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livre - Page 9

  • Une vie plus une vie de Maurice Mimoun

    une vie plus une vie.jpgÉditions Albin Michel - 200 pages

    Présentation de l'éditeur : « Maurice Mimoun est un chirurgien fameux, aimé fidèlement par ceux qui grâce à lui ont pu retrouver leur apparence physique même après les plus désastreuses blessures. À la compétence médicale est liée chez lui une exceptionnelle connaissance de la vie ; c’est grâce à elle que ce livre a pu naître : le vrai roman d’un vrai romancier. Dans ses personnages il ne faut pas chercher quelque autobiographie dissimulée, mais les grands thèmes de l’existence humaine : le corps, la douleur, l’amitié, la peur, la fatigue, la fidélité, la trahison, la vieillesse… Et la mort - avec une étonnante imagination onirique il s’interroge : sera-t-il possible un jour de la chasser de nos vies ? » Milan Kundera

    Ma note :

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    Broché : 15 euros

    Ebook : 9,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Dans les couloirs des hôpitaux, les centres de rééducation, les cabinets de kinésithérapie ou même indépendamment de tout cadre de santé... N'en déplaise aux intéressés, les chirurgiens ne jouissent pas à proprement parler d'une réputation glorieuse, humainement parlant. Souvent jugés d'une suffisance arrogante, nombre de patients déplorent leur manque d'égard, leur déplorable écoute, leur mépris de la communication et leur absence d'émotionnalité. Bref, souvent réduits à des numéros de chambre ou des pathologies plutôt que d'être considérés comme des individus en souffrance, les malades doivent trop souvent ajouter à leurs maux la douleur provoquée par le manque d'humanité des coupeurs de mou. Si vous en doutez encore, interrogez les habitués des blouses blanches (votre humble serviteuse) ou lisez Hors de moi de Claire Marin.

    Pourtant, Une vie plus une vie, véritable Jules et Jim dans les couloirs d'un hôpital, en abordant tous les grands thèmes de la vie avec émotions et sensibilité, témoigne d'une indiscutable humanité et d'une connaissance aigüe et attentionnée de l'âme humaine. En revisitant le triangle amoureux dans ce premier roman, il y a fort à parier que le Docteur Maurice Mimoun, directeur du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique de l'hôpital Saint-Louis et du centre de traitement des brûlés, redore un peu le blason des couturiers de la chair. Et se fasse une place de choix dans le monde des lettres puisque le taiseux romancier tchèque Milan Kundera a brisé son légendaire silence sur la production contemporaine pour louer le texte de Maurice Mimoun dont il signe d'ailleurs l'élogieuse quatrième de couv' et le bandeau.

    Depuis l'enfance, Rania, Simon et Tom entretiennent une amitié fusionnelle qui évolue naturellement en grandissant. Mais l'alchimie amoureuse qui règne entre eux est complexe. Devenue chirurgienne, Rania devrait logiquement choisir le discret et sensible Simon, brillant chercheur en cancérologie. C'est pourtant l'arrogant et hypocondriaque homme d'affaires Tom qui deviendra son époux... Ce choix est-il raisonnable ? Raisonné ? L'amitié pourra-t-elle survivre à l'amour ? À la mort ?...

    C'est donc bien d'amitié et d'amour dont il est question dans ce roman, avec tout ce que ces notions impliquent d'incompréhensible et d'irrationnel. Au-delà d'une analyse des sentiments, ce texte romantique amène à une profonde réflexion existentielle en évoquant brillamment l'éthique médicale, la quête d'éternité, la folie et, évidemment, la mort.

    C'est sans doute parce que le médecin ayant troqué son scalpel pour une plume est un témoin privilégié des êtres dans leur fébrilité la plus nue entre Vie et Mort qu'il parvient avec intensité et authenticité à retranscrire leurs blessures, leurs solitudes, leurs secrets, leurs angoisses, tout autant que leurs plaisirs, leurs désirs, leurs moments de communion, leurs instants magiques.

    De ce premier roman, Maurice Mimoun confie que "ciseler les mots est aussi difficile que faire de la chirurgie". Il faut croire que la maîtrise du bistouri prédispose à celle de la plume puisque le chirurgien-écrivain signe un roman délicat, esthétique et émouvant, empreint de lyrisme et de poésie. Entre réalité et onirisme, il fouille sans pathos les états affectifs de l'âme et interroge avec finesse les désirs d'éternité.

    Ils en parlent aussi : Télérama, Marie-Claire, Claire.

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    Les déferlantes de Claudie Gallay

    Ce parfait ciel bleu de Xavier de Moulins

    Extraits :

    Il faut n'écrire que des livres dont l'absence fait souffrir.

    Marina Tsvetaïeva

    ...

    Le début de l'amour, c'est peut-être ça, un mouvement inversé qui vient contredire un rythme. Un contre-courant.

    ...

    - Quand deux arbres grandissent côte à côte, leurs couronnes se pénètrent, se mélangent. Quand les arbres sont timides, leurs branches ne s'élancent pas l'une vers l'autre, mais seulement vers le haut. Elles s'évitent, se bloquent à quelques dizaines de centimètres de distance. Vue du sol, une fente claire se dessine autour de la couronne. C'est la fente de timidité.

    - Étrange !

    - Il y a peu d'arbres timides.

    Tandis qu'elle lui parlait, elle réalisa qu'elle se tenait elle-aussi à une dizaine de centimètres de Simon.

  • Un passé en noir et blanc de Michiel Heyns

    Depuis hier en librairie.culture,citation,littérature,livre,roman,polar,afrique,afrique du sud,apartheid

    Éditions Philippe Rey - 318 pages

    Présentation de l'éditeur : Un matin de janvier 2010, Peter Jacobs, journaliste et écrivain vivant à Londres, débarque à Alfredville, sa ville natale, qu'il a quittée depuis plus de vingt ans. Curieux de voir ce qu'est devenu ce gros bourg afrikaner depuis la fin du régime d'apartheid, et attiré par l'idée d'écrire une série d'articles sur l'assassinat de sa cousine, la belle et intelligente Désirée, mariée au chef de la police locale, Hector Williams. Un Noir. Aujourd'hui accusé du meurtre de sa femme. Motif : la jalousie évidemment. Que pouvait-on attendre d'une telle union ? s'indigne la rumeur publique. L'enquête de Peter va durer dix jours. Afflux de souvenirs, rencontres cocasses, constat du peu d'évolution des mentalités, notamment ches les Blancs, et surtout profond trouble affectif. Peter, qui vient de se séparer de son compagnon jamaïcain James, comprend, en retrouvant Bennie, son meilleur ami de jeunesse, que le lien qui les unissait était en réalité beaucoup plus complexe. Or Bennie, désormais policier,  dirige le commissariat en attendant le procès de Williams, et semble étrangement mêlé au meurtre. Devenu acteur malgré lui d'une affaire aux rebondissements multiples, Peter plonge dans une histoire bouleversante qui remet sa vie totalement en question, à commencer par ses rapports avec son pays. Sera-t-il un éternel expatrié ?

    Traduit de l'anglo-sud-africain par Françoise Adelstein.

    Ma note :

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    Broché : 20 euros

    Un grand merci aux Éditions Philippe Rey pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Le parti pris des Éditions Philippe Rey - que j'apprécie davantage à chaque nouvelle lecture - est d'en appeler à la curiosité du lecteur par le biais de la publication d'auteurs de tous horizons, majeurs ou inédits en France. Fidèle à cette volonté éditoriale d'ouverture sur le monde, cette toute nouvelle parution nous conduit au coeur de l'Afrique du Sud.

    Émigré depuis vingt ans à Londres pour ne pas risquer sa peau sous les drapeaux, Peter, journaliste homosexuel fraîchement célibataire, décide d'un retour au pays natal dans le but de chroniquer le meurtre de sa cousine. Si la communauté s'accorde à penser qu'un crime était l'inexorable aboutissement d'une union mixte, tout n'est pas aussi simple...

    Précision nécessaire aux férus de polars : cette enquête, quoique menée et résolue comme il se doit, n'est qu'un prétexte. Si suspens, rebondissements et surprenant dénouement sont au rendez-vous, Un passé en noir et blanc est avant tout le portrait d'une Afrique du Sud post-apartheid. Clivages communautaires, condition homosexuelle, insécurité, corruption... Le protagoniste observe, compare passé et présent et tente de comprendre ce pays qu'il a quitté. Mais davantage que l'examen de la trajectoire surprenante d'une nation et de ses peuples entre deux époques, c'est une véritable réflexion sur l'appartenance à une patrie. L'auteur raconte entre les lignes avec brio la dichotomie de l'individu partagé entre deux nations, deux cultures : émigré d'un côté, immigré de l'autre, il est finalement apatride et devient étranger à la notion de "chez soi".

    Entre humour et tragédie, Michiel Heyns offre une analyse pertinente d'un pays produit de son histoire en évitant le facile écueil de la caricature ou du manichéisme, dépeint des personnages entiers et authentiques, érige une intrigue captivante et livre un questionnement intelligent sur les racines. Un roman subtil qui, à l'image du héros, invite au retour sur soi, à l'introspection. Un roman surtout engagé, qui dénonce la bêtise et clame haut et fort son appel à la tolérance et à l'égalité sous toutes leurs formes.

    Du 18 au 20 mai, l'auteur participera à la mise en avant des voix d'une "Afrique qui vient" à l'occasion du Festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo dont l'Afrique du Sud sera l'invitée d'honneur.

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    Un fusil dans la main, un poème dans la poche d'Emmanuel Dongala

    Loin de mon père de Véronique Tadjo

    Celles qui attendent de Fatou Diome

    Extraits :

    Ici, c'est l'Afrique, qui n'a pas fini de régler ses comptes avec l'Histoire, aux prises avec la chaleur et la sécheresse, les inondations et la famine, qu'elle affronte avec le même stoïcisme et la même inefficacité que tous ses autres malheurs.

    ...

    Si je veux être fidèle à ma résolution de courir tous les matins, c'est le moment. Je tente de me persuader que courir maintenant serait de l'excès de zèle, que j'ai bien droit à une journée de repos, que je ne dois pas soumettre mon organisme à tant de chocs en si peu de temps, que c'est probablement mauvais pour moi, mais le pion incrusté dans ma cervelle qui surveille mon mode de vie, en quelque sorte le double de ma conscience - moi le rejeton hybride de l'éthique calviniste de ma mère et de la folle énergie juive de mon père - ne l'entend pas de cette oreille. Sors et va courir, m'intime le pion, ce ne sera pas plus facile demain.

    J'obéis. Je sais d'expérience que l'inconfort moral suscité par le refus d'obéir à ces adjurations l'emporte sur la satisfaction à court terme.

    ...

    "(...) Comme on dit, mélanger de la bouse de vache avec de la glace ça n'améliore pas la bouse, mais c'est sûr que ça pourrit la glace." Elle s'écroule de rire. Mon sourire est un peu coincé, mais je ne veux pas faire tout un plat à propos de cette vieille blague raciste. Joy exprime probablement ce que pense une grande fraction des Blancs d'Alfredville (...).

    ...

    N'est-ce pas ce que je recherchais, ce compagnonnage simple, retrouver quelque chose du Bennie d'antan ? Non, je sais qu'il ne s'agit que d'âneries sentimentales. On ne retrouve pas plus les sentations simples que les amitiés perdues.

    ...

    Suis-je vraiment si inconstant ?

    ...

    Je sais que je parais condescendant mais je ne suis pas habitué à un tel étalage de sentiments. Dans mon milieu, l'ironie est de mise.

    ...

    Il se protège les yeux du soleil encore bas, cherche à me voir. Une impulsion bizarre me pousse à ne pas crier pour attirer son attention : il y a quelque chose de si intime à regarder quelqu'un qui ne se sait pas regardé.

    ...

    - (...) on ne connaît rien à la jalousie si on croit que la chronologie a de l'importance.

  • Une dernière chose avant de partir de Jonathan Tropper

    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis,usaÀ paraître le 7 mai 2013.

    Éditions Fleuve Noir - 333 pages

    Présentation de l'éditeur : Silver a une vie de rêve, une épouse et une fille qu'il adore, un foyer chaleureux et une carrière de rock star en plein essor. Ah non, ça c'était avant... Silver a 44 ans, il est divorcé et vit des royalties de son unique tube. Rock star déchue et père lamentable, il passe ses journées avec ses deux acolytes aussi paumés que lui au bord de la piscine du Versailles, la résidence pour hommes divorcés dans laquelle il a atterri. Son ex-femme est sur le point de se remarier quand sa fille Casey, 18 ans, lui confie qu'elle est enceinte. Pourquoi à lui plutôt qu'à sa mère ? Parce que vu le soin qu'il met à gâcher son existence, il ne risque pas de lui faire la morale. Lorsque Silver s'effondre, terrassé par une attaque, le diagnostic est sans appel : s'il ne se fait pas opérer, c'est un aller simple pour la morgue. Mais sa vie mérite t-elle vraiment d'être vécue ? Au grand dam des siens, Silver refuse l'intervention. Le peu de temps qui lui reste à vivre, il veut le consacrer à renouer avec Casey et à devenir un homme meilleur. Alors évidemment, il faut s'attendre au pire.

    Traduit de l'américain par Christine Barbaste.

    Ma note :

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    culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis,usa

    Broché : 19,90 euros

    Ebook : 13,99 euros

    Un grand merci à Entrée livre et aux Éditions Fleuve Noir pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    De la littérature américaine que j'affectionne particulièrement, Jonathan Tropper est l'un des romanciers que j'apprécie le plus, à la quasi mesure de John Irving - les personnes me connaissant un tant soit peu mesurent l'intensité de cette comparaison.

    Aimer un auteur, c'est d'abord aimer son verbe, son style, ses intrigues. Si l'on en dévore évidemment la bibliographie, l'on peut aussi en conserver dans un petit carnet des citations ; voire les apprendre par coeur pour les utiliser à bon escient au détour d'une conversation. Quand l'on tombe à ce point en amour d'un écrivain, l'on surveille naturellement de près, à l'évidente condition qu'il soit encore vivant, son actualité éditoriale pour avoir en main le jour J son nouvel ouvrage. Voilà pourquoi je ne m'explique toujours pas que la parution d'Une dernière chose avant de partir ait totalement échappé à la vigilance de mes radars. Quelle ne fut donc pas ma surprise d'en découvrir l'existence à quelque quatre semaines de la date officielle ! Et mon plaisir de me le voir offrir en avant-première, réduisant d'autant une attente déjà écourtée par mon inattention.

    Depuis Le livre de Joe, chacun des livres de Tropper a été un véritable enchantement. De Perte et fracas à C'est ici que l'on se quitte en passant par Tout peut arriver, pas une fausse note, ni même un bémol, si ce n'est l'incompréhensible absence de traduction en français de Plan B, le tout premier roman du prosateur - je jette ici ma bouteille non pas à la mer mais au Fleuve Noir... Et ce n'est pas de ce nouvel opus tropperien que viendra le premier couac ! Une dernière chose avant de partir est tout ce qu'il y a de plus à la hauteur des espérances des aficionados et saura assurément convertir les non-initiés.

    Fidèle conteur de la lose, incomparable enchanteur de la galère, Jonathan Tropper offre au lecteur son nouvel anti-héros, Silver, sur un plateau d'argent. Rockeur déchu, mari plaqué et père minable, sa femme va se remarier, sa fille à peine majeure est enceinte, il vit dans un motel pourrave entouré de piteux potes et arrondit les fins de mois à la Banque du sperme. Alors quand on lui apprend, après son attaque, qu'il a le choix entre le billard ou le corbillard, il décide de plaquer sa lamentable existence en utilisant le temps qui lui reste à être un homme meilleur...

    Un vaste programme aussi irrésistible qu'émouvant. Émaillé de son art consommé de la réplique, le récit de Tropper explore une fois encore toutes les facettes de l'individu : de l'honneur à la lâcheté, de la force à la faiblesse, du devoir à l'irresponsabilité, etc. C'est parce que Tropper semble connaître la nature humaine à la perfection qu'il parvient à élaborer des textes vrais et vraiment bons.

    Alors certes, l'on retrouve de livre en livre la recette du Loser magnifique et de nombreux thèmes sont récurrents (crise de couple, familiale ou existentielle, maladie, dépression, deuil...). Pour autant, aucune redite, Tropper se réinvente à chaque histoire et transcende les sujets les plus dramatiques pour en faire des aventures désopilantes, décalées mais jamais loufoques. Son authentique talent est de traiter les choses profondes avec légèreté et de trouver l'étincelle de vie, la lueur d'optimisme dans les situations les plus désespérées. Pour ce faire, il bouleverse le lecteur en visitant l'entière palette des émotions.

    Bref, on ne s'en lasse pas. La littérature américaine n'a nul besoin d'un nouveau souffle mais Jonathan Tropper est si époustouflant qu'il relève le défi de se singulariser dans un paysage littéraire riche et varié. Il est urgent de le (re)découvrir !

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    Extraits :

    Mais tout ça appartient au passé et aujourd'hui, c'est mardi, huit ans et d'innombrables erreurs plus tard. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Silver a maintenant quarante-quatre ans, il n'a plus vraiment la forme, et il est déprimé - encore qu'il se demande si, quand on a toutes les bonnes raisons de l'être, on peut encore appeler ça "dépression". Peut-être en ce cas est-on tout bêtement triste, accablé d'un sentiment de solitude ou de la conscience douloureuse et permanente du vide laissé par tout ce qu'on a perdu, sans espoir de le retrouver un jour.

    Et donc, puisque nous sommes mardi, Silver et Jack se rendent à leur séance de branlette.

    ...

    Jack lui décoche un petit sourire rusé, celui qui sous-entend Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même. Celui qui, en général, donne envie à Silver d'enfoncer son index dans l'orbite de Jack et de l'enrouler derrière le nez pour le faire ressortir par l'autre orbite, créant ainsi une poignée bien pratique pour lui arracher la gueule.

    ...

    Cela fait un bail maintenant qu'il est seul, plus de sept ans. À un moment donné, la solitude devient moins un mal qui vous ronge qu'une habitude. Avec le temps, on cesse de contempler son téléphone en s'étonnant de ne pas savoir qui appeler, on arrête d'aller chez le coiffeur, de faire du sport, de penser que demain sera le premier jour du reste de notre vie. Parce que demain sera comme aujourd'hui, qui est comme hier, et hier, on s'est pris une sacrée claque qui nous a laissés à genoux. La seule façon de demeurer sain d'esprit, c'est de faire une croix sur tout espoir d'amélioration.

    ...

    Regardez leurs yeux, regardez comme ils bougent, comme ils rient. Ils débordent de cet... appétit sexuel que les hommes n'ont pas encore saccagé. Elles nous aiment encore. Elles ont au moins mille baises devant elles avant de se transformer en femmes aigries et cyniques qu'elles finiront toutes par devenir.

    ...

    Quand on vit seul, on a tout le temps de réfléchir. On ne parvient pas forcément à des conclusions, car la sagesse repose avant tout sur l'intelligence et la conscience de soi, et non sur un trop-plein de temps libre dont on ne sait que faire. En revanche, on devient très fort dans l'art de s'empêtrer dans les méandres du désespoir en moitié moins de temps qu'il n'en faudrait à une personne normale.

    ...

    Quand on se sait mourant, le regard opère une mise au point, et tout nous apparaît avec une netteté inédite. Comme si le monde, décrassé et astiqué, se mettait à resplendir, que ses moindres détails, ainsi mis en exergue, collaient à notre flux de conscience et qu'à force d'être sollicité dans toutes les directions à la fois, notre cerveau n'abritait plus qu'un magma d'associations libres.

    ...

    Y a-t-il une réelle différence entre être et ser croire comblé ?

    ...

    Nous sommes tous des clichés, songe Casey. Nous nous conformons tous à des scénarios qui ont été écrits et joués bien avant que nous décrochions le rôle.

    ...

    Il voudrait que sa vie dure éternellement et que ce soit déjà terminé afin de savoir ce qui va se passer ensuite.

    ...

    Elle sait ce qu'est la solitude. Il le voit, comme seul le peut quelqu'un qui l'a connue aussi, à cette imperceptible crispation dans son expression, qui vient de trop de repas et de séances ciné en solitaire, de trop de temps consacré à de vaines introspections, à regretter un passé impossible à défaire. C'est quelqu'un qui est prêt à être aimé, pense-t-il.

  • Si j'étais un livre de José Jorge Letria et André Letria

    Éditions La joie de lire - 60 pagessi j'étais un livre.jpg

    Présentation de l'éditeur : Une réponse à la première personne : « Si j'étais un livre... » Que ferions-nous sans le livre et la lecture ? Une question qu’il est toujours bon de rappeler. Un hymne à la lecture sous toutes ses formes.

    Traduit du portugais par Dominique Nédellec.

    Ma note :

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    Album cartonné : 14 euros

    Un grand merci à Babelio et aux Éditions La joie de lire pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Mon ressenti au sortir d'une lecture est rarement mitigé. Pour faire simple, pour ne pas dire simpliste, j'aime ou je n'aime pas. Mais l'analyse de Si j'étais un livre nécessite d'être nuancée...

    La lectrice passionnée que je suis a pris un plaisir énorme à la découverte de cet album jeunesse délicat et intelligent. Souligné par des dessins d'une élégance épurée, le texte, tout en finesse, est un hymne sincère et profond à la lecture ainsi qu'à l'objet livre (n'en déplaise aux défenseurs acharnés du numérique). Cet album illustré ne peut que trouver écho retentissant chez les liseurs et les bibliophiles.

    Mais.

    Si j'étais un livre est un ouvrage destiné aux enfants, préconisé par l'éditeur dès 8 ans. C'est là où, à mon sens, le bât blesse. D'une part, je trouve qu'il est un peu trop facile pour cet âge techniquement parlant. Cela étant dit, les niveaux de lecture sont très variables d'un enfant à un autre alors pourquoi pas... En revanche et quelle que soit la maîtrise de "déchiffrage" du lecteur en herbe, le texte ne m'apparaît pas vraiment adapté à une cible relativement débutante en la matière. Il me semble qu'à ce stade de l'apprentissage, il est nécessaire de donner envie au lecteur, de le divertir. Or, lire sur le lire n'est pas franchement ludique, ni franchement captivant quand il est encore trop tôt d'un point de vue de l'expérience pour avoir de la distance sur cette passion.

    En conclusion, cet album magnifique est davantage destiné aux grands amoureux de la lecture et du livre qui souhaitent transmettre leur engouement. Mais pas sûr que l'intensité soit partagée...

    Ils en parlent aussi : Metaphorebookaddict, Laura.

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    Six milliards de visages de Peter Spier

    Extraits :

    Si j'étais un livre, je demanderais qu'on ne se serve pas de moi seulement pour décorer les étagères.

    ...

    Si j'étais un livre, j'aimerais être lu jusqu'à pas d'heure par quelqu'un qui, en silence, m'appellerait "mon ami".

    ...

    Si j'étais un livre, je n'aimerais pas qu'on me lise seulement par obligation ou pour suivre la mode.

    ...

    Si j'étais un livre, j'aimerais rendre les gens heureux à toute heure et en tout lieu.

    ...

    Si j'étais un livre, j'aurais toujours le doux parfum d'un jour sans date, d'un jour unique !

    ...

    Si j'étais un livre, je voudrais être une arme efficace et douce pour tuer à jamais le désir de guerre.

    ...

    Si j'étais un livre, j'aimerais entendre quelqu'un dire : "ce livre a changé ma vie".

  • Coup de foudre à Austenland de Shannon Hale

    coup de foudre à austenland.jpgSortie ce jour en librairie.

    Éditions Charleston - 260 pages

    Présentation de l'éditeur : Jane Hayes est une jeune New Yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret : son obsession secrète pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l’adaptation de la BBC de Pride and Prejudice. Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant : aucun homme n’est à la hauteur de la comparaison. Quand une riche parente lui laisse en héritage un séjour de trois semaines dans un centre chic pour les Austen-addicts, les fantasmes de Jane impliquant une rencontre fortuite avec un héros tiré tout droit de l’époque de la Régence deviennent un peu trop réels. Cette immersion dans cet Austenland réussira-t-elle à débarrasser Jane de son obsession pour lui permettre de rencontrer un vrai Mr Darcy ?

    Traduit de l'anglais par Julia Taylor.

    Ma note :

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    Broché : 17 euros

    Un grand merci aux Éditions Charleston pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première.

    Combien sommes-nous à avoir été contaminée par nos lectures, notamment celles de Jane Austen ? Forcément, après de telles histoires, difficile pour ces messieurs de souffrir la comparaison d'avec un Darcy ou encore un colonel Brandon ! Mais de là à parasiter complètement sa vie sentimentale, il y a un pas...

    Jane Hayes, elle, est de ces femmes dont l'idéalisation absolue les empêche de profiter concrètement de leurs histoires de coeur ; contrarie même toute relation tant elles versent dans une analogie pathologique.

    Face à cet état de fait plutôt inquiétant pour l'avenir amoureux de la jeune femme, sa grand-tante Carolyn décide, avant de passer l'arme à gauche, de coucher Jane sur son héritage d'une façon plutôt inattendue : afin de la désintoxiquer, de la débarrasser de son obsession pour le ténébreux Darcy sous les traits du sexy Colin Firth, elle l'envoie en séjour à Austenland.

    Austenland, c'est une maison d'hôtes, un jeu de rôle grandeur nature. Mais qui sont les acteurs et qui sont les invités ? Cette immersion dans l'univers austenien permettra-t-elle à Jane d'être davantage ancrée dans la réalité ? C'est ce que Shannon Hale nous propose de découvrir avec beaucoup de suspens, d'humour et d'émotions.

    Cette comédie romantique dont l'intrigue vise à libérer la protagoniste de ses fantasmes a véritablement chatouillé les miens. Alors concrètement, où se trouve ce fameux Austenland ? Et si ça n'existe pas encore, pour quand est-ce prévu ? Non, parce que là, j'ai une envie urgente, furieuse, de porter de jolies toilettes, de sacrifier au rituel du thé, de jouer au whist et de me lancer dans les préparatifs du prochain bal !

    En somme, une lecture très amusante... mais dangereusement addictive. L'univers de la grande dame des lettres anglaises n'en finit décidément pas d'inspirer de nombreux auteurs, pour notre plus grand plaisir !

    La seule faiblesse de ce texte est sa jaquette. Cette couverture illustrée résolument marquée modernité version chick lit manque cruellement à mon sens d'une forte évocation victorienne. Mais gageons que le bandeau rouge flashy signé Stéphanie Meyer clamant haut et fort "Adorable ! Le meilleur hommage à Jane Austen !" saura pallier cette légère défaillance. La célèbre auteur de Twilight s'est d'ailleurs lancée dans la production cinématographique de ce livre, qui devrait sortir fin 2013, courant 2014 sur les écrans. Avis aux adeptes des adaptations.

    La vraie cerise sur le gâteau, du haut de mon impartiale subjectivité, étant la présence dans le rabat de la troisième de couv' de MON commentaire SIGNÉ ! Plus près de toi ma Jane Austen...

    Bref, je ne vous dirai pas si Jane est soignée mais moi, cette lecture m'a rendue complètement malade. JE. VEUX. ALLER. À. AUSTENLAND. Et pas qu'une fois ! Si le concept existait, je ne me contenterais pas de ne vivre qu'Orgueil et préjugés par procuration. À moi toutes les aventures de toutes les héroïnes de Lady Austen, à commencer par Persuasion, Sanditon et Mansfield Park. Mais en attendant ou à défaut, Coup de foudre à Austenland est un délicieux dérivatif qui saura réenchanter un instant toutes les Janéites et convaincre les béotiennes de partir à l'assaut de la version originale, unique et irremplaçable.

    Ils en parlent aussi : Julie, Lady K, Moonshine, Pandora.

    Vous aimerez sûrement :

    Sanditon de Jane Austen et tous ses romans.

    Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

    Les filles de Mr Darcy d'Elizabeth Aston

    La mort s'invite à Pemberley de P.D. James

    La tétralogie d'Anna Godbersen : Rebelles, Rumeurs, Tricheuses et Vénéneuses

    Demain, j'arrête ! de Gilles Legardinier

    L'escapade sans retour de Sophie Parent de Mylène Gilbert-Dumas

    Extraits :

    À Colin Firth,

    Vous êtes un type génial, mais je suis mariée,

    Je pense que nous devrions seulement être amis.

    ...

    À trente ans passés, une femme était bien trop vieille pour perdre son temps à rêver d'un personnage de fiction ayant vécu deux cents ans plus tôt au point de laisser ses fantasmes prendre le pas sur sa vie réelle et amoureuse.

    ...

    Quelques années auparavant, elle avait tenté de commencer une psychothérapie et, même si elle avait ensuite décidé que ce n'était pas fait pour elle, elle en était arrivée à une conclusion : dès son plus jeune âge, elle avait appris à aimer grâce à Jane Austen. Malgré son immaturité, elle avait compris que, dans le monde d'Austen, un simple flirt n'existait pas. Chaque histoire d'amour devait mener au mariage, chaque flirt n'était qu'un moyen pour trouver un partenaire avec qui passer le reste de sa vie. Donc, pour Jane, chaque fois qu'une histoire se terminait et qu'il restait un petit espoir - même infime -, c'était aussi douloureux qu'un divorce. Un peu extrême, non ?

    ...

    Vous êtes une jeune femme célibataire et ne devrez donc jamais être seule avec un homme sans chaperon, sauf à l'extérieur tant que vous êtes en mouvement, à cheval, à pied ou en calèche. Pas de contact physique à l'exception des obligations liées aux bonnes manières, comme par exemple prendre la main d'un homme lorsqu'il vous aide à descendre d'une calèche ou son bras lorsqu'il vous accompagne à la salle à manger pour le diner. Vous ne parlerez de rien de personnel ou d'intime. J'ai cru comprendre, par mes conversations avec d'anciennes clientes, que, lorsqu'une romance naît dans ce cadre très restrictif, elle n'en est que plus passionnée.

    ...

    Les ruptures avaient effacé tous les bons moments. Dans sa mémoire, les rires disparaissaient, les personnalités de ses divers petits amis se fondaient les unes dans les autres, les vacances et week-ends se brouillaient et lui semblaient avoir duré deux minutes. Toute la relation se condensait et se reformait dans son esprit pour ne plus comporter que la fin.

    ...

    Plus elle trouvait d'anachronismes, plus il lui était difficile de prétendre que toute cette histoire n'était autre chose que la réalisation d'un fantasme pour célibataire pathétique.

    ...

    Si Jane avait été le genre de personne à chercher des signes dans ce qui l'entourait, elle aurait dit que la pièce semblait trembler d'anticipation, comme si quelque chose d'important se préparait. Mais elle n'était pas comme ça.

    ...

    - Alors, vous êtes capable de deviner la valeur, le mérite et la noblesse d'une personne d'un simple regard ? demanda Jane qui avait de plus en plus de mal à garder son calme.

    - Vous non ? répondit-il avec une lueur de défi dans le regard. Pouvez-vous vraiment m'affirmer que, dès les premiers instants où vous avez rencontré chaque personne présente dans cette pièce, vous n'avez pas formé de jugement sur leur caractère que jusqu'à présent vous n'avez pas remis en doute ?

    Elle eut un petit sourire.

    - Vous avez raison, monsieur. Cependant, j'espère bien que, dans un cas du moins, ma première impression s'avèrera erronée.

    ...

    Ces derniers temps, j'ai l'impression de ne plus savoir qui je suis et je pensais qu'en venant ici j'arriverais peut-être à me retrouver.

    ...

    Quelqu'un à embrasser et qui lui donnait l'impression d'être belle et sexy. Quelqu'un qui n'insistait pas pour qu'elle lui donne plus que ce qu'elle était prête à donner, qui lui permettait de vivre des moments de perfection, qui lui donnait envie de sourire au lieu de sans cesse se projeter dans un futur qui n'arriverait jamais.

    ...

    Après toutes les heures qu'elle avait passées à rêver de vivre au temps de Jane Austen, voilà qu'elle y était et qu'elle ne rêvait que de normalité. Quelle ironie !

    ...

    Les fantasmes sont l'opium des femmes.