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guerre - Page 4

  • Rentrée littéraire : Feu de camp de Julia Franck

    A paraître le 7 septembre 2011feu de camp.jpg

    Editions Flammarion - 330 pages

    Présentation de l'éditeur : Berlin-Est, fin des années soixante-dix : une jeune femme dont la beauté classique et la tranquille détermination suscitent partout la curiosité a obtenu de passer à l'Ouest avec ses deux enfants Aleksej et Katja. Après avoir affronté les mille et une menaces et humiliations qu'infligeait la RDA à ces candidats au départ, voici Nelly Senff au pays de l'abondance et de la liberté. Mais l'Ouest, c'est d'abord pour les réfugiés la promiscuité d'une chambre partagée avec des inconnus au camp de Berlin Marienfelde et un avenir incertain. Sans compter les interrogatoires soupçonneux et sans fin de la CIA. Feu de camp est un témoignage captivant de l'Allemagne contemporaine, un vrai bonheur d'écriture et un roman bouleversant du début à la fin.

    Abandon en page 152. Oui, étrange de laisser tomber aussi loin. Ce roman n'a rien de déplaisant si ce n'est la dureté du sujet. Je n'avais tout simplement pas envie, au moment précis où je l'ai lu, de continuer à lire quelque chose d'aussi grave dans sa tonalité. Il vaut certainement le détour mais mauvais timing entre nous.

  • Rentrée littéraire : Trois amis de Mario Tobino

    A paraître le 25 août 2011trois amis.jpg

    Editions Plon - 172 pages

    Présentation de l'éditeur : Parvenu au soir de sa vie, Ottaviani se souvient. De son enfance, de sa jeunesse, de la montée du fascisme, de la guerre, de la résistance. Et surtout de ses deux amis, Turri et Campi, tous trois liés dès leur plus jeune âge par une rare et intense amitié. Récit de trois hommes qui, même séparés par l'Histoire, et sans jamais se le dire, s'aimaient comme des frères qu'ils n'étaient pas.

    Une ode à l'amitié, celle de trois hommes, par la voix de l'un d'eux. Plus que leur rencontre en faculté de médecine et leurs vies avant, pendant et après la Seconde Guerre Mondiale, ce roman a été pour moi un véritable éclairage historique sur l'Italie de cette sombre période. Mais avant tout un cri du coeur, un éloge à la puissance du lien amical, quasi fraternel, que seuls les hommes, a fortiori dans des situations très particulières, sont capables de tisser. Cette déclaration puissante est heureusement assez courte car son caractère contemplatif aurait pu devenir ennuyeux dans la longueur.

    Un ouvrage que je recommande davantage à un lectorat masculin.

  • Il était une fois en France de Fabien Nury et Sylvain Vallée

    Editions Glénat

    Tome 1 - L'empire de Monsieur Joseph - 48 pages

    Tome 2 - Le vol noir des corbeaux - 59 pages

    Tome 3 - Honneur et police - 55 pages

    Tome 4 - Aux arme, citoyens ! - 64 pages

    Présentation de l'éditeur : Il était une fois en France conte l’histoire de Joseph Joanovici, juif roumain devenu l’homme le plus riche de France pendant l’occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d’autres un héros. Intelligence avec l’ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre, c’est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le “roi de Paris” par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat.

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    Cette saga historico-romancée prévue en six tomes (à raison d'un par an) est tout simplement passionnante. Si les aller-retours temporels du scénario ne facilitent pas toujours la compréhension au début, l'on est vite dans le bain.

    A la manière d'American History X, les auteurs nous confrontent à l'ambivalence des ressentis. Difficile de ne pas être subjugué par le talent d'un homme qui, parti de rien, a réussi mieux que personne et qui a sauvé des centaines de vie. Mais qui par ailleurs a collaboré, volé, tué. Cette série nous apprend que ce sont davantage les intentions que les actes qui doivent être jugés. Les dimensions humaines et historiques sont captivantes et formidablement relatées. Pas étonnant que les différents titres dont on ne peut qu'attendre avec impatience la suite ait été couronnés des Prix Saint-Michel du meilleur album francophone en 2009, Prix des lecteurs du Parisien/Aujourd'hui en France en 2010 et Prix de la Série à Angoulême en 2011.

  • Rentrée littéraire : L'insomnie des étoiles de Marc Dugain

    A paraître le 19 août.dugain.jpg

    Editions Gallimard - 226 pages

    Présentation de l'éditeur : Automne 1945, alors que le Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l'Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d'un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l'avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s'acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu'elle lui révèlera un secret autrement plus capital.

    Décidément, cette rentrée littéraire est riche en bons ouvrages. Bien qu'il s'agisse ici d'une pointure - cette rentrée étant sous le signe des blockbusters littéraires - connue notamment pour La chambre des officiers (prix des libraires, prix des Deux-Magots, prix Roger Nimier), La malédiction d'Edgar ou encore Une exécution ordinaire, c'est pour ma part un premier pas dans l'univers manifestement très historique de l'auteur.

    De prime abord peu tentée par une nouvelle plongée dans l'époque surexploitée de la seconde guerre mondiale, je me suis malgré tout laissée tenter et grand bien m'en a prise. Le suspens est à son comble et l'horreur, bien prévisible, vous prend quand même par surprise. Si le sujet a été traité, analysé, tourné et retourné dans tous les sens au point de ne plus vraiment émouvoir que moralement, Marc Dugain arrive à vous remuer de manière épidermique dans ce roman glaçant qui saura satisfaire les lecteurs de romans, de polars, et d'histoire.

  • Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra

    Editions Julliard - 148 pageshirondelles kaboul.jpg

    Présentation de l'éditeur : Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...

    Je découvre, enfin, la plume de Yasmina Khadra (de son vrai nom Mohamed Moulessehoul). Il semblerait d'ailleurs que nous soyons de nombreux lecteurs à avoir fait connaissance avec cet auteur cet été par le biais de ce titre ; merci l'opération Pocket.

    C'est un livre puissant, qui nous plonge de façon quasi poétique dans un monde devenu fou. L'on suit la "normalité" quotidienne de différents Kaboulis. Le récit des événements les laisse presque passer pour anodins. Sauf que c'est l'horreur qui est évoquée. Et c'est sans doute cette narration ambivalente qui ne nous donne "que" la nausée.

    Car la vérité, c'est que ce livre ne cesse de nous rappeler ce que l'on veut trop facilement oublier, qu'il est des réalités qui donnent encore et toujours envie de vomir et de pleurer sans s'arrêter. Il semble que cette évocation de la triste évidence de notre monde soit la marque de fabrique de l'auteur. C'est la raison pour laquelle, malgré son talent, je ne peux que conseiller de le lire au compte-gouttes sous peine de déprime sévère.

    Ils en parlent aussi : Liyah, Mimi, Sophie...

    Extrait :

    - Mon épouse est malade. (...) Je l'accepte pleinement, avec une infinie dévotion, sauf que je suis seul et désemparé. Je n'ai personne pour m'assister.

    - C'est pourtant simple : répudie-la.

    - Elle n'a pas de famille, rétorque naïvement Atiq, loin de remarquer le mépris grandissant qui envahit le faciès de son ami visiblement horripilé de devoir s'attarder sur un sujet aussi dévalorisant. Ses parents sont morts, ses frères sont partis, chacun de son côté. Et puis, je ne peux pas lui faire ça.

    - Et pourquoi pas ?

    - Elle m'a sauvé la vie, rappelle-toi.

    Mirza rejette le buste en arrière, comme pris au dépourvu par les arguments du gardien. Il avance les lèvres, penche la figure sur une épaule de manière à surveiller de biais son interlocuteur.

    - Niaiseries ! s'écrit-t-il. Dieu seul dispose de la vie et de la mort. Tu as été blessé en combattant pour Sa gloire. Comme il ne pouvait pas envoyer Gabriel à ton secours, il a mis cette femme sur ton chemin. Elle t'a soigné par la volonté de Dieu. Elle n'a fait que se soumettre à Sa volonté. Toi, tu as fait cent fois plus pour elle : tu l'as épousée. Que pouvait-elle espérer de plus, elle, de trois ans ton aînée, à l'époque vieille fille sans enthousiasme et sans attrait ? Y a-t-il générosité plus grande, pour une femme, que de lui offrir un toit, une protection, un honneur et un nom ? Tu ne lui dois rien. C'est à elle de s'incliner devant ton geste, Atiq, de baiser un à un tes orteils chaque fois que tu te déchausses. Elle ne signifie pas grand chose en dehors de ce que tu représentes pour elle. Ce n'est qu'une subalterne. De plus, aucun homme ne doit quoi que ce soit à une femme. Le malheur du monde vient justement de ce malentendu.

    Soudain, il fronce les sourcils :

    - Serais-tu fou au point de l'aimer ?

    - Nous vivons ensemble depuis une vingtaine d'années. Ce n'est pas négligeable.

    Mirza est scandalisé, mais il prend sur lui et essaye de ne pas brusquer son ami d'enfance.

    - Je vis avec quatre femmes, mon pauvre Atiq. La première, je l'ai épousée il y a vingt-cinq ans ; la dernière il y a neuf mois. Pour l'une comme pour l'autre, je n'éprouve que méfiance car, à aucun moment, je n'ai eu l'impression de comprendre comment ça fonctionne, dans leur tête. Je suis persuadé que je ne saisirai jamais tout à fait la pensée des femmes. A croire que leur réflexion tourne dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Que tu vives un an ou un siècle avec une concubine, une mère ou ta propre fille, tu auras toujours le sentiment d'un vide, comme un fossé sournois qui t'isoles progressivement pour mieux t'exposer aux aléas de ton inadvertance. Avec ces créatures viscéralement hypocrites et imprévisibles, plus tu crois les apprivoiser et moins tu as de chances de surmonter leurs maléfices. Tu réchaufferais une vipère contre ton sein que ça ne t'immuniserait pas contre leur venin.