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premier roman - Page 3

  • Les Quatre Grâces de Patricia Gaffney

    les quatre grâces.jpgSortie ce jour en librairie.

    Éditions Charleston - 397 pages

    Présentation de l'éditeur : Depuis dix ans, Emma, Rudy, Lee et Isabel sont liées par une amitié indéfectible. Esprit, humour et compassion sont les armes qui permettent aux Quatre Grâces de résister à tous les tracas de la vie, ce qui ne les empêche pas de se cacher des secrets parfois... Jusqu'au jour où survient une épreuve à laquelle elles n'étaient pas préparées. Quand le destin frappe, c'est tout le groupe qui est touché. Les Grâces sauront-elle surmonter, chacune à sa façon, cette crise sans précédent ? Vif, profond et émouvant, ce roman déjà culte aux États-Unis, vendu à 1,6 million d'exemplaires, fait le portrait de femmes qui, à elles quatre, sont toutes les femmes... Et les meilleures amies dont on peut rêver. Les Quatre Grâces font partie des livres qui changent une vie.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Élizabeth Luc.

    Ma note :

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    Broché : 22,50 euros

    Ebook : 16,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Premier roman de l'auteur, "petit bijou qui brille de mille feux" d'après Nora Roberts, Les Quatre Grâces, bien qu'initialement publié il y a une quinzaine d'années, est un choeur de femmes tout à fait contemporain. Tout autant qu'intemporel.

    Roman à quatre voix ou journal à huit mains, ce livre est l'histoire d'un cercle féminin devenu, au fil du temps, amical puis sororal. Compagnie bigarrée, les femmes de ce club ont des personnalités autant que des choix de vie bien distincts d'où d'occasionnelles étincelles. C'est pourtant le partage, la disponibilité, l'écoute, les bons moments que ces quatre-là vivent le plus souvent. Et parce que l'amitié - davantage encore que l'amour ! - est souvent inconditionnelle, elles savent se serrer les coudes quand elles doivent affronter un destin qui se change en sort. La vie n'étant pas avare en clins d'oeil ironiques, elle entremêle avec malice les étapes cruciales de leurs existences, les éprouvant dans leur capacité à porter le regard sur les autres et les soutenir alors que chacune est elle-même dans la tourmente...

    S'il était encore besoin de démontrer que l'amitié entre femmes existe, ce feel good book en serait la parfaite et bouleversante illustration. Les convaincues quant à elles, nostalgiques de Sex and the city ou de Quatre filles et un jean pour les jeunes lectrices ayant grandi, seront ravies de recréer l'atmosphère chaleureuse, réconfortante, d'un groupe de vraies bonnes copines.

    S'il n'est pas aisé, au commencement de ce roman choral, de distinguer les portraits, d'associer tels événements / traits de caractères / souvenirs / etc. à tel prénom, tout se met en place assez rapidement. L'alternance de voix des héroïnes confère dynamisme et intimité au récit : ajoutée à l'intrigue et ses rebondissements existentiels palpitants, l'intériorité de chacune des figures permet de pénétrer au plus profond du cénacle.

    Ce clan n'est pas seulement une galerie portraits de femmes, de caractères et de vécus variés auxquelles chaque lectrice peut, tout ou partie, s'identifier. Ce sont les amies parfaites, le cercle amical idéal. C'est même encore mieux qu'en vrai puisqu'exceptionnellement, l'on sait tout ce que les unes pensent des autres et disent en leur absence ! Et quand la fiction dépasse la réalité, le sentiment d'appartenance au groupe n'en est que plus fort : il ne s'agit plus seulement de lire, d'observer passivement mais de vivre plus intensément, tant moralement que physiquement, les états d'âmes, les ressentis de ces saisissantes amies virtuelles. Le récit est à ce point poignant que l'on est viscéralement dans l'histoire ; que l'on ne quitte qu'à regret.

    C'est donc plus que volontiers qu'on se laisse embarquer et porter par ce magnifique roman d'Amitié entre rires et larmes, parfois grinçant, souvent drôle, un peu cruel, surtout tendre, toujours touchant. Un tourbillon d'émotions, comme dans la vraie vie. Car là est toute la force de ce livre : son réalisme, son authenticité. Il sonne vrai, il sonne juste. Entre réflexion existentielle et philosophie de vie, cet hymne à l'instant présent évoque intelligemment des sujets complexes (amour, maladie, mort...) et des notions profondes telles que la place et le rôle de la femme, la tolérance ou encore la solidarité... Plus que divertissante, cette lecture dont on ne peut sortir que grandi est une invite à l'introspection, à l'humanité.

    Touchée par la grâce, cette sixième parution des toutes jeunes Éditions Charleston affirme une ligne éditoriale de qualité qui redonne ô combien ses lettres de noblesse à la romance. Un genre littéraire à part entière, brillamment servi par Patricia Gaffney et son vrai beau roman qui, contrairement à ce que laisse supposer la jolie jaquette estivale, se lit à toute heure, en toute saison. Les petits bonheurs qui font du bien à l'âme n'attendent pas !

    L'interview de Patricia Gaffney.

    Lire un extrait du livre.

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    Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler

    Le Châle de cachemire de Rosie Thomas

    Les Roses de Somerset de Leila Meacham

    Rien ne va plus, La poursuite du bonheur & L'homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy

    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    Dolce agonia de Nancy Huston

    Les morues de Titiou Lecoq

    La maison d'hôtes de Debbie Macomber

    Vacances anglaises, N'oublie pas mes petits souliers et S.O.S. de Joseph Connolly

    Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Les secrets de Summer street de Cathy Kelly

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extraits :

    Si un mariage sur deux se termine par un divorce, combien de temps dure un couple, en moyenne ? Ce n'est pas une question rhétorique : j'aimerais vraiment le savoir. Moins de neuf ans et demi, je parie. Les Quatre Grâces existent depuis neuf ans et demi et pas un nuage à l'horizon. On se parle encore, on remarque toujours des petits détails chez les unes et les autres, un kilo perdu, une nouvelle coiffure, des chaussures neuves... À ma connaissance, aucune d'entre nous n'est en quête d'une amie plus jeune et plus fraîche...

    ...

    Il ne s'agit pas d'un ordre religieux, donc nous avons aussi eu notre lot de jalousies, mesquineries, petites vacheries, sans oublier les crises de nerfs occasionnelles. Mais ce n'est rien.

    ...

    J'adorais l'idée de fonder un groupe. Ce ne serait pas un club de lecture, ni un groupe politique ou féministe. De temps en temps, nous réunirions des femmes qui s'appréciaient et se respectaient pour échanger des expériences et débattre de questions intéressantes. Un objectif plutôt modeste. Nous ignorions que nous étions en train de semer les graines d'un jardin superbe.

    ...

    Avais-je rêvé de ce que je désire ou de ce que je redoute ? Ou les deux ?

    ...

    Je n'ai pas peur d'avoir tort. Je me trompe tout le temps. (...) Le problème, c'est que, en optant pour une opinion tranchée, on élimine toutes les autres. Ce n'est pas juste. Pourquoi choisir ? Il est tellement moins brutal de ne pas choisir. De plus, mieux vaut s'accorder une porte de sortie.

    ...

    Quand je suis stressée, je deviens insupportable. Je m'en rends compte, mais je n'y peux rien.

    ...

    En fait, trois qualités me font craquer, chez un homme. Outre la timidité et l'intelligence, j'ai du mal à l'admettre, il y a la beauté physique. Je sais, je suis superficielle et je déteste ça. Parfois je sors délibérément avec des moches pour ne pas être taxée de frivolité. En vérité, à qualités égales, je préfère un homme séduisant.

    ...

    Il était si passionné... De toute évidence, l'art était sa vie, à la limite de l'obsession, or je craque pour les hommes qui adorent leur travail. Je trouve cette fougue terriblement sexy et désirable. Le mieux, c'est qu'ils ne sont pas dépendants de moi pour donner un sens à leur existence.

    ...

    L'impossible a quelque chose de réconfortant, mais c'est triste. Je déteste l'ambiguïté. Je peux accepter le pire s'il n'est pas dilué dans l'espoir ou un "oui, peut-être".

    ...

    J'adore ça. Préparer un bon repas avec mes meilleures amies, les écouter plaisanter, rire, raconter leur vie, en rajoutant mon grain de sel de temps en temps... C'est le bonheur. Du vin, du fromage, des potins, des copines... Si on pouvait ajouter une dose de sexe d'une façon ou d'une autre, ce serait parfait.

    ...

    Je ne suis pas une experte des enfants, loin de là, ils me font même une peur bleue. Ils sont tellement autonomes... Je ne sais pas... tellement directs. L'ironie ne fait pas partie de leur vocabulaire et ils ne comprennent jamais les blagues. Bref, par principe, je garde mes distances.

    ...

    - Ne rejette pas l'amour, ne le néglige pas. Ne pars pas du principe que tu trouveras un amour meilleur ailleurs. Prends-le partout où tu auras la chance de le trouver et efforce-toi de le rendre en retour.

    ...

    (...) je suis peut-être une imposture. Toute ma vie, j'ai voulu écrire des romans, du moins c'est ce que j'ai toujours affirmé. Le réel ne me suffisait pas. Je voulais que le récit parte dans une autre direction, que la vérité ne soit jamais ce qu'elle était vraiment... Résultat : je suis bien meilleure journaliste que romancière, finalement. C'est à se demander si je n'ai été attirée uniquement par l'idée que j'avais de la romancière. Je voulais avoir l'air d'une romancière. Dans les soirées, je voulais répondre "J'écris des romans" à la question : "Qu'est-ce que vous faites, dans la vie ?"

    ...

    Parfois, le désespoir a du bon.

    ...

    Consulter un psy, c'est dépassé. De plus, je crois en l'idéal de l'indépendance, en la responsabilité de chacun face à son propre bonheur. Non que je réprouve la psychothérapie pour les autres. Avec de telles convictions, je ne tiendrais pas le coup, dans mon métier. Bref, je ne crois pas que ce soit pour moi.

    ...

    J'ai toujours eu envie de dire aux gens que je les aimais. En général, c'est la peur qui m'en empêchait. Peur qu'ils s'en moquent, qu'ils ne veuillent pas l'entendre ou bien qu'ils m'en prennent trop, ensuite.

    C'est différent, à présent. Les années s'accumulent et je n'ai plus un instant à perdre.

    ...

    Mon corps m'a trahie. Je suis mas propre meilleure amie et je me suis laissée tomber. En qui puis-je désormais avoir confiance ? C'est bête, je sais, mais j'ai toujours en moi l'illusion de l'immortalité, même si elle commence à s'effriter sur les bords. Elle cède la place à des crises de panique. Je vais mourir. Cela me revient toujours en pleine face, après un moment d'oubli inexplicable. Alors mes veines s'embrasent de terreur. Mon estomac se noue, je verse des larmes de douloureuses. Ensuite viennent les respirations profondes, je redresse les épaules. Ce fardeau de tristesse, je ne peux le partager. C'est mieux pour moi et pour les autres. Quel poids que l'ombre de la mort...

    Pourquoi la mort est-elle si mystérieuse et taboue, comme le sexe pour une vierge, un secret bien enfoui ? Depuis toujours, je suis persuadée que tout le monde va mourir sauf moi.

    C'est notre seul moyen de survivre, je suppose.

  • Une Île de Tracey Garvis-Graves

    Éditions Milady - 350 pagesune île.jpg

    Présentation de l'éditeur : Anna Emerson n’hésite pas un instant lorsque les Callahan lui proposent de se rendre aux Maldives pour donner des cours à leur fils T.J., en rémission d’un cancer. Mais rien ne se passe comme prévu : le jet privé à bord duquel ils ont embarqué se crashe au beau milieu de l’océan Indien. Les voici naufragés sur une île déserte où ils vont devoir apprendre à survivre. Si l’adolescent rechute, rien ne pourra le sauver. Anna se sent malgré tout étrangement attirée par son compagnon d’infortune. Alors que chacun d’eux n’a plus que l’autre pour unique horizon, leur seule chance de s’en sortir est ce lien précieux qui ne cesse de grandir entre eux.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Sophie Barthélémy.

    Ma note :

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    Broché : 15,20 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Milady Romance pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première au coeur d'un écrin de choix : le joli kit presse au goût de soleil.

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    Une femme, un homme, un crash, une île déserte... Ouch ! Difficile de convaincre un éditeur avec un pitch aussi éculé. Raison pour laquelle Tracey Garvis-Graves a initialement opté pour l'auto-édition avant de se voir offrir un pont d'or par Penguin (!) eu égard au succès colossal rencontré par son texte.

    C'est pourtant bel et bien au range de best seller que ce titre s'est érigé, rapidement classé parmi les meilleures ventes de The New York Times, USA Today et Wall Street Journal et depuis traduit dans une vingtaine de pays. Parce que contrairement aux apparences, l'auteur ne livre pas un énième remake de Crusoé, Lost et autre Seul au monde. Une Île est même d'une telle qualité qu'à l'image de La couleur des sentiments de Kathryn Stockett - quoique dans un tout autre genre -, il entrera prochainement au panthéon des premiers romans adaptés au cinéma, la MGM ayant d'ores et déjà racheté les droits pour une production qui promet d'être shebam pow blop wizz.

    Alors certes, l'écriture est simple, sans fioriture, mais si l'on n'est pas purement dans l'exercice de style littéraire, l'on est assurément au coeur d'une prouesse de schéma narratif. D'une situation initiale maintes fois explorée, Tracey Garvis-Graves parvient à bâtir, et c'est là le vrai tour de force de ce roman, un récit surprenant, une intrigue complexe enrichie de rebondissements suffisamment en pagaille pour, expérience à l'appui, tenir éveillé toute la nuit.

    Et d'embarquer le lecteur aux côtés d'Anna et de T.J. dans une épopée contemporaine judicieusement brodée autour de certains des faits historiques les plus marquants du XXIe siècle... Une odyssée multifacette mêlant romance, aventure, action, suspens, dont les chapitres courts alternent les voix des deux protagonistes. La force évocatrice de leurs ressentis prouve soit que l'auteur s'est elle-même échouée un temps sur une île déserte, soit qu'elle est douée d'un rare instinct émotionnel.

    Au-delà de ses personnages fouillés, dépeints avec finesse et, une fois encore, appréhendés brillamment dans leurs états d'âmes et leurs évolutions respectives en fonction de leurs âges et des épreuves de la vie, l'écrivain parvient à éviter l'écueil des clichés du genre en général et de son intrigue en particulier, surtout celui de la légèreté trop souvent accolée à la romance. Elle aborde avec finesse et profondeur la thématique du combat sous toutes ses formes (maladie, survie, désespoir, préjugés, conventions, amour, mort...), détourne la vision paradisiaque de l'île déserte pour mieux réaffirmer la toute puissance de la Nature parfois cruelle, opère une mise en scène paroxystique de l'incroyable faculté d'adaptation de l'Homme et inscrit en filigrane de ce huis-clos à ciel ouvert de nombreux travers sociétaux, culturels...

    Dès sa première tentative littéraire, Tracey Garvis-Graves réussit en somme le défi improbable de réinventer avec maestria un genre décrié et un scénario usagé pour en faire un roman d'aventures moderne et perspicace, qui tient en haleine et ménage de puissants emportements émotionnels. Bref, un page turner, un pur coup de coeur. Et une plume à suivre, assurément, qui s'est déjà attelée à son deuxième roman.

    Je ne saurais trop vous conseiller, si vous aimez comparer les avis de lecture, de vous en garder s'agissant de ce titre (hormis celui en lien ci-dessous), nombre de lectrices ayant eu la regrettable et fâcheuse tendance à spoiler sans avertissement préalable.

    Ils en parlent aussi : Evenusia.

    Vous aimerez sûrement :

    Les Accusées de Charlotte Rogan

    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    Les Roses de Somerset de Leila Meacham

    L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

    Le Châle de cachemire de Rosie Thomas

    Hunger Games de Suzanne Collins

    Trois fois le loyer de Julien Capron

    Avant d'aller dormir de S.J. Watson

    Le dîner d'Herman Koch

  • Une vie plus une vie de Maurice Mimoun

    une vie plus une vie.jpgÉditions Albin Michel - 200 pages

    Présentation de l'éditeur : « Maurice Mimoun est un chirurgien fameux, aimé fidèlement par ceux qui grâce à lui ont pu retrouver leur apparence physique même après les plus désastreuses blessures. À la compétence médicale est liée chez lui une exceptionnelle connaissance de la vie ; c’est grâce à elle que ce livre a pu naître : le vrai roman d’un vrai romancier. Dans ses personnages il ne faut pas chercher quelque autobiographie dissimulée, mais les grands thèmes de l’existence humaine : le corps, la douleur, l’amitié, la peur, la fatigue, la fidélité, la trahison, la vieillesse… Et la mort - avec une étonnante imagination onirique il s’interroge : sera-t-il possible un jour de la chasser de nos vies ? » Milan Kundera

    Ma note :

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    Broché : 15 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Dans les couloirs des hôpitaux, les centres de rééducation, les cabinets de kinésithérapie ou même indépendamment de tout cadre de santé... N'en déplaise aux intéressés, les chirurgiens ne jouissent pas à proprement parler d'une réputation glorieuse, humainement parlant. Souvent jugés d'une suffisance arrogante, nombre de patients déplorent leur manque d'égard, leur déplorable écoute, leur mépris de la communication et leur absence d'émotionnalité. Bref, souvent réduits à des numéros de chambre ou des pathologies plutôt que d'être considérés comme des individus en souffrance, les malades doivent trop souvent ajouter à leurs maux la douleur provoquée par le manque d'humanité des coupeurs de mou. Si vous en doutez encore, interrogez les habitués des blouses blanches (votre humble serviteuse) ou lisez Hors de moi de Claire Marin.

    Pourtant, Une vie plus une vie, véritable Jules et Jim dans les couloirs d'un hôpital, en abordant tous les grands thèmes de la vie avec émotions et sensibilité, témoigne d'une indiscutable humanité et d'une connaissance aigüe et attentionnée de l'âme humaine. En revisitant le triangle amoureux dans ce premier roman, il y a fort à parier que le Docteur Maurice Mimoun, directeur du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique de l'hôpital Saint-Louis et du centre de traitement des brûlés, redore un peu le blason des couturiers de la chair. Et se fasse une place de choix dans le monde des lettres puisque le taiseux romancier tchèque Milan Kundera a brisé son légendaire silence sur la production contemporaine pour louer le texte de Maurice Mimoun dont il signe d'ailleurs l'élogieuse quatrième de couv' et le bandeau.

    Depuis l'enfance, Rania, Simon et Tom entretiennent une amitié fusionnelle qui évolue naturellement en grandissant. Mais l'alchimie amoureuse qui règne entre eux est complexe. Devenue chirurgienne, Rania devrait logiquement choisir le discret et sensible Simon, brillant chercheur en cancérologie. C'est pourtant l'arrogant et hypocondriaque homme d'affaires Tom qui deviendra son époux... Ce choix est-il raisonnable ? Raisonné ? L'amitié pourra-t-elle survivre à l'amour ? À la mort ?...

    C'est donc bien d'amitié et d'amour dont il est question dans ce roman, avec tout ce que ces notions impliquent d'incompréhensible et d'irrationnel. Au-delà d'une analyse des sentiments, ce texte romantique amène à une profonde réflexion existentielle en évoquant brillamment l'éthique médicale, la quête d'éternité, la folie et, évidemment, la mort.

    C'est sans doute parce que le médecin ayant troqué son scalpel pour une plume est un témoin privilégié des êtres dans leur fébrilité la plus nue entre Vie et Mort qu'il parvient avec intensité et authenticité à retranscrire leurs blessures, leurs solitudes, leurs secrets, leurs angoisses, tout autant que leurs plaisirs, leurs désirs, leurs moments de communion, leurs instants magiques.

    De ce premier roman, Maurice Mimoun confie que "ciseler les mots est aussi difficile que faire de la chirurgie". Il faut croire que la maîtrise du bistouri prédispose à celle de la plume puisque le chirurgien-écrivain signe un roman délicat, esthétique et émouvant, empreint de lyrisme et de poésie. Entre réalité et onirisme, il fouille sans pathos les états affectifs de l'âme et interroge avec finesse les désirs d'éternité.

    Ils en parlent aussi : Télérama, Marie-Claire, Claire.

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    La double vie d'Irina de Lionel Shriver

    Sashenka de Simon Montefiore

    Le châle de Cachemire de Rosie Thomas

    Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

    La silencieuse d'Ariane Schréder

    Les déferlantes de Claudie Gallay

    Ce parfait ciel bleu de Xavier de Moulins

    Extraits :

    Il faut n'écrire que des livres dont l'absence fait souffrir.

    Marina Tsvetaïeva

    ...

    Le début de l'amour, c'est peut-être ça, un mouvement inversé qui vient contredire un rythme. Un contre-courant.

    ...

    - Quand deux arbres grandissent côte à côte, leurs couronnes se pénètrent, se mélangent. Quand les arbres sont timides, leurs branches ne s'élancent pas l'une vers l'autre, mais seulement vers le haut. Elles s'évitent, se bloquent à quelques dizaines de centimètres de distance. Vue du sol, une fente claire se dessine autour de la couronne. C'est la fente de timidité.

    - Étrange !

    - Il y a peu d'arbres timides.

    Tandis qu'elle lui parlait, elle réalisa qu'elle se tenait elle-aussi à une dizaine de centimètres de Simon.

  • Ce que je peux te dire d'elles d'Anne Icart

    culture,citation,littérature,livre,roman,journal,femme,féminisme,saga,premier romanÉditions Robert Laffont - 319 pages

    Présentation de l'éditeur : Un matin, très tôt. Le téléphone sonne. Violette a accouché dans la nuit d’un petit garçon. Blanche est bouleversée : elle ne savait même pas que sa fille était enceinte. Et puis un garçon, le premier au bout de cette lignée de filles, quelle histoire… Dans le train qui la mène de Toulouse vers Paris, Blanche relit les carnets de moleskine destinés à Violette où, remontant le temps, elle a essayé de se souvenir de tout, tout ce qu’elle peut lui dire d’elles. Elles : cette tribu de femmes, de soeurs, de mères, à la fois heureuse et cabossée, dans laquelle Blanche a grandi au coeur des années 1970, entre l'effervescence des premiers combats féministes et le joyeux bourdonnement des ateliers de la maison Balaguère, haute couture, la grande aventure familiale. De la petite fille que l'on fut (que l'on reste toujours ?) à la mère que l'on devient... Tendre et optimiste, ce roman explore avec une acuité pleine de douceur la complexité des liens maternels. Après Les lits en diagonale (Prix des lycéens 2010 de la fondation Prince-Pierre-de-Monaco), récit de son histoire avec son frère handicapé, Anne Icart signe ici son premier roman.

    Ma note :

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    Broché : 19 euros

    Ebook : 13,99 euros

    Une attirante jaquette n'étant pas sans rappeler celle, aux éditions Le Dilettante, du très bon roman d'Anna Gavalda Ensemble, c'est tout. Une quatrième de couv' annonçant le récit d'une lignée de femmes. La mention d'un premier roman. Autant d'arguments suffisant à me donner envie de plonger dans ce livre.

    Alors qu'elle part retrouver sa petite Violette qui vient d'accoucher, Blanche, qui ignorait tout de cette grossesse, entreprend, durant son voyage en train, de relire ses carnets qu'elle destine à sa fille avec laquelle elle est fâchée depuis trop longtemps. Des moleskine renfermant l'histoire familiale, entre bonheurs et tragédies sur cinq générations quasi exclusivement féminines. D'un petit village des Pyrénées à la rose Toulouse, des années 1950 à nos jours, Anne Icart brosse des portraits de femmes aussi singulières qu'universelles et dépeint avec passion les mondes de la haute couture et du journalisme.

    De cette tribu de femmes émancipées, fortes autant que fragiles et solidaires devant l'éternel, c'est la condition féminine des soixante dernières années qui est retracée dans son ensemble. Au travers des secrets et des maux de ces femmes, c'est tout le poids de la transmission et de la reproduction des schémas familiaux qui est brillamment analysé.

    Cette saga remarquable servie par une écriture ultrasensible est digne d'une plume aguerrie alors même qu'il ne s'agit que de la première production romanesque de l'auteur. L'on s'attache instantanément aux héroïnes du quotidien de ce roman qu'on ne peut lire que d'une traite tant on est enchaîné par les émotions qui le traversent : rire, larmes, tendresse, violence... C'est avec d'immenses regrets que l'on se défait de cette atmosphère sororale et maternelle fascinante qui explore magistralement la puissance des liens amoureux et transgénérationnels. Un livre tout simplement intense et authentique.

    Vous aimerez sûrement :

    Les perles de la Moïka d'Annie Degroote

    Les roses de Somerset de Leila Meacham

    La tétralogie Les soeurs Deblois de Louise Tremblay d'Essiambre (Charlotte, Emilie, Anne, Le demi-frère)

    La tétralogie Le goût du bonheur de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde, Florent)

    Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

    Juste avant de Fanny Saintenoy

    Un génie ordinaire de M. Ann Jacoby

    La trilogie de Katherine Pancol : Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

    Extraits :

    Il y a des sentiments qui ne nous quittent pas, quel que soit l'âge que l'on a. Qui se font même plus intenses quand le temps s'accélère.

    ...

    On aime toujours son père, même si c'est un salaud ou un lâche. Même si on ne le connaît pas.

    ...

    Il va falloir grandir encore. Même si cette fois, ce n'est pas triste. On sait remettre les événements à leur juste place. Mais grandir, c'est décidément voir partir quelqu'un qu'on aime. Grandir c'est forcément être orphelin de quelque chose.

    ...

    Il faut oeuvre vite et réfléchir pareil. Les falbalas. Le tralala. Quelle couleur, quelle forme. Un premier rendez-vous, ça se travaille, ça s'intelligence, ça prend son temps, même quand on n'en a pas. (...) On s'active autour des cintres, on retourne, on envoie valser, on hésite. Il faut un ton chaud (...). Mais pas trop quand même, il faut rester sage. Ne pas tout dire tout de suite.

    ...

    Le chagrin est pervers. Il fait croire à ceux qu'il touche que la grandeur d'âme se mesure à la capacité que l'on a de vivre avec le malheur. Il semble pourtant tellement plus difficile d'être heureux.

    ...

    Il faut grandir encore et encore alors qu'on voudrait tant revenir en arrière.

    ...

    L'abandon est ce qu'elle déteste le plus au monde. Peut-être est-il temps de mettre un terme à cette fatalité. En partant avant d'être quittée.

    ...

    Les gifles de mots sont parfois bien plus douloureuses que les gifles de mains.

    ...

    Moi, je n'aurais pas imaginé être projetée d'un coup, comme ça, en l'espace de quelques heures, dans un autre monde que celui de l'enfance. Simplement parce que j'ai couché avec un garçon. Et pourtant. Le premier matin qui suit ma première nuit (...), j'ai l'impression que tout se lit sur mon visage, dans le moindre de mes mouvements. Comme si mon corps mais aussi mon esprit avaient perdu dans la nuit leur vieille peau de bébé pour endosser celle d'une femme. Que les voisins, les profs, les copines, tous devinent ce qui s'est passé. J'en tire une certaine fierté, oui, celle d'être devenue une autre, une grande. Mais ça me gêne terriblement aussi. J'ai l'impression de me promener à poil.

    ...

    Connaître la joie des sommets et les blessures de la chute. Elle sait bien tout ce que l'on transmet de non-dits et tout ce que l'on oblige ses enfants à reproduire dans ce que l'on est ou ce que l'on n'est pas. En se dédouanant comme on peut. En espérant qu'ils auront plus de courage pour se défaire des malédictions. Mais ce n'est pas forcément vrai.

    ...

    Parce qu'il n'y a rien de tel pour vaincre l'absence que de parler de ceux qui manquent, qui sont partis trop tôt, bien trop tôt, en leur rendant la force et la présence qu'ils avaient.

    ...

    On a les audaces que l'on peut.

  • La femme du tigre de Téa Obreht

    Éditions Calmann-Lévy / Livre de poche - 427 pagesla femme du tigre.jpg

    Présentation de l'éditeur : Dans un pays des Balkans qui se remet d'un siècle de guerres, Natalia est chargée de vacciner les pensionnaires d'un orphelinat. Autour d'elle, tout n'est que superstitions. Les épidémies seraient des malédictions, les morts, des forces vives. Natalia rattache ces croyances absurdes aux contes que lui a transmis son grand-père. Mais l'histoire la plus extraordinaire, celle de la femme du tigre, il l'a emportée dans la tombe. En confrontant présent, souvenirs et légendes, Natalia comprendra les errements des générations passées, et les travers de la sienne.

    Traduit de l'anglais par Marie Boudewyn.

    Ma note :

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    Broché : 20,80 euros

    Poche : 7,10 euros

    Un grand merci aux Éditions du Livre de poche pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Abandon en page 191. N'ayant jusqu'alors jamais été déçue par la sélection Prix des lecteurs du Livre de poche donc ce titre fait partie pour le cru 2013, j'ai repoussé au maximum mes limites de lecture pour rentrer dans le premier roman de cette jeune auteur serbo-américaine.

    Téa Obreht a beau être la plus jeune lauréate de l'Orange Prize 2011, avoir reçu le Prix Pages des Libraires 2011, figurer sur la liste du New Yorker des "vingt auteurs de moins de quarante ans à suivre" et les critiques d'ici ou là ont beau être plus élogieuses les unes que les autres, las ! Impossible pour moi d'être absorbée par ce récit.

    D'aucuns le qualifient d'émouvant, de drôle, de magique... D'autres saluent l'adresse narrative de l'auteur, son souffle, sa profondeur... De ce texte mêlant passé et présent, faits historiques et légendes traditionnelles, je n'ai pas réussi à détecter l'ambition de l'auteur de redonner une unité à une région décomposée et divisée par les conflits. J'ai trouvé l'ensemble assez décousu, sans véritable fil conducteur si ce n'est excitant du moins donnant un minimum envie de tourner la page. Bref, je me suis ennuyée. Si Téa Obreht possède de réelles dispositions d'écriture, elle manque à mon humble avis d'un certain sens de l'intrigue.

    Peut-être ce livre n'est-il pas arrivé au bon moment dans mon chemin de lectrice ? Peut-être lui redonnerai-je une chance ? Peut-être n'est-il tout simplement pas à mon goût...

    Ils en parlent aussi : Kathel, Yspaddaden, Lady K.

    Extrait :

    "Tu ne trouves pas ça magique ? Tout le monde dort sauf nous."