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femme - Page 5

  • Mrs Dalloway de Virginia Woolf

    mrs dalloway.jpgEditions Gallimard - 321 pages

    Quatrième de couv' : Le roman, publié en 1925, raconte la journée d'une femme élégante de Londres, en mêlant impressions présentes et souvenirs, personnages surgis du passé, comme un ancien amour, ou membres de sa famille et de son entourage. Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, le mouvement et l'immobilité. La qualité la plus importante du livre est d'être un roman poétique, porté par la musique d'une phrase chantante et comme ailée. Les impressions y deviennent des aventures. C'est pourquoi c'est peut-être le chef-d'oeuvre de l'auteur - la plus grande romancière anglaise du XXe siècle.

    D'aucuns suivant un tant soit peu les écrits futiles de ce présent blog - ainsi que ceux de son prédécesseur - savent qu'il m'est impossible de ne pas achever la lecture d'un livre commencé, aussi mauvais soit-il - selon des critères qui n'engagent naturellement que la subjectivité de mes goûts.

    Mais ne pas renoncer ne signifie pas ne pas différer. C'est ainsi qu'après avoir amorcé, sous l'impulsion d'Au secours Mrs Dalloway de Mary Dollinger, le plus célèbre des romans de Virginia Woolf, j'ai lâchement remis et remis et remis la lecture de cette oeuvre majeure qui n'avait pas eu le don de faire opérer sa magie sur moi.

    Pas moins de deux années plus tard et faute de mieux, je me suis lancée le défi d'enfin terminer les quelque trois cents pages. La conclusion, bien que cette traversée littéraire ne fut pas aussi laborieuse que cela, est que si je suis une amoureuse de la littérature anglaise, je préfère résolument à toute autre celle du XIXe (Austen, Brontë, Hardy, Eliot...).

    Je dois bien dire que j'ai quelque peu de mal à comprendre pourquoi il est dit en jaquette qu'il s'agit d'un "grand monologue intérieur". J'y ai vu pour ma part une succession de monologues intérieurs, mais nullement exclusifs à l'héroïne. Cela dit, l'écriture est tellement complexe, alambiquée, fastidieuse... que jamais je n'aurai la prétention de dire que j'ai tout compris.

    Si j'aime les syntaxes recherchées et le verbe élaboré, je dois reconnaître qu'en la matière, comme pour Proust, trop, c'est trop. Un excès de complexité annihile l'indispensable naturel de l'écriture et ôte tout plaisir à la lecture, qui devient un défi grammatical à relever. Et pour moi, lire doit être avant tout un délice et non un exercice.

    Je ne me cantonnerai naturellement pas à cette seule approche, histoire de donne sa chance au "produit" (des recommandations ?...) et pense me pencher sur la vie à la fois palpitante et tragique de l'auteur...

    Extraits :

    Elle aurait de beaucoup préféré être de ces gens qui, comme Richard, faisaient les choses pour elles-mêmes ; alors qu'elle, se disait-elle en attendant de traverser, la moitié du temps, elle ne faisait pas les choses tout simplement, pour elles-mêmes ; mais afin que les gens pensent ceci ou cela ; et c'était complètement idiot (...) car personne ne s'y laissait prendre une seconde. Ah, si elle avait pu refaire sa vie !

    ...

    Elle savait ce qui lui manquait. Ce n'était pas la beauté ; ce n'était pas l'intelligence. C'était quelque chose de central qui irradie ; une certaine chaleur qui crève les surfaces et rend frémissant le froid contact entre un homme et une femme, ou entre des femmes.

    ...

    Bon, je me suis bien amusé ; et c'est fini, se dit-il, en levant les yeux vers les corbeilles suspendues de géraniums pâles. Et le voilà réduit en poudre, son moment d'amusement, car il l'avait plus ou moins fabriqué de toutes pièces, il le savait bien ; il l'avait inventée, cette aventure avec la jeune femme ; il l'avait fabriquée, comme on se fabrique les trois quarts de sa vie, se dit-il, et comme on se fabrique soi-même ; il avait fabriqué cette jeune femme ; il avait créé ce moment charmant, avec quelque chose en plus. Mais chose bizarre, et vraie : on ne pouvait rien partager de tout cela - et cela se réduisait en poudre.

    ...

    Quelle affreuse soirée ! Il était d'humeur de plus en plus maussade, et pas seulement à cause de l'incident ; à cause de tout. Et il ne pouvait même pas la voir ; mettre les choses au point ; avoir une explication avec elle. Il y avait toujours du monde - elle continuerait comme s'il ne s'était rien passé. C'était cela qui était exaspérant chez elle - cette froideur, cette insensibilité, quelque chose de très profond chez elle, il l'avait senti à nouveau en lui parlant ce matin ; quelque chose d'impénétrable. Pourtant, Dieu sait qu'il l'aimait. Elle avait le don de vous mettre les nerfs en pelote, oui, de vous les rouler en tire-bouchon.

    ...

    C'était affreux, criait-il, affreux, affreux !

    Et pourtant, le soleil répandait sa chaleur. Et pourtant, on finissait par se remettre. Et pourtant, la vie savait ajouter à un jour un autre jour.

    ...

    Ces bandits, les dieux, ne gagneront pas entièrement la partie - son idée était que les dieux, qui ne perdaient pas une occasion de meurtrir, contrecarrer, gâcher les vies humaines, étaient pris à contre-pied, si, malgré tout, vous vous conduisiez avec classe. (...) Par la suite, elle était devenue un peu moins affirmative ; elle en était venue à la conclusion que les dieux n'existaient pas ; on ne pouvait en vouloir à personne ; et elle avait adopté la religion des athées, consistant à faire le bien pour l'amour du bien.

    ...

    On ne peut pas mettre des enfants au monde dans un monde tel que celui-ci. On ne peut pas perpétuer la souffrance, contribuer à la reproduction de ces animaux libidineux, qui n'ont pas d'émotions durables, rien que des caprices et des vanités qui les font dériver trnaôt par-ci, tantôt par-là.

    ...

    Elle avait besoin d'être soutenue. Ce n'était pas qu'elle fût faible. Mais elle avait besoin qu'on la soutienne.

  • Chronique amoureuse #16

    Parce l'amour s'affranchit de toute considération pécuniaire et parce que, comme le dit Larcenet, la poésie rachète tout, voici mon plus sincère bien que modeste présent. Joyeux anniversaire.

    C'est par un soir de mai
    Que je l'ai rencontré
    Par un ciel plein de lune
    L'amant aux lèvres brunes
    Et depuis ce moment
    Je fus prise vraiment
    Une adorable flamme
    S'alluma dans mon âme.

    Patrick Chamoiseau

    Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
    Je te cherche par delà l'attente
    Par delà moi-même
    Et je ne sais plus tant je t'aime
    Lequel de nous deux est absent.

    Paul Eluard

    Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et se confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi".

    Montaigne à La Boétie

  • Chronique amoureuse #15

    C'est vrai qu'il existe différentes écoles.

    Il y ceux qui se montrent.

    Et il y a ceux qui ne se montrent pas. Ne dit-on pas d'ailleurs : pour vivre heureux, vivons cachés ?

    La question étant de savoir, si l'on adopte le second postulat, pourquoi l'on se dissimule. S'il s'agit d'une option concertée, nulle interrogation. Mais quand cette option s'impose à vous, notamment de manière systématique, le questionnement est légitime. Soit vous faites barrage sans vous en rendre compte. Soit vous semblez être l'objet de la honte.

    Le fait est qu'une vie dissolue peut conduire à tenter de se préserver des médisances d'autrui, tellement de rigueur aujourd'hui. Mais d'un autre côté, pourquoi sacrifier les instants déjà tellement comptés ? Doit-on, pour éviter les jugements qui, quoi qu'il arrive, ne cesseront jamais d'assaillir, rogner sur son bon plaisir ? Cette vie si courte semble justifier l'indispensable abandon des barrières de protection.

    Peut-être que la muraille a plus de force que la volonté... Mais si tel n'est pas le cas et que vous vous sentez d'assumer, quels que soient vos gestes, quels que soient vos faits, une question reste : qu'est-ce qui fait de vous l'inavouable immuable ?

  • Chronique amoureuse #14

    Que l'on soit homme ou que l'on soit femme, sur bien des points, vieillir est une tragédie. A commencer par le rapprochement d'avec la Fin.

    Mais le plus difficile reste probablement la déchéance physique.

    Et comme pour compenser le fait que la femme dispose d'une espérance de vie supérieure à celle l'homme, elle se décatit si ce n'est plus mal, du moins plus vite que son équivalent masculin ; toute inexorable exception à la règle écartée. Elle voit, par exemple, sa poitrine s'affaisser - si tant est que Dame Nature l'en ait dotée... Non, toute frustration morphologique mise à part, c'est un fait, point barre.

    Cela dit, l'homme n'est pas en reste si l'on compte les déplumages, briochages et autres ramollissages intempestifs.

    Mais, car il y a toujours un mais, il y a évidemment du bien dans le mal, sinon le Monde ne serait pas Monde. Et donc côté amants, il faut bien reconnaître que le mûrissement, comme pour le bon vin, à sa part d'enrichissant. Hormis une ou deux exceptions, l'homme gagne à être connu du haut de son vécu. Du mot choisi au geste précis, c'est indiscutable, l'expérience est soeur de jouissance.

    Bon, ça n'empêche pas que l'homme reste homme, sachant parfois faire preuve de manque de glamour en gardant ses chaussettes (ou autres moeurs bizarres) ou de manque de réceptivité en étant paradoxalement trop concentré (ou comment passer à deux doigts de l'absolu). Mais ces détails restent bien secondaires si à l'intensité du plaisir l'on se réfère...

    Mon conseil : oubliez vos armoires, mettez le vintage dans votre boudoir !

  • J'ai testé Adopte un mec

    Pour ceux qui l'ignoreraient encore - de l'art de faire genre alors qu'il y a de ça une semaine, je ne soupçonnais rien du phénomène - adopte.jpgAdopte un mec est un site de rencontres dont le concept un peu particulier pourrait se résumer par : girls powaaaaaaaa !

    En clair, les filles font leur shopping et mettent dans leur "panier" les "hommes-objets" qui les intéressent, qu'ils soient issus du rayon "produits régionaux", "tombés du camion" ou "vente flash".

    Aparte féministe - notez que la pléthore de marchandises masculines manifeste que l'objetisation de l'homme par la femme rencontre un certain succès alors que la réciproque - la réalité quoi - serait un vrai flop. Une incontestable preuve supplémentaire les filles qu'on est pas rendues, les conceptions étant inexorablement diamétralement opposées...

    Excepté la discutable terminologie, quelle réelle différence d'avec les autres sites qui utilisent le même créneau, à savoir rapidement faire trouver l'amour ? Après une semaine d'investigation, voici mes conclusions.

    1. Sur Adopte, nul harcèlement de la part de Bel-étalon-94 ou de Serial-lover-fucker-75. Nous l'avons dit, les filles font leurs courses, ce qui implique que n'atterrissent dans leur caddie que les articles qu'elles ont expressément choisis. Pour faire simple, un homme n'est autorisé à parler à une femme que si celle-ci l'y autorise. Le côté jouissif étant d'esquiver les boulets collants en les refoulant à la pelle de manière tout à fait discrétionnaire.
    2. Sur Adopte comme ailleurs, les mecs ont vraiment le chic pour trouver les pseudos les plus ringards qui soient. Dans la catégorie "vieux dégueulasses", nous trouvons l'assumé Initiateur et le masqué Esprit ouvert. Dans la catégorie "je fais partie de ces gars qui pensent qu'avec moi, elles grimpent toutes au rideau", les nominés sont MisterG, Cunilover et Merci Patron. Dans la catégorie "réclame", nous trouvons l'ignorant du marketing Le Crayon (comprenez micro-pénis) et l'adepte de la publicité mensongère Objet évolué. Naturellement, j'en passe et des meilleurs.
    3. Sur Adopte, les mecs ont des goûts très discutables pour le choix de leurs photos, du style je fais un grand écart à la Jean-Claude Van Damme, j'ai un marcel filet pour exhiber ma gonflette et je mets les pouces en l'air pour que tu comprennes bien que j'assure, que je le sais et que je le revendique.
    4. Sur Adopte, les mecs sont des crétins. Quand tu discutes avec l'un d'eux, qu'il se déconnecte brusquement vraisemblablement pour pas se faire griller par bobonne et que tu l'envoies balader, il s'excuse - trois jours plus tard - en prétextant la restriction horaire pour les hommes (ndlr : les hommes ne peuvent pas accéder en permanence mais une fois connectés, je doute qu'ils se fassent dégager...). Ce à quoi vous répondez que mouais... vous connaissez la restriction horaire mais le pire, c'est vraiment cet horrible système où les admins déconnectent brusquement sans donner la possibilité de dire ni au revoir ni merde à la personne avec qui on discute. C'est vraiment trop injuste ! Et le mec de vous demander "ah ouais, les filles aussi subissent les restrictions ?". Non, non, connard, c'est ce qu'on appelle de l'ironie pour souligner ton manque de courtoisie pour ne pas dire goujaterie.
    5. Sur Adopte, il est inutile de lire les annonces rédigées par les hommes tellement c'est pathétique, bourré de fautes d'orthographe, pathétique, pseudo-romantique et... ah oui, pathétique !
    6. Sur Adopte, les admins sont des cons. Ils refusent tout mes portraits tous ce qu'il y a de plus banals, au prétexte que, dixit :
    • elles ne sont pas suffisamment compréhensibles (???)
    • vous n'êtes pas seule dessus (il est vrai que je n'ai pas demandé à mes bretelles de combinaison de ski, à ma lampe et à mon pote l'arbre s'ils me donnaient leur accord, mea maxima culpa)
    • elles ne vous ressemblent pas assez (pourriez-vous me rappeler quand nous nous sommes croisés ?)
    • elles ne vous représentent pas (pourriez-vous me rappeler quand nous nous sommes croisés ?)
    • elles contiennent des informations personnelles (oui, mon visage mais n'est-ce pas un peu le but ?)
    • elles contiennent une publicité pour un produit commercial ou un autre site (???)
    • elles étaient déjà présentes dans votre album (ben oui mais plus maintenant attendu que vous les interdisez sous des prétextes que vous seuls comprenez)
    • elles représentent un enfant (je vais quand même sur mes 30 ans mais bon, comme je ne suis pas du genre à contredire pour contredire, je vous accorde cet argument)
    • elles contiennent des éléments provocants (oh my God, je ne suis pas coiffée, j'ai une langue et des épaules !)
    • un filtre a été utilisé dessus (???)
    • elles ne sont pas correctement orientées/cadrées (rah mais c'est bien sûr, à mon école de pub, ils me l'ont bien dit : les personnages doivent toujours regarder vers la droite, symbole d'avenir. Adopte est donc interdit aux gauchos.)
    • on n'y voit pas votre visage (dois-je en conclure que j'ai une face de cul ?)
    • vous y êtes torse nu (je ne savais pas que le torse, c'était les épaules)
     
    Etat post-étude socio : affligée. Compte supprimé.