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france - Page 4

  • Chronique de l'effort #19

    Ou ma vie de rédactrice en quête d'épanouissement professionnel (de chômeuse quoi).

    Quand tu deviens ce qu'on appelle un demandeur d'emploi, véritable impropriété pour certains, tu dois, ô joie, te coltiner pléthore de démarches administratives. Narration de mes premiers pas dans la quatrième dimension* ou l'expérience interdite*.

    Les Assédic

    Dans la salle d'attente coexiste une dizaine de personnes dont les trois quarts sont de couleurs ou âgées de plus de quarante-cinq ans voire les deux. La France, un pays de discrimination ? Non, je ne vois pas...

    La dame de l'accueil s'adresse à moi de manière courtoise, le volume de sa voix est quasi intimiste. Cette même dame de l'accueil s'adresse aux personnes de couleur de manière infantilisante, la tonalité de sa voix s'est adaptée pour faire profiter l'assemblée du spectacle de son pouvoir d'humiliation sur des HUMAINS, mâdâme, des EGAUX, médéme... Mais elle ne semble manifestement pas les considèrer comme tels. Salope.

    La personne en charge de mon dossier fouille tant et si bien dans le monceau de paperasse qui m'a été demandé qu'elle finit par trouver le détail qui met mon dossier en suspens, le temps que je trouve l'aiguille dans la botte de foin. Malgré mon Bac + 3 et mon maniement du verbe suffisamment aguerri pour m'être spécialisée dans le rédactionnel, je dois fournir des efforts exceptionnels pour comprendre ce que me raconte la bureaucrate en charge de mon dossier. Quand je retraduis ce qu'elle me dit et lui demande si c'est bien ça, je ne sais même pas si elle me dit oui ou non. Un obscurantisme que j'explique de deux façons : faire traîner les choses pour raquer le plus tard possible - j'ai d'ailleurs eu droit à mon petit sermon culpabilisant - et asseoir toujours plus son pouvoir d'humiliation face aux personnes en général et celles qui ne manient pas parfaitement la langue française en particulier.

    L'ANPE

    La conseillère me prévient d'office que dans ma branche d'activité, c'est bouché. Probablement l'excuse donnée à tous les membres de tous les corps de métiers pour justifier le fait que l'Agence ne soit à l'origine que d'un très faible pour ne pas dire infinitésimal pourcentage de retour à l'emploi.

    Je lui explique ce que je recherche, en l'occurrence un emploi de rédacteur. Elle me dit que c'est impossible puisqu'il est nécessaire d'avoir une carte de presse. Je lui dit que non. Elle maintient que oui. Bilan : je suis inscrite comme aspirante chargée de communication spécialisée en événementiel (!). Une chose est sûre, ils n'augmenteront pas leurs statistiques avec moi.

    Elle me demande ensuite si je suis au point sur la recherche d'emploi. Je lui dis que, bon, hein, je sors d'une agence spécialisée en RH. Grossière erreur Charlotte ! Et de me taper mon deuxième sermon en moins de deux heures sur la façon dont sont chaussés les cordonniers.

    Elle me met enfin en garde sur les très prochaines réformes et que j'ai plutôt intérêt à me bouger les fesses parce que bientôt, niark niark, au bout de deux offres refusées, je serai radiée. Je dois avoir l'air d'un parasite. Ca me fait penser à ma cousine, dans la même situation que moi, de gros problèmes de santé en plus, notamment une incapacité à rester en station debout de manière prolongée. A la base, elle a un profil de Directrice Marketing... La seule offre reçue de l'ANPE : démonstratrice charcuterie en grande surface. No comment.

    Quand je rentre chez moi et feuillette le dossier, je vois que la conseillère a indiqué sur mon profil que je disposais d'un véhicule. Si elle m'avait posé la question, elle aurait su que non. Mais c'est de ma faute, j'ai indiqué "titulaire du Permis B" sur mon CV.

    La CAF

    Quand j'ai téléphoné pour préciser civiquement que le lien pour télécharger le dossier sur internet ne fonctionnait pas, l'opératrice a commencé à être sur la défensive. Je lui ai demandé poliment de me l'envoyer par internet. Elle m'a dit que c'était impossible. Je lui ai dit qu'il suffisait de me joindre le PDF. Ne sachant manifestement pas de quoi je parlais, elle a commencé à s'énerver en disant que ce serait par courrier et rien d'autre parce que c'est bon, ils sont pas là pour assister les gens. Ah. De manière un peu suffisante, je lui ai dit bon ok, qu'elle me le balance par courrier. Elle m'a raccroché au nez. J'ai rappelé, j'ai demandé une responsable pour lui préciser que primo, ses employés étaient hystériques et que segundo, je pouvais même pas la balancer puisque le processus est tellement bien élaboré que les téléopérateurs ne se présentent pas. Quand j'ai raccroché, j'ai regretté de ne pas avoir pensé à dire que ce serait accessoirement pas mal de leur payer une formation pour qu'ils découvrent ce qu'est un PeuDeuFeu et arrêtent de gaspiller du papier et les deniers publics en timbres inutiles.

    Pour ces trois organismes, les démarches peuvent être faites par internet ou par téléphone. Comme leurs sites respectifs ne fonctionnent jamais, il faut se rabattre sur l'option téléphonique, naturellement surtaxée. Logique puisque ces services s'adressent à des gents blindés de maille !

    Non, y'a pas à dire, le social est une vocation. La question est : est-ce que les professionnels de ce secteur deviennent cons par usure ou est-ce par sadisme, par déspotisme gagne-petit qu'ils s'orientent vers de telles carrières ?

    PS : toutes mes excuses aux trop rares dévoués consciencieux du secteur. 

  • Bravo M. Leclerc

    Loin de moi l'idée de faire l'apologie des distributeurs qui sont à l'origine des plus fortes augmentations de prix en cette période où notre pouvoir1275321041.jpg d'achat se réduit chaque jour davantage. Mais, quitte à subir une avalanche d'insultes de la part des pharmaciens et autres lobbistes assimilés, je tenais à saluer l'initiative publicitaire de Michel-Edouard Leclerc* concernant la vente des médicaments non remboursés.

    Naturellement, la corporation est montée sur ses grands chevaux. Mais en tant que consommatrice, je trouve ce premier pas particulièrement pertinent. Ne nous rebat-on pas sempiternellement les oreilles s'agissant du déficit de notre future feue Sécurité Sociale ? Or, si le pharmacien étaient à l'origine un expert en potions qu'il préparait minutieusement à la commande à l'aide de son mortier et de son pilon, il n'est aujourd'hui qu'un commerçant s'octroyant une marge considérable sur le prix de base d'un produit qu'il se contente de sortir d'un tiroir. Une marge telle - largement responsable du déficit - qu'il peut se permettre de racheter, sans apport, une officine à 3,2 millions d'euros et de la rembourser en seulement 12 ans ! Si les médicaments étaient en dépôt chez les médecins et vendus à prix coûtant, non seulement l'économie serait substancielle mais, de surcroît, la limitation de stockage du professionnel le conduirait à ne disposer que des médicaments essentiels et donc de réduire le problème de la prescription à outrance.

    Une vision certes utopique puisqu'à n'en pas douter les laboratoires feraient exploser les prix de base mais qui ouvre la voix à une nécessaire réflexion.

  • Paris sous les bombes

    06ae9d40871991502ea8df5712856fce.jpgBon, puisque c'est hyper à la mode de parler de la guerre, des résistants genre Guy Môquet* et tout le tintouin d'une part et que d'autre part, j'en ai ras le bol de faire l'éloge de ce que je lis, ce que je vois et cetera, je vais être, dans cette note, totalement in & opposite.

    Donc.

    Hier soir, au lieu de vivre une vie palpitante de pure parisienne dans la ville lumière ou une expérience par procuration devant la Star'Ac', je me suis collé devant France 2 qui diffusait un téléfilm dramatique intitulé La vie sera belle réalisé par Edwin Baily.

    Résumé : durant l'Occupation, la peur et l'insécurité croissent à mesure que les tensions augmentent. Dans ce contexte, une seule alternative possible : il faut adhérer ou résister, en d'autres termes subir ou agir. Ainsi, au lycée Buffon, cinq élèves, Jean Artaud, Pierre Thomas, Lucien Laclos, Jacques Naudin et Pierre Grellier, sous l'impulsion d'un de leurs professeurs, Raymond Bourcier, décident à la fin de l'année 1941 de partir en guerre contre l'occupant. En mai 1942, à Paris, ils commettent une série d'actes de résistance contre plusieurs officiers allemands. Un mois plus tard, ils sont faits prisonniers par la police française qui les livre aux nazis...

    Et bien si la mémoire de ces jeunes résistants doit être honorée, je pense tout simplement qu'ils ont dû se retourner dans leur tombe en voyant ce téléfilm absolument complétement définitivement excessivement mal réalisé. D'une histoire captivante, dure et admirable, Edwin Baily a exécuté une prouesse de platitude telle que moi, madeleine en chef de mon statut, n'ai même pas eu les yeux humides. Pas étonnants avec des bouses pareilles que la première chaîne (mais à quel classement...) fasse des scores d'audience hallucinants.

  • Chronique de l'effort #8

    Ou ma vie de vendangeuse.

    Quand on vit en Bourgogne et qu'on a besoin d'un peu de sous, on fait les vendanges. Mais s'il est facile de boire le vin, il est autrement plus compliqué de le faire... Grand bien m'a donc prise de ne m'engager que pour le week-end.

    Arrivée à la fraîche à sept heures pétantes. Les yeux sont bouffis, chacun prend son sécateur, son rang et c'est parti. Pour mettre un peu d'entrain, les anciens du terroir imitent le tonnerre. C'est fin, ça se mange sans faim... Mais peut-être est-ce le secret de leur rapidité. Pour ne pas passer pour la citadine de service, il faut accélérer le mouvement, au risque d'y laisser ses doigts. Mon entomophobie légendaire est servie, ça grouille d'araignées et autres bestioles non identifiées. Après une première session accroupie ayant eu raison de mes mollets et cuisses, l'option suivante est de me pencher... en sachant pertinemment que je vais y laisser mes lombaires. Une fois le dos en miettes, il faut pourtant continuer à cueillir... L'expression "de deux maux, il faut choisir le moindre" prend toute sa mesure.

    Et puis au moment où vous sentez que vous allez craquer nerveusement, vous entendez "PAUSE !". Miracle, la moitié de la journée est passée. Finalement, c'est pas surhumain. Mais... mais pourquoi tout le monde reste en petit groupe ? Pourquoi on ne retourne pas à la maison des proprios pour engloutir un bon repas bien chaud, bien bourguignon ?

    - Et alors, qu'est-ce qu'elle veut la Charlotte pour la pause du matin ?

    Oh mon dieu, il n'est que 9h30...

    - Un petit chocolat chaud, s'il vous plaît (voix fluette camouflant un hurlement de désespoir intérieur).

    - Ah ben v'là qu'elle fait des manières. A boire, t'as le choix entre vin rouge, vin blanc ou rosé. Et pis si t'as un p'tit creux, c'est sauc', pâté ou claquos. Alors ?

    Alors à 9h32, j'étais bourrée...  Elle est des nô-ôtres, elle a bu son verre comme les au-autres !