sortie, les Éditions Philippe Rey ne laissent pas de me surprendre et je ne saurai trop vous conseiller de vous pencher sur ce catalogue riche de réjouissances littéraires !

    Ils en parlent aussi : Wigwe, Kamana, Marianne, 20minutes.

    Vous aimerez sûrement :

    Les témoins de la mariée de Didier Van Cauwelaert

    La nuit de dure pas d'Olivier Martinelli

    Homo erectus de Tonino Benacquista

    Interdit à toute femme et à toute femelle de Christophe Ono-dit-Biot

    Les lisières d'Olivier Adam

    L'amour sans le faire de Serge Joncour

    L'Agrément de Laure Mézarigue

    Extraits :

    Voyager, comme raconter - comme vivre -, c'est laisser de côté : un pur hasard vous porte vers un rivage et vous en fait éviter un autre.

    Claudio Magris, Microcosmes

    ...

    (...), puisque tu n'es pas la fille que tu voudrais, autant être comme les autres, au moins tu es certaine de ne pas être la seule à ne rien valoir.

    ...

    Je suis une thérapie stricte à base de bière, et si je bois c'est à cause de la grande inscription memento mori que dégage toute chose. Je bois parce que je tremble de peur à tout instant, et je tremble de peur parce que je constate que personne, autour de moi, ne tremble de peur à tout instant. Je sens les minutes s'écouler à la fois très lentement et très vite, entraînées toutes ensembles et grinçant les unes dans les autres comme les planches d'une embarcation.

    ...

    Ce qui se produit est difficile à décrire, c'est un de ces moments qu'on déforme inévitablement quand on essaie de les analyser.

    ...

    "Quel est le pire aspect de votre métier ?" Très réfléchi jusque-là, il avait répondu du tac au tac : "Les trois minutes qui précédent mon entrée en scène. Je ne les souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi."

    "Imagine ces trois minutes, avait aussitôt déclaré Vittorio. Tu déambules nerveusement, aussi tendu qu'une corde, l'estomac en feu, les entrailles entortillées, dures comme du bois, le coeur battant le chamade, en proie à des bouffées de chaleur, des frissons et...

    - Il n'y a là rien d'exceptionnel, avais-je interrompu. Tout le monde connaît cette sensation. Les trois minutes qui précèdent un examen ou un entretien d'embauche, ou encore une entrée sur n'importe quelle scène. Pas besoin d'être Pavarotti pour le savoir."

    Il m'avait saisi la main. "Mais moi, je vis ces trois minutes vingt-qutre heures sur vingt-quatre."

    ...

    Puisque tu le détestais autant, pourquoi es-tu restée avec lui jusqu'à ce matin ? (...) Je ne sais pas. Le problème, c'est peut-être que je le détestais trop. En l'absence d'un sentiment intense, la haine peut dégénérer en amour.

    ...

    Je vois dans les agences de voyage des lieux de tri émotif, et dans la frénésie à voyager des gens de mon âge non de la curiosité envers le monde, mais une tentative d'exporter leur malaise : changer leur insatisfaction de place en la transplantant dans un autre décor, exiger brutalement de la distance ce que le temps ne pourrait offrir que petit à petit.

    ...

    (...) tu as le don de t'absoudre, tu es compréhensive avec toi-même, l'indulgence que tu te réserves est une de tes plus grandes qualités.

    ...

    "Les vieux radotent. Les jeunes n'ont rien à dire. L'ennui est réciproque."

    ...

    "Parce que je ne crois pas dans les gens. La plupart d'entre eux sont des imbéciles qui vous klaxonnent dès que le feu passe au vert et achètent des caleçons de marque. Alors faire la révolution pour eux... Et dans quel but ? Donner à quelqu'un d'autre la place d'honneur à table. Voyons ! Moi, je ne crois qu'à la révolution de moi-même."

    ...

    "Tu me manques."

    J'ai pensé qu'il n'avait pas accompli un gros effort pour m'écrire ces trois mots. Il m'a fallu un moment pour m'apercevoir que c'était ceux-là mêmes que j'apprêtais à lui adresser. Cela m'a rendue plus compréhensive : on ne peut pas se mettre à inventer des termes pour communiquer à l'autre qu'il nous manque.

    ...

    Dans une nouvelle - de Galeano, je crois -, une équipe va réaliser dans la jungle un documentaire sur la vie des Indiens. Une fillette du coin se met à tourner avec insistance autour du cinéaste ; impatienté, celui-ci finit pas demander à l'interprète ce qu'elle veut. La fillette explique que ses yeux bleus l'impressionnent, elle n'en a jamais vu de semblables. "Je veux savoir de quelle couleur tu vois les choses", dit-elle. Le cinéaste sourit et répond : "De la même couleur que toi." Alors la fillette réplique : "Comment tu peux savoir de quelle couleur je vois les choses ?"

    ...

    "L'ennui est réciproque chez la plupart des gens. La grande majorité d'entre eux ont le coeur éteint, ils ne vivent que d'obscurité réflétée. Mais vous, vous n'êtes pas comme ça."

    ...

    "Les gens voyagent pour s'étonner des montagnes, des mers et des étoiles... puis ils passent à côté d'eux-mêmes sans s'en apercevoir."

    ...

    - Bon. Dans ce cas, tu sais peut-être que le grand Pablo a peint le portrait de Gertrude Stein. Le résultat déplut à Gertrude qui objecta qu'il ne lui ressemblait pas. Tu sais ce que répliqua Picasso ?

    - Non.

    - Alors essayez de lui ressembler.

    ...

    "C'est bizarre, nous nous croyons tous plus malheureux que les autres."

    ...

    Tous les endroits sont des lieux de perdition. Quand on a l'intention de se perdre, on peut le faire n'importe où, c'est un choix personnel, l'endroit n'a rien à voir là-dedans (...).

    ...

    "Quand j'étais petite, j'imaginais l'avenir comme une promesse. Au lieu de ça, il s'est changé en menace. D'abord progressivement, puis tout d'un coup. Pourquoi ?"

    ...

    Les statistiques nous annnoncent le nombre d'individus que l'alcool tue. Mais personne n'est capable de dire combien il en sauve, telle est la vérité.

    L'alcool n'est pas la maladie : l'alcool, c'est le traitement. La maladie, c'est la vie. Quand on pense que la réalité marche, on n'a pas besoin de boire, mais quand on tremble sans savoir pourquoi, cela devient indispensable.

    ...

    "La vie est un état d'esprit"

    ...

    J'ai pensé que le secret des couples qui marchent réside peut-être dans le fait qu'ils parviennent, en vertu d'une combinaison de facteurs incontrôlables, à changer harmonieusement par de petits mouvements et des secousses simultanées leur permettant de marcher en toutes circonstances du même pas, donc côte à côte, jamais l'un derrière l'autre.

    ...

    "Je me demande parfois pourquoi tout le monde finit par tromper tout le monde mais refuse de rompre.

    - Et qu'est-ce que tu y réponds ? interroge Manu.

    - Je ne sais pas. Je crois que cela repose toujours sur la même raison : concilier un besoin et un désir. Le besoin de sécurité et le désir d'éprouver de nouvelles émotions."

    ...

    Vous croyez qu'il est possible de tomber amoureux de quelqu'un en l'espace de vingt minutes ? D'après moi, non. D'après moi, en général, on tombe amoureux en beaucoup moins de temps que ça.

    ...

    La souffrance ne suffit pas.

    Il faut éprouver de l'enthousiasme pour sa propre souffrance.

    ...

    (...) je vis parfois non comme un être humain mais comme un chercheur, l'existence est mon laboratoire et je suis moi-même une expérience.

    ...

    (...) un des trois secrets pour être heureux consiste à avoir la mémoire courte (...).

    ...

    Je pense aux être fragiles que nous sommes : un geste violent auquel nous avons assisté dans notre enfance peut nous harceler toute la vie. Un événement uniquement vu, non subi, peut influer sur nous en profondeur. Un épisode dont nous n'avons même pas été témoins peut nous changer définitivement.