Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

guerre - Page 3

  • Le sursis de Jean-Pierre Gibrat

    Editions Dupuis

    Tome 1 - 52 pages

    Tome 2 - 54 pages

    Présentation de l'éditeur : Le sursis raconte la drôle de guerre vécue par un jeune homme. En 1943, alors que tout le monde le croit mort, il passe ses journées dans une maison abandonnée d'où il assiste, impuissant, à l'activité cachée de la Résistance mais aussi aux exactions de la milice. Mais l'arrivée d'une jeune serveuse dans le café d'en face fait basculer son destin... Gibrat mêle réalisme et romantisme dans cette histoire séduisante au dénouement inattendu. Et il dessine comme personne la sensualité des personnages féminins. Malgré sa légèreté apparente, Le sursis invite à une réflexion sur l'engagement personnel.

    le sursis.jpgle sursis 2.jpg

    D'un trait élégant, fin et précis, Gibrat ouvre une petite lucarne sur la Seconde Guerre Mondiale dans la bourgade aveyronnaise de Cambeyrac. Mêlant la romance au récit historique, l'auteur nous pose la question du choix à laquelle il est impossible de répondre tant que l'Histoire ne nous l'impose pas et celle de la destinée, invérifiable malgré, parfois, les coïncidences...

    Gibrat réussit ici le défi périlleux d'aborder des sujets délicats aux travers de personnages typés, typiques, mais jamais caricaturaux. En plus d'un dessin exceptionnel, il nous offre des textes d'une grande qualité pour un ensemble absolument remarquable.

    Un très émouvant diptyque qui sait surprendre jusqu'à la dernière case, à lire pour la qualité du récit et à relire pour le plaisir des yeux.

  • Deuxième génération de Michel Kichka

    culture,littérature,bande dessinée,BD,histoire,guerre,biographieEditions Dargaud - 104 pages

    Présentation de l'éditeur : Deuxième Génération n'est pas un règlement de comptes avec un père ni avec l'histoire. C'est une tentative pour expliquer une enfance dans l'ombre de la Shoah. Michel Kichka, à travers des anecdotes formidables et des souvenirs aussi tragiques que précis, retisse la toile familiale de cette maison installée au cœur de la Belgique industrielle. Récit autobiographique d'une vie qui porte la douleur des siens, mais qui mesure l'urgence de s'occuper de ses besoins : celui de partir à l'âge de dix-huit ans, selon l'auteur, sur une "terre vivante".

    Cette saga familiale illustrée nous raconte avec douleur et humour la vie dans l'ombre de la Shoah. Les victimes sorties vivantes de cette sombre période de l'Histoire ont eu des pages et des micros pour raconter l'indicible. Mais les enfants de ces morts vivants ? Car eux-aussi, à leur façon, ont perdu un bout d'âme en cours de route.

    Michel Kichka se veut ici la voix de ces victimes par ricochet atteinte du syndrome de la deuxième génération. Un vibrant hommage au père mais surtout à ces enfants qui devaient avancer coûte que coûte et se réjouir toujours car ils n'avaient pas connu l'horreur.

    Cet album rappelle, si besoin est, qu'en dehors de l'Histoire en général, les malheurs des histoires individuelles ou générationnelles n'ont rien de négligeable. Le désespoir ne souffre pas la comparaison. Rien que pour ce message, cet album est vraiment beau. Si l'on y ajoute un scénario bien découpé et un trait précis, l'on obtient un très bel album historico-biographique qui mérite le détour.

  • Marthe et Mathilde de Pascale Hugues

    Editions des Arènes - 305 pagesculture,littérature,livre,biographie,guerre,allemagne,france

    Présentation de l'éditeur : Elles s'appelaient Marthe et Mathilde. Elles sont nées la même année. L'une était française et l'autre allemande. Elles ont grandi en Alsace, avant la Première Guerre mondiale. Très vite, elles sont devenues inséparables. Premiers émois, mariage, épreuves, enfants... Deux guerres ont tenté de les diviser. Quand l'une était dans le camp des vainqueurs, l'autre était rejetée dans celui des vaincus. Leur amitié a survécu à tout. L'âge venant, elles ont trouvé la paix. Devenue journaliste, leur petite-fille raconte. Marthe et Mathilde est le récit exceptionnel d'une amitié au long cours, qui nous plonge dans l'Histoire de l'Alsace, et des grandes déchirures entre la France et l'Allemagne. Un livre qui montre qu'il est toujours possible de dépasser la haine entre les peuples.

    Quand une magnifique histoire d'amitié nous en apprend sur l'Histoire d'une Alsace particulièrement affectée par les conflits entre l'Allemagne et la France de la fin du XIXe à la Seconde Guerre Mondiale, on obtient un livre passionnant et instructif. Si l'on garde à l'esprit qu'il s'agit tout de même moins d'un ouvrage historique que d'un témoignage émouvant d'une petite-fille à propos de ses deux grands-mères qui se sont connues de l'aube jusqu'au soir de leurs existences, l'on ne peut qu'être enchanté et quelque peu envieux d'une si belle amitié. La vie de ses deux femmes aussi différentes que complices sont un témoignage fascinant sur le concept d'âme soeur au sens le plus noble et le plus inébranlable du terme mais également sur l'évolution des moeurs au fil du XXe siècle. L'auteur peut être fière de la matière et des valeurs fournies par ses ancêtres, qui elles-mêmes, où qu'elles soient désormais, peuvent se réjouir d'avoir laissé une telle empreinte dans leur famille. Une lecture définitivement enrichissante à bien des points de vue.

  • Rentrée littéraire : Comme une ombre de Michel Schneider

    comme une ombre.jpgEditions Grasset - 336 pages

    Présentation de l'éditeur : « Il y a des histoires qui veulent être racontées. J'écris celle de mon frère comme en un miroir. Mais on ne sépare pas d'un miroir l'image qui s'y reflète. » Comme une ombre, c'est l'histoire de deux frères, Michel et Bernard, de leur enfance, de leur rivalité secrète, de leur impossible amour. D'effrayantes symétries entre les objets, les noms, les guerres, les amours. Des images obsédantes : une piscine municipale au bord de la Seine, un dancing, une caserne à Blida, un été espagnol... Et la mystérieuse L. Michel Schneider raconte ici l'enquête du narrateur sur les traces de son double perdu : la guerre d'Algérie et ses douleurs, la musique et ses consolations, les femmes partagées - à commencer par la mère -, le désir, la trahison. Il explore le plus intime et confie la difficulté de grandir privé de son ombre. Cherchant les mots qu'il ne lui a pas dits, et qui lui auraient ouvert ses bras, le survivant adresse au frère disparu une lettre qui ne lui parviendra jamais.

    Abandon en page 160. De ce livre, pourtant très bien écrit, je n'ai pas réussi à trouver ce petit quelque chose m'accrochant jusqu'au bout. L'auteur n'est pas parvenu, dans son récit à deux voix - la sienne mais d'un point de vue de deux époques différentes - à me plonger dans l'intimité de sa famille aux relations torturées. De plus, je dois dire que je ne suis pas fascinée par l'époque évoquée ; ce d'autant plus après ma lecture, également abandonnée en cours de route, du livre Les vieux fous de Mathieu Belezi.

    Cet hommage au frère suicidé est le pari risqué qui taraude chaque auteur : la tentation autobiographique à double tranchant. Un succès manqué pour moi mais qui a su convaincre une large partie de la critique.

    Ce que dit l'auteur de son livre.

    Extraits :

    Quoi de plus proche qu'un frère ? On a subi les mêmes parents. Quoi de plus lointain ? On a vécu la même histoire sans pouvoir en parler.

    ...

    Demain n'a de sens que pour ceux qui espèrent. Pas pour ceux qui savent ce qui les attend, savent que personne ne les attend.

  • Rentrée littéraire : L'histoire de l'Histoire d'Ida Hattemer-Higgins

    A paraître le 31 août 2011ida-hattemer-higgins-rentree-litteraire-flammarion.jpg

    Editions Flammarion - 396 pages

    Présentation de l'éditeur : Margaret, jeune femme torturée, se retrouve un jour déguenillée, tremblante et complètement perdue, en lisière de forêt aux alentours de Berlin. Elle n'a plus aucun souvenir, ni de la veille, ni des mois précédents. Deux ans plus tard, la jeune femme commence à avoir d'inquiétantes hallucinations : elle voit Berlin déformée, personnifiée. Des fantômes d'anciens nazis apparaissent aux balcons, les immeubles deviennent des formes de chair, d'os et de sang, un faucon à tête de femme la guette d'un air menaçant... Ida Hattemer-Higgins nous parle de l'amnésie, du défaut de mémoire, qu'il soit individuel ou national. Elle nous parle d'oubli, de déni, de mythes et de rédemption. Un premier roman inoubliable, écrit par une jeune femme prodigieusement douée.

    L'auteur a mis pas moins de quatre années pour venir à bout de ce premier roman. On le comprend aisément à sa lecture tant l'histoire est élaborée. Par le prisme de l'Histoire, l'auteur nous parle de ces histoires individuelles de mémoire, de culpabilité.

    J'ai tout d'abord abandonné très rapidement ma lecture, déroutée par le caractère semi-fantastique de la narration. Puis, adepte de la seconde chance, j'ai repris la tâche pour n'avoir plus qu'une envie, celle d'avoir le fin mot de cette sorte de conte métaphorique. Malgré quelques longueurs sur la fin de l'ouvrage - toujours du fait du récit fantastique -, j'ai vraiment apprécié ce livre que je ne peux comparer à aucune autre de mes lectures et qui donne un éclairage tout-à-fait audacieux sur cette ère sombre de l'Histoire que fut le Nazisme et tout ce qu'il a engendré (ou plutôt anéanti).

    La présence assez importante du personnage de Magda Goebbels - dans un portrait fantastique, encore - m'a permis de découvrir et de m'intéresser à cette femme et à ses revirements amoureux pour le moins radicaux. J'en ressort avec l'envie de lire un roman qui avait échappé à ma sélection malgré de nombreuses chroniques : Qui a tué Arlozoroff ? de Tobie Nathan.