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littérature - Page 6

  • Dernières nouvelles du front sexuel d'Ariane Bois

    culture,littérature,livre,nouvelles,sexe,érotiquel'Éditeur - 227 pages

    Présentation de l'éditeur : Échangisme, sex toys, sites de rencontres coquines, épilation intégrale, couple à trois, amour sur internet, libido version bio... Tous les jours, nous sommes bombardés de conseils, de recettes, de nouveaux concepts concernant ce que nous avons de plus intime, notre sexualité. Nous serions censés tout essayer, même le plus ridicule, même le plus hard, afin de nous montrer modernes. Mais que se passe-t-il vraiment quand on décide d'adhérer à ces nouveaux diktats et de passer à l'acte ? Parfois graves, souvent drôles, pétillantes ou tendres, ces 80 chroniques à picorer nos plongent dans le monde très secret de nos grandeurs et servitudes sexuelles !

    Ma note :

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    Broché : 15 euros

    Un grand merci à l'Éditeur pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Avec un tel titre et pareille couverture, il est légitime d'envisager un contenu licencieux. De l'érotisme à la pornographie, il y a pourtant un fossé que nombre de lecteurs ne sont pas prêts à franchir. Qu'ils se rassurent, l'élégance suggestive de la photo choisie pour la jaquette, signée de l'incomparable Helmut Newton, annonce et tient la promesse d'une verdeur de verbe à mille lieues d'un ton obscène.

    C'est donc un recueil de nouvelles que propose ici Ariane Bois, spécialisée dans les sujets de société, grand reporter de sa fonction. Et c'est bien là que le bât blesse...

    Les quelque quatre-vingt chroniques abordent la sexualité contemporaine d'une plume analytique très (trop) journalistique, là où la tonalité littéraire aurait servi le genre, délicat à traiter, toujours sur la corde raide entre ridicule et vulgarité. Les textes sont d'ailleurs tellement courts - au maximum trois pages - qu'ils s'apparentent davantage à des articles qu'à des nouvelles. L'auteur reconnaît du reste s'être largement inspirée des témoignages de la presse féminine avec laquelle elle collabore. Si l'on ajoute à cela que les scènes truculentes, émoustillantes ou émouvantes escomptées sont en fait une succession de déboires, ratages et autres catastrophes de couples, trios ou autres combinaisons, l'on tombe carrément dans le voyeurisme pathétique.

    Sous couvert donc de décrypter les moeurs sexuelles modernes et de dénoncer entre les lignes les oukases du dessous de la ceinture que beaucoup se contraignent, si ce n'est à adopter, du moins à essayer parce que c'est tendance, Ariane Bois livre des instantanés fadasses que l'on se lasse très vite de picorer. Certes, la plume aguerrie est précise, parfois espiègle, mais de manière générale assez froide, les saynètes plates et les chutes décevantes. Ni émotion ni excitation ne sont au rendez-vous, les libidos en berne le resteront après cette lecture.

    Il y a fort à parier que l'auteur s'est beaucoup amusée à croquer les infortunes scrabreuses des convertis (soumis) aux diktats. Pour ce qui est du lecteur, il en va autrement. La ronde de personnages et de pratiques dépeintes induisent une inévitable identification. Est-ce suffisant, surtout quand elle remet en mémoire des personnes ou moments que l'on préfèrerait oublier ?

    Malgré et peut-être à cause de l'évident parfum d'authenticité, l'ensemble manque définitivement de fantaisie, de piquant et est aussi ennuyeux que la routine. Disons qu'il rappelle si besoin était qu'entre certains fantasmes et la réalité, il y a un pas qu'il vaut souvent mieux ne pas franchir. Bref, Dernières nouvelles du front sexuel enfonce, mollement, une porte ouverte. Décevant.

    L'interview de l'auteur.

    Ils en parlent aussi : BookShellFairy, Laurence, Alfred.

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    Extrait :

    L'acte d'amour est toujours une confession.

    Albert Camus

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, troisième sélection

    Après une première et une deuxième sélection des premiers romans à paraître en cette rentrée littéraire 2013 consultable en un clin d'oeil, voici le troisième volet de présentation des 86 plumes jamais lues qui deviendront, peut-être et c'est bien tout le mal qu'on leur souhaite, les best seller de demain...

    Aux Éditions de la Martinière :

    Pour Invalides, changer à Opéra de Stéphane Ronchewski, à paraître le 22 août : Un contrôleur de la RATP encore en formation qui se réjouit d’avoir des collègues et même un chef d’équipe. Un drôle de type qui a envie de manger des huîtres dès 8 heures du matin et pour qui aucun couloir de métro ne ressemble à un autre. Gras et heureux, nous dit-il aux premières lignes du roman. La bouffe et la baise comme leitmotiv. Rêver à tout ce qui pourrait le remplir enfin. Il y a aussi la peinture, le cinéma, la littérature russe. Les choses se compliquent. Qu’est-il donc venu faire là ? Quelle place cherche-t-il à y valider ? Intermittent du spectacle gagnant sa vie confortablement, c’est Pôle emploi qui lui a suggéré cette formation. Il a saisi cette occasion d’oeuvrer six pieds sous terre dans un costume vert (ce qui est un comble pour un comédien) tout en divisant ses revenus par quatre. "Je m’offrais le luxe inouï de changer de vie. Je changeais absolument de conversation, d’esthétique, de femmes, de costume, de peau. Je m’aérais la tête beaucoup plus sûrement que si j’avais été dans les Alpes. Je changeais de caste, je quittais le monde". Pour Invalides, changer à Opéra est un premier roman plein de sincérité, de générosité et d'humour. La voix de son narrateur allie fantaisie et gravité pour nous dire l’intersection des mondes et la difficulté à trouver sa place.

    Aux Éditions Stock :

    Palladium de Boris Razon, à paraître le 21 août : « Tu sais, je n’arrive pas à comprendre où et quand commençait la réalité, ce sarcophage où je suis enfermé, les résultats médicaux, le rien de ma vie. Et cet autre monde, ces autres mondes où je vivais. J’étais plongé dans des nuits multiples, comme des labyrinthes d’où je devais m’extraire. Je devais trouver la sortie. Je la savais en moi, quelque part. »

    Aux Éditions Belfond :

    Chambre 2 de Julie Bonnie, à paraître le 14 août : La naissance : le plus beau moment de la vie et pourtant... Lorsqu'elle ouvre les chambres de la maternité où elle travaille comme puéricultrice, Béatrice doute de l'existence qu'elle a choisie. Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes. Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d'autres encore, compagnons d'une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale.  Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l'hôpital. Un hommage poignant au corps des femmes, et un regard impitoyable sur ce qu'on lui impose.

     Aux Éditions Fayard :

    Aime la guerre ! de Paulina Dalmayer, à paraître le 2 septembre : En 2010, guidée par Kessel et Bouvier, Hanna s’envole vers l'Afghanistan. Kaboul offre mille sujets : corruption et désert institutionnel, trafic, bavures des armées régulières et coups tordus confiés à des sociétés privées. Mais enquêter implique de côtoyer aussi les aventuriers qu’un autre genre d’ambition attire vers les régions du monde sous tension. Or Hanna aime les hommes aux manches retroussées. Qu’ils aient un revolver dans la poche et dorment sur un matelas rempli de billets ne la dérange pas. À compter de sa rencontre avec Robert, ancien mercenaire, et Bastien, ancien agent de renseignement, le séjour d’Hanna prend une autre tournure. Les deux hommes n’entravent en rien son goût extrême pour la vérité, son plaisir diabolique à relever les contradictions. Au contraire, il suffit d’entrer dans leur sillage pour tout voir, tout comprendre, même à leur insu. Mais près d’eux Hanna découvre que son penchant pour les hommes odieux et formidables cache une fascination pour le mode de vie qu’impose un pays en guerre. Quand les pires moments sont aussi les meilleurs. Quand on a l’impression de danser sur un volcan. Alors ne faudra-t-il pas qu’elle s’en détache ? Que l’intelligence l’emporte sur l’instinct ? Ce qu’ils vivent est homérique. Mais elle est la seule à en avoir pleinement conscience et à pouvoir le raconter. Si la passion pour la guerre ne cesse jamais de troubler la narratrice, au moins lui permet-elle d’en révéler toutes les facettes. La guerre et ceux qui la font, l’orchestrent ou en meurent, la guerre dont Paulina Dalmayer décrit l’énergie archaïque avec le raffinement intellectuel de la Mitteleuropa.

    Lamb de Bonnie Nadzam, à paraître le 4 septembre : Dans la banlieue de Chicago, là où les impasses résidentielles s’achèvent sur le mur qui protège l’autoroute, Tommie, onze ans, des dizaines de taches de rousseur et une mère qui ne la surveille pas, rencontre Lamb, la cinquantaine et qui traverse une mauvaise passe. On ne saurait parler d’amitié entre deux êtres séparés par une telle différence d’âge. D’emblée Lamb endosse le rôle d’une sorte de jeune grand-père, ou de vieil oncle, un peu pontifiant, un peu donneur de leçons. Mais, des leçons, la fillette n’en a sans doute pas reçu assez, et elle écoute Lamb avec plaisir lorsqu’ils se donnent rendez-vous après l’école pour manger un hot-dog. C’est lui qui suggère qu’ils quittent la ville tous les deux. Il a un chalet dans la montagne, loin, au-delà des grandes plaines du Midwest, où ils pourront vivre au grand air. Elle le soupçonne parfois d’affabuler, pourtant un beau jour ils partent bel et bien. Elle n’a rien dit à ses parents mais ce n’est pas grave. Ce sera leur secret à tous les deux. Ils ne devaient passer que quelques jours ensemble, ils resteront au chalet plusieurs semaines. Parfois Tommie doit se cacher dans l’atelier, afin que les rares visiteurs qui troublent leur retraite n’aillent surtout pas se faire des idées. Et, seule, dans le froid, elle tente de se persuader que Lamb, en toutes circonstances, n’agit que pour son bien.

    Aux Éditions du Seuil :

    Le Produit de Kevin Orr, à paraître le 22 août : Le narrateur, âgé d’une trentaine d’années, vit à Paris. Son obsession, c’est le Produit. Il s’efforce de ne pas y songer, mais sans cesse revient en lui la sensation de manque. Il faudrait pouvoir penser à autre chose. Changer d’air. Départ pour New York, chez un couple d’amis qui font office de parents adoptifs depuis l’enfance. Ils sont un peu effrayés de le trouver dans cet état, ils le connaissent pourtant depuis longtemps. Quelques jours à la campagne, au bord de l’Hudson, puis retour à New York, puis Paris de nouveau. Comment se délivrer de ce satané Produit ? Le livre est le journal de bord de cette souffrance créée par le manque, peu à peu compensée par l’écriture. Notamment celle de morceaux romanesques où l’on échappe miraculeusement mais provisoirement à l’obsession du Produit. La littérature prend alors une dimension cathartique, elle seule semble à même de sauver l’auteur, dans une langue nerveuse, irritée, violente, presque syncopée.

    Idiopathie. Un roman d'amour, de narcissisme et de vaches en souffrances, à paraître le 22 août : Idiopathie idjopati n. f. : Maladie ou état qui apparaît spontanément ou dont la cause est inconnue. Qui va mal dans le roman de Sam Byers ? Tout le monde, à commencer par Katherine, qui n’aime rien ni personne, et surtout pas elle-même. La trentaine, coincée dans un job minable, enchainant les déceptions amoureuses, elle se demande s’il n’est pas temps de tirer un trait sur le bonheur en général. Ou bien Daniel, son ex, qui vit confortablement avec sa nouvelle petite amie et occupe un poste important dans une unité de recherche biologique. La vie en rose, peut-être, mais sous la perfection des apparences, quelque chose cloche sérieusement. Ou encore Nathan, qui fut leur ami et qui se remet d’un séjour en hôpital psychiatrique, épisode douloureux dont sa mère s’est emparée sans scrupule pour écrire un témoignage en passe de devenir un best seller. Idiopathie est une comédie cinglante qui dresse le portrait d’une génération – les trentenaires des années 2000 – et d’une société à la dérive. Styliste hors pair et maître dans l’art de l’autodérision, Sam Byers dissèque les failles d’une époque qui se laisse aller à la mélancolie, même si ce n’était guère mieux avant.

    Aux Éditions Buchet/Chastel :

    La fabrique du monde de Sophie Van Der Linden, à paraître le 22 août : Et je me vois là, dans tout ça. Une petite chinoise de dix-sept ans, une paysanne, partie à l'usine parce que son grand frère entrait à l'université. Quantité des plus négligeables, petite abeille laborieuse prise au piège de sa ruche. Enfermée là pour une éternité. Aujourd'hui en Chine. Mei, jeune ouvrière de dix-sept ans vit, dort et travaille dans son usine. Elle rêve aussi. Confrontant un souffle romantique à l'âpre réalité, La Fabrique du monde est une plongée intime dans un esprit qui s'éveille à l'amour, à la vie et s'autorise, non sans dommage, une perception de son individualité.

    Aux Éditions Kero :

    Ta gueule ! On tourne de Jade-Rose Parker, à paraître le 29 août : Un premier roman alerte et drôle qui brosse un portrait hilarant, tendre et gentiment moqueur du monde du cinéma. Michel, Karen et François sont trois amis en constat d'échec. Michel rêve de devenir réalisateur mais son scénario est refusé pour la énième fois. Karen, séduisante jeune femme, enchaîne castings et projets minables tandis qu'elle aspire à une carrière d'actrice hollywoodienne. Quant à François, ses montages financiers frauduleux l'ont mené à la faillite, sa femme l'a quitté, et il s'apprête à se pendre dans son appartement bourgeois dont les meubles ont été saisis. Ces trois-là n'ont plus rien à perdre et c'est forts de ce capital qu'ils s'associent dans une entreprise insensée : kidnapper les six plus grandes stars du cinéma pour les obliger à jouer dans le film de Michel, dont Karen sera la vedette et François, le producteur. Un plan en béton. Mais tout ne se passera pas comme ils l'avaient prévu : entre revendication syndicale, caprice de star, manipulation, séduction et rivalité, le tournage tourne au cauchemar !

    Aux Éditions Calmann-Lévy :

    As-tu jamais rêvé que tu volais ? d'Austin Ratner, à paraître le 21 août : Autriche, 1928. Un jeune homme de vingt-deux ans est injustement accusé du meurtre de son père. Il est la proie d’un système judiciaire gangrené par la corruption et la montée inexorable du nazisme. Albert Einstein et Thomas Mann se portent garants de sa personne. Sigmund Freud est appelé à la barre. La parodie de procès qui s’ensuit va ébranler l’Europe. Bouffée d’espoir et d’onirisme dans un monde hostile et destructeur, ces mots sont ceux qu’adresse depuis sa geôle le jeune Philippe à sa fiancée alors que l’envie de mettre fin à ses jours le taraude. Plongé dans les ténèbres de l’iniquité, de la culpabilité et de la haine de soi, il échappe à la mort grâce à une mobilisation internationale. La vie rejaillit alors plus puissante que jamais, et Philippe s’y accroche, déterminé à s’élancer vers la lumière, cette lumière qu’il emploiera comme d’autres utilisent un pinceau. Il trouvera asile en France, croisera la route de Gide, des surréalistes, avant de s’enfuir pour les États-Unis où l’attend un destin fabuleux – ses collaborations avec Marilyn Monroe, Alfred Hitchcock ou Salvador Dalí sont entrées dans la mémoire collective. De cette force de rebond naîtra l’artiste : Philippe Halsman, photographe de génie, qui mettra son expérience personnelle au service de son art, en faisant sauter les plus grands de son temps. Avec une précision psychologique et une finesse infinies, Austin Ratner nous immerge dans l’enfer personnel de Philippe Halsman. Mêlant la fiction et la littérature aux détails historiques et biographiques, As-tu jamais rêvé que tu volais ? rend un hommage vibrant à l’un des photographes les plus doués au monde.

    Aux Éditions Belles Lettres :

    Manhattan Volcano, fragments d'une ville dévastée de Pierre Demarty, à paraître le 23 août :

    « Le 24 août 79, le Vésuve entre en éruption et ravage Pompéi, faisant plusieurs milliers de morts. Dix-neuf siècles plus tard, un certain mardi matin de septembre 2001, c'est une autre éruption, celle de la violence humaine, qui réduit en poussière une partie de la ville de New York. De ces deux catastrophes que sépare la nuit des temps, dissemblables par nature mais similaires à bien d’autres égards, le souvenir a été conservé par une multitude de témoignages. Dans le cas du Vésuve, aucun sans doute n’est si précis ni éloquent que celui de Pline le Jeune, qui dans deux lettres à l’historien Tacite relate en détail le ciel déchiré par les « immenses langues de feu » du volcan, le « torrent » du brouillard de cendres qui s’abat sur les habitants terrorisés de Pompéi, et la mort exemplaire de son oncle Pline l’Ancien. Reprenant la forme épistolaire choisie par Pline, et se situant tout autant que lui à la frontière ténue du vrai et de la fiction, Manhattan Volcano est un récit du 11 Septembre tel que l’a vécu un jeune Français parti un beau jour à la conquête de New York et qui, sitôt arrivé dans la ville de ses rêves, s’est retrouvé par le plus terrible des hasards confronté à l’inimaginable. Dans quatre lettres adressées à ses proches, datées aussi bien d’avant que d’après le 11 Septembre, depuis le vif de l’événement jusqu’à aujourd’hui même, douze ans après les faits, il tente de raconter l’irracontable – et, ce faisant, interroge la valeur même de la mémoire, sa véracité, sa fidélité, sa nécessité mais aussi ses impasses. Qu’a-t-il vraiment vu, au fond, à New York ce jour-là ? Comment saisir, à l’échelle individuelle, un événement dont l’ampleur dépasse toute dimension humaine ? Pline le Jeune, désirait, en racontant l’éruption du Vésuve, en perpétuer le souvenir, lui donner « en quelque sorte l’assurance de vivre éternellement ». Manhattan Volcano, par-delà les siècles, fait écho à cet irrépressible besoin de mémoire vive face au néant de la destruction : témoignage édifiant de « choses vues », méditation intime et nostalgique, hantée de doutes et d’interrogations, ces lettres composent in fine, plutôt qu’un requiem, un chant d’amour, plein de bruit et de fureur, adressé à la plus volcanique des grandes cités de notre temps, qui à l’image de Pompéi, survit et renaît toujours de ses cendres par la grâce de ceux qui la racontent. »

  • Zalbac Brothers de Karel de la Renaudière

    Éditions Albin Michel - 318 pagesculture,citation,littérature,livre,roman,thriller,finance,biographie,économie

    Présentation de l'éditeur : New York, une très secrète banque d’affaires. Un jeune français venu de nulle part. Une héritière qui hésite sur son destin. L’histoire d’une ascension et d’une chute.

    Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d’une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

    Ma note :

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    Broché : 20,00 euros

    Ebook : 13,99 euros

    Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Zalbac Brothers est un premier roman. De quoi me mettre la puce à l'oreille et surtout l'eau à la bouche.

    Écrit par l'un des directeurs d'une grande banque internationale, il est bien naturel qu'il s'agisse d'un thriller conduisant dans les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Rien de tel que d'écrire sur ce que l'on connaît le mieux pour être au moins crédible. L'auteur s'identifie à son personnage et son parcours d'ailleurs de façon à peine voilée et il prête même le prénom de sa femme à son héroïne.

    C'est donc l'histoire d'un jeune Français ambitieux venu faire fortune à New York et dont on assiste à l'ascencion défiant toute vraisemblance, la chute, les frasques amoureuses, etc.

    Quoique le sujet et l'intrigue soient maîtrisés, Karel de la Renaudière ne parvient pas à rendre son récit réellement excitant. Il y a certes de nombreux rebondissements mais c'est assez manichéen et plutôt prévisible dans l'ensemble. Et bourré de poncifs. Là où le premier roman est promesse du charme d'un auteur qui a mis ses tripes dans ses mots, l'on ne voit ici qu'un assemblage scolaire de techniques rédactionnelles. L'écriture manque d'émotions, le style est direct, les chapitres sont courts, les phrases concises et les dialogues nombreux. L'auteur ne traîne pas sur le rythme (le temps, c'est de l'argent...), ça a un petit goût de bâclé et ça manque de consistance.

    De plus, les personnages sont par trop caricaturaux : le Jean-til, le méchant, le pourri de Bercy, les vilains hedge funds américains, la blonde sulfureuse mais pas tête de linotte et évidemment riche héritière... Un vrai feuilleton à l'américaine !

    Et puis, ce texte est le tableau tristement révélateur, le miroir assez fidèle du fonctionnement actuel de notre monde... En dépeignant ce détestable univers, l'écrivain enfonce une porte ouverte. Particulièrement en ces temps de vaches maigres, il est assez déplaisant d'être encore confronté sur son temps de détente à ses manieurs de gros sous et autres spéculateurs qui s'en mettent plein les poches sur notre dos. Il n'y a même pas la valeur ajoutée de la pédagogie puisque malgré la vulgarisation du secteur et de son jargon complexe auquel aucun non initié ne comprend rien à rien, on n'y voit pas plus clair sur toutes ces manipulations (magouilles ?). Cela dit, ça ne nuit aucunement à la compréhension. L'on joue l'indifférence à la lecture de ces passages et on ne fait de toute façon pas beaucoup d'effort d'entendement tant tout ceci est franchement boring.

    Alors pourquoi ce roman ? Une envie de se déculpabiliser, de s'acheter une crédibilité comme l'auteur le dit lui même dans son texte ? Brosser la fresque d'un univers de requins tout en se donnant le beau rôle, ça manque passablement de crédibilité. Pour parvenir au sommet où il se trouve actuellement, il a bien fallu à Karel de la Renaudière jouer au moins un peu le jeu aux obscures et border line rules.

    Bref, un récit un peu hypocrite qui n'en apprend pas tellement plus mais qui assurément renforce le dégoût qu'évoque cette sphère à tout un chacun. Pas évident de manipuler les lettres comme on le fait avec les chiffres... Sans compter que l'appellation thriller est un brin galvaudée puisque la seule hémorragie est financière. Ni meurtre, ni enquête, ce ne sont que complots, trahisons et vengeances.

    Pour autant, on va facilement jusqu'au bout de cette histoire qui se lit aussi rapidement qu'elle s'oublie. C'est disons une lecture légère pour passer le temps sans trop réfléchir.

    Ce titre évoque évidemment Tom Wolfe et Le bûcher des vanités ou dans le registre de la bande dessinée Dantès de Boisserie, Guillaume et Juszezak. Difficile de s'imposer aux côtés de telles références... Et pour les gens du milieu, la lecture doit être aussi jubilatoire que celle des gens de la pub à la lecture de 99 F de Frédéric Beigbeder mais pour les autres, les private joke et les dénonciations à peine déguisées sont insaisissables donc sans intérêt.

    Ils en parlent aussi : CC Rider, Mika, Strummer.

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    Jour de confession d'Alan Folsom

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    Le blues du braqueur de banque de Flemming Jensen

    Le livre sans nom d'Anonyme

    Cosmopolis de Don Delillo

    Ken Games de J. Robledo & M. Toledano

    Alter ego de P.-P. Renders, D. Lapière et M. Reynès

    Extraits :

    Jean commence à comprendre qu'il évolue dans un univers où les apparences comptent. Les financiers ressemblent tous plus ou moins à Donovan, mais la plupart arrivent à le masquer par un humanisme de bon aloi. Une enveloppe aux oeuvres de charité par-ci, un concert de bienfaisance par-là, une vente aux enchères au profit de la recherche contre le cancer le jour, du mécénat auprès des jeunes artistes le soir. Par ce système, les puissants s'achètent une respectabilité.

    ...

    La vérité, c'est que les projets de fusions qui nourrissent sa hiérarchie sont souvent tirés par les cheveux. Quand les stagiaires passent leurs journées à remplir des tableurs de chiffres et de graphiques, les types placés juste au-dessus s'angoissent pour trouver l'idée du siècle. C'est là que la bât blesse, car souvent, 1 + 1 n'est pas égal à 3, ni même à 2. Si Coca investit dans l'aluminium, vu sa consommation de canettes, tout va bien, 1 + 1 égale 2, voire 2 et demi. Mais quand un géant du maïs rachète une start-up en physique moléculaire transgénique, c'est moins évident. Mais qu'importe, quand les ennuis débarqueront, le banquier responsable de l'opération sera déjà loin. Ce qui compte, ce sont les deals. Ceux qui se font ou pas. Le sésame ? "Done deal !", c'est-à-dire "c'est fait, contrat signé !". Qui se souvient alors, dans l'euphorie de la nouvelle stratégie, que derrière la caverne se cachent souvent les quarante voleurs ?

    ...

    Charmant et cultivé, il reconnaît lui-même qu'un Français éduqué aux techniques américaines sera le mieux placé pour faire la synthèse de la "task force", l'énergie à l'américaine, avec la "french touch", le petit supplément d'âme hexagonal.

    ...

    - On est là pour rattraper tes conneries, reprend Donovan. La une de la presse, c'était pas l'idée du siècle ! Si tu veux étaler en public tes affaires de moeurs, il y a d'autres institutions pour ça. Le FMI par exemple !

  • Premiers romans de la rentrée littéraire 2013, première sélection

    L'été commence à peine que déjà, la rentrée est sur toutes les lèvres. Il n'est évidemment pas question ici de travail mais bel et bien de plaisir. De littérature, évidemment.

    Parmi les 555 romans annoncés dès août - retrouvez les programmes de nombreuses maisons d'édition pour la rentrée littéraire 2013 en un clin d'oeil, recensés progressivement par La lettre du libraire -, 86 seront des premiers romans. Ces premières oeuvres que j'affectionne particulièrement et dont voici un premier aperçu qui sera complété tout au long de l'été. Mon festival du premier roman perso en somme !

    Et si vous donniez une chance aux nouveaux auteurs plutôt qu'aux sempiternelles têtes de gondole lues, relues et pour certaines peu réinventées ? Offrez-vous de l'inattendu, du jamais lu, vous n'êtes jamais à l'abri d'une bonne surprise, à l'image de La couleur des sentiments, La déesse des petites victoires, Le club des incorrigibles optimistes, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ou encore Avant d'aller dormir pour ne citer que certains des plus vendus des premiers romans. Qui sait combien de futurs best sellers se cachent derrière ces nouvelles plumes... ?

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    Aux Éditions Philippe Rey :

    Le bruit de tes pas de Valentina d'Urbano, à paraître le 5 septembre : « La Forteresse », 1974 : une banlieue faite de poussière et de béton, royaume de l’exclusion. C’est là que grandissent Beatrice et Alfredo : elle, issue d’une famille pauvre mais unie, qui tente de se construire une vie digne ; lui, élevé avec ses deux frères par un père alcoolique et brutal. Presque malgré eux, ils deviennent bientôt inséparables au point de s’attirer le surnom de « jumeaux ». Mais ce lien, qui les place au-dessus de leurs camarades, tels des héros antiques, est à la fois leur force et leur faiblesse. Car, parallèlement à la société italienne, touchée par la violence des années de plomb, leur caractère, leur corps et leurs aspirations évoluent. Chez Beatrice, qui rêve de rédemption et d’exil, l’amitié initiale se transforme peu à peu en amour sauvage, exclusif. Chez Alfredo, fragile et influençable, le désespoir s’accentue. Drames familiaux, désoeuvrement, alcool et drogue, tout semble se liguer pour détruire les deux jeunes gens. Et, quand l’héroïne s’insinue dans la vie d’Alfredo, Beatrice, tenace, ne ménage pas ses forces pour le sauver, refusant de comprendre que la partie est perdue. Le bruit de tes pas est le récit de ces quinze années d’amitié et d’amour indéfectibles. Un premier roman âpre d’une sobre poésie, une voix qui perdure longtemps dans l’esprit de son lecteur.

     Aux Éditions Gallimard :

    Comme Baptiste de Patrick Laurent, à paraître le 22 août : Baptiste, jeune informaticien passionné d’Intelligence Artificielle, vient d’apprendre que son père, linguiste renommé, veuf et dépressif, n’est pas son père. En effet, sa mère, morte deux ans plus tôt, a eu recours à une insémination avec donneur. Dès lors, le jeune homme est pris d’un désir frénétique de connaître ce géniteur anonyme, qu’il appelle son Bio. Il se lance dans une quête parsemée d’embûches et de rencontres inattendues. Dans son esprit déferlent la Conscience, le Réel, l’Identité, la Mort, tels les quatre cavaliers de l’Apocalypse... Sur des thèmes très actuels – la perte des repères identitaires liés aux progrès des sciences biologiques, les limites de la paternité et de la filiation… –, Patrick Laurent offre un récit fiévreux, enchaînant les péripéties avec virtuosité sur un arrière-plan métaphysique qui interroge profondément l’imaginaire contemporain.

     Aux Éditions Grasset :

    Immortelles de Laure Adler, à paraître le 2 septembre : Une nuit d’été, la narratrice se réveille, submergée par une vague de souvenirs qu’elle croyait enfoui dans l’oubli. Sous ses yeux défilent alors les vies des trois amies avec qui elle a grandi, trois femmes aux destins poignants, trois parties d’elle aussi, qu’elle rassemble soudain. Il y a Florence, « la collectionneuse » d’hommes, rencontrée à Avignon parmi la foule venue applaudir Vilar et Béjart. Suzanne, l’affranchie avec qui elle part à Barcelone goûter aux plaisirs d’une existence risquée. Il y a Judith, enfin, l’enfant de Buenos Aires, dont le passé remonte jusqu’au ghetto de Varsovie et que le destin a ramenée à Paris. Un hymne à l’amitié féminine.

    Les cent derniers jours de Patrick McGuiness, à paraître le 2 septembre : Un jeune professeur est nommé en Roumanie en remplacement d'un confrère. Nous sommes trois mois avant la chute de Ceausecu, mais cela, il ne le sait pas. Guidé par Leo, un trafiquant au marché noir, il découvre un pays où tout est rare et rationné, de l'électricité à la liberté. Les seules choses qui prospèrent sont l'ennui et les petits arrangements. Tout le monde espionne tout le monde, on ne sait à qui l'on peut faire confiance. Ce roman que Graham Green n'aurait pas renié est celui de la déliquescence des vieilles dictatures qui tombent comme des fruits pourris. Et, au milieu de cette dangereuse morosité, survient l'amour pour une jeune femme qui va tout modifier.

    Georgia de Julen Delmaire, à paraître le 2 septembre : Venance, un jeune Sénégalais, se retrouve travailleur sans papiers dans une France en crise où il n’a pas sa place. Il rencontre, l’espace de quelques nuits, Georgia, une jeune femme toxicomane à la beauté ambigüe. Les deux marginaux se frôlent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur où Georgia va livrer ses secrets, exhumer les trésors dérisoires de son enfance. Georgia parle et, de sa voix jaillissent des paysages : le bocage de sa Normandie natale, le Sud profond, le bayou, les champs de coton infinis. Plus qu’une héroïne, Georgia est une chanson qui passe de bouche en bouche, une paumée sûrement, une sainte peut-être''. Aux côtés des deux protagonistes, une foule de personnages dressent le portrait d’une société où la détresse sociale n’a pas encore tué l’entraide. Veillé par la musique crépusculaire de Joy Division, ce roman est un requiem rock, un oratorio poétique pour tous les corps qui luttent, résistent et finissent par tomber dans l’indifférence d’une époque trop étroite. « La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesman reprend son souffle. La chanson passe de bouche en bouche. L'amour, l'amour nous déchirera à nouveau. »

     Aux Éditions Belfond :

    Le doux parfum du scandale de Annalena McAfee, à paraître le 5 septembre : Deux femmes, deux générations, deux visions du journalisme. Une peinture corrosive du milieu de la presse londonienne portée par un style et une construction remarquables.

     Aux Éditions Buchet/Chastel :

    Sauf les fleurs de Nicolas Clément, à paraître le 22 août : Marthe a douze ans, elle vit à la ferme avec ses parents et son petit frère Léonce. Son père est un homme mutique et violent, mais les bêtes sont là qui réconfortent ; l’amour de la mère et l’enfance de Léonce font tout le bonheur de vivre. Marthe a seize ans, elle rencontre Florent. Les jeux d’enfant ont fait place aux premières amours, à la découverte que les corps et les êtres peuvent aussi être doux. Un jour, Marthe enseignera aux autres la richesse des mots dont le père veut la priver, le bonheur de lire et d’inventer d’autres réalités. Marthe a dix-huit ans, et le drame se produit. Les fleurs sont piétinées, sa vie vole en éclats, mais la catastrophe laisse intact l’amour de son frère et celui des mots : «Aujourd’hui, il me reste peu de mots et peu de souvenirs. J’écris notre histoire pour oublier que nous n’existons plus. »

     Aux Éditions Actes Sud :

    Riviera de Mathilde Janin, à paraître le 21 août : Dans les dernières années d’un XXe siècle frappé par une terrible pandémie qui rend les voyages d’un continent à l’autre périlleux, les amours fiévreuses – à New York, puis à Paris – d’un artiste majeur du rock indépendant et d’une émigrée vénéneuse. Liés par leur amour de la musique, ils consument leur jeunesse au rythme de leurs étreintes passionnées, de leurs excès d’alcool et de drogue. Un premier roman tourmenté, audacieux, dont l’écriture habitée épouse le rythme des palpitations des coeurs et du fracas du monde.

    L'esprit de l'ivresse de Loïc Merle, à paraître le 21 août : La nuit est longue où s’embrase et se soulève “la banlieue”, qui bientôt marchera sur les villes, et renversera le gouvernement dans une Grande Révolte trop vite désenchantée. M. Chalaoui, Clara, le Président : trois destins, trois corps, trois trajectoires individuelles transportent le lecteur dans la chair collective d’une révolution d’après la mort des idéologies. Un premier roman d’une ampleur et d’une ambition rares.

     Aux Éditions Mercure de France :

    Après l'amour d'Agnès Vannouvong, à paraître le 22 août : Lorsque la narratrice se sépare de sa compagne Paola avec qui elle vivait depuis dix ans, sa vie bascule. Collectionnant les amantes, elle part à la recherche effrénée du plaisir et de la jouissance : de Paris à New York, de Rome à Berlin. Pourtant, après l’amour, le manque est inéluctable. Dans cette ronde de la séduction, toutes ces Edwige, Garance, Éva, Delphine et autres conquêtes furtives prolongent l’absence de Paola… La rencontre avec Héloïse amorcerait-elle un tournant ? Mêlant brillamment romantisme et crudité, douceur et violence, Après l’amour est un roman sensuel et sexuel qui explore la fulgurance du désir féminin.

     Aux Éditions du Nil :

    Parce que tu me plais de Fabien Prade, à paraître le 22 août : Quand un vingtenaire désœuvré et sans scrupules tombe amoureux d’une grande belle fille morale. Un premier roman aussi vif que drôle. Théo n’est pas du genre à se faire du souci dans la vie. Il a une vingtaine d’années, sillonne Paris sur son scooter, ne fait presque rien, et ne souhaite qu’une chose : que cela dure. Et voilà qu’un jour, alors qu’il s’empoigne avec une clocharde qui lui demande de l’argent, une jeune fille le reprend sur son comportement. Théo n’en revient pas : d’une part de sa beauté, d’autre part de son culot. Riche, bien élevée, pleine de principes, Diane vient de débouler dans sa vie.

    Le plus beau de tous les pays de Grace McLeen, à paraître le 22 août : Judith et son père appartiennent à une communauté, les Frères, qui vit sous l’autorité de la sainte Bible et se prépare à l’Apocalypse imminente. Souffre-douleur de ses camarades de classe, Judith se réfugie dans sa chambre pour y confectionner un monde miniature qu’elle nomme « Le plus beau de tous les pays ». Un soir, elle fait neiger sur ce petit monde et, le lendemain, découvre par-delà sa fenêtre que la ville est devenue blanche. Un miracle. Et si le Tout-Puissant avait décidé de faire d’elle son instrument ? À travers le regard d’une enfant, Grace McCleen s’interroge sur le bien et le mal, la foi et le doute.

     Aux Éditions Serge Safran :

    Uniques de Dominique Paravel, à paraître le 22 août : Jour de l’Épiphanie, rue Pareille, à Lyon. La vieille Elisa, émigrée italienne, erre entre les rayons du supermarché, Élisée épie sa voisine depuis la fenêtre, Angèle cherche à vendre des forfaits téléphoniques, Violette souffre d’exclusion à l’école, tandis que Jean-Albert procède à des licenciements. Vies fragmentées, parallèles, que rassemble dans son regard d’artiste Susanna, originaire elle aussi de cette rue Pareille qui fait songer à la rue Vilin de Georges Perec. Dans ce premier roman subtil et audacieux, Dominique Paravel met à nu les mécanismes sociaux : discours creux pour justifier les licenciements, robotisation des standardistes, inepties proférées sur l’art contemporain... Uniques se fait satire sociale et révèle la solitude d’êtres brisés par le monde d’aujourd’hui. Une pointe d’humour, quelques échappées oniriques et une sourde révolte apportent aux habitants de la rue Pareille un peu d’espoir, une humanité certaine et peut-être un autre destin.

     

    Aux Éditions Zulma :

    La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson, à paraître le 22 août : « Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage. Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

     Aux Éditions Robert Laffont :

    Absolution de Patrick Flanery, à paraître le 22 août : En Afrique du Sud, de nos jours, Clare Wade, une icône du microcosme littéraire de Cape Town, rencontre Sam, un jeune universitaire chargé d’écrire sa biographie. Tandis qu’elle-même enquête sur la disparition de sa fille Laura, responsable présumée d’attentats à la bombe en 1989, Sam découvre des liens entre la célèbre auteure et l’ancien régime d’apartheid. Mais l’universitaire est lui aussi loin d’avoir tout dit sur sa véritable identité. Entre ambivalence et faux-semblants, ils vont devoir faire tomber les masques pour élucider les drames de leurs existences passées. Quand une célèbre écrivain sud-africaine rencontre un jeune universitaire chargé d'écrire sa biographie... Un duel littéraire fascinant qui tourne au thriller psychologique post-apartheid.

     Aux Éditions Galaade :

    Nuit d'absinthe d'Ayfer Tunç, à paraître le 5 septembre : « Nuit d’absinthe se passe dans les salons feutrés de la bourgeoisie turque, où tout n’est plus qu’apparence. » Une femme d’une quarantaine d’années sonne à la porte de l’un de ses amours de jeunesse et lui demande de l’héberger. Elle qui dans son adolescence a fait sensation en couverture de la presse érotique est restée très belle mais a depuis abandonné sa longue chevelure et s’est rasé la tête. Terrifiée et en état de choc, elle vient de commettre un acte ultime et désespéré. Nuit d’absinthe raconte l’histoire tragique et poignante de la chute et de la rédemption d’une femme broyée par le système. C’est aussi le portrait d’une héroïne à la Madame Bovary qui essaie d’échapper à l’ennui, à son quotidien et à la mort, d’abord avec son grand amour, le superbe Ali, qui finira par la quitter, puis dans un mariage décevant avec un époux médiocre, Osman. Son amertume et son détachement grandissants, et sa haine d’un système qui l’exploite, la conduiront à faire éclater le scandale pour dénoncer hypocrisie et opportunisme, les jeux de pouvoir entre la nouvelle bourgeoisie et les bureaucrates, et le prix à payer pour l’ascension sociale.

    Exil de Jacob Ejersbo, à paraître le 31 octobre : Âgée de quinze ans, Samantha est lycéenne en Tanzanie au début des années 1980. Fille d’immigrés britanniques, elle grandit entre un père ancien agent des forces SAS qui loue désormais ses services aux despotes locaux, et une mère qui s’abîme dans l’ennui et l’alcool. Entre des parents qui prennent peu soin d’elle, Samantha vit une scolarité rebelle et des amours chaotiques. Se dessine peu à peu le portrait d’une jeunesse occidentale en roue libre. Avec Exil, Jakob Ejersbo dresse un tableau sombre du vécu immigrant Nord-Sud en même temps qu’un portrait sans concession de l’Afrique postcoloniale. Dans la lignée de Conrad, il est le peintre du côté obscur de la nature humaine. Son œuvre fait la part belle aux personnages déracinés, exilés, marginalisés, mais toujours porteurs d’un sentiment d’humanité et d’espoir en l’avenir. À travers le destin d’expatriés en Tanzanie, et l’incommunicabilité des êtres qui pousse à la dérive, sa monumentale trilogie sur l’Afrique intercontinentale traite notamment du difficile passage à l’âge adulte.

  • Quand les colombes disparurent de Sofi Oksanen

    culture,citation,littérature,livre,roman,biographie,histoire,finlande,estonie,guerreÉditions Stock La Cosmopolite - 396 pages

    Présentation de l'éditeur : Occupation, résistance et collaboration sont les ressorts de ce roman puissant, dans une Estonie prise tour à tour au piège des communistes et des Allemands. Pour répondre aux errances de l’Histoire, chacun devra choisir un camp, un chemin. Roland, le juste, combat sans relâche l’envahisseur ; son cousin Edgar, véritable caméléon, épouse successivement l’idéologie du pouvoir ; enfin Juudit, sa femme, est écartelée entre son amour sincère pour un officier allemand et l’hypocrisie suffocante d’un mariage raté. Mais qui sera le vainqueur de cette lutte acharnée ? Après Purge, Sofi Oksanen pointe une nouvelle fois la fragilité et la faiblesse de l'homme à l'égard d'une Histoire qui l'écrase et lui survivra toujours.

    Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli avec le concours du FILI (Finnish Literature Exchange).

    Ma note :

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    Broché : 21,50 euros

    Ebook : 14,99 euros

    Un grand merci à MyBOOX et aux Éditions Stock La Cosmopolite pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

    Après Les vaches de Staline et Purge, Sofi Oksanen revisite une fois encore Histoire de l'Estonie et âme humaine. Comme il fallait s'y attendre, la plus gothique des auteurs scandinaves signe un nouveau roman des plus sombres.

    Dans ce nouvel opus, celle qui reçut en 2010 pas moins que le Prix Femina étranger, le Prix du livre européen et celui du roman Fnac retrace l'occupation tour à tour bolchévique, nazie puis soviétique de ce petit pays balte n'ayant obtenu son indépendance qu'en 1991, que nul ne peut désormais ignorer.

    La narration oscille entre trois personnages pris en otages par les tyrannies successives. Il y a tout d'abord Edgar, opportuniste lâche et ambitieux prêt à tous les compromissions, impostures, contrevérités et autres manoeuvres sordides pour sauver sa peau et satisfaire ses rêves de gloire. Retournant sa veste au gré des changements de pouvoirs et se mentant avant tout à lui-même en voulant falsifier l'histoire, il est directement inspiré d'Edgar Meos, fabulateur faussaire à la solde des Allemands puis payé par le KGB pour écrire des annales estoniennes partisanes. Il y a ensuite Roland, cousin d'Edgar, inconditionnel amoureux de son pays et farouche partisan de l'indépendance, qui résiste héroïquement aux envahisseurs quels qu'ils soient et prend tous les risques par intégrité et humanisme. Et puis il y a Juudit, épouse délaissée d'Edgar et maîtresse d'un officier allemand, qui joue sur tous les tableaux au gré de son coeur un peu, son confort surtout et nourrit avant tout des rêves de fuite.

    Un trio d'un réalisme psychologique saisissant malgré des positionnements un brin caricaturaux quand la nuance entre bourreaux et victimes est bien souvent plus que ténue. Pourtant, rien de simpliste dans l'approche de Sofi Oksanen qui, au travers d'une trinité représentative, touche aux questionnements universels soulevés par un tel contexte : ceux de l'action ou de la passivité, de la trahison (des autres et de soi-même), de la culpabilité, et caetera. Mais comment savoir et surtout comment juger quand il s'agit de sauver des vies à commencer par sa propre peau et que les ennemis du jour sont les amis du lendemain et réciproquement ?

    Entre fiction et réalité, le récit fouille l'intériorité des protagonistes avec une véracité qui confine au devoir de mémoire. Cette fresque romancée donne voix à un peuple meurtri et réécrit avec authenticité les pages manquantes d'une histoire écrasante. Malgré quelques longueurs et une trame opaque loin d'être facilitée par le style récurrent de l'auteur basé sur les aller-retour - ici entre 1941 et 1966 -, ce livre déstabilisant accroche et fascine, entre pudeur et sauvagerie. Exigeant et complexe, il enjoint au public une lecture concentrée, parfois fastidieuse ; à bon entendeur...

    Si, au fil de ses récits, Sofi Oksanen lève le voile sur les mémoires lacunaires de l'Estonie avec délicatesse et discernement, une question demeure : saurait-elle s'extraire de l'Histoire du pays maternel et mettre sa plume au service d'une oeuvre distanciée des blessures par héritage qui l'obsèdent, elle et sa génération ? Parce qu'il faut tout de même parier, malgré son talent, sur une lassitude grandissante de son lectorat face à un sujet et une noirceur récurrents...

    Ils en parlent aussi : Lulamae, Guillaume.

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    Un fusil dans la main, t un poème dans la poche d'Emmanuel Dongala

    L'insomnie des étoiles de Marc Dugain

    La rive sombre de l'Èbre de Serge Legrand-Vall

    Rescapé de Sam Pivnik

    Extraits :

    J'avais acheté aussi un cahier à reliure de moleskine afin d'y tenir mon journal. Mon intention était d'y recueillir des preuves des ravages commis par les bolcheviks. On en aurait besoin, quand la paix viendrait. Je remettrais alors mes documents entre les mains de littérateurs plus compétents que moi, des gens qui écriraient l'histoire de ce combat pour la liberté.

    ...

    Mais, malgré tout, les jours se succédaient et, dans leur continuité, ils formaient un quotidien qui valait toujours mieux que les jours d'extermination.

    ...

    Dans la presse, la liberté avait un cadre noir ; dans mon esprit, elle versait un flot rouge. Laissant les autres papoter, je me suis rendu compte qu'ils vivaient tout d'un coup dans un pays libéré. Comme si nous n'avions jamais connu de combats. Comme si nous étions en temps de paix. Edgar était entré dans une ère nouvelle en un instant. Tout cela était-il vraiment fini ? Le temps des cachettes était-il passé, révolue la vie en cabane forestière ?

    ...

    Edgar porta la main à sa bouche en voyant les taches qui se répandaient sous les coprs gisant dans la cour de la cabane, il eut exactement le même air que lorsque, petit garçon, il avait assisté pour la première fois à l'abattage du cochon. Il venait d'arriver chez nous ; la soeur de ma mère, Alviine, avait envoyé Edgar reprendre des forces à la campagne, car le père avait péri de diphtétrie et l'anémie du fiston l'inquiétait. Edgar s'était évanoui. Mon père et moi étions sûrs qu'une chochotte pareille ne se débrouillerait pas dans une ferme. Il en alla autrement : il se débrouilla à merveille dans les jupes de ma mère. Elle avait obtenu ainsi la compagnie d'un deuxième enfant tant désiré ; ils s'étaient bien trouvés, ces deux malades imaginaires. Chez nous, à la campagne, on appelait ça autrement : des feignasses.

    ...

    Mais pourquoi les Polonais avaient-ils tapissé les murs de leurs cellules, dans le monastère transformé en prison, avec leurs noms et leurs grades, que leurs successeurs recouvriraient avec les leurs ? S'agissait-il de la rage d'écriture inhérente à chaque mortel, du besoin de laisser une trace ici-bas ?

    ...

    "Quand la liberté finira par arriver chez nous, tout le monde deviendra subitement patriote, et combien de nouveaux héros aurons-nous alors ? Mais tant que notre patrie est en danger, ce sont les mêmes qui rampent à genoux et vont dans le sens du courant, qui mordent à de vulgaire appâts et lèchent les bottes de leurs propres traîtres, qui pourchassent nos frères, rien que pour avoir accès aux magasins spéciaux."

    ...

    Le chagrin a rarement des mots.