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littérature jeunesse - Page 3

  • Les coeurs fêlés de Gayle Forman

    Oh ! Editions - 220 pagesles coeurs fêlés.jpg

    Présentation de l'éditeur : N'avez-vous jamais fait ce rêve étrange et glaçant : celui où vous savez pertinemment que vous n'êtes pas folle mais où personne autour de vous ne semble du même avis ? Pour Brit, du haut de ses seize ans, ce cauchemar devient réel quand son père la conduit de force à Red Rock, un centre de redressement qui prétend mater les enfants rebelles. Brit doit y suivre une thérapie pour guérir des maux qui n'existent que dans la tête de son père. Dans cet enfer d'humiliations et de brimades, Brit se raccroche à des amies qui vont l'empêcher de sombrer dans la folie. Des amies qui vont l'aider à survivre. Ensemble elles vont se redresser. Ensemble elles vont résister.

    Si ce roman est à l'origine plutôt destiné à un public adolescent, il se laisse agréablement lire passé cet âge.

    Plus qu'une très jolie histoire d'amitié et d'amour, ce texte est une sorte d'analyse sociologique des Etats-Unis qui voient pousser comme des champignons de ces établissements quasi carcéraux qui ont vocation à remettre sur le droit chemin des jeunes un peu trop rebelles au goût de la société puritaine. Ces institutions de rééducation, de redressement, sont des calamités où la violence physique et psychologique de rigueur sont un désastre pour des êtres fragiles émotionnellement en pleine construction. C'est le parti-pris de certains qui pensent qu'un système "à la dure" est préférable à une approche psychothérapeutique basée sur l'écoute.

    Véritable critique d'une aberration éducative, ce roman d'une profonde humanité parvient avec talent à pénétrer les états d'âme adolescents et peut constituer un éclairage pour les adultes qui n'arrivent pas à comprendre leurs ados. Une lecture parallèle parent / enfant me semble pouvoir être un formidable point de départ à une communication trop souvent absente.

    L'adaptation cinématographique en court devrait donner un bien joli film dont l'émotion nécessitera sans doute une sortie de mouchoir.

    Extrait :

    Cette nuit-là, quand je me suis réveillée sous la couverture, la tête posée sur le torse de Jed, j'ai photographié mentalement la scène. C'est quelque chose que ma mère m'avait appris à faire, pour garder vivant le souvenir auditif, olfactif, visuel, tactile et gustatif d'un événement. Comme ça, on emportait avec soi un moment particulier et on pouvait à tout moment le faire revivre.

  • La petite maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder

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    Tome 1 - 311 pages : Laura Ingalls débute le récit de sa jeunesse dans l'Ouest américain des années 1870. C'est son enfance en famille et sa traversée de l'Amérique qu'elle retrace. C'est aussi toute la vie des pionniers, leurs difficultés mais aussi leurs joies.

    Tome 2 : Au bord du ruisseau - 339 pages : Dans ce volume, la famille Ingalls s'installe dans une curieuse maison creusée dans les berges d'une rivière.

    Tome 3 - Sur les rives du lac - 351 pages : Le père de Laura accepte un travail sur la ligne de chemin de fer ; toute la famille Ingalls quitte la maison au bord du ruisseau et part s'installer dans le Dakota, à l'ouest.

    Présentation de l'éditeur : Laura Ingalls narre sa jeunesse dans l'Ouest américain des années 1870. Elle retrace son enfance en famille et sa traversée de l'Amérique vers de nouvelles terres mais c'est aussi et surtout le récit plein d'émotion et de nostalgie de la vie des pionniers.

    Bon avouons-le, je n'avais pas particulièrement envie de me lancer dans la lecture de cette série, ayant regardé ad nauseam l'adaptation télévisuelle des célèbres aventures de la famille Ingalls qui, aujourd'hui encore est diffusée en boucle. Je n'ai acheté ce coffret des trois premiers volumes du journal intime de la petite Laura (il en existe deux de plus dans cette collection mais bien d'autres dans des éditions différentes) que parce que je le trouvais joli.

    Ayant une subite envie de lecture pas stressante pleine de bons sentiments, j'ai décidé de rentabiliser mon achat. Je m'attendais bien naturellement à retrouver la version écrite des épisodes télé. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'ils n'étaient en fait qu'une vague exploitation hollywoodienne !

    Je ne saurais donc que conseiller cette jolie révélation à tous les enfants qui aiment lire. L'on est plongé dans la vie d'une famille simple et unie mais surtout dans toute une époque des Etats-Unis : la conquête de l'Ouest et la vie impressionnante de courage et de difficultés des pionniers venus d'Europe. Et contrairement aux idées reçues, ces histoires ne sont pas réservées aux petites filles. N'oublions pas que Laura fut longtemps un petit garçon manqué qui narre, entre autres, avec beaucoup de précisions comment allumer un feu, pêcher ou construire une cabane.

  • Cutie boy de Yaël Hassan

    Editions Casterman - 153 pagescutie boy.jpg

    Présentation de l'éditeur : Il s'appelle Alexander Chesterfield, et il aime: faire peurs au mur, son manoir au bord de la mer, gambader tout nu à l'aube sur la falaise, collectionner une multitude d'objets invraisemblables, discuter longuement de l'existence avec son meilleur ami, un chien qui répond au nom de Winston C., sa Lady de mère, même quand elle décide qu'il est temps de le mettre au travail. Mais une seule chose compte vraiment à ses yeux, jeter des bouteilles à la mer pour trouver l'âme sœur...

    Ce texte est incontestablement original. Si de prime abord, l'on a la sensation d'être plongé dans une ambiance victorienne, l'on se rend compte par petites touches qu'il s'agit en fait d'une histoire du présent au charme désuet. Les pointes d'humour engendrées par la traduction littérale de certaines expressions anglaises sont également appréciables.

    Pour autant, si j'avais des enfants, je ne saurais leur confier cette lecture. Quelque chose me dérange dans ce texte. Dans l'ensemble, je dirais qu'il s'agit d'une littérature à l'adresse des 10-12 ans, mais certaines approches concernant la sexualité me font dire que tout cela s'adresse à un lectorat plus âgé mais qui n'accrocherait pas plus que ça. Ces approches sont également très particulières et sans être aucunement pudibonde, ne correspondent pas du tout au message que je voudrais faire passer sur le sujet à un être en construction. En outre, le fait que le personnage de 25 ans se comporte parfois comme un enfant et soit plus qu'infantilisé par sa mère me semble un peu étrange comme modèle.

    Alors d'accord, ce texte est très fantaisiste et loin d'être immoral. Il a même un petit côté madeleine de Proust en nous rappelant notre enfance par l'évocation de nombreux personnages croisés lors de nos vertes années (Mary Poppins, la famille Adams, les quatre filles du Docteur March, Alice au pays des merveilles...).

    Mais définitivement, ce roman me gêne un peu dans de jeunes mimines.

    Extrait :

    Qu'il est triste de découvrir que l'on ne court parfois qu'après des chimères.

  • Chaque soir à 11 heures de Malika Ferdjoukh

    Editions Flammarion - 402 pagesculture,citation,littérature,littérature jeunesse,livre,roman

    Présentation de l'éditeur : Willa Ayre s'est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée. Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l'impasse, la jeune fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix...

    Il est comme ça des auteurs dont vous lisez un roman, un seul, qui vous donne envie de lire les précédants et les suivants. C'est le cas de Malika Ferdjoukh qui m'avait littéralement subjuguée avec ses Quatre soeurs (également adapté par Cati Baur en bande dessinée). C'est donc sans hésitation que j'ai réservé Chaque soir à 11 heures avant même sa parution quand j'ai appris la sortie d'un nouvel ouvrage pour les 12 ans et plus de cette auteur jeunesse.

    Aaaahhhh. Quand elle est intelligente et superbement écrite - ce qui est bien évidemment le cas ici -, qu'il est bon de faire une pause dans ses lectures "de grands" pour se plonger dans la littérature jeunesse. Des récits plein de fraîcheur. Attention, fraîcheur ne veut pas dire mièvre, niais, cucul, etc. Relations familiales, premiers émois, amitiés sont traités avec maestria dans une trame polar-fantastique qui pousse le suspens à son comble. Je ne doute pas que comme moi, le public premier ne pourra lâcher le livre une fois commencé. L'on galope, on galope, pour connaître le fin mot de l'histoire !

    Et puis définitivement, le style de Malika Ferdjoukh est incomparable. Elle sait transcender de sa plume la morale adulte et la pensée jeune qui souvent s'affrontent et les réunir sans heurt avec une originalité incontestable. J'ai particulièrement adoré le parler de la petite Marni avec ses expressions-verbes qui mériteraient de devenir une mode.

    On est bien loin ici des histoires torturées qui préparent malheureusement nos enfants - à l'instar des émissions débiles de télé-réalité où le vice relationnel est la règle - à des amours et des amitiés compliquées. Une chose est sûre, si un jour j'ai une fille, elle lira Malika Ferdjoukh !

    Extrait :

    Je ne sais pas vous, mais moi, j'aime connaître le titre des livres que les gens lisents, dans le métro, le bus, ou les profs au lycée... J'ai contorsionné mon cou, aussi discrètement que possible, tout en répondant :

    - A une demi-heure de bus, environ.

    L'invitation à la valse ! J'aime tant ce roman.

    Je ne sais pas vous, mais moi, si j'ai lu et aimé le livre que lit un passant, eh bien ce passant devient un peu mon ami. Tant pis pour lui s'il l'ignore et l'ignorera toute sa vie.

  • Hunger games 2 de Suzanne Collins

    Editions Pocket Jeunesse - 398 pageshunger games.jpg

    Présentation de l'éditeur : Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit surtout d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des Jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...

    Après un premier tome exceptionnellement qualitatif, je redoutais que le second opus, L'embrasement, ne tienne pas le rythme. Quelle erreur ! Une fois encore, l'on se plonge à peine dans la lecture qu'il devient, toutes affaires cessantes, la priorité du moment.

    L'auteur parvient, d'une écriture fluide, à maintenir un degré de suspens digne de toutes les attentions, ne se départit pas de sa finesse d'analyse des comportements et colle parfaitement aux préoccupations de sa cible première - les young adults - (quoi que d'une manière un peu trop puritaine, typiquement américaine) tout en l'orientant toujours aussi subtilement du bon côté de la réflexion.

    Cette saga est vraiment de très haut vol et je m'en vais de ce pas dévorer le troisième.