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  • Le premier amour de Véronique Olmi

    le premier amour.jpgEditions Grasset - 299 pages

    Quatrième de couv' : Une femme prépare un dîner aux chandelles pour fêter son anniversaire de mariage. Elle descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, qu'elle trouve enveloppée dans un papier journal dont elle lit distraitement les petites annonces. Soudain, sa vie bascule : elle remonte les escaliers, éteint le four, prend sa voiture, quitte tout. En chacun d'entre nous repose peut-être, tapie sous l'apparente quiétude quotidienne, la possibilité d'être un jour requis par son premier amour...

    Tout commence par une bouteille de vin. Et c'est un grand cru. Le livre plus que la bouteille encore. La jaquette nous pousse immédiatement à vouloir en savoir plus et cette sensation ne se dément pas de la première à la dernière ligne. Tout commence sur les chapeaux de roue et c'est ainsi tout du long.

    Malgré tout, la fin est un peu décevante. C'est beau, c'est inattendu. Mais la force du début me laissait présager d'une apothéose finale et je reste sur une sensation de soufflet au fromage qui retombe. Que la force du livre ne soit pas diminuée par cette critique, il est parfait. Je pense néanmoins qu'il aurait pu être encore mieux.

    Aux allergiques des histoires à l'eau de rose, l'on est loin, très loin du gnan gnan !

  • La famille Lament de George Hagen

    Editions 10/18 - 497 pagesfamile lament.jpg

    Quatrième de couv' : Les Lament forment une tribu passablement excentrique et farouchement globe-trotteuse. Leur devise : "Un Lament voyage toujours !". Et tandis qu'Howard, le spécialiste ès tuyauteries, rêve d'irriguer le Sahara et d'emmener toute sa petite famille en Afrique, Julia, sa femme, rebelle à l'éducation bourgeoise et artiste à ses heures, élève tant bien que mal ses trois petits diables. Sous la plume de George Hagen, comparé à John Irving et Jonatha Franzen, le destin des Lament est en marche : de la Rhodésie au New Jersey en passant par l'Angleterre et Bahreïn, ils n'auront de cesse de trouver un endroit où ils auraient enfin leur place.

    Parce mon auteur favori John Irving a écrit un nouveau livre intitulé Last night in twisted river fin 2009 mais que je n'arrive pas, à mon grand désespoir, à savoir quand il sera traduit - malgré ma demande au Seuil restée sans réponse... -, j'ai sauté sur l'occasion de m'approcher de son style puisque George Hagen jouissait de sa comparaison.

    En fan irvingienne inconditionnelle, l'amorce de La famille Lament m'a quelque peu déçue. Mais la sensation n'a pas duré. L'on y retrouve tous les éléments qui me font aimé un roman "à la Irving" : une famille, barrée, ses périples, des rebondissements incessants, humour, ironie, tristesse, espoir, le tout sans pathos. Une vraie réussite pour ce premier roman fortement recommandé aux fans d'Irving qui comme moi ne lise pas l'anglais dans le texte.

    PS : Je lance, on l'aura compris, un appel à toute information concernant la sortie française de Last night in twisted river. A commencer par le Seuil qui me détromperait sur les failles de son service client...

  • Tous mes voeux d'Anne Weber

    Editions Actes Sud - 143 pagestous mes voeux.jpg

    Quatrième de couv' : L'amour, tout le monde en parle, presque tout le monde le fait, et nul n'est à l'abri de ses extravagances. Au départ, un homme au passage duquel personne ne se retourne dans la rue, un être pâle, exagérément discret et qui paraît, pour tout dire, parfaitement insignifiant. Mais contre toute attente, cet homme se révèle être l'incarnation du prince charmant : épris d'amour, attentionné, courtois, bref, il est l'homme que l'héroïne, car il y en a une, attendait. Tous leux voeux ne seront pas exaucés pour autant. Le jeu subtil de l'écrivain confirmée qu'est Anne Weber, ainsi que sa légèreté pour relater des choses graves, transforment cette chronique d'un amour explosif en une oeuvre romanesque raffinée et profonde. Et si la vengeance était un plat qui se mange en riant ? Tous mes voeux est un conte cruel plein de surprises, d'esprit et de lumière.

    Mouais... Forcément, l'éditeur n'allait pas mettre sur la jaquette "bullshit". Mais pour moi, ce roman est plat, n'a rien d'original, si ce n'est un pseudo-procédé narratif que l'auteur partage avec l'héroïne de son roman raté qui a fini à la poubelle. Sinon, ce n'est que l'histoire banale d'une femme qui se fait avoir par un homme marié ou qui se laisse avoir tellement elle a des oeillères. L'histoire de deux tâches quoi. L'on observe la bêtise et la bassesse des deux parties sans que rien de fantasque ne vienne casser le scénario vieux comme Erode.

    Ce n'est pas forcément dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures...

  • Un écart de conduite de Michèle Halberstadt

    écart.jpgEditions Albin Michel - 144 pages

    Présentation de l'éditeur : Doit-on payer toute sa vie un délit mineur commis du temps de sa jeunesse ? Une vie exemplaire peut-elle racheter les faits passés ? En 1974, Laura, 19 ans, est condamnée à six ans de prison pour trafic de drogue (elle n'a pas voulu livrer les vrais commanditaires) mais son grand-père la fait évader. Vivant dans la peur d'être découverte, elle change de nom, enfouissant en elle le lourd secret. En 1995, mariée, mère de famille exemplaire, elle voit resurgir dans sa vie le directeur de la prison de Pau... Un étrange destin de femme traquée qui vit dans le mensonge, la double vie, la peur et le silence (on pense à cette Française rattrapée au Mexique par Interpol pour un braquage commis 24 ans auparavant, ou à cette ancienne des Brigades Rouges, devenue assistante sociale). Michèle Halberstadt sait parfaitement évoquer, sans effets ni pathos, la souffrance, sa résonance intérieure, les non-dits qui enferment plus que les verrous, la mélancolie de devoir vivre sans partager l'essentiel de soi et la culpabilité devenue une seconde peau.

    A tous les enthousiasmés par ce résumé, sachez que vous ne pourrez vous procurer ce livre que mercredi. Car si la profession de libraire est davantage proche de celle de manutentionnaire que de celle de conseiller littéraire, elle a certains avantages non négligeables tels la réception de "SP", c'est-à-dire des "services de presse", autrement dit, des livres en avant-première... Ils ne disposent généralement pas de la couverture définitive, ils sont souvent bourrés de fautes car il s'agit souvent d'épreuves non corrigées... Mais qu'importe, ils remplissent sans discrimination - et gratuitement ! - ma bibliothèque.

    Ce roman à paraître est donc un peu court à mon goût mais extrêment bien écrit, très juste, très touchant. Il présente de manière simple et authentique comment le temps de l'insouciance peut marquer de manière indélébile la vie entière et que les condamnations les plus sévères ne sont pas toujours celles de la justice.

    Extraits :

    Elle se revoyait haussant les épaules, impatiente comme elle l'était encore il y a si peu de temps (...). Cette adolescente ombrageuse qu'un rien agaçait, qui ne ménageait personne mais se vexait à la moindre remarque émise, c'était le Laure d'avant, encore pétrie d'enfance, celle qui voyait la vie sur un mode binaire, les bons et les méchants, les intelligents et les crétins, les amis pour la vie et le reste du monde. Elle s'énervait pour un détail, sanglotait pour pas grand-chose, jugeait dénués d'intérêt ceux qui ne pensaient pas comme elle et avait sur l'existence un avis définitif, ne pouvant envisager que le temps puisse façonner différemment sa vision du monde.

    Elle se souvenait de cette liberté de ton et de pensée, de cette arrogance de la jeunesse qui compense la peur de l'avenir par une attitude bravache, pour qui l'insolence est une vertu. Elle avait été cette adolescente susceptible qui compensait son manque d'assurance par une agressivité qu'elle dégainait plus vite que son ombre, réactive, sur la défensive. Comme elle lui semblait loin !

  • La course au mouton sauvage d'Haruki Murakami

    Editions du Seuil - 374 pagesmouton.jpg

    Quatrième de couv' : La vie du narrateur, jeune cadre publicitaire à Tokyo, n'a rien d'exceptionnel. Jusqu'au jour où, pour avoir utilisé une photographie où figure un mouton d'une espèce rare, il est approché par une puissante organisation d'extrême droite. Le voici contraint de retouver l'animal - doué, il est vrai, de pouvoirs extraordinaires. Comme toujours chez Murakami, le réel repose sur des fondations délicieusement instables...

    Immédiatement rebutée par un style métaphysico-philosophique particulièrement indigeste, j'ai, comme à mon habitude du moins en ce qui concerne les livres, décidé de m'accrocher et de prendre le temps de m'imprégner de la nouveauté. Grand bien m'en a pris puisqu'après une petite centaine de pages un peu lourdes, l'intrigue avait eu raison de ma curiosité, la trame prometteuse m'avait captivée. Sauf que.

    Suis-je hermétique au fantastique, ai-je un esprit par trop rationaliste ? Toujours est-il qu'arrivée au bout de la dernière ligne d'un texte parti en vrille complète 100 pages avant la fin, la seule réaction qui me vint à l'esprit fut : so what ? Soit je suis absolument trop stupide pour comprendre la profondeur de l'oeuvre auquel cas mon honneur bafoué de lectrice fait appel à un éclairage, soit il n'y a vraiment rien à comprendre.

    La morale étant que j'ai lutté des semaines pour relever le défi de ne pas raccrocher un texte pas accrocheur et qu'au final, j'ai la sensation d'être une buse.

    Deux points positifs toutefois dans ce livre : un talent indiscutable pour la description et une titraille, certainement typique de cette littérature, mais qui semble complètement loufoque pour l'occidentale que je suis.