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lecture - Page 4

  • A propos d'un gamin de Nick Hornby

    Editions France Loisirs - 351 pageshornby.JPG

    Quatrième de couv' : Will Freeman, Peter Pan moderne de 36 ans, est un célibataire immature et cynique qui vit à Londres dans le luxe et l'oisiveté. Alors que tous ses amis commencent à se ranger, il décide de tester une nouvelle technique de séduction. Il se fait passer pour un père en solo, et séduit des mères célibataires, certain que celles-ci ont moins tendance à s'attacher. Ainsi, il peut les quitter facilement et sans heurts. Mais ce mécanisme bien huilé s'enraye lorsque Will rencontre Marcus, 12 ans, qui lui est radicalement opposé...

    Ce livre tout à fait touchant qui croise les vies de protagonistes écorchés par la vie, chacun à leur manière, offre un excellent moment au lecteur, émotion garantie. L'auteur a vendu ses droits à Bob De Niro lui-même et l'adaptation cinématographique intitulée Pour un gamin est un petit bijou dans lequel Hugh Grant donne encore et toujours ses lettres de noblesse à la comédie anglaise.

    Quand grandir n'a rien à voir avec l'âge, le cocktail intergénérationnel et le mélange des classes devient détonnant...

  • Souvenirs d'un pas grand-chose de Charles Bukowski

    Editions Grasset - 350 pagesbukowski.JPG

    Quatrième de couv' : Bukowski n'a rien oublié : ni la violence, ni la douleur des premières années de sa vie. Il parle vrai et dur. Les coups reçus et donnés, les désespoirs d'un jeune homme laid qui n'a jamais la bonne "attitude", les mesquineries des petits débrouillards, la bouteille, la guerre qui se prépare et n'engloutira pas indistinctement tout le monde, tout cela est dit sans détour. Le constat est effrayant mais drôle : on sait rire aussi, que diable ! La machine à durer en verra bien d'autres, c'est évident. Les outrances, ici, ne sont, après tout, que celles de la vie elle-même. Et puis l'émerveillement n'est jamais loin, même derrière le souvenir de jeunesse le plus cruel. Chez Bukowski, le coeur est tendre, mais bien accroché.

    Comme et même plus que pour Kerouac, j'ai été totalement happée par le récit mais quelque peu... pas vraiment déçue... disons décontenancée par la fin.

    Mais ce récit n'a rien, rien d'anodin.

    C'est dur, mais ce n'est pas larmoyant. C'est vrai, mais ce n'est pas commun. C'est profond, mais ce n'est pas insaisissable. Ca transforme la triste banalité en juste réflexion. Ca fait de la boue exitentielle un joyau littéraire.

    Extraits :

    Je lus tous les livres de D.H. Lawrence. Cela m'amena à d'autres. Cela m'amena à H.D. la poétesse. Et puis à Huxley - le plus jeune, l'ami de Lawrence. Tous ces livres qui m'arrivaient dessus ! Un livre conduisait à un autre. Arriva Dos Passos. Pas très bon, non, vraiment, mais assez bon quand même. Il me fallut plus d'une journée pour avaler sa trilogie sur les U.S.A. Dreiser ne me fit rien. Mais Sherwood Anderson, alors là, si ! Et puis ce fut Hemingway. Quels frissons ! En voilà un qui savait pondre ses lignes. Quel plaisir ! Les mots n'étaient plus ternes, les mots étaient des choses qui pouvaient vous faire chantonner l'esprit. Il suffisait de les lire et de se laisser aller à leur magie pour pouvoir vivre sans douleur et garder l'espoir, quoi qu'il arrive.

    Mais retour à la maison

    "EXTINCTIONS DES FEUX ! " hurlait mon père.

    C'était les Russes que je lisais maintenant, Gorki et Tourgueniev. Mon père avait pour règle que toutes les lumières devaient être éteintes à huit heures du soir : il voulait pouvoir dormir pour être frais et dispo au boulot le lendemain. A la maison il ne parlait que de ça. Il en causait à ma mère dès l'instant où il franchissait la porte et jusqu'au moment où ils s'endormaient enfin. Il était fermement décidé à monter dans la hiérarchie.

    "Bon alors, maintenant, ça suffit, ces putains de bouquins ! Extinction des feux !"

    Pour moi, tous ces types qui débarquaient dans ma vie du fin fond de nulle part étaient la seule chance que j'avais d'en sortir. C'étaient les seuls qui savaient me parler.

    "D'accord ! D'accord !" lui répondais-je.

    Après quoi, je prenais la lampe de chevet, me faufilait sous la couverture, y ramenais l'oreiller et continuais de lire mes dernières acquisitions en les appuyant contre l'oreiller, là, en plein sous la couvrante. Au bout d'un moment, la lampe se mettait à chauffer, ça devenait étouffant et j'avais du mal à respirer. Je soulevais la couverture pour reprendre un bol d'air.

    "Mais qu'est-ce qui se passe ? Ca serait-y que je verrais de la lumière ? Henry, tu m'éteins tout ça !"

    Je rabaissais la couverture à toute vitesse et attendais le moment où mon père se mettait à ronfler.

    Tourgueniev était un mec très sérieux mais qui arrivait à me faire rire parce qu'une vérité sur laquelle on tombe pour la première fois, c'est souvent très amusant. Quand en plus la vérité du monsieur est la même que la vôtre et qu'il vous donne l'impression d'être en train de la dire à votre place, ça devient génial.

    Je lisais mes livres la nuit, comme ça, sous la couverture et à la lumière d'une lampe qui chauffait. Tous ces bons passages, je les lisais en suffoquant. Pure magie.

    ...

    On avait certes besoin d'amour, mais pas de l'espèce d'amour dont se servaient et par lequel étaient utilisés les trois quarts des gens. Oui, le vieux D.H. avait compris quelque chose d'important. Son pote Huxley n'était qu'un énervé de l'intellect mais quel prodige ! Bien mieux que ce G.B. Shaw à la rude intelligence toujours en train de racler le fond, à l'humour laborieux mais qui, pour finir, n'était plus qu'obligé, que fardeau qu'il s'imposait à lui-même, qui l'empêchait d'éprouver à fond quoi que ce soit et ne faisait que gratter l'esprit et les sensibilités. Mais les lire tous autant qu'ils étaient faisait du bien. On en arrivait à comprendre que les pensées et les mots pouvaient fasciner, même si, pour finir, tout cela était inutile.

    ...

    La route que j'avais devant moi, j'aurais presque pu la voir. J'étais pauvre et j'allais le rester. L'argent, je n'en avais pas particulièrement envie. Je ne savais pas ce que je voulais. Si, je le savais. Je voulais trouver un endroit où me cacher, un endroit où il n'était pas obligatoire de faire quoi que ce soit. L'idée d'être quelque chose m'atterrait. Pire, elle me donnait envie de vomir. Devenir avocat, conseiller, ingénieur ou quelque chose d'approchant me semblait impossible. Se marier, avoir des enfants, se faire coincer dans une structure familiale, aller au boulot tous les jours et en revenir, non. Tout cela était impossible. Faire des trucs, des trucs simples, prendre part à un pique-nique en famille, être là pour la Noël, pour la Fête nationale, pour la Fête des Mères, pour... les gens ne naissaient-ils donc que pour supporter ce genre de choses et puis mourir ?

    ...

    Tout, absolument tout plutôt que de continuer à me noyer dans cette existence morne, superficielle et peureuse.

    ...

    Quant à ma vie, elle était toujours aussi lamentable qu'au jour de ma naissance. Une seule chose avait changé : maintenant, et ce n'était jamais assez souvent, je pouvais boire de temps en temps. Boire était la seule chose qui permettait de ne pas se sentir à jamais perdu et inutile. Tout le reste n'était qu'ennuis qui ne cessaient de vous démolir petit à petit. Sans compter qu'il n'y avait rien, mais alors ce qui s'appelle rien d'intéressant dans l'existence. Les gens vivaient en-deçà d'eux-mêmes, les gens étaient prudents, les gens étaient tous pareils. "Et dire qu'il va falloir continuer à vivre avec tous ces connards jusqu'au bout", pensais-je (...). Il était évident que je ne serais jamais capable de me marier et d'avoir des enfants. Et pourquoi l'aurait-il fallu alors que je n'étais même pas foutu de me trouver un boulot de plongeur dans un restaurant ?

    Mais peut-être que je serais pilleur de banques ! Un truc d'enfer ! Quelque chose qui auraut du panache, de la gueule. On ne tentait sa chance qu'une fois. Pourquoi être laveur de vitres ?

    J'allumai une cigarette et continuai de descendre la colline. Etais-je donc la seule personne que cet avenir bouché rendait fou ?

    ...

    "On ne saurait surestimer l'imbécillité générale"

  • Les Contes de Beedle le Barde de J.K. Rowling

    Editions Gallimard - 128 pagesbeedle.jpg

    Quatrième de couv' : Les Contes de Beedle le Barde sont les cinq contes de fées qui bercent l'enfance des jeunes sorciers. Chacun de ces contes a sa magie particulière qui enchantera les lecteurs et les fera tour à tour rire ou frissonner. Les commentaires passionnants et malicieux du professeur Albus Dumbledore qui accompagnent chaque récit seront appréciés des sorciers comme des Moldus. Le professeur y donne de nombreuses clefs et dévoile, par la même occasion, maint détail de la vie de Poudlard. Un ouvrage magique à garder comme un trésor, enrichi des illustrations originales de J.K. Rowling.

    Au commencement, un plaisir, celui de retrouver la plume de J.K. Rowling sur le thème apprécié du monde d'Harry Potter, et une bonne action, celle de faire l'acquisition d'un livre dont les recettes servent à soutenir le Children's High Level Group (health, education, welfare).

    A l'arrivée, une déception. Une déception pour qui connaît la plume de l'auteur et ne peut manquer de remarquer le manque de précision, le caractère peu fouillé des explications des contes. J.K. Rowling nous avait habitués à plus de minutie et nous prouve ainsi, si besoin l'était encore, que le charity business reste plus que jamais un business avant d'être une véritable oeuvre de charité.

    L'univers HP reste au demeurant plaisant et les inconditionnels passeront facilement outre le caractère bâclé de l'ouvrage pour compléter la collection et se replonger dans la fantasmagorie l'espace d'un instant.

  • Lady Susan de Jane Austen

    lady susan.jpgEditions Gallimard - 116 pages

    Quatième de couv' : Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...

    Après Raison et sentiments, Orgueil et préjugés, Northanger abbey et Emma, Jane Austen reste définitivement une valeur sûre de la littérature. Au travers d'un chassé-croisé de correspondances entre les différents protagonistes, l'auteur dépeint ici plus que dans tout autre de ses romans l'hypocrisie et la manipulation. Le verbe et les usages sont certes d'époque, mais les thématiques n'en sont pas moins d'actualité.

    Si d'aucuns peuvent reprocher à Jane Austen une oeuvre quelque peu réitérative, Lady Susan est à n'en pas douter le roman épistolaire qui leur donnera tort.

    It's exactly my cup of tea !

  • Rumeurs de Anna Godbersen

    Editions Albin Michel - 461 pagesrumeurs.jpg

    Quatrième de couv' : Rien n'est plus dangereux qu'un secret... Les amies d'hier sont devenues les rivales d'aujourd'hui. Coups bas à l'heure du thé, trahison au coeur de la nuit, les bals somptueux bruissent des plus folles rumeurs. Retour à Manhattan... en 1899.

    Après le premier opus Rebelles, les gossip girls sont de retour, plus machiavéliques que jamais. Et contrairement au premier tome où tout est un peu prévisible, le second volet est riche en rebondissements inattendus malgré un indéniable ancrage dans les clichés relativement inhérents aux sagas romantiques.

    Qu'importe ! La détente est au rendez-vous et une lecture un peu facile vaut toujours mieux que l'absorption passive d'un mauvais feuilleton. Les inconditionnel(le)s de séries - comme moi - ne pourront que se réjouir du fait qu'un troisième tome a déjà paru en anglais et qu'un quatrième est à prévoir.

    http://www.rebelles-lelivre.fr/

    http://www.theluxebooks.com/